Oxfam sur le CAC 40 : l’O.N.G. montre le caractère très inégalitaire du système économique dominant

vendredi 26 avril 2019.
 

Alors que le 26 mai 2018 se profile de larges manifestations protestant contre un modèle de société du « tout marché », le rapport d’Oxfam redonne de l’oxygène et de la flamme au mouvement en montrant le caractère très inégalitaire du système économique dominant.

Et évidemment, ce rapport provoque des réactions négatives des partisans de l’ordre établi. Oxfam répond avec précision dans une note d’information complémentaire aux rapports.

1) L’étude d’Oxfam

CAC 40 : Un rapport fustige le montant (astronomique) des dividendes versés aux actionnaires

Source : Oxfam

https://www.20minutes.fr/economie/2...

ETUDE Depuis 2009, les entreprises du CAC 40 ont reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices (67,4% pour être précis) à leurs actionnaires sous forme de dividendes, selon une étude d’Oxfam et du Basic...

•Les salariés sont les grands sacrifiés de ce partage inégal.

On savait déjà que la France était le « plus gros payeur de dividendes » en Europe. Une étude publiée lundi par Oxfam et le Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne) enfonce le clou. Selon elle, depuis 2009, les entreprises du CAC 40 ont reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices (67,4% pour être précis) à leurs actionnaires sous forme de dividendes.

« La France est ainsi le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires. C’est aussi deux fois plus que dans les années 2000 où les entreprises ne versaient pas plus de 30 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires », fustige le rapport intitulé CAC40 : des profits sans partage.

« Spirale des inégalités »

On est désormais très (très) loin de ce que préconisait (le dangereux gauchiste) Nicolas Sarkozy au début de son mandat à l’ Elysée. Dans une interview au Monde, il déclarait : « Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 % qui reviennent aux salariés, 33 % qui vont directement dans la poche de l’actionnaire et 33 % qui servent à être réinvestis dans l’entreprise. » Désormais, seuls 27,3 % des bénéfices des sociétés du CAC 40 vont au réinvestissement et 5,3 % aux salariés, d’après l’enquête d’Oxfam et de Basic.

Selon ses auteurs, « en 2016, les entreprises du CAC 40 ont ainsi reversé près de 15 fois plus de bénéfices à leurs actionnaires (sous forme de dividendes) qu’à leurs salariés (sous forme d’intéressement et participation). Si elles avaient choisi de maintenir en 2016 le même niveau de dividendes qu’en 2009 et d’augmenter la rémunération des employés plutôt que celle des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 dans le monde auraient pu voir leurs revenus augmenter en moyenne d’au moins 14.000 euros sur la période, soit plus de 2.000 euros par an et par employé. »

Or, dans le même temps, l’étude constate « la spirale des inégalités » qui s’accroit entre les hauts dirigeants et la plupart des employés. Résultat, en 2016, « les PDG du CAC 40 gagnaient en moyenne 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés au sein de leurs entreprises alors que ce dernier écart n’était que de 97 en 2009 ». « Course aux résultats de court-terme »

Pour Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France : « Si les patrons du CAC 40 n’ont pas caché leur joie sur l’embellie de leurs marges depuis 2009 et leurs profits records de l’année 2017, ils se sont fait beaucoup plus discrets sur la manière dont ils ont redistribué ces profits avec l’ensemble de leurs salariés. Et pour cause ! Les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes qui choisissent délibérément une course aux résultats de court-terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l’investissement ».

L’etude cite par exemple le cas d’ArcelorMittal qui a versé des dividendes de plusieurs centaines de millions d’euros entre 2012 et 2015 malgré les pertes de l’entreprise. Au passage, Oxfam et le Basic dénoncent les stratégies d’évitement de l’impôt des entreprises du CAC 40 qui leur permettent ainsi « de maximiser leurs bénéfices par une présence accrue dans les paradis fiscaux - 1 454 filiales déclarées en 2016 - et l’explosion des crédits d’impôts qui ont quasiment doublé en France dix ans atteignant plus de 26 milliards d’euros en 2016 ».

Dans ce contexte, Oxfam demande l’adoption de plusieurs mesures notamment dans le cadre de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) avec à la clef un partage plus équitable des bénéfices et aussi une limitation d écarts de salaire au sein des entreprises, sans oublier de mettre un terme à l’évasion fiscale des multinationales.

Commentaire : rappelons que 80 % des profits du CAC 40 sont réalisés à l’étranger.

Voir aussi l’article sur notre site : CAC 40 : La France championne des versements de dividendes. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

2) Quelques commentaires

2a) L’une des causes fondamentales du chômage en France et le faible taux de réinvestissement des profits dans la production : pour le CAC 40, même pas un tiers (27 %)

2b) Crédit d’impôt de 26 milliards d’euros…

Alors que l’équipe Macron a décidé de supprimer la taxe d’habitation d’ici 2021 pour la totalité des ménages, cela correspond à un manque à gagner pour les communes de 22 milliards d’euros. Comment les compenser ? s’interroge-t-on au Sénat.

(Voir https://www.senat.fr/questions/base...

Plusieurs pistes sont et seront examinées par un groupe de travail mais il est plus que probable que ce sera une fois de plus, les contribuables qui devront, d’une manière directe non, compenser cette perte pour les communes.

Mais, pendant ce temps, les sociétés du CAC 40 ont bénéficié d’un crédit d’impôt astronomique de 26 milliards d’euros en 2017.

Les serviteurs zélés des super riches n’iront évidemment pas chercher l’argent qui manque à cet endroit.

3) Des réactions hostiles au rapport d’Oxfam

Un certain nombre de commentateurs libéraux ((Gattaz dans Le Point du 15/05/ ; Patrick Artus dans L’usine nouvelle,).

On ne peut que sourire en lisant l’incroyable faiblesse des arguments de Gattaz qui avoue : « nous avons besoin d’actionnaires qui jouent et qui parient ».

Bref, nous avons besoin d’une économie–casino.

Et en effet, de nombreux capitalistes préfèrent l’investissement dans des produits financiers à risque à des investissements dans la production des biens matériels et de services. d’Oxfam ».

Mais quoi ? Aucun aboiement contre ce rapport sur les médias ? Aucun chien de garde du Capital n’a bois ?

Cherchons un peu… On trouve sur France Inter le 15 mai au matin l’éditorial de Dominique SEUX : « les demis vérités d’Oxfam (l’édito éco). Petit commentaire brouillon et peu convaincant.

4) La réponse d’Oxfam par des compléments d’informations sur le rapport.

Oxfam répond d’une manière précise aux accusations « d’erreurs méthodologiques » par une une note d’information complémentaire très informative.

On conseille vivement le lecteur de la consulter cliquant ici : https://www.oxfamfrance.org/actuali...

Annexe :

La réaction au rapport d’Oxfam : LF I ; PCF ; REM sur RT France https://francais.rt.com/france/5071...

Les sites d’Oxfam :

https://www.oxfam.org/fr/qui-sommes-nous

https://oxfamfrance.org/

Rapport sur le CAC 40 : https://oxfamfrance.org/rapports


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