La macron économie en 2014 : enrichissement des actionnaires et appauvrissement des classes populaires

mercredi 19 décembre 2018.
 

Un lieu commun consiste à considérer, par exemple, les socialistes comme de fervents défenseurs des fonctionnaires alors que le salaire de ceux-ci est gelé depuis 2010, le sera jusqu’en 2017 et que leur pouvoir d’achat a baissé.

Ce n’est pas le cas des actionnaires dont le pouvoir d’achat a explosé.

Questions et réponses sur l’actionnariat en France.

Il est très conseillé de cliquer sur chaque source pour avoir des informations complémentaires

La France est-elle bien placée dans la distribution de dividendes aux actionnaires ?

La France est médaille d’or dans la distribution de dividendes en Europe et médaille d’argent au niveau mondial, après les USA.

C’est en France que la rémunération distribuée aux actionnaires connaît la plus forte hausse, avec 40,7 milliards de dollars distribués (+ 30,3 %), ce qui fait du pays le plus important payeur de dividendes en Europe, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni, Source : Henderson

Cette année-ci sera-t-elle bonne pour les actionnaires ?

L’année est bien partie pour être un cru exceptionnel pour les dividendes. En France, ils sont en progression de 30% au deuxième trimestre. Source :Boursorama

Quelle est l’entreprise de plus généreuse ?

C’est la société d’assurance Axa qui a versé 2,7 milliards de dollars à ses actionnaires. :Source :Le Figaro

Est-ce que le groupe financier Axa est solide ?

La BCE a lancé une alerte concernant 25 banques de la zone euro après avoir examiné le bilan de 130 banques. Ces 25 banques n’ont pas réussi le test de la BCE. On remarque qu’Axa bank Europe fait partie de la liste Source :Mediapart

Quel est le montant des dividendes versés par les entreprises du CAC 40 ?

En 2013, les entreprises du CAC 40 ont versé 43 milliards d’euros aux actionnaires. Source : Les Échos

Quelle proportion des bénéfices représente ces dividendes versés aux actionnaires ?

Les 47 entreprises françaises cotées en bourse ont versé 60% de leurs bénéfices en dividendes. Source :Basta Mag

Quelle était la place de la France l’année dernière ?

Avec 36,8 milliards d’euros versés, la France se situait à la troisième place mondiale.

Au niveau mondial, entre 2009 et 2013, les dividendes ont augmenté de 43%. Source : l’Humanité

Ces records de versement de dividendes favorisent-ils l’investissement ?

Non, il n’y a pas de lien établi entre les deux, comme le montre par exemple un rapport de la Banque de France. Source : le Nouvel Observateur

Par exemple, on ne constate qu’une très faible progression ou une stabilité de l’investissement industriel. Source :INSEE

Quel est le rapport quantitatif entre le montant des investissements et des dividendes ?

D’après l’économiste Christian Chavagneux de la revue Alternatives économiques, il y a 2,6 fois plus de dividendes que d’investissement et 85% des profits sont versés en dividendes. Source : Alternatives économiques

Mais cela favorise-t-il l’investissement étranger en France ?

Absolument pas ! Par exemple, les investissements étrangers ont chuté en l’année 2013 de 77% par rapport à l’année précédente s’établissant à 5,7 milliards de dollars, alors que dans le même temps, les investissements ont quadruplé en Allemagne. Source :Les Échos

L’actionnariat salarié est-il important en France ?

Oui, relativement important puisqu’il se situe le premier en Europe La France compte 4 millions d’actionnaires salariés. Ces actionnaires salariés représentent 51,5% du nombre total de salariés, contre une moyenne de 30,1% seulement en Europe. Source : la Tribune

Quel est le nombre d’actionnaires individuels en France ?

On en compte 3,5 millions soit environ 8% à 9% des ménages. Source : Les Échos

Quelle est la part des ménages qui détient des avoirs financiers de type action ?

Environ un quart des ménages : 24,3% en 2010. (Cela n’inclut pas les contrats de capitalisation de type assurance vie ou décès : 35% des ménages possèdent une assurance vie et 60% un compte d’assurance rapportant des intérêts pour un montant total de plus de 1100 milliards d’euros de dépôts) . Source : document Banque de France sur le patrimoine des ménages.

Comment se répartissent les différents types d’actionnaires en France ?

investisseurs étrangers : leur part s’élève à40%, la moitié appartient aux investisseurs européens dont la part de 20% est stable sur la période 2008-2011 ;

gouvernement  : ; elle est remontée à 10-12 % avant la crise de 2008 du fait de l’introduction en bourse d’EDF, GDF-Suez et Orange, puis a perdu 50 Mds € de 2009 à 2012 du fait des chutes de cours de ces actions ; le gouvernement a vendu quelques paquets d’actions en 2012 (3,1% de Safran et 2,1% d’EADS) et 2013 (9,5% d’Aéroports de Paris) ;

fonds d’investissement :12-13% depuis 2009 (23% avec les fonds européens) ;

assurances et fonds de pension  : 5 % en 2012 (près de 8% avec les assurances et fonds de pension européens) ;

banques  : 3-4% : sur les 50 milliards € d’actions françaises détenues par les banques fin 2012, 7 Mds € étaient détenues par la Caisse des Dépôts ;

sociétés non financières  : environ 15-20% au milieu des années 2000 ; les liens circulaires entre entreprises qui caractérisaient autrefois le capital français ont largement reculé après la période des privatisations ;

particuliers : 11% en 2012

Source : Wikipédia

Quelle est l’importance de l’actionnariat familial en France ?

