Hommage à Germaine Tillion, une femme "debout", ethnologue, Résistante, déportée à Ravensbruck, engagée à gauche (3 articles)

vendredi 21 septembre 2018.
 

- A) Germaine Tillion, un nom qui parle au coeur (Brigitte Blang)

- B) Juin 1940 Germaine Tillion « Résistante instantanée »

- C) Germaine Tillion, avocate de l’espèce humaine

Germaine Tillion. Il y a des noms, comme ça, qui te parlent au cœur, dès que tu les entends. Germaine Tillion, ça fait cet effet-là. L’impression de l’avoir toujours connue, peut-être parce que justement, elle a toujours été là. Elle fait partie de ces ethnologues qui ont donné envie à toute une génération « d’aller voir » là-bas, tout là-bas, ce qui se passe, plus loin, au Sud, vers des contrées mal connues, mal aimées, surtout. Pour certains, ce fut le Mali ou le Soudan. Pour elle, c’était l’Algérie, déjà dans les années 30 dans la recherche, alors bien sûr quand ce que l’on nommait, à l’époque « les événements » éclatèrent, on se doute bien de quel côté on l’a trouvée.

Comment l’imaginer ailleurs, elle qui avait connu Ravensbrück, et en était sortie ? Sortie en ayant, tout de même, écrit une opérette. Une opérette ? Du fond de l’enfer ? Eh oui... On résiste avec ce qu’on peut, justement, au cœur de l’enfer. (Henri Krasucki racontait qu’il avait tenu en camp en se chantant intégralement un opéra, quand tout devenait vraiment insupportable...) Cette opérette, elle sera donnée ce week-end au Châtelet. S’ils pouvaient jouer à guichets fermés. Quelle revanche ce serait...

Germaine Tillion, une femme « debout », à l’heure où certain-e s galvaudent tant le mot. Être une femme debout, c’est sûrement plus facile en 2007, sous les projecteurs, qu’en 40 pour résister, ou qu’en 57 pour dénoncer la torture. Plaider pour les misérables, les sans-logis, les marginaux, les gamins qui dérapent, donner sa voix à ceux qu’on n’écoute pas, aux femmes marquées, aux oubliées, et toujours, inlassablement, s’oublier au point que son pays lui-même ne sait plus très bien qui elle est, ni où la placer.

A l’heure où on nous bassine de héros en trompe-l’oeil, à l’heure où les valeurs sont sans cesse remises en question, où la télé fait et défait les carrières politiques et humaines, quand de toutes petites gamines ne trouvent rien d’autre pour exister que de se jeter d’un balcon, n’est-il pas temps, mes camarades, de braquer les projecteurs sur les femmes et les hommes qui ont combattu pour la vérité, pour l’humanité, pour la liberté ?

Ce n’est pas un hasard si on retrouve son nom associé à ceux de Pierre Vidal-Naquet et Henri Alleg. De toutes les bonnes causes, de tous les combats, Germaine Tillion, de la trempe de Lucie Aubrac, du bois dont on fait les héros, une femme, pour de bon. Reste à attendre maintenant un hommage en temps réel. Mais pour ça, vous savez bien, au royaume des paillettes et du chiqué, il vaut mieux être mort... Alors qu’il nous soit permis, madame, de vous dire simplement : Merci

(Lisez, ou relisez les belles pages de Jean Lacouture "Le témoignage est un combat" ainsi que leurs entretiens "La Traversée du Mal")

brigitte blang http://prs57.over-blog.com/


B) Juin 1940 Germaine Tillion « Résistante instantanée »

Ethnologue, Germaine Tillion a participé 
à la création du réseau du musée de l’Homme, avant de mettre à nu les mécanismes de domination de Ravensbrück et de dénoncer la torture pendant la guerre d’Algérie.

