28 janvier 1888 : Mort de Jean-Baptiste Godin

lundi 17 juin 2013.
 

Si vous avez un peu d’âge, vous avez sûrement dans votre mémoire un gros poêle en fonte qui ronronne. Souvenez-vous, c’était un poêle Godin. Du nom de celui qui l’avait créé. Le 26 janvier 1817, naissait dans l’Aisne, un garçon qui allait laisser une trace dans notre mémoire collective. C’était Jean-Baptiste Godin.

Comme beaucoup d’enfants de familles ouvrières, il quitte l’école à 11 ans, sachant lire, écrire et compter. Il rejoint l’atelier de son père, tout en suivant les cours du soir, avant de partir pour son Tour de France des Compagnons du Devoir.

Dès son retour, il fait germer des idées nouvelles. Remplacer la tôle des ustensiles de cuisine et de chauffage par de la fonte. Mais surtout, appliquer à Guise les idées de Fourier, et devenir le précurseur des coopératives ouvrières. Il observe avec sympathie les idéaux révolutionnaires de 1848, et y voit l’espoir de changements économiques et sociaux. « Il est temps de se demander, écrit-il, si ceux qui créent la richesse n’auraient pas droit aux bienfaits qu’elle procure. »

S’appuyant sur toutes les utopies sociales, celles d’Owen, de Considérant, tirant aussi leçon de leurs échecs, il veut mettre en pratique une forme d’autogestion, de coopérative de production. Convaincu que les travailleurs dits « manuels » constituent l’aristocratie de la société, il leur reverse tout ou partie des bénéfices réalisés, alors même qu’une forme de protection sociale est installée.

Mais, son grand œuvre reste d’avoir créé autour de l’usine, une organisation de vie et d’accès au savoir tout à fait originale pour l’époque. Dans ce Familistère, comme il le baptise, on trouve une école mixte -bien avant les lois de Ferry-, une buanderie, jardin et potager collectifs, un théâtre, des magasins à prix réduits, les économats, une bibliothèque, mais surtout des logements clairs, aérés, salubres. Ce qui est loin d’être monnaie courante pour les familles d’ouvriers en cette seconde moitié du XIXe siècle.

Son projet apparaît à certains comme une entreprise paternaliste, visant à garder la haute main sur les ouvriers et leur famille, empêchant ainsi toute émancipation et, bien au contraire, visant à l’exploitation organisée de la classe laborieuse. Peut-être.

N’empêche… l’idée, pour être imparfaite n’en a pas eu moins le mérite d’être tentée. Et à la lumière de l’expérience on peut imaginer qu’elle ouvre la voie à d’autres possibles. Pour aujourd’hui, et pour demain…

Brigitte BLANG


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