Capitalisme et esclavagisme de salariés : la mise à mort du travail 1

mercredi 19 juillet 2017.
 

Ce 26 octobre 2009, France 3 a présenté la première partie d’un film (réalisé par Jean-Robert Viallet) d’un grand intérêt pour quiconque n’accepte pas les conditions de travail actuellement imposées à beaucoup de salariés. Voici la bonne présentation que la chaîne en faisait : "Dans un premier temps, le réalisateur qui a suivi, jour après jour, une poignée de salariés, dévoile les conflits aux portes des entreprises. Sa caméra se glisse sur les bancs des tribunaux lors d’audiences aux prud’hommes, dans le bureau d’un inspecteur du travail et dans le cabinet de la psychanalyste psychologue Marie Pezé qui a fondé à Nanterre la première consultation "souffrance et travail". Puis, le tournage se déplace dans les locaux franciliens de la compagnie Carglass, explore les coulisses de cette entreprise de services, croisant le regard de ses salariés et celui de ses dirigeants."

Pour visionner ce documentaire, cliquer sur l’adresse URL ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=P7G4...

Voilà un documentaire extraordinaire de France 3 :

* * Il nous immerge dans ce monde contemporain où l’économie n’est pas au service de l’homme mais l’homme au service de l’économie. Il nous immerge dans ce monde de l’entreprise, central dans notre société et pourtant si rarement traité sérieusement par la presse écrite ou par les médias audiovisuels.

* * Comme le dit si bien Jean-Robert Vialley « Le monde de l’entreprise - surtout à son niveau le plus commun, celui des Castorama, des Saint-Maclou, des Halles aux chaussures, etc., qui peuplent les alentours de nos villes - est très rarement traité. D’abord bien sûr parce que l’entreprise privée est l’un des espaces les plus fermés de notre société et qu’il est extrêmement difficile d’y pénétrer. Mais aussi, plus fondamentalement, parce qu’elle n’offre généralement aucun intérêt à qui cherche l’exceptionnel. Par conséquent, on ne sait pas la regarder et on se donne rarement les moyens et le temps d’apprendre à le faire. »

* * La souffrance en entreprise ne représente pas, semble-til, un sujet porteur pour la presse. Pourtant :

- Les maladies professionnelles (43 800), les accidents du travail (720 000) ou les accidents sur le trajet pour s’y rendre (85 000) touchent chaque année près d’un million de personnes en France.

- Chaque pays de l’Union européenne leur consacre entre 3 et 4 % de son PIB. Le total représente 270 milliards d’euros, soit deux fois les dépenses d’armement de tous les Etats de l’Union.

- Selon l’Institut national de veille sanitaire (INVS), un quart des hommes (24 %) et un tiers des femmes (37 %) souffrent en France de détresse psychique liée à leur travail. Les maladies psychologiques représentent 20 % des maladies du travail répertoriées en Europe : 8 % des salariés prennent des psychotropes, les femmes systématiquement plus fréquemment (12 %) que les hommes (5 %). En outre, 9,6 % des hommes (et 2,2 % des femmes) présentent une dépendance alcoolique.

- Les troubles musculo-squelettiques (TMS) touchent en France un salarié sur huit. C’est un mal qui représente 7 millions de journées de travail perdues chaque année et coûte plus de 710 millions d’euros à la Sécurité sociale. Les TMS sont devenus les premières ‚"maladies professionnelles" en Europe et aux Etats-Unis. Les médecins du travail disent qu’elles sont largement sous-estimées et peu reconnues.

* * Ce film présente en chair, en os et en souffrance mentale les salariés confrontés à l’évolution actuelle du capitalisme : les besoins de rentabilité imposés par les actionnaires : payer le moins d’employé possible et le moins cher possible pour gagner toujours plus d’argent. Il en découle inéluctablement une augmentation des contraintes de rentabilité, une augmentation des pressions psychologiques sur les employés susceptibles de résister et des réductions de personnels sous diverses formes.

* * En France, 3 salariés sur 4 travaillent dans les services. S’il y a une crise du travail, c’est donc de là qu’il faut l’observer. Les réalisateurs se sont installés dans une entreprise anodine, une entreprise comme il en existe aujourd’hui des dizaines de milliers dans le monde : Carglass. Mondialisée, standardisée, Carglass est une fi liale du groupe anglais Belron présent dans plus de 30 pays du monde. Ici, deux credo : une productivité maximale et un client roi totalement satisfait. Deux notions qui, aujourd’hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d’un management de la manipulation...

* * Il nous fait découvrir le monde horrible du despotisme patronal dans lequel le salarié se trouve sans cesse en sursis depuis les accusations infondées jusqu’au licenciement, y compris et en particulier si le salarié a des activités syndicales.

* * Il rend compte de cas, individuels mais symboliques, dans lesquels les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu’au bout de leurs limites, sans que cela soit facilement perceptible par autrui comme Christophe Nick et Paul Moreira l’expliquaient le matin même sur France Inter :

Du suicide au travail à la remise en cause du capitalisme

* * Ce film évoque la fonction des prétendues "restructurations" permettant à la direction de casser le personnel qu’elle ne souhaite pas garder.

* * Il montre les ravages de la fatigue et du stress sur des salariés pressurés jusqu’à la mort : des petites humiliations au harcèlement moral, du climat psychologique pourri au congé maladie, de l’effondrement personnel au suicide...

* * Il permet de poser la question des ressemblances entre capitalisme et esclavagisme

Pour visionner cette vidéo, cliquer sur l’adresse URL portée en source ( haut de page, couleur rouge).

Le réalisateur JEAN-ROBERT VIALLET obtient le prix Albert Londres 2010 de l’audiovisuel pour "La mise à mort du travail"


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