Quand Pétain appelle à cesser le combat, le 17 juin 1940, Germaine Tillion vomit. C’est la capitulation qui lui donne la nausée. Durant l’hiver 1932-1933, elle a vu sur place, en Allemagne, ce qu’était le nazisme. La mécanique se met en place. Elle rendra visite à son maître, Marcel Mauss. Il l’a orientée vers son métier, l’ethnologie. Chez lui, elle prend de plein fouet l’ignominie  : sur sa veste, il porte l’étoile jaune. Une seule image, touchant au plus fort du sensible, peut marquer un destin.

Germaine Tillion, à l’été 1940, ne sait plus très bien ce qu’est la France. La jeune femme, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire), est partie en 1934 dans les Aurès, étudier les systèmes de parenté chez les Chaouias. Seule, elle a planté sa tente dans le douar de Tadjemout, le plus pauvre et le plus éloigné, à quatorze heures de cheval d’un centre, Arris. L’Algérie des Chaouias deviendra sa thèse d’ethnologie. Et, plus qu’une thèse, ce sera sa méthode, qu’elle appliquera au camp de concentration de Ravensbrück, où elle est déportée le 31 janvier 1944.

Résistante instantanée, Germaine Tillion ne part pas à Londres. C’est à Paris, dans le nœud de vipères, qu’elle se met en route. Ou plutôt en chasse. Elle se retrouve avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky, plus tard fusillés, eux aussi élèves de Marcel Mauss et qui constitueront le fameux réseau du musée de l’Homme. Le réseau est trahi. La lutte, à la vie à la mort, entre la collaboration et la Résistance, est une histoire d’héroïsmes, mais aussi de trahisons. Le 13 août 1942, Germaine Tillion est arrêtée. Elle a été donnée par un prêtre, l’abbé Alesch, qui recrutait des jeunes pour la Résistance pour mieux les livrer à la Gestapo  ! Sa mère aussi, Émilie, au doux visage rayonnant, dont elle ne quittera jamais la photo des yeux dans son salon de Saint-Mandé, qui sera une gazée « cheveux blancs » dans le camp de sa fille.

À Ravensbrück, Germaine Tillion adopte une règle de résistance  : « Survivre est notre ultime sabotage. » Et que fait-on pour survivre  ? On s’entraide, on est caché au Revier (l’infirmerie), on prépare même, en douce, une opérette, le Verfügbar aux enfers, à l’ironie mordante pour les geôliers. Il faut imaginer ces déportées, dans la baraque, « répétant » les personnages de Titine, Lulu de Colmar, Bébé, imaginer Nénette chantant « J’irai dans un camp modèle, avec tout confort, eau, gaz, électricité… » et le chœur répondant  : « Gaz surtout… ». 
Du camp, sortira surtout un maître ouvrage  : Ravensbrück. Ni un récit, ni même un cri d’épouvante. Germaine Tillion met à nu, dans le régime concentrationnaire, le système économique – celui du profit, Himmler était le propriétaire du camp  ! – les mécanismes psychologiques de la domination, de la détention. Elle en tirera des leçons pour toute la vie. Y compris quand elle aura affaire à un autre « système concentrationnaire », celui du goulag. En 1951, elle participe à une commission internationale pour auditionner les témoins des camps soviétiques. La controverse éclate alors avec des anciennes déportées communistes, notamment avec une amie tchèque qui lui a sauvé la vie. Et qui lui reprochera amèrement cette entorse à leur idéal, avant de se suicider… lors de l’entrée des troupes du pacte de Varsovie à Prague, en 1968. Germaine Tillion ne confondait pas, cependant, stalinisme et communisme, faisant l’éloge des résistantes communistes à Ravensbrück, d’une Jeannette jeune ouvrière du Nord.

Le 1er novembre 1954 éclatent les premiers coups de feu de la guerre d’Algérie. Dans les Aurès, et on est tenté de dire dans « ses » Aurès  ! Années de déchirement pour l’ethnologue que Louis Massignon renvoie sur le « terrain ». Germaine Tillion va faire cette « traversée du mal », pour ainsi dire sans prendre parti, mais hostile à la guerre, jusqu’à l’indépendance de juillet 1962. Des Algériens, comme l’écrivain Jean Amrouche, lui reprocheront de ne pas être allée plus loin… Mais refuser de mettre en cause le principe même du fait colonial n’est pas s’abstenir de combattre ses crimes.

