Ranimer les souvenirs de nos vingt ans et réaffirmer notre espoir en un avenir meilleur

mercredi 18 mars 2015.
 

En ces périodes d’incertitude, chaque rappel des événements de 1968 nous aide à ranimer les souvenirs de nos vingt ans et à réaffirmer notre espoir en un avenir meilleur.

J’ouvre le site Parti de gauche Midi-Pyrénées tous les jours à minuit. Je le ferme à 2h. Tous les jours. Je suis un insomniaque.

Réponse à l’article 12 au 27 octobre 1968 Jeux Olympiques de Mexico, du sang, des symboles et des champions

En ce mois d’octobre 1968, comme Jacques Serieys l’écrit, nous faisons tous partie de ces « millions de jeunes qui rêvent d’un monde meilleur et s’engagent pour cela de Londres à Paris, Budapest et Berlin, Prague et Beyrouth, Rio de Janeiro et Tokyo, Dakar et Karachi, Varsovie et Pékin, Barcelone et Milan. »

En ce mois d’octobre 1968, je suis en exil à Paris depuis quelques semaines, attiré moi aussi par « l’écho mondial des barricades parisiennes », tandis que « le Kremlin écrase le printemps tchécoslovaque avec ses tanks . »

Je garde un souvenir net de ce mois d’octobre 1968. Prague est occupée par les troupes soviétiques. Les semaines qui passent n’arrangent rien. Mais contrairement à ce qui s’était passé douze ans auparavant à Budapest, les Russes ont été obligés de libérer après quelques jours les dirigeants communistes avec Dubcek en tête qu’ils accusaient de trahison et tente d’obtenir, par leur intermédiaire, une « normalisation », que les Tchécoslovaques ne veulent pas. Les étudiants continuent à manifester leur volonté à défendre « leur démocratie », « leur socialisme », contre les tentatives de de les museler ou de les falsifier. Tout est encore possible. Les troupes soviétiques se sont retirées dans les casernes éloignées. Les autorités militaires soviétiques craignent « l’intoxication contrerévolutionnaire . » Les inscriptions sur les murs »Lénine réveilles-toi, ils sont devenus fous » ne sont pas encore complètement effacées.

Prague ne sera pas un nouveau Budapest. Tout est encore possible. »

A ce jour, dix-neuf partis communistes ont dit non à l’Union soviétique. L’univers des partis communistes n’est plus en 1968 celui de 1953, ni de 1956. Tout est possible.

J’ai regardé l’ouverture des Jeux à Mexico, sur un petit écran noir et blanc, quelque part dans un café parisien, je ne sais plus où. J’en garde un souvenir net. La délégation tchécoslovaque a reçu un accueil enthousiaste du public mexicain.

En ce mois d’octobre 1968, je peux encore décider de rentrer à Prague et de ressortir éventuellement, relativement librement. Le trou dans le rideau de fer de cinquante kilomètres à la frontière allemande que l’armée tchécoslovaque a percé en juillet de cette année est toujours là, grand ouvert. Mais ma décision est prise. Je reste en France. « Le peuple français donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté . Il le refuse aux tyrans. »

Les informations qui viennent de Mexico m’ont aidé à résoudre une fois pour toutes le problème capital de la guerre froide, c’est-à-dire le monde divisé en « monde libre » et en « monde communiste. » Je garde un ineffaçable souvenir des premières discussions « internationalistes » à Soufflot. Paris, Prague, Mexico...

Ma vie d’exilé, laborieuse, tourmentée et passionnante commence.

Karel Kostal


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