14 et 28 août 1815 Les ultra-royalistes gagnent les législatives

samedi 11 août 2018.
 

- 1) La Seconde Restauration

- 2) Le contexte pré-électoral

- 3) Les ultras majoritaires

- 4) La Chambre introuvable passe à l’action

1) La Seconde Restauration

Le 18 juin 1815, l’armée de Napoléon 1er a été battue à Waterloo par les Anglais, Allemands, Néerlandais et Prussiens.

Le 22 juin 1815, l’empereur a abdiqué et pris la route de son dernier exil, dans l’île de Sainte Hélène.

Le comte de Provence (frère de Louis XVI), s’installe définitivement sur le trône royal sous le nom de Louis XVIII.

Dans plusieurs villes, les royalistes s’engagent dans des actions putschistes pour imposer le drapeau blanc et accaparer des positions de pouvoir.

Ayant "octroyé" une charte à son peuple de sujets, Louis XVIII convoque des élections législatives pour les 14 et 28 août : assemblées d’arrondissement le 14 août pour élire les candidats qui se présenteront le 28 au niveau départemental.

Qui peut voter ? les 600 citoyens les plus imposés de chaque département, soit 72000 électeurs pour une population de 30 millions de Français.

2) Le contexte pré-électoral

Un véritable climat de terreur se déchaîne durant la période pré-électorale, particulièrement dans le Midi où le duc d’Angoulême, frère du roi, a constitué une sorte de gouvernement provisoire.

Parmi les meurtres de personnalités, notons le maréchal Brune à Avignon et le général Ramel à Toulouse.

Eté 1815, terreur blanche des fanatiques royalistes et cléricaux

Le duc d’Angoulême change les préfets et sous-préfets ; presque tous sont nobles.

Les adresses au Roi votées par les assemblées électorales indiquent bien leur détermination à ne laisser place à aucune marge de manoeuvre permettant une lutte sociale ou politique du peuple. Ainsi, le collège des Bouches du Rhône annoncent au souverain que les députés « oseront lui dire avec une franchise respectueuse, que, si les rois, images de la divinité, se plaisent à imiter sa bonté, le salut du peuple peut parfois exiger qu’ils lui fixent des bornes. »

Certaines adresses demandent même des confiscations de biens au profit de la noblesse pour compenser ce que celle-ci a perdu durant la révolution « Serait-il juste de s’abstenir de toute indemnité sur les richesses criminelles qui furent le salaire de leur infâmie » (adresse du collèg électoral de la Haute Garonne).

3) Les ultras majoritaires

Parmi les 400 élus, 350 font partie des ultra-royalistes et 50 des royalistes constitutionnels. Leur obsession, c’est de prendre leur revanche sur les républicains et bonapartistes.

La majorité de députés de 1815 est née entre 1756 et 1775. Ils ont donc été marqués par les mobilisations révolutionnaires de 1789 à 1793, souvent l’exil puis les affrontements durant le Directoire. Elles ont profité du 1er empire pour se retrouver dans des salons et des sociétés secrètes. Le baron de Montbel résume ainsi le public qui se réunissait chez sa mère durant l’Empire à Toulouse « Une parfaite communauté de sentiments régnait dans notre groupe... tous étaient plus ou moins des victimes de la Révolution : elles en avaient souffert dans leur famille, dans leur fortune, elles avaient été emprisonnées, proscrites, menacées de mort... »

La soif de revanche se lit tout autant dans les écrits d’auteurs comme Louis de Bonald, Joseph de Villèle ou Dominique Barralier. Celui-ci résume ainsi l’aspiration des monarchistes à un retour à la société d’ordres d’avant 1789 « Dans une monarchie, il est nécessaire que le Roi partage la puissance législative avec un corps qui représente la nation et ce corps doit être divisé en deux chambres : la première doit réunir le clergé et la noblesse ; la seconde doit être composée des possédants biens. »

4) La Chambre introuvable passe à l’action

Avec une chambre des députés largement dominée par les ultras, Louis XVIII ne peut que renvoyer Fouché et Talleyrand qui ont exercé des responsabilités éminentes durant la Révolution et l’Empire. Ils sont remplacés par e le duc de Richelieu et Élie Decazes.

Les députés mettent essentiellement en place les fondements légaux de la Terreur blanche : loi de sûreté générale (29 octobre) ; loi sur les discours et les écrits séditieux (9 novembre) ; rétablissement des cours prévôtales (27 décembre) ; loi d’amnistie (12 janvier 1816).

L’action législative se porte aussi sur la remise en cause des acquis sociaux de la Révolution comme le divorce.

L’orientation conservatrice cléricale se lit dans les cérémonies d’expiation des crimes de la révolution, par exemple chaque 21 janvier.


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