« Working Class Hero » (1970) de John Lennon (vidéo, paroles, traduction, article)

vendredi 15 mars 2019.
 

1) Vidéo de l’interprétation par John Lennon sur des images correspondant à sa jeunesse

Pour visionner cette vidéo, cliquer sur l’adresse URL ci-dessous.

https://www.youtube.com/watch?v=iMe...

2) Paroles et traduction

As soon as you’re born they make you feel small

Dès que tu nais ils te rabaissent

By giving you no time instead of it all

En ne t’accordant pas le moindre temps du tout

Till the pain is so big you feel nothing at all

Jusqu’à ce que la douleur soit si grande que tu ne sentes plus rien du tout

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

*

They hurt you at home and they hit you at school

Ils te font souffrir chez toi et te battent à l’école

They hate you il you’re clever and they despise a fool

Ils te détestent intelligent et te méprisent idiot

Till you’re so fuckin’ crazy you can’t follow their rules

Jusqu’à ce que tu sois si cinglé que tu ne ne puisses plus suivre les règles

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

*

When they’ve tortured and scared you for 20 odd years

Quand ils t’ont torturé et effrayé pendant 20 bonnes années

Then they expect you to pick a career

Ils s’attendent à ce que tu embrasses une carrière

When you can’t really function you’re so full of fear

Quand tu ne peux pas tu es empli d’une grande crainte

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

*

Keep you doped with religion and sex and TV

Ils te gardent drogué avec la religion, le sexe et la télévision

And you think you’re so clever and classless and free

Et tu te crois alors si intelligent, hors-classe et libre

But you’re still fuckin’ peasants as I can see

Mais tu es toujours un putain de paysan à ce que je vois

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

*

There’s room at the top they are telling you still

Ils ne cessent de te dire qu’il y a de la place en haut

But first you must learn how to smile as you kill

Mais tu dois d’abord apprendre à sourire en tuant

If you want to be like the folks on the hill

Si tu veux ressembler aux gens sur la colline

A working class hero is something to be

C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

*

Yes, a working class hero is something to be

Oui, c’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière

If you want to be a hero well just follow me

Si tu veux être un héros tu n’as qu’à me suivre

If you want to be a hero well just follow me

Si tu veux être un héros tu n’as qu’à me suivre

traduction : https://www.lacoccinelle.net/254129...

2) « Working class hero » : de Germinal à John Lennon

Source : http://www.liberation.fr/week-end/2...

C’est une image qui revient de tellement loin qu’elle semble comme fatiguée par la durée du voyage. C’est un visage ancestral surgi du noir et qui y retourne. Venu d’un brouillard ancien, d’une nébuleuse où s’enlaceraient en arabesques les fumées du XIXe siècle, l’arrogance des propriétaires d’usine, la suie et la sueur de la lutte des classes, la mémoire ouvrière, tous les espoirs qui furent permis, les utopies sociales et politiques, toutes les déconfitures révolutionnaires qui en découlèrent. Pour tout dire, une image germinale.

Car ce mineur du Pays de Galles, retourné récemment à l’extraction du charbon pour cause d’envolée du prix des matières premières, c’est Etienne Lantier personnifié, le protagoniste du roman de Zola, mais aussi bien le Working class hero, générique tel qu’il fut chanté par John Lennon. Que dit cette mélopée proprement extraordinaire ? « As soon as you’re born they make you feel small. By giving you no time instead of it all. Till the pain is so big you feel nothing at all. » Autrement dit : « A peine es-tu né qu’ils te font te sentir petit. En te prenant tout ton temps au lieu de te le laisser. Jusqu’à ce que la peine soit si grande que tu ne ressentes plus rien du tout. »

Cet ouvrier étrangement souriant (un fantôme ?) pourrait dès lors passer pour une revanche contre toute la peine du monde. Et incidemment comme une bonne paire de torgnoles à l’infernale Margareth Thatcher qui, dans les années 80, fit de la fermeture des mines galloises le cheval de bataille de son nouvel ordre social visant à mépriser les ouvriers et détruire leurs syndicats.

Belle gueule d’homme, ce parangon de détermination viril et moustachu nous fixe de ses yeux clairs, maquillés et rehaussés par le noir du charbon. Et l’on apprécie que sa façon vestimentaire affiche ce qu’Arletty appelait, parlant de Gabin, « un chic de métallo ». Une certaine élégance en effet dans le port des attributs de son travail : le casque, les lunettes de protection, la lampe frontale, le masque pour filtrer les poussières qui, autour du cou, lui fait comme un foulard de zazou. Cet homme réel est dès lors un personnage de fiction. Idéal d’aventurier romanesque échappé de Jules Vernes, entre Indes noires et Voyage au centre de la terre.

Mais comme dans tous les cas d’inflammation imaginaire, les rêves se bousculent et font des étincelles. Et voilà que reviennent en mémoire les images en noir et blanc de Qu’elle était verte ma vallée, le film de John Ford dont l’action, c’est incroyable, c’est idéal, se situait dans un petit village minier du Pays de Galles. Notre gaillard pourrait donc y figurer tel que, en compagnon de filon de Gwilym Morgan (Walter Pidgeon), en amant secret de la belle Angharad Morgan (Maureen O’Hara). Espérons seulement que l’aventure galloise qui recommence ne se conclura pas comme dans le film. Une maison vide, une vallée désertée.

Gérard Lefort


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