Elle découvre la « clochardisation » du peuple algérien. Elle crée des centres sociaux. La logique de la guerre coloniale broie cet idéalisme. Inspectant, avec d’autres, cette Algérie de la répression, des camps d’internement – encore des camps  ! – les témoignages de sévices, les liquidations de ses propres éducateurs, l’incitent à tout faire pour arrêter « ça ».

Elle rencontre même Yacef Saadi, le chef du FLN à Alger, pour proposer une trêve  : arrêt des exécutions capitales de combattants FLN, d’un côté, suspension des attentats contre des civils, de l’autre. La trêve sera rompue par Paris  : la guillotine reprend du « service » sous la pression de l’armée et des pieds-noirs ultras. Les deux camps aux prises ne s’y tromperont pas. Des Algériens témoigneront envers elle, le plus souvent, de leur gratitude. À l’inverse, les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française ne lui pardonnèrent jamais  : elle dut même, un jour, changer son numéro de téléphone…

Son dernier acte, si l’on peut dire, concernant la guerre d’Algérie, fut de signer, le 31 octobre 2000, un texte demandant aux autorités de la France de reconnaître et de condamner la torture pratiquée en son nom, ce qui devint l’Appel des douze. Et de se retrouver, ainsi, aux côtés d’Henri Alleg, deux personnages de l’histoire, elle l’humaniste et lui le communiste, que la guerre froide avait durement séparés, et qui avaient fait montre, chacun dans leur registre, dans les pires circonstances, d’un engagement exemplaire.

On ne peut évoquer Germaine Tillion sans parler de la complicité féminine qui a marqué sa vie. Deux d’entre elles en témoignent pour d’autres, innombrables  : Anise Postel-Vinay à Ravensbrück et Nelly Forget en Algérie, arrêtée et torturée par les parachutistes français. Cette complicité qui semble indestructible, qui confère sa force à l’Association des amis de Germaine Tillion, a donné un bel ouvrage, réalisé sous la direction de Tzevan Todorov (1). Car l’enfant d’Allègre, disparue en 2007, a eu le « bon goût » de vivre cent ans et un peu plus… pour inspirer ce titre  : le Siècle de Germaine Tillion. La marque, déposée, en vaut pas mal d’autres…

Charles Silvestre, journaliste, secrétaire des Amis de l’Humanité.

(1) Éditions du Seuil.


C) Germaine Tillion, avocate de l’espèce humaine

Pour l’ethnologue, connue pour ses engagements, la connaissance vraie des peuples suppose toujours un regard amical.

" Une manière ethnologique d’être au monde. " Derrière cette belle formule qu’utilise le professeur Christian Bromberger pour évoquer, dans un récent ouvrage (1), l’oeuvre de Germaine Tillion, on lira l’extraordinaire force d’âme d’une vie. On découvrira en même temps une posture d’existence et de pensée qui a fait école : celle d’une science de l’homme en gestation, osons dire d’une science de " l’humain " - ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Naissant peu avant la Seconde Guerre mondiale, l’ethnologie s’affirme en effet dans sa prise de distance vigoureuse d’avec le colonialisme. Elle s’épanouit dans le grand mouvement des indépendances des peuples et l’espoir d’une émancipation qui bouleverserait l’allure du monde. En France, cette histoire s’enracine dans la création, par le Front populaire, du Musée de l’Homme ; elle investit l’expédition et le témoignage de terrain, accompagne le cheminement intellectuel des défricheurs de ce qu’on pourrait appeler l’engagement pour la connaissance des peuples. Quelques-unes des figures marquantes de ce vaste dessein mondialiste, ou plutôt altermondialiste, qui a parcouru le XXe siècle et qu’évoquait tout dernièrement un film consacré aux débuts du Musée de l’Homme (2) s’appellent - aux côtés de bien d’autres (3) - Germaine Tillion, Georges Condominas, Georges Balandier : leurs parcours foisonnants, leurs recherches multiformes constituent des repères essentiels pour qui veut comprendre l’histoire de notre temps. Nous leurs donnons successivement la parole.

