Conseil Régional Midi-Pyrénées (Politique en direction de la jeunesse, CPE...) Allocution de Guilhem Serieys le 26 janvier 2006

samedi 8 septembre 2018.
 

Allocution de Guilhem Serieys

Assemblée Plénière du Conseil Régional 26 janvier 2006

Budget primitif

Politique en direction de la jeunesse

Monsieur le Président du Conseil Régional,

Monsieur le Préfet de Région

Monsieur le Président du C.E.S.R.,

Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

Avec un taux de chômage de près de 25% et une précarité grandissante, la jeunesse c’est aujourd’hui un état de la vie fait de grandes incertitudes. Alors qu’elle devrait être une période d’épanouissement et d’émancipation, elle n’est devenue que doute. Votre majorité, Monsieur le Président a choisi de mener une politique volontaire en direction de la jeunesse, y consacrant les deux tiers de notre budget, mes collègues ont rappelé à l’instant la force de notre engagement.

Notre volonté, c’est avant tout de donner aux jeunes les moyens de réussir leur parcours scolaire et leur intégration dans la vie active. C’est le but de notre action, de nos investissements dans les lycées, de la gratuité des livres scolaires, de la bourse régionale de premier équipement, d’une politique cohérente d’apprentissage, de l’école de la deuxième chance et de tant d’autres mesures.....

Le courage en politique ne consiste pas à aborder les problèmes sous l’angle de l’exclusion mais à s’attaquer le plutôt possible comme nous nous y employons à l’origine de l’échec. Au Conseil Régional nous ne partageons pas cette politique nationale actuelle de renoncement mais une politique qui rompt avec cette gestion gouvernementale de l’inégalité et de la ségrégation. Non il n’est pas acceptable que dans le domaine éducatif comme dans tant d’autres de transformer les victimes en coupables.

Or, le 16 janvier dernier, le Premier Ministre a rendu public son plan pour l’emploi des jeunes.

La mesure phare de son plan, le Contrat Première Embauche est une véritable provocation faite aux jeunes et aux plus démunis d’entre eux, sans parler de la remise en cause du droit du travail. Le CPE, ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que tout !

Avec cette mesure, le gouvernement ne fait qu’aggraver la situation d’urgence sociale dans laquelle se trouve une jeunesse de plus en plus paupérisée. Ce CPE, constitue aussi une nouvelle mesure d’exception qui va conduire de manière dramatique la jeunesse vers plus de fragilité sociale.

En effet, la période d’essaie de deux ans interdit à un jeune toute perspective, lui interdit de préparer un avenir puisqu’il lui sera impossible d’accéder par exemple à un logement ou à un prêt bancaire.

Autre mesure à contre sens de l’histoire et des besoins de la société : l’instauration de l’apprentissage à 14 ans. Les évènements qu’a connu notre pays à la fin de l’année 2005 furent le prétexte pour le gouvernement d’annoncer la fin de la scolarisation obligatoire jusqu’à 16 ans, avec la possibilité d’aller en apprentissage sous contrat de travail dès 14 ou 15 ans. Chacun ici doit-être conscient que l’apprentissage à 14 ans, ce sera l’orientation du pauvre, de ceux qui sont les premières victimes du fonctionnement élitiste et socialement inégalitaire de notre société Chacun ici doit-être conscient que cette mesure au rabais est à mille lieux de notre conception républicaine de ce que doit être une véritable formation générale et professionnelle et qu’elle témoigne d’un mépris détestable pour les métiers dits « manuels » qu’elle réduit à de simples tâches d’exécution. Notre pays deviendrait-il une exception ? Car tous les pays tentent d’allonger le temps de scolarisation des jeunes et non de le raccourcir. Notre Nation a besoin de niveaux de qualification de plus en plus élevés. Il n’est que des esprits démagogues pour faire croire qu’il existe aujourd’hui des millions d’emplois non qualifiés disponibles. Notre pays a besoin de jeunes gens qui étudient jusqu’au niveau du bac professionnel et au-delà. C’est d’ailleurs le souhait des entreprises et les besoins du marché du travail. C’est pour cette raison que la Région a toujours privilégié un apprentissage ouvrant de réelles perspectives ou la mise en place des licences professionnelles. Parmi les jeunes âgés de quatorze ans que l’on fera entrer en apprentissage, combien iront au-delà du CAP ? Enfin, je conseille aux élus régionaux de droite de consulter les entrepreneurs, il n’est pas vrai qu’ils veulent, aujourd’hui, de tels apprentis ni qu’ils sachent d’ailleurs les former. Un enfant ne doit pas entrer en entreprise à 14 ans car il a encore d’innombrables choses à apprendre, et c’est à l’école qu’il pourra le faire !

Je voudrai au terme de mon intervention évoquer une autre situation préoccupante : la pénurie de logements pour les étudiants. Avec 7000 logements pour 30 000 étudiants boursiers, Toulouse cumule un retard indécent.

Les 6,5 millions inscrits au CPER ont été utilisés. La Région conclue avec un an d’avance le programme qu’elle s’était engagée à financer. Depuis 2000, elle aura participé à la création de 425 logements étudiants à Toulouse et à la rénovation de 613. Mais Toulouse a un énorme passif, il ne serait pas acceptable que cette situation perdure. Deuxième université de France, l’Académie de Toulouse est reléguée au 20e rang sur 28 pour le nombre de chambres en cités universitaires par rapport au nombre d’inscrits. Pour 25 000 demandes, le CROUS ne peut proposer que 7 500 lits. Dont 4 500 dans les chambres traditionnelles des cités universitaires construites pour la plupart avant 1970, et 3 000 dans des studios neufs ou réhabilités. La moitié des réalisations au plan national, c’est dire la grande faiblesse de l’engagement de l’État pour le logement social étudiant.

Depuis 2 ans, la Région propose d’intervenir hors contrat de plan pour lancer un plan de construction de 1000 ou 1500 logements supplémentaires en partenariat avec le CROUS. Le Conseil Régional est toujours en attente de propositions malgré l’objectif défini par le CROUS de Midi-Pyrénées qui vise à construire 2 500 places supplémentaires d’ici 2009. "Nous ne pouvons construire que sur des terrains d’État " martèle cet organisme mais face au renchérissement du foncier sur Toulouse l’élargissement vers l’agglomération s’annonce nécessaire.

La compétence pour construire les logements étudiants revient dorénavant aux communes ou aux agglomérations. Tout le monde le sait sauf semble t-il à la Mairie de Toulouse....

Mais, à l’écoute de propos tenus précédemment, je crois comprendre que le bien être des jeunes doit répondre d’une logique comptable contrairement à la culture.....

Mes Chers Collègues, notre raison d’être d’élus, c’est de veiller au mieux-être de nos citoyens. C’est pour cette raison que la Région Midi-Pyrénées considère dans l’ensemble de ses actions, l’intérêt de la jeunesse. Toutefois, ce soutien à la jeunesse ne saurait être le fait des seules collectivités ; il s’agit d’une mission gouvernementale prioritaire et sa coordination doit être assurée au plus haut échelon de l’Etat. Notre objectif, c’est de veiller à ce que chaque jeune, à toutes les étapes de son cheminement vers la vie adulte, de la prime enfance à la fin de ses études à l’entrée sur le marché du travail, trouve la sécurité, les défis et les soutiens nécessaires à son plein épanouissement. Ce budget régional 2006 traduit à notre échelle et à la mesure de nos moyens cette volonté.


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