L’extrême droite renforce sa présence idéologique dans certains médias LCI, Sud-Radio, C news...

jeudi 10 juin 2021.
 

La grande bourgeoisie, via ces grands médias, a toujours deux fers au feu : l’idéologie néolibérale et l’idéologie d’extrême droite notamment sécuritaire et identitaire. Au-delà de contradictions apparentes (par exemple nationalisme contre libre échangisme), il existe un profond accord : ne pas remettre en cause le partage très inégal des richesses et les privilèges des grandes fortunes.

Il est donc logique qu’il subsiste toujours une composante idéologique plus ou moins visible d’extrême droite dans les grands médias.

Article 1 : Le cas de LCI, Europe 1…

Extrême droite plébiscitée, patrons de presse renfloués…

Source : Acrimed. 17/09/2020

https://www.acrimed.org/Actualite-d...

Extrait. par Benjamin Lagues, Jérémie Fabre, jeudi 17 septembre 2020

Nous poursuivons notre série d’information mensuelle sur l’actualité des médias, revenant sur les mois de juillet et août 2020 [1]. Du côté des journalistes, des éditocrates et de leurs œuvres

- L’extrême droite s’installe sur LCI – Un chroniqueur d’extrême droite de plus.

La chaîne d’information en continu LCI (groupe TF1) accueille cette saison Arnaud Stephan, un chroniqueur présenté, comme l’explique Arrêt sur images, « comme "ex conseiller" et "communicant" ». Et c’est tout. Pourtant, « c’est aussi un ancien militant de la droite nationaliste, satellite du FN et ex-dircom’ de Marion Maréchal-Le Pen. » Une nouvelle manifestation de l’enracinement de l’extrême droite à la télévision, masquée sous des étiquettes diverses (expert, communicant, etc.). LCI n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : rappelons que l’année dernière, la chaîne s’illustrait en diffusant en intégralité un discours d’Éric Zemmour prononcé lors de la « Convention de la droite » maréchaliste. Dans un tel contexte, LCI peut bien annoncer interrompre sa collaboration avec Geoffroy Lejeune (Le Monde) [2], directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, sa politique de recrutement en dit bien assez long.

- CNews ou Fox News – La chaîne de Vincent Bolloré a annoncé le recrutement d’Eugénie Bastié, journaliste du Figaro et figure médiatique de la pensée catholique conservatrice [3]. Elle rejoint l’équipe déjà bien fournie d’animateurs et éditorialistes réactionnaires de CNews (Éric Zemmour, Pascal Praud, Charlotte d’Ornellas…). Mais que l’on se rassure : Marion Maréchal Le Pen, approchée par la chaîne, « sur les traces de Fox News » selon L’Obs, ne sera finalement pas de l’aventure…

- Louis de Raguenel (Valeurs Actuelles) au service politique d’Europe 1 – Dernier épisode d’un mercato décidément bien favorable à l’extrême droite : l’arrivée de Louis de Raguenel au service politique d’Europe 1. Initialement bombardé par la direction de la station à la tête du service politique, il n’en sera finalement « que » le chef-adjoint. Son arrivée avait provoqué une protestation de la rédaction : cette dernière avait en effet voté contre la nomination du journaliste à la tête du service politique lors d’une assemblée générale le 7 septembre, comme le relate France Info. La société des rédacteurs a prévenu de sa « vigilance » à venir selon Le Monde.

Lire la suite sur le site Acrimed en utilisant le lien précédent.

Article 2 : Le cas de Sud-Radio

Source : Acrimed https://www.acrimed.org/Depuis-le-n...

Extrait « Depuis le nord, Sud Radio émet vers l’extrême droite »

par Jean-Sébastien Mora, mardi 15 septembre 2020

Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune [1] et avec leur accord, un article paru dans le mensuel de critique sociale CQFD (n°189, juillet-août 2020). (Acrimed)

Conséquence de son rachat par la société Fiducial, mastodonte de l’expertise comptable, « la radio du Sud » est désormais entièrement réalisée à Paris. Sans le moindre accent méridional mais avec la prétention de « parler vrai », ses dirigeants ont ouvert les micros en grand à la « polémique ». Entendez : à la banalisation des idées d’extrême droite.

« Vous devez aimer votre mère. Vous êtes en France, c’est notre mère, la France, notre famille », martèle Philippe de Villiers dans les studios de Sud Radio. Ce 10 juin, invité de l’émission « Bercoff dans tous ses états », l’ex-président du Mouvement pour la France assure la promotion de son dernier ouvrage, aussi consistant que plein de fraîcheur : Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde. Furieux à l’égard des manifestants dénonçant les violences policières, De Villiers lance une ritournelle nationaliste bien identifiable : « Si vous n’aimez pas cette famille, cette mère, cette civilisation, si vous n’aimez pas Victor Hugo, Montaigne, Pascal, Péguy et les autres... » Il n’a pas le temps de finir sa phrase, que le journaliste André Bercoff la conclut lui-même : « Quittez-là ! »

Un dérapage ? La veille, Bercoff entamait son émission ainsi : « Il y a des petits groupes qui essayent de faire basculer tout le monde dans l’assignation à résidence ethnique, communautariste, religieuse ou autre... » Du velours pour son invité Verlaine Djeni, cadre du parti Les Républicains et proche de Laurent Wauquiez, qui n’eut pas trop à se contenir : « La France a tout donné à plusieurs générations d’Africains […]. Le totalitarisme ne vient pas des Blancs, il vient des minorités. Une minorité qui contrôle et décide ce que tu dois dire... »

Depuis 2016, André Bercoff distille à longueur d’ondes les thèses favorites de l’extrême droite. Collaborateur des sites fachosphériques Boulevard Voltaire, Riposte laïque, Figarovox et de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, il est imprenable en matière d’inversion de la relation dominants/dominés, notamment lorsqu’il enchaîne les insinuations sur la menace du « grand remplacement » et dénonce le racisme « anti-blanc ». Pas une semaine non plus sans qu’il ne relaye l’ « Obamagate » et les autres théories du complot de Donald Trump.

