Andrès Nin kidnappé, torturé et assassiné par les sbires de Staline (16 au 20 juin 1937)

samedi 15 juillet 2017.
 

Andrès Nin doit être classé parmi la vingtaine de dirigeants anticapitalistes les plus importants du 20ème siècle au niveau mondial :

- par son action militante, de sa jeunesse durant la période de forte combativité du mouvement ouvrier sur Barcelone (grève générale d’août 1917, nombreuses grèves difficiles face à un patronat déterminé...) à ses derniers mois (combat face au franquisme).

- par ses responsabilités syndicales (secrétaire national de la CNT, rôle central dans le bureau du Profintern, Internationale Syndicale Rouge...)

- par ses responsabilités politiques (délégué au troisième congrès de la Troisième Internationale, fondateur de Izquierda Communista de Espana, cofondateur du POUM...)

- par ses qualités de réflexion politique, d’élaboration théorique

Les Soviets : leur origine, leur développement et leurs fonctions (par Andreu Nin)

Le fascisme italien (par Andrèu Nin, mars 1930)

- par ses choix toujours orientés dans le seul sens des intérêts historiques de l’humanité (au moment où la caste stalinienne s’accapare de l’URSS et du mouvement communiste international, il a le courage de combattre à Moscou au nom des idéaux de la Révolution d’Octobre et des premiers congrès du Komintern).

- par son action en tant que ministre de la Justice de la Généralitat de Catalogne (1936 1937) qui rappelle par bien des aspects l’oeuvre de la Commune de Paris

Fils de cordonnier et de paysanne, instituteur d’école laïque dans l’Espagne royale, dirigeant communiste antistalinien mondialement le plus connu avec Trotsky sans être trotskyste en 1936 1937, Andrès Nin fut arrêté, torturé, assassiné sur ordre de Staline.

Pire, au moment où l’Espagne républicaine avait besoin de tous ses combattants pour affronter les fascistes, les dirigeants staliniens du PC espagnol lancent une campagne de calomnie contre le POUM "Ont es Nin, a Salamanca (Franco) o a Berlin (Hitler)".

Soixante dix ans plus tard, l’ordre donné par Moscou d’arrêter Nin, de le torturer dans une cave de Madrid pour obtenir de lui des aveux de complicité avec les franquistes, son assassinat suite à son refus sont prouvés par les archives enfin ouvertes du Kremlin.

Rappeler ce fait horrible ne diminue pas les qualités de conviction et d’héroïsme des communistes espagnols et des Brigades internationales face au franquisme.

Rappeler ce fait contribue à clarifier un point décisif : la direction stalinienne de l’URSS en 1937 ne cherchait pas le développement du socialisme international mais seulement la préservation de ses intérêts bureaucratiques, d’où l’assassinat de quiconque dans le mouvement communiste représentait une alternative à ses trahisons :

11 et 12 juin 1937 : Staline fait fusiller les chefs militaires de la Révolution russe

2 mars 1938 à Moscou : Procès de Boukharine après sa "Lettre à la génération future"

21 août 1940 : L’assassinat de Léon Trotski par un agent de Staline

Jacques Serieys

Pour le lecteur qui souhaiterait de plus amples informations, je lui propose celui écrit par Juan Andrade (cofondateur du Parti Communiste Espagnol, membre de la direction du POUM avec Nin, arrêté comme lui le 16 juin 1937...) pour une brochure des Cahiers Spartacus (juin 1939), mis en ligne sur le site des Archives Internet des Marxistes :

http://www.marxists.org/francais/po...


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message