L’imam de Brest veut que les maris musulmans contrôlent la messagerie de leurs épouses

samedi 4 février 2017.
 

Lettre d’Arnaud Stéfan (PG) au maire de Brest sur les propos tenus par l’imam Rachid Abou Houdeyfa (voir vidéo en cliquant sur l’adresse URL portée en source : haut de page, couleur rouge).

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A Monsieur François Cuillandre, Maire

Objet : condamnation de l’imam Rachid Abou Houdeyfa

Monsieur le Maire,

Consultant ma page Facebook ce matin, j’ai pu trouver, posté par un ami sur mon « mur », un lien renvoyant à une vidéo diffusée sur Youtube en date du 6 septembre et montrant l’imam de la mosquée de notre ville faire l’apologie d’une surveillance rapprochée des femmes musulmanes par leurs maris appelés, par ce personnage d’un autre âge et d’une autre dimension, à « contrôler » -ce sont ses termes- les messageries privées de leurs épouses, plus encore, à leur y interdire l’accès et enjoignant les maris susmentionnés d’ordonner la fermeture des pages de leurs femmes au prétexte que ces dernières, et il parle bien des femmes et non des pages par lui incriminées, n’ont « aucune utilité ». D’aucuns jugeront peut-être (ou sans doute) qu’il s’agit là d’un lapsus malheureux mais ce lapsus, dans l’économie du discours public ici prononcé ne peut être pris pour un hasard malheureux ou un dérapage inconscient.

Cet imam ajoute, à l’adresse de ces femmes dont il dénonce une présence à ses yeux envahissante et hors de propos sur les réseaux sociaux, qu’elles ne doivent pas se « prendre pour [des] savantes », incriminant ce qui, toujours selon lui, s’apparente à de l’insolence et à un manque de pudeur. Nous noterons, au passage et si l’on se fie à ce qu’on l’entend dire dans cette vidéo, que ce monsieur doit passer beaucoup plus de temps sur Facebook ou Twitter que dans l’étude des livres saints censée lui être dévolue tant son appel effrayé à une vigilance maritale accrue semble vouloir signifier que c’est au quotidien qu’il est scandalisé par ce qu’il lit. Scandalisé ou fasciné ? Dérangé ou captivé ? On est en droit de se poser, légitimement, la question quand on sait combien, à travers les âges et les géographies, les tenants d’une prétendue Morale ont toujours joué un jeu double pour le moins discutable (quand il n’est pas, purement et simplement, condamnable).

Monsieur le Maire, je suis citoyen français, citoyen brestois, profondément attaché aux valeurs républicaines et laïques de mon pays et à celles, qui font une grande part de ma satisfaction, de tolérance et de respect ataviquement liées à la Cité du Ponant, ville ouverte au Monde et, partant, à la variété des cultures.

En tant que citoyen, je suis avant tout républicain et laïc, je vous l’écrivais plus haut ; pour autant, j’ai du respect pour les personnes croyantes, dont, il me faut à l’honnêteté de dire que je ne comprends pas toujours ni la signification ni l’apport desdites croyances, mais, éduqué depuis toujours dans le sens d’une appréhension tolérante du Monde et des personnes qui le peuplent, je respecte celles et ceux qui ressentent le besoin de se tourner vers la transcendance, quel que soit le nom qu’on lui donne, qui s’en font une philosophie de vie apaisée et qui appliquent, avec le souci de l’Autre, des préceptes censés être d’acceptation, de considération et d’égard. Les Morales laïque et religieuse, d’ailleurs, parfois se rejoignent.

Monsieur le Maire, l’imam Rachid Abou Houdeyfa, dans la vidéo par moi vue ce matin et tenant les propos qu’il y tient, n’est à l’évidence ni moral ni tolérant. Il est encore moins républicain et il apparaît très clairement qu’il s’inscrit dans la dynamique d’une doxa incompatible avec aucune des valeurs qui sont celles que la République a en partage.

Ses paroles sont d’une infamante misogynie. Sans doute n’est-ce pas là un argument suffisant à un renvoi devant un Tribunal et, ne seraient-elles que misogynes, elles demeureraient condamnables par la voix populaire et, pour le dire vulgairement, « pour la forme ». Or il se trouve que, condamnables, elles le sont aussi sur la plan juridique parce que, de manière évidente, elles tombent sous le coup d’une accusation pour discrimination sexiste.

Les femmes, en France et pour musulmanes que soient celles auxquelles il fait référence, sont par principe ou par définition, des êtres libres. Libres de leurs mouvements, libres de leurs choix, libres de leurs vies. Libres de parole aussi. Les femmes, en France et pour musulmanes qu’elles soient, n’ont pas à être soumises aux volontés, aux désirs ou à la surveillance étroite de leurs maris. Et simplement parce qu’elles sont femmes, rien n’autorise -et c’est heureux !- dans notre pays, à les humilier ou à les insulter publiquement. Les propos tenus ici sous couvert de bons conseils phallocratiques sont contraires à la Loi.

Monsieur le Maire, je vous demande à tout le moins de condamner publiquement le discours méphitique de cet imam égaré et, au nom du Peuple français et de la Ville de Brest dont vous êtes l’édile, de faire condamner par la Justice française cet indigne dépositaire d’une autorité religieuse dont il abuse au-delà de toute prérogative. Ce faisant, de lui interdire l’accès à quelque tribune publique.

Vous remerciant d’avoir prêté attention à ces lignes, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’expression de ma respectueuse considération


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