Lorsqu’on découvre les débuts de l’ethnologie au Musée de l’Homme, on ne peut qu’être frappé par le mouvement d’une discipline qui accède progressivement à la définition de son objet en même temps qu’elle croise celui de l’indépendance des peuples.

Germaine Tillion. Il y a croisement et surgissement. La démarche ethnologique est présente à l’origine de la prise de conscience par les peuples - observateurs et observés -, de ce qu’ils sont. Le travail se développe sur le terrain et il a rendez-vous avec l’histoire. Les gens sortent de chez eux, regardent les autres et le disent. Ainsi s’opère la prise de conscience de l’existence de l’autre. · partir du moment où l’on se dit qu’on est plusieurs sur la Terre, on finit par réfléchir. Cela suppose que le regard porté sur l’autre soit un regard amical, d’abord amical.

Qu’est-ce qui distingue ce regard de celui du missionnaire ou de l’évangélisateur, par exemple ?

Germaine Tillion. Le missionnaire apporte quelque chose, le regard de l’ethnologue emporte quelque chose, le processus est inverse. En quelque sorte, l’ethnologue est celui qui va se faire évangéliser chez le voisin ! Simplement par curiosité, car la curiosité est la première vertu de l’être humain, et par sympathie, car celle-ci trottine toujours derrière la curiosité.

En quoi ces dispositions d’esprit généreuses constituent-elles une connaissance, et une connaissance différente voire critique par exemple de celle, précise et efficace, dont use l’administrateur colonial ?

Germaine Tillion L’administrateur colonial fait régner l’ordre - ça rend service quelquefois. Mais l’ethnologue ne s’occupe pas de l’ordre, il cherche à connaître le voisin. Il ne cherche rien d’autre que la connaissance du voisin et, derrière elle, il cherche l’amitié. Et le respect... Si vous êtes ethnologue, c’est que vous avez eu envie de l’être, sans quoi vous ne partez pas. Et si vous partez, c’est que vous avez de la sympathie pour les gens que vous ne connaissez pas.

Qu’avez vous retenu de ces fréquentations ?

Germaine Tillion L’unité de l’espèce humaine. Je crois que l’Homme est une espèce dangereuse et méchante d’ailleurs pour les autres espèces animales qu’elle a enfermées ou fait disparaître. Il y a donc intérêt à la connaître et à la modérer autant que possible...

La grande Exposition coloniale de 1931, qui précédait de quelques années la création du Musée de l’Homme, ne niait pas absolument les cultures, elle les exaltait même à travers la présentation de stéréotypes d’" indigènes " dans une mise en scène exotique à la gloire de la puissance et des valeurs républicaines...

Germaine Tillion Oui, mais précisément l’espèce humaine est beaucoup plus qu’un empire. C’est tout le monde, sans aucune distinction. Elle a beaucoup de défauts, mais enfin elle est là et il faut essayer de la protéger contre elle-même. Ce qui n’était pas du tout le propos de ces expositions, qui avaient bien avant leur prétention scientifique une prétention dominatrice. Or, ce qui m’intéresse en tant qu’ethnologue, ce n’est pas une partie, mais la totalité d’une espèce dans les relations qu’elle entretient avec le reste de la planète. Cela implique à la fois des différences, de la diversité humaine et une unité.

Européens français vivant à l’orée du XXIe siècle, nous serions donc comme orphelins de ces peuples qui nous ont précédés ou qui nous côtoient dans le présent ?

