Libéralisme et sexualité : la loi de la jungle

lundi 19 octobre 2015.
 

Au 19ème siècle, Victor Hugo ou Emile Zola (France), Charles Dickens ou Thomas Hardy (Royaume Uni) ont dénoncé la perversité des sociétés livrées à la logique du capitalisme.

En ce début de 21ème siècle, nous connaissons à nouveau des situations sociales éhontées, dans les pays du Tiers Monde livrés à la rapacité des actionnaires des multinationales mais aussi en Europe. Pour l’Angleterre, nous avons déjà signalé le cas de l’hôpital de Stafford.

Libéralisme : Meurtres exquis à l’hôpital

Voici sur un autre sujet, celui de la ville de Rotherham (255000 habitants), proche de Manchester.

Durant douze ans, d’innombrables crimes de sévices sexuels y ont été perpétrés mais les réductions d’effectifs dans les services sociaux ainsi que le mépris de l’ordre social légal porté par le libéralisme ont inévitablement des conséquences catastrophiques. Les logiques de la loi du plus fort et du carriérisme personnel poussent à moins prendre en compte les victimes comme la responsabilité légale des élus.

A) Un rapport accablant

La Professeur Alexis Jay, ancienne inspectrice des affaires sociales, a rédigé un rapport terrible concernant les horreurs dont ces jeunes ont été victimes :

- « Il y a des exemples d’enfants qui ont été aspergés d’essence et menacés d’être enflammés, terrorisés avec des armes, ou encore ont été forcés d’être témoins de viols très violents, menacés de subir le même sort s’ils parlaient »,

- des enfants ont « été victimes de viols collectifs, d’échanges avec d’autres villes du nord de l’Angleterre, enlevés, battus et intimidés »,

- des jeunes filles ont été conditionnées à vivre sous emprise physique et sexuelle d’hommes nettement plus âgés.

Trois rapports avaient été rédigés et transmis aux autorités et à la police en 2002, 2003 et 2006. Ils « n’auraient pas pu être plus clairs dans la description de la situation à Rotherham » selon Madame Jay. Pire, la rédactrice du premier rapport a été invitée par ses supérieurs à atténuer les parties les plus dures et les plus critiques de son écrit.

Le problème surtout, c’est que "la culture du mépris faisait office de règle dans la police". Même après toutes ces révélations, l’ancien responsable à la protection de l’enfance de la ville entre 2005 et 2010, Shaun Wright, devenu chef de la police du comté du Sud Yorkshire, refuse de démissionner.

B) Point de vue d’un avocat de victimes depuis plus de quinze ans : David Greenwood (entretien dans Aujourd’hui en France n°4675)

Avez-vous été surpris par les conclusions de ce rapport ?

Les situations décrites me sont malheureusement familières. Mais ce qui est encore plus choquant, c’est de découvrir l’inaction dont les autorités locales et la police ont fait preuve malgré les alertes... A plusieurs reprises, on m’a fait part de soupçons de corruption au sein de la classe politique de Rotherham. A la lumière de ce qu’on apprend aujourd’hui, difficile d’ignorer ces allégations...

Qui sont les jeunes filles que vous représentez ?

... Beaucoup sont issues de milieux défavorisés mais pas toutes. Aujourd’hui, elles souffrent de problèmes psychologiques : anxiété, dépression, scarifications...

Vous avez décidé d’attaquer le conseil municipal et la police devant la justice administrative...

Oui, car les négligences de ces deux autorités ont inévitablement des conséquences sur mes clientes. On aurait pu arrêter leur calvaire plus tôt. Je compte réclamer 100000 livres (environ 126000 euros) par victime.

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