19 juillet 1870 Napoléon 3 déclare stupidement la guerre à la Prusse

dimanche 23 juillet 2017.
 

Certaines décisions puériles de gouvernants bouffons ont des conséquences terribles sur la vie de centaines de millions d’humains durant plusieurs générations. Tel est le cas pour ce 19 juillet 1870, étape vers les deux guerres mondiales qui vont suivre.

Tout militant, toute personne censée doit connaître cette guerre pour comprendre la droite dure française qui a toujours amené des catastrophes pour la France. En 1870, elle ne veut pas du gouvernement en place depuis le 2 janvier, teinté d’ouverture démocratique. Aussi, elle pousse à la guerre par le clan de l’impératrice tout en sachant que son refus d’augmentation des impôts a permis à la Prusse de prendre une énorme avance en qualité du matériel militaire (en particulier pour l’artillerie).

Tout militant, toute personne censée doit connaître cette guerre pour comprendre la grande bourgeoisie et ses supplétifs galonnés bien plus soucieux de protéger la classe dominante que de défense de l’intérêt général de la nation. Ainsi, Ainsi le maréchal Bazaine se laisse enfermer dans Metz et capitule livrant au roi de Prusse 150000 hommes dont les meilleures troupes et meilleur matériel de l’armée. C’est bien ce que dit Gambetta devant l’Assemblée nationale "Le maréchal Bazaine a trahi... Il s’est fait... le complice de l’envahisseur, et, au milieu de l’armée dont il avait la garde, il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent trente mille combattants, vingt mille blessés, ses fusils, ses canons, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la France, Metz..."

Tout militant, toute personne censée doit connaître cette guerre pour comprendre la Commune de Paris. Si l’armée d’active se laisse enfermer dans Metz et Sedan, si elle capitule rapidement, tel n’est pas le cas du Paris républicain, le Paris de 1793 et de 1848. Paris résiste tout l’hiver malgré le froid, les privations inimaginables et les combats, malgré aussi les généraux qui les commandent plus soucieux d’éviter la politisation populaire que de combattre efficacement les envahisseurs. Les Parisiens s’achètent même des canons puis les défendent lorsque les politiciens bourgeois traîtres de Versailles veulent les leur prendre. A partir de ce moment, le roi de Prusse rend à la France bourgeoise son armée d’active pour écraser les Géants parisiens de la Commune.

Tout militant, toute personne censée doit connaître cette guerre pour comprendre l’antimilitarisme d’avant 1914. Quand j’étais enfant, tous les vieux qui m’entouraient professaient à la fois un patriotisme républicain français évident et un antimilitarisme tout aussi évident qui puisait profondément ses sources dans la guerre de 1870 1871.

Tout militant, toute personne censée doit connaître cette guerre pour comprendre les causes de la Première guerre mondiale. Après les défaites militaires de 1870 et 1871, l’Alsace et la Lorraine sont intégrées dans la nation allemande provoquant en France une volonté de reconquête de ses territoires, attisée par les journaux du capital qui détournent ainsi les aspirations sociales vers le nationalisme militariste.

A) Contexte général

2 décembre 1851 : Coup d’état du futur Napoléon III

Napoléon 3, empereur des crapules autoritaires au service de l’argent roi

Les gouvernants de la France du Second empire se vivent comme chefs de la première puissance du monde. L’armée se pavane dans une politique de conquête coloniale ; la cagnotte des riches se multiplie à vue d’oeil par un libéralisme économique intense (traité de libre-échange avec le Royaume-Uni signé le 13 janvier 1860). On danse dans les palais alors que les nuages s’accumulent sur le pays.

