1er mars 1808 Napoléon 1er crée la noblesse d’empire

lundi 2 mars 2020.
 

Le 1er mars 1808, fidèle à sa maxime : « C’est avec des hochets que l’on mène les hommes », Napoléon institue officiellement la noblesse d’empire.

L’une des causes de la fin de l’Ancien Régime venait de la fermeture de la noblesse, qui interdit tout espoir à la haute-bourgeoise de s’y intégrer. En effet, les titres nobiliaires ont été abolis sous la Révolution par le décret de l’Assemblée constituante du 19 juin 1790.

Sans rétablir la féodalité, Napoléon voit dans la création de cette nouvelle noblesse le moyen de créer une assise sociale pour ses institutions et sa dynastie naissante. La noblesse d’Empire s’étend d’abord lentement, avec les titres de princes et de ducs distribués par Napoléon Ier à ses plus proches collaborateurs dès 1806, puis plus rapidement, après ce décret du 1er mars 1808 qui l’instaure officiellement. Cette création fait en outre suite à celle de la légion d’honneur en 1804.

L’appartenance à la noblesse d’Empire ne s’accompagne d’aucun privilège particulier. Elle n’est pas automatiquement héréditaire. Au total, plus de trois mille personnalités sont ainsi distinguées au cours de l’Empire, dont 70% de militaires. Cette noblesse nouvelle est pourtant, du point de vue de l’Empereur, un échec. Il avait espéré, en l’organisant, faire de cette institution l’un des soutiens du régime. Dès 1812, il confie à Caulaincourt qu’elle ne répond pas à cette attente. Il en aura une confirmation éclatante deux ans plus tard, lorsqu’il en verra les couches supérieures se rallier sans états d’âme aux Bourbons ! À la Restauration, les titres impériaux sont confirmés par la Charte constitutionnelle de 1814. Louis XVIII y indique « La noblesse ancienne reprend ses titres. La nouvelle conserve les siens. Le roi fait des nobles à volonté… ».

De nos jours, la République ne crée plus de nouveaux titres, mais elle continue à investir les successeurs à un titre héréditaire régulièrement fondé en leur délivrant un arrêté d’investiture et en les inscrivant sur les registres du sceau de France tenus à la direction des affaires civiles et du sceau du ministère de la Justice. Une des vertus de la Sixième République serait certainement de mettre un terme à cette tradition réactionnaire.

Jeanne Fidaz


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