Le congrès de Reims. Billet d’humeur de Brigitte Blang

lundi 24 novembre 2008.
 

Je n’étais pas à Reims ce week-end, et vous non plus peut-être. J’étais, faut-il l’avouer, dans une mienne famille, gentille, accueillante, et même plus que ça. Mais, encore un aveu, pas vraiment au fait de ce qui se tramait à quelques encablures.

Vous voulez que je vous dise ? J’ai eu honte. J’ai eu mal aussi. Mal à mon cœur de socialiste. Mal à ma militance. Mal aux souvenirs des soirs de victoires. Mais aussi à ceux des soirs de défaites. En un mot, je n’étais pas vraiment fière d’appartenir à ce panier de crabes. À la télé, tout le samedi, puis tout le dimanche, et on en a remis une couche ce lundi, on a vu, entendu, rabâché les « petites phrases » des uns, des autres. Des unes, des autres, faut-il dire à présent…

Et vas-y que je te tacle, et que je réplique vertement, et que j’en rajoute dans le dramatique, et je te fais appel aux militants, qui ont voté, souvenez-vous, il y a quelques jours. Le grand guignol. Autour de la table, puis du feu, personne n’y comprenait plus rien. Alors bien sûr, vers qui ils se sont tournés, à votre avis ? Vers celle qu’ils nomment tous avec affection « leur tante militante ». Suivez mon regard ! Et pourquoi ils se fâchent ? Et pourquoi ils n’aiment pas Ségolène, qui est pourtant bien jolie avec ses nouveaux habits ? Et pourquoi Manuel Valls et Vincent Peillon, pourtant bien faits de leurs personnes, ne sont pas copains avec Benoît Hamon, bien agréable à regarder aussi ?

Et Martine, dans tout ça ? Il faut dire, ça se passe dans le Nord, alors forcément, Martine, ça leur cause. Pourquoi ils ne veulent pas de Martine non plus, c’est pourtant un bon maire ?

Je vais vous dire, je ployais un peu sous le poids des responsabilités. Comment leur dire que moi non plus, je ne voyais plus bien clair dans cette salade ? Que moi non plus je ne comprenais pas comment mes « camarades » avaient voté jeudi dernier ? Que j’avais des angoisses nocturnes pour mon parti ? Que peut-être, dans une semaine, ce parti-là ne serait plus le mien ? Alors qu’il est toute ma vie depuis, … au moins ça, sinon plus ! Comment se tirer de ce mauvais pas, sans subir la honte internationale ? Comment ? Comme moi.

J’ai tout simplement répondu que tout ça ne regardait pour le moment QUE les militants en carte dans ce parti. Que ce seraient eux qui choisiraient jeudi prochain, et que seulement après, je leur dirai ce qu’il faudra attendre (ou pas) de ces gens-là…Alors, là, j’ai eu droit à LA question qui tue : ah bon ? C’est vous qui choisissez ? Alors, pourquoi vous déballez vos affaires comme ça, devant tout le monde ? Ben oui, finalement ? Pourquoi ? On joue avec les caméras, pour se faire mousser, et après, on vient se plaindre quand ça tourne vinaigre. Au petit jeu du plus malheureux que moi, il n’est pas certain que le débat d’idées y aura trouvé de quoi se satisfaire…

Le gagnant ? Ne le cherchez plus. Il loge à l’Élysée.

brigitte blang


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