Pour plaire au Vatican et aux galonnés d’opérette, le Second empire s’use dans la catastrophique campagne du Mexique alors que le danger militaire se précise à 300 kilomètres de Paris. Les années 1860 sont marquées par la progression économique, militaire et politique de la Prusse. Elle veut instaurer un rapport de forces favorable en Europe permettant de réaliser l’unité complète de l’Allemagne. Comment ? par la force des armes répond son ministre président Bismarck, aussi conservateur que brillant « Ce n’est pas par des discours et des votes à la majorité que les grandes questions de notre époque seront résolues, […] mais par le fer et par le sang. »

En 1864, l’Europe retient son souffle devant le risque de guerre entre le vieil empire autrichien et la nouvelle Allemagne. Faible politique, Napoléon 3 soutient cette dernière en échange de quelques promesses en l’air concernant un possible rattachement à la France de la Belgique !... Berlin écrase militairement le Danemark puis l’Autriche (bataille de Sadowa le 3 juillet 1866). Pire, les gouvernants prussiens divulguent les projets impérialistes français comme le rattachement de la Belgique.

Dans un contexte où l’Allemagne devient menaçante à ses frontières, la France de Napoléon 3 s’isole des pays européens qui pourraient être ses alliés en particulier l’Italie par l’expédition de Rome, la Grande Bretagne par les visées fumeuses sur la Belgique et le Luxembourg mais aussi la Russie ; quant aux Etats allemands du Sud, leur neutralité était possible...

B) La Succession d’Espagne, prétexte à la guerre

En Espagne la reine se voit renversée mais les républicains ne trouvent pas une majorité pour gouverner. Le trône de Madrid est proposé à Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, cousin du roi Guillaume Ier de Prusse qui approuve ce projet le 20 juin 1870. Le 3 juillet, ce prince Léopold revendique officiellement le trône d’Espagne. Paris ne veut pas voir la France ainsi prise en tenailles comme à l’époque de Charles Quint ; elle mobilise sa diplomatie pour empêcher cette accession au trône. Léopold retire sa candidature le 12 juillet, en accord avec le roi de Prusse.

En France, la grande presse futile, les généraux fanfarons et la Cour impériale stupide se lancent dans une campagne haineuse et exigeante. Benedetti, ambassadeur de France à Berlin, est chargé d’obtenir des garanties de la part de Guillaume 2 quant au renoncement au trône d’Espagne. Celui-ci reçoit par deux fois l’ambassadeur et lui donne par deux fois des garanties orales. A présent, la France veut des garanties écrites.

Qui pousse ainsi à la guerre ? le clan de droite lié aux fortunes capitalistes et groupé autour de l’impératrice. Il préfère prendre le risque d’une défaite militaire face aux Etats allemands que voir la "gauche" républicaine continuer à progresser électoralement. « C’est le parti de l’Impératrice qui avait le plus poussé à la guerre avec la Prusse. C’est lui qui avait exigé que l’Empereur prît le commandement en chef de l’armée. Son projet, qu’il n’avait pas tardé à dévoiler, était, après avoir éloigné l’Empereur, de s’emparer de la régence et de profiter de la première victoire pour en finir avec la politique du 2 janvier. (Notes pour servir à l’histoire de la guerre de 1870 ; Alfred Darimon) »

C) La Prusse, prête à la guerre

La presse et les va-t’en-guerre allemands peuvent dès lors chauffer à blanc leur propre opinion publique.

Otto von Bismarck, ministre-président du Royaume de Prusse de 1862 à 1890 et chancelier de la Confédération de l’Allemagne du Nord de 1867 à 1871, souhaite une guerre avec la France :

- « Je regardais la guerre comme une nécessité »

- il veut une Allemagne « de la Meuse à Memel » et estime son armée plus nombreuse, plus puissante, mieux commandée.

- Sa conception du monde se fonde sur celle du général Karl Von Clausewitz pour qui la guerre est « une continuation de la politique par d’autres moyens ».

- Après avoir constitué la Confédération de l’Allemagne du Nord comprenant 22 états (Prusse, Saxe, Brunswick, Anhalt, villes libres de Hambourg, Lübeck et Brême, Mecklembourg, Haute-Hesse...), le chancelier Bismarck considère qu’une guerre victorieuse aspire à parachèverait l’unité allemande.

- Ayant gagné deux guerres successives face au Danemark puis à l’Autriche, il a su améliorer la doctrine d’emploi de ses troupes particulièrement pour l’artillerie et la cavalerie.