Germaine Tillion Tous les hommes en effet sont orphelins des autres, bien qu’ils ne le sachent pas toujours. L’humanité constitue une unité insondable, impossible à parcourir mais dont nous sommes tous tributaires, que l’on se tourne vers le passé ou que l’on reste au présent. La grande idée du Musée de l’Homme est là : montrer la diversité et l’unité de l’espèce humaine, celles des peuples qui n’ont cessé de travailler leur origine commune en tournant autour de la Terre. Depuis toujours ils ont énormément circulé, de telle sorte que chaque variété, ainsi que nous le montre l’anthropologie biologique, a circulé chez les autres. Toutes sont mélangées de droite et de gauche, du tiers et du quart : c’est notre pot commun, notre aventure commune et notre histoire.

Néanmoins cette histoire racontée par l’ethnologue est faite de larmes et de sang ? C’est par exemple, celle de l’oppression des femmes dans les sociétés méditerranéennes, que vous assignez dans votre étude le Harem et les cousins (1).

Germaine Tillion La femme est opprimée, oui, mais elle opprime ! Qu’est ce qu’il y a de plus casse-pieds que ces mères possessives de Méditerranée ? Elles se conduisent en véritable tyrans avec leurs enfants, quel que soit leur âge, considérant que leurs fils sont leur propriété. L’oppression des femmes, c’est en même temps la tyrannie des femmes ! Il faut comprendre l’une avec l’autre, elles sont concomitantes.

Quel usage faire alors de ce savoir ?

Germaine Tillion Déjà le savoir, commencer à y réfléchir. Et s’en accommoder...

S’en accommoder ? Mais vos recherches et votre vie témoignent pourtant contre les accommodements...

Germaine Tillion. Bien entendu il y a de l’intolérable. Et beaucoup d’autres choses qu’on est obligé de supporter. Le fait que des populations crèvent de faim est tout à fait constatable au plan ethnologique et parfaitement intolérable. Encore faut-il trouver des moyens pratiques pour y remédier. Comme science, l’ethnologie peut être un moyen d’éclairer d’autres sciences, par exemple celle de la répartition des aliments. Mais l’ethnologie n’est pas une mécanique de bagarre, c’est plutôt une mécanique de paix et de clarté.

C’est le message moral toujours valide du Musée de l’Homme ?

Germaine Tillion. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Si l’on connaît vraiment dans toutes les dimensions les divers peuples qui vivent sur la Terre, on alimente, on nourrit une connaissance regroupée du respect qui leur est dû.

Mais le super pouvoir dont disposent aujourd’hui les dirigeants américains à l’égard de tous les peuples de la Terre, n’est-il pas en train de réduire cette diversité à une peau de chagrin ?

Germaine Tillion. Le super pouvoir des États-Unis est peut-être d’abord celui de l’argent. La diversité humaine n’est pas seulement victime du pouvoir de l’argent, elle est en même temps le terrain privilégié, le sujet sur lequel s’opposent les équipes sportives qui courent derrière l’argent. Si, dans notre société d’aujourd’hui, le ballon de football représente l’argent, disons, en filant cette métaphore, que tout le monde se bat pour garder le ballon et que c’est un jeu particulièrement dangereux.

Que dire, dans ces conditions, de la fonction de l’ethnologue ?

Germaine Tillion. Il doit éclairer, toujours éclairer. Il n’est même pas arbitre, mais observateur dans le public. Et il raconte. Éventuellement il peut se transformer en soigneur quand des mauvais coups sont échangés de part ou d’autre. Il est là pour calmer le jeu. Son autorité se résume au bon sens et ce n’est pas tout à fait rien : même dans les armées les plus tordues, même dans les groupes les plus malfaisants on trouve des gens prêts à écouter autre chose que la musique de mort. C’est un phénomène universel.

Entretien réalisés par

Lucien Degoy

(1) Germaine Tillion, une ethnologue dans le siècle, par Christian Bromberger et Tzvetan Todorov. Éditions Actes Sud, 96 pages, 10 euros.

(2) L’Aventure du Musée de l’Homme, par Jérôme Lambert et Philippe Picard (diffusion France 5).

(3) On pense à Paul Rivet, André Leroi-Gourhan, Michel Leiris, Claude Lévi-Strauss, Michel Rouget, Jean Rouch, Jean Malaurie.


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