Il existe une grande diversité des situations selon les pays : en 2010, l’actionnariat familial ne représentait que 24 % du capital des entreprises au Royaume-Uni, 60 % en Italie, 65 % en France et en Allemagne. Source : Trader–Finance.fr

Quelle a été la croissance du montant des dividendes versés ces dernières années ?

Le montant des dividendes versés a été multiplié par 7 en 20 ans. Source :les Échos

Dans le cadre de la loi de réforme de la sécurité sociale, un amendement socialiste avait été déposé pour la taxation des dividendes par prélèvement de cotisations sociales. Le texte du projet de loi pour le financement de la sécurité sociale (dont cet amendement) a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale. Cette mesure concerne-t-elle tous les actionnaires ? Cliquez ici pour accéder au texte de l’amendement

Certainement pas. Déjà depuis 2013, les dividendes reçus par les dirigeants majoritaires non salariés de SARL relevant de l’Impôt sur les sociétés au titre de la partie supérieure à10% du capital sont soumis aux cotisations et contributions sociales. Il s’agit d’aligner le régime des SA ou des SAS sur celui des SARL dès 2015. (Pour en savoir plus cliquer ici)

Et le gouvernement avalise-t-il cette décision de l’Assemblée nationale ?

Non ! Sapin et Valls demandent aux députés de ne pas le voter l’amendement en seconde lecture sous la pression du Medef et de la CGPME. Sources : French Web.fr Sud-Ouest

Une telle mesure ne va-t-elle pas pourtant dans le sens préconisé par Thomas Piketty dans son ouvrage Le capital au 21ème siècle pour faire reculer les inégalités ?

En effet, pour réduire les inégalités, qui ont atteint maintenant des niveaux record, il explique que la taxation du patrimoine, notamment financiers, est un moyen à privilégier. On peut se reporter en résumé de son argumentation à une interview de France Info.

Existerait-il un moyen pour protester contre cette nouvelle reculade du gouvernement ?

En effet : cette reculade est totalement inacceptable et s’ajoute à une longue liste de capitulations. Se joindre à la manifestation du 15 novembre 2014 peut être une bonne méthode pour protester. Source :collectif Alternative À l’Austérité

On pourrait croire que ce gouvernement constitue une véritable chambre d’écho du Medef pour ne pas dire chambre d’enregistrement.

Chambre d’écho : c’est sûr ! Le journaliste Gérald Rossi a fait un excellent article intitulé :Le glossaire partagé de Manuel Valls et Pierre Gattaz

Source  : L’Humanité. du 24/10/2014 dont on a numéroté les courts paragraphes.

En fait de « modernité », de multiples propos du premier ministre s’alignent mot pour mot sur les discours ultralibéraux du patron des patrons. Décryptage.

1–Le premier ministre l’affirme dans une longue interview qu’il a accordée à l’Obs cette semaine, il veut «  en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses  ». La «  gauche moderne  » selon Manuel Valls serait donc celle qui renie un certain héritage… que conspue de son côté le Medef.

Son président, Pierre Gattaz, use des mêmes images dans un document interne, en préambule à l’université d’été d’août dernier à Jouy-en-Josas  : «  Notre modèle économique et social, hérité de la Libération et basé sur le modèle des Trente Glorieuses, a vécu.  »

2–Ce n’est pas tout. Lorsque Manuel Valls est allé devant la City de Londres pour dire  : «  My government is pro-business  », Pierre Gattaz a fait savoir que «  dire que l’on aime l’entreprise ne devrait pas faire polémique  ».

3–Toujours à Londres, Manuel Valls a déclaré  : «  Ce sont les entreprises qui créent la richesse et donc l’emploi.  »

Fin juin, Pierre Gattaz, au micro d’Europe 1, a estimé que «  seule l’entreprise crée de l’emploi et de la richesse  ».

4–À la City, Valls ajouta  : «  Depuis trop longtemps, quarante ans, la France vit au-dessus de ses moyens.  »

Dans la Croix, Gattaz expliquait  : «  Cela fait trente ans que la France vit au-dessus de ses moyens.  »

5–Quand Manuel Valls avoue  : «  Dans peu de temps les magasins seront aussi ouverts (le dimanche) à Paris, je ferai tout pour cela  »,

c’est encore une sorte de réponse à Pierre Gattaz sur BFM qui fustigeait «  l’obligation pour les grandes enseignes de fermer leurs portes le dimanche et après 21 heures en semaine  ».

6–Dans l’Obs et à la télé, Manuel Valls a précisé qu’un contrat de travail unique est «  une idée intéressante  »,

et Pierre Gattaz glisse à la Tribune que «  l’idée d’un contrat unique, comme en Suisse où il fonctionne très bien, est excellente  »...

7–Et quand le premier ministre dit qu’«  un certain nombre d’entreprises ne veulent pas embaucher en raison du coût trop élevé du licenciement  »,

il ne fait encore que faire écho au patron du Medef qui, il y a quelques jours, a estimé que «  l’État doit aussi simplifier les procédures de licenciement car de plus en plus de patrons n’osent même plus embaucher tant il est compliqué de se séparer d’un collaborateur  ».

La liste n’est pas close, mais les mots sont têtus. Et ils soulignent un accord avant tout incontestablement libéral. Fin de l’article

Hervé Debonrivage


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