27 mars 1854 Début de la guerre de Crimée impérialiste, meurtrière et imbécile

mercredi 29 mars 2017.
 

1) Des querelles ridicules préparent la guerre

Moines catholiques et moines orthodoxes sont concurrents en Palestine pour accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux avec le développement du chemin de fer. En 1846, l’affrontement entre les deux communautés fait 40 morts dans la basilique du Saint Sépulcre.

La tension monte encore d’un cran lorsque les moines catholiques partageant la garde de la basilique de la Nativité avec des moines orthodoxes accusent ces derniers d’avoir fait disparaître une étoile décorative.

En 1850, le gouvernement "républicain" conservateur français se lance dans une surenchère diplomatique et demande au sultan ottoman de rétablir les droits des religieux latins en remontant jusqu’en 1740. Le but des politiciens français consiste évidemment à gagner la sympathie des catholiques, électoralement décisifs et chauffés à blanc dans cette affaire par l’Eglise qui vient de rétablir un patriarche représentant Rome à Jérusalem.

Devant les prétentions françaises, le tsar (protecteur traditionnel de la religion orthodoxe) pousse les feux de réclamations contraires. Il est vrai que la majorité des pèlerins sont russes en raison de la proximité géographique.

Début 1852, les Turcs donnent ordre au consul représentant Moscou à Jérusalem de quitter cette ville.

2) Les intérêts impérialistes, cause essentielle de la guerre

L’empire ottoman vient de perdre la Grèce ; il est "l’homme malade de l’Europe" que les grandes puissances rêvent de dépecer, particulièrement la Russie (pour obtenir un débouché direct sur la Méditerranée) et la Grande Bretagne (pour maintenir la route commerciale et militaire des Indes). Ces deux Etats doivent également prendre en compte les visées autrichiennes sur les Balkans.

Le 15 janvier 1852, Saint Petersbourg propose à Londres un partage des territoires sous suzeraineté turque : les Balkans, les Dardanelles et le Bosphore à la Russie, l’Egypte et la Crète au Royaume-Uni. Londres n’accepte pas le marché considérant que saint Petersbourg est trop gourmand et acquerrait ainsi une hégémonie en Méditerranée orientale.

Londres ne veut pas trop affaiblir l’empire turc qui constitue un rempart face aux prétentions russes bien plus dangereuses.

3) L’enchaînement vers la guerre

En 1853, le tsar prend prétexte des querelles intentées par les moines catholiques pour demander aux ottomans un protectorat russe sur les Lieux saints. Ceux-ci refusent.

Le 1er juillet 1853, l’armée russe pénètre en Moldavie et Valachie, terres sous suzeraineté ottomane et avance jusqu’au Danube. Les Turcs réagissent en déclarant la guerre début octobre mais les premières batailles, y compris sur mer, se soldent pour eux par de graves défaites.

En février 1854, la France et la Grande-Bretagne demandent à la Russie de se retirer de Moldavie et Valachie.

Le 27 mars 1854, le sultan n’ayant pas répondu, ces deux pays lui déclarent la guerre.

La volonté britannique de conserver la route des Indes et d’empêcher la Russie de monopoliser le commerce entre Méditerranée et Mer Noire est ancienne. Par contre, que vient faire la France dans cette galère ? A ma connaissance, aucun historien n’a jusqu’à présent bien répondu à la question. Il est possible que la politique étrangère aussi bravache que ridicule du second empire soit la meilleure explication.

4) Une guerre meurtrière

Il serait trop long d’entrer ici dans les péripéties de cette guerre. Pointons seulement qu’elle coûta la vie à environ 450000 soldats russes, 100000 français, 21000 britanniques, 2000 Sardes, 150000 turcs...

Jacques Serieys


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message