Avantages et inconvénients du café

mardi 18 juillet 2017.
 

Notre site préféré ayant créé une rubrique consommation, voici un article sur un sujet fréquemment abordé dans les conversations entre amis ou entre collègues de travail : le café peut-il nuire au sommeil ? à la santé ? peut-il améliorer les capacités intellectuelles ?...

A) Bu sans excès, le café nous veut du bien

A1) Notes géographiques, historiques et botaniques

Le caféier est originaire de l’Afrique orientale et des côtes de la Mer rouge. Il s’agit d’un arbre fruitier donnant naissance à des fleurs blanches puis de petits fruits rouges dont il faut éliminer la peau et la pulpe pour dégager les graines. Celles-ci sont ensuite lavées puis torréfiées. Deux variétés sont vendues soit pures, soit mélangées : l’arabica plus parfumé, le robusta plus amer et contenant plus de caféine.

Parmi les premiers textes évoquant les vertus du café, signalons celui-ci : Un matin, Mahomet se réveille malade, atteint de la maladie du sommeil. Allah lui dépêche l’Archange Gabriel, porteur d’une pleine gourde de "potion noire". Mahomet savoure jusqu’à la dernière goutte et retrouve rapidement toute son énergie au point de désarçonner quarante ennemis et honorer quarante femmes dans l’heure suivante.

Que l’on croit ou non ce conte, il aborde la principale qualité du café : sa capacité à réveiller, à redonner rapidement du tonus.

Les premières graines de café sont vendues en Europe a des fins thérapeutiques sur la fin du 16ème siècle puis au 17ème. Leur prix élevé en réserve longtemps l’usage aux privilégiés, particulièrement les nobles.

Vu son intérêt commercial, les Hollandais en introduisent la culture à Ceylan, en Inde, en Indonésie. Français puis Anglais les imitent aux Antilles.

Les tavernes vendant des tasses de café se multiplient au 18ème siècle dans les pays européens.

A2) Une boisson à consommer intelligemment

Du café décaféiné est vendu dans tous les commerce d’alimentation. La caféine en est éradiquée grâce à des produits chimiques. La boisson décaféinée obtenue contient très peu de caféine (0,1% à 0,3%) ; ceci dit, les lavages n’éliminent pas complètement les traces de solvants dont la dangerosité pour la santé est à coup sûr supérieure à celle de la caféine.

Des personnes choisissent le décaféiné pour éviter le désagrément d’un endormissement difficile ou un énervement excessif.

Il est vrai qu’une personne souffrant d’insomnies les aggrave en buvant un café après le repas du soir.

Il est vrai que la caféine passe dans le lait maternel et peut conduire certains nourrissons à rester réveillés une partie de la nuit.

Il est vrai qu’une personne fatiguée carburant au café peut générer une certaine irritabilité. Ceci dit, le café ne constitue ni le meilleur remède à la fatigue excessive (il faudrait penser à modifier son rythme de vie), ni a cause première de l’irritabilité.

En fait, c’est l’abus de café qui présente des inconvénients.

Un usage modéré du café (une à deux tasses avant 15 heures) présente de gros avantages.

- > Il constitue un excellent tonicardiaque naturel éliminé dans les vingt quatre heures par les urines. Plusieurs médicaments prescrits pour stimuler le coeur sont à base de caféine.

- > Il stimule les centres nerveux d’où l’impression justifiée qu’il "éclaircit les idées", qu’il accélère le travail intellectuel et le soutient dans le temps.

- > Pris après un repas, il facilite la digestion et préserve de la somnolence.

- > Surtout, en boire est plus agréable, plus sain que d’ingurgiter des médicaments pour stimuler le coeur ou l’activité intellectuelle.

Julie V.

B) Avantages et inconvénients du café

Source : http://www.rue89.com/

Il y a quelques jours, la publication d’une étude à l’occasion d’un congrès de gérontologie a donné lieu à des titres très raccourcis sur le thème « la caféine, nouvelle arme contre Alzheimer » ou encore « prévenir Alzheimer avec la caféine ? ». Si présenter la caféine comme un « remède » à ce fléau -qui toucherait près d’un million de personnes en France- est abusif, c’est l’occasion de faire le point sur ses effets à court et long terme.

Et de fait la substance n’est pas si nocive que ça, à condition de ne pas dépasser cinq tasses par jour. Pour cela, nous sommes allés interroger Jean-Christophe Corvol, neurologue et pharmacologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris.

