Les sénateurs tchèques battus aux élections vont voter avant de quitter le Sénat la loi permettant l’installation du bouclier antimissile américain dans leur pays (par Karel Kostal)

vendredi 31 octobre 2008.
 

Quelques semaines avant la présidence « tournante » de l’Union européenne, la droite tchèque s’enfonce dans les turbulences politiques, après une nouvelle débâcle électorale du parti ultralibéral ODS du président Vaclav Klaus et du premier ministre Mirek Tomolanek. L’ODS a essuyé une nouvelles défaite, samedi 25 octobre, aux élections sénatoriales, une semaine après celle enregistrée aux élections régionales. Ces deux défaites permettent à l’opposition social-démocrate de prendre le contrôle des 13 régions en jeu et ont fait perdre au « parti du Président » sa majorité au Sénat.

En l’espace d’une semaine, les électeurs tchèques se sont saisis de deux scrutins, régional et sénatorial, pour « punir » la droite pour avoir ouvert la porte à l’occupation américaine. En l’espace d’une semaine, le parti ultralibéral ODS a perdu les régions et le Sénat, mais tout sera comme avant. Dans l’urgence, avant de décamper, les sénateurs vont confirmer, dans les formes requises par la loi, l’occupation américaine de cette partie « élargie » de l’Union, avant que Bush ne quitte la Maison Blanche. Les Tchèques votent contre le bouclier antimissile américain, mais le gouvernement tchèque décide qu’ avant le début de sa présidence européenne, en janvier prochain, le bouclier doit être installé. La prochaine présidence « tournante » est pressée. Des appels à la démission du gouvernement Topolanek se multiplient et deux tiers des citoyens sont hostiles à la présence américaine en République Tchèque. La droite belliciste américaniste tchèque veut prendre des décisions « irrévocables »avant les élections américaines. Est-il besoin de rappeler que le gouvernement tchèque roule pour McCain ?

Ce même gouvernement annonce que le Traité de Lisbonne sera ratifié à la fin de l’année par le Parlement, sans referendum, sans discussion, cela va de soi. Ayons pour ce gouvernement un mot de mépris particulier. L’Union européenne est peuplée certes d’élites libérales prêtes à se vendre sans vergogne aux fauteurs de guerre d’outre-Atlantique. Mais le gouvernement Topolanek est le seul, à l’heure qu’il est, à préparer ouvertement l’occupation de son propre pays par l’armée américaine. C’est le gouvernement Topolanek qui supplie le gouvernement Bush d’envoyer ses troupes en République Tchèque. Aucun autre gouvernement de l’UE n’ose afficher avec autant de cynisme sa volonté d’être protégé par l’armée américaine et l’OTAN.

Au travers de cette hystérie belliciste, c’est bien le principe des présidences tournantes européennes qui est en cause : faut-il offrir à ces fous furieux, adversaires de la civilisation européenne, la tribune de la présidence européenne et leur confier ne serait-ce que pour six mois les destinées européennes ? Il est temps d’intervenir sur le contenu des institutions européennes qui à l’évidence font bien peu de cas de la démocratie et des citoyens. Il est temps de poser la question de la nécessaire rupture avec ces institutions.

Comment les citoyens européens épris de démocratie et de paix pourront-ils accepter de se soumettre à une telle présidence sans réagir d’une façon ou d’une autre ?


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