Ce polémiste constitue le noyau dur d’une radio qui brandit le « parlons vrai » pour justifier des polémiques sur des « thèmes de société » propres à occulter tout le reste, notamment les enjeux de justice sociale.

Le troupeau du « politiquement incorrect »

En 2013, en faillite, Sud-Radio est rachetée par Fiducial SA, un poids lourd de l’expertise comptable. Première conséquence : si cette radio est principalement diffusée dans le sud de l’Hexagone – du Pays basque jusqu’à Marseille –, les émissions ne sont plus préparées à Toulouse. Depuis 2017, véritable caricature du centralisme français, c’est à Courbevoie, en région parisienne, que son antenne est entièrement réalisée. À Sud Radio, plus rien n’incarne le Sud, ni le contenu des talk-shows entrecoupés de publicités criardes, ni l’accent pointu de ses animateurs.

Deuxième effet, et non des moindres : une dérive très à droite de la ligne éditoriale. Le nouveau propriétaire, Christian Latouche, 58e fortune française selon l’hebdomad aire Challenges, côtoyait dans les années 2000 le Mouvement national républicain de Bruno Mégret [2]. À Sud Radio, sous couvert de « non politiquement correct », on dénonce surtout les « idiots utiles », les « bobos » et autres « islamo-gauchistes ». Mal camouflée derrière une obsession « souverainiste », l’accointance de la radio avec l’extrême droite est évidente : le directeur de Valeurs actuelles,Geoffroy Lejeune [3], y a longtemps réalisé des chroniques ; Élisabeth Lévy du magazine Causeur, intervient dans la matinale. Quant à l’émission quotidienne « Les Incorrectibles », elle est réalisée en partenariat avec L’Incorrect, magazine dans le sillage « conservateur » et « identitaire » de Marion Maréchal Le Pen.

Comme l’a analysé l’historien Gérard Noiriel [4], dans un contexte de concurrence acharnée entre les médias, le scandale et la provocation apparaissent comme un moyen sûr d’acquérir de la visibilité dans l’espace public.

Lire la suite en utilisant le lien précédent.

***

Article 3 : Éric Zemmour sur C news

. Source : article de Wikipédia sur C news.

https://fr.wikipedia.org/wiki/CNews

Extrait (les chiffres les sont les numéros de notes de référence de l’article sur le site)

« En octobre 2019, la nouvelle émission Face à l’info, présentée par Christine Kelly, avec Éric Zemmour fait fortement monter les audiences de CNews qui dépasse largement pour la première fois LCI à 19h et se rapproche de BFMTV258. L’émission de Laurence Ferrari à la même heure ne rassemble que 82 000 téléspectateurs259. En novembre 2019, grâce à l’émission, CNews passe du statut « de lointain challenger à celui de leader des chaînes info, devant BFMTV et LCI »260. Selon la Lettre A, Éric Zemmour rassemble ainsi 170 % de téléspectateurs de plus sur le créneau 19–20 heures que n’obtenait CNews à la même période en 2018261. En deuxième semaine de décembre, Eric Zemmour mobilise une moyenne de 340 000 personnes, ce qui permet à CNews de se positionner première chaîne info de France au détriment de BFMTV, LCI et franceinfo262.

Le 24 octobre 2019, les représentants du personnel de Canal se réunissent lors d’un comité exceptionnel et votent à l’unanimité pour exiger l’exclusion d’Eric Zemmour263. La délégation du personnel évoque des raisons d’image pour le groupe et pour ses employés, des raisons économiques et des raisons de sécurité à l’encontre des salariés du groupe264. Deux jours plus tôt, La France insoumise avait fait savoir qu’elle ne se rendrait plus sur les plateaux de CNews aussi longtemps qu’ Éric Zemmour serait un collaborateur de la chaîne265. Le 29 novembre 2019, Christine Kelly révèle avoir reçu des menaces de mort266. Des élus LREM, la CGT, et des personnalités telles que l’économiste Jacques Attali ou de la journaliste Valérie Trierweiler boycottent également la chaîne du fait de la présence d’Éric Zemmour267,268.

Le 27 novembre 2019, le CSA met en demeure CNews pour des propos prononcés par son polémiste Eric Zemmour lors d’un débat avec François Pupponi sur « qu’est-ce qu’être Français »269. Zemmour se situe « du côté » du général Bugeaud qui lors de la conquête de l’Algérie par la France « massacrait les musulmans et même certains juifs »270. La mise en demeure du CSA fait office d’avertissement avant une sanction de la part du gendarme audiovisuel français271. CNews estimant la mise en demeure contraire aux principes de la liberté d’expression annonce le 3 décembre 2019 saisir le Conseil d’État269.

En juillet 2020, L’Obs révèle qu’après avoir engagé des discussions avec Marion Maréchal, CNews va engager comme éditorialiste la journaliste Eugénie Bastier, catholique revendiquée et proche de La Manif pour tous272. »

***

Annexe.

La presse de droite se renforce. Source : Blog de Mediapart. 16/09/2017 Il s’agit notamment de la parution de la nouvelle revue : L’incorrect en septembre 2017.

https://blogs.mediapart.fr/patrick-...

Facho sphère : l’extrême droite envahit le Net. Source : revue des médias .. (Magazine qui analyse la mutation des médias). https://larevuedesmedias.ina.fr/fac...

L’extrême droite sur Internet. Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Extr%...

Rentrée brune dans les médias : la grande bienveillance du gouvernement

HD


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