Moins de cinq tasses : les avantages

Cela va sans dire, le café réveille, c’est même pour ça qu’on en boit, bien plus que pour son goût. Il réveille en fait rapidement puisque la caféine est présente dans le cerveau cinq minutes après absorption et ses effets durent six à huit heures après. Les traces de caféine se retrouvent même dans le sang vingt heures après.

Jean-Christophe Corvol explique comment la caféine affecte l’organisme :

« En agissant sur les neurorécepteurs, plus exactement l’adénosine, elle réveille et permet la concentration. C’est si vrai qu’on en donne même aux prématurés qu’on veut éveiller lorsqu’ils font des pauses respiratoires et qu’elle est présente dans certains médicaments pour contrer les effets de la somnolence.

La caféine a aussi des effets sur les vaisseaux sanguins qu’elle contracte et, en cela, elle est utilisée comme anti-migraineux. La caféine agit aussi sur les bronches, comme un bronchodilatateur, à faibles doses. Elle a enfin des effets cardio-vasculaires puisqu’elle augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle. »

Moins de cinq tasses : les petits inconvénients

Pris une heure avant le coucher, le café allonge la durée d’endormissement et raccourcit le temps de sommeil total. La caféine désorganise le sommeil et donne l’impression qu’il a une moins bonne qualité. Cependant, beaucoup de personnes se sont habituées à absorber du café vers 18 heures sans rencontrer aucun problème pour dormir. Cela s’explique par la capacité qu’a le cerveau de compenser la caféine en augmentant la sécrétion des hormones de sommeil au moment où l’on se couche.

La caféine n’est pas vraiment une drogue au sens où elle ne procure pas une dépendance problématique. Elle en est une au sens où son sevrage pour un consommateur régulier induit des effets « rebond » désagréables comme les maux de tête, l’irritabilité et la somnolence. Mais ces effets se limitent à quelques jours.

Plus de cinq tasses : attention danger

Une consommation normale n’est pas supérieure à cinq à six tasses par jour (soit 500 mg de caféine en moyenne). C’est la limite que les médecins préconisent de ne pas dépasser. Au-delà de dix tasses (1000 mg de caféine), la consommation du produit peut provoquer insomnie, confusion et troubles du rythme cardiaque. Des cas mortels d’intoxication aiguë ont été observés après 50 tasses !

Jean-Christophe Corvol a fait le tour de quelques études et remarque que :

* Les effets sur le système cardiovasculaire à long terme sont contradictoires. A doses normales, le café n’est pas délétère. Cependant, certaines études montrent une augmentation du risque d’infarctus, de la tension artérielle, une augmentation du « mauvais » cholestérol et une diminution du « bon » cholestérol chez les « grands consommateurs de café » (au-delà de cinq tasses par jour).

* Le risque d’infarctus serait deux fois plus important chez les personnes buvant plus de quatre tasses de café par jour, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Associations. Seraient surtout à risque les personnes qui « éliminent » mal la caféine. En effet, certaines enzymes détoxifiantes de l’organisme permettent d’éliminer la caféine. Si ces enzymes sont déficientes, les risques sont plus importants pour une même dose de café.

Le café bénéfique pour l’Alzheimer ?

Les récentes études portant sur des souris publiées dans le Journal of Alzheimers Disease ont montré deux choses.

1. L’administration de l’équivalent de cinq tasses de café à des souris prévient les pertes de mémoire lorsqu’elles sont « âgées » (12 mois chez la souris).

2. Ce traitement empêche la formation des dépôts cérébraux observés dans la maladie d’Alzheimer.

La caféine « guérit » les souris de l’Alzheimer, soit, mais démontrer qu’elle est efficace chez l’homme est une autre histoire…

Il faudrait surveiller la consommation de café sur dix ans chez 1000 patients et voir ceux qui développent la maladie d’Alzheimer ou pas, et tester si le café ralentit la progression de la maladie. A l’heure actuelle, rien ne permet de conseiller de boire du café pour éviter cette maladie.

Les chercheurs en matière d’Alzheimer sont confrontés à une difficulté majeure : ils ne savent pas pister la dégénérescence des neurones, il leur manque le fameux « marqueur » comme la glycémie qui permet de tester le diabète. « C’est un des domaines les plus compétitifs de la recherche mondiale et l’un des objectifs de l’Institut de la moëlle et du cerveau qui va ouvrir à Paris », explique Jean-Christophe Corvol.

Il est encore trop tôt pour dire s’il protège réellement contre la maladie d’Alzheimer mais, suite aux travaux chez la souris, des études chez l’homme vont bientôt être menées.

Par Sophie Verney-Caillat


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