Il envoie à Napoléon 3 et aux journalistes un compte-rendu peu diplomatique des discussions entre le roi de Prusse et l’ambassadeur français (dépêche d’Ems), écrivant notamment « Sa Majesté a refusé de recevoir l’ambassadeur et lui a fait dire par l’aide de camp de service qu’elle n’avait plus rien à lui dire. »

D) En France règnent des bouffons

Le pouvoir politique français a décidé la mobilisation armée dès le 13 juillet et la rend officielle le 14. La fameuse dépêche d’Ems sert de prétexte pour justifier le vote des crédits militaires le 15 juillet.

Les chefs militaires prétendent que leur armée ne fera qu’une bouchée des Allemands. L’impératrice comme toutes les forces politiques réactionnaires (cléricaux, royalistes, bonapartistes), comme les forces bourgeoises poussent au conflit. « Nous sommes prêts et archi-prêts, la guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats », déclare Edmond Le Bœuf, maréchal de France et ministre de la Guerre, à la chambre des députés le 15 juillet 1870.

Les crédits spéciaux de guerre sont votés à l’unanimité moins six voix contre (dont les députés marqués à gauche et extrême gauche Arago, Esquiros, Desseaux) et des abstentions (dont Raspail, Girault et Crémieux).

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse et à ses alliés allemands.

Oui, bouffon cet empereur Napoléon 3 qui décide la guerre et prend le commandement de son armée alors qu’il se pisse dessus à longueur de journée et qu’il est plus souvent assis sur son pot de chambre que sur son cheval ! Bouffon cet olibrius dont l’armée est nettement inférieure en nombre en Lorraine et sur le Rhin à ses adversaires et qui maintient des troupes françaises d’élite à Rome pour plastronner au Vatican au nom d’un honneur personnel médiéval, refusant « de sacrifier son honneur sur le Tibre alors qu’il le défend sur le Rhin. »

Oui, bouffon, Edmond Leboeuf, maréchal de France et ministre de la guerre, qui, pour pousser à la guerre, déclare le 15 juillet 1870 devant l’Assemblée des députés « Nous sommes prêts et archi-prêts, la guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats ». En fait, l’armée manque de tout, alignera sans cesse des effectifs inférieurs, avec une artillerie sans portée et souvent sans munition, avec des généraux qui ne trouvent pas leurs régiments, avec des cantines sans argent pour payer les vivres !!!

Oui, bouffon, le chef du gouvernement Emile Ollivier qui fanfaronne sans rien connaître en ce 19 juillet 1870 : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l’acceptons d’un coeur léger... d’un coeur confiant » !

Oui, bouffon, le duc Agénor de Gramont, ancien émigré de 1830, amant célèbre des grandes actrices (Rachel, la Païva, Marie Duplessis) et des mondaines de toute l’Europe qui joue en France les coqs de basse-cour défendant les « intérêts et l’honneur de la France... prête à faire son devoir sans hésiter et sans faiblir » (discours à l’Assemblée nationale le 6 juillet 1870) alors qu’il a, comme diplomate puis ministre des Affaires étrangères largement sous-estimé l’ascension et la force de la Prusse lançant à la face de toute l’Europe des provocations enflammées qui ont largement ouvert un boulevard à la guerre. Pire, il n’aura même pas la décence de combattre puis d’avouer ses erreurs, faisant retomber après guerre, en bon royaliste, le tort sur l’ensemble du pays « Pour moi, j’avoue que de toutes les pertes, la plus cruelle est celle que j’ai faite en perdant ma foi dans mon pays et l’estime que j’avais pour le caractère français. Ayant vécu vingt ans à l’étranger, je ne croyais pas à tant d’ignorance, de vanité, de faiblesse et de mensonges. Ce pauvre pays me semble pourri jusqu’à la moelle des os. »

Oui, bouffonne, la presse manipulée par les grands financiers et rentiers, qui radote méchamment sur le fait que « La France ne laissera pas reconstituer l’Empire de Charles Quint. »

L’armée française de 1870 était commandée par des branquignoles réactionnaires

4 août 1870 Wissembourg Première défaite des chefs branquignoles

6 août 1870 à Forbach Spicheren : Les charlots (maréchaux, généraux) à la guerre

2 septembre 1870 Napoléon 3 et son armée capitulent à Sedan


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