Spéculation flash, rôle de la bourse et logique du capitalisme mondialisé

dimanche 29 janvier 2017.
 

Ce mois-ci la presse économique s’est fait l’écho d’une nouvelle méthode de spéculation boursière ( spéculation flash, "flash trading", spéculation à la milliseconde, spéculation éclair) qui résume la logique réelle du système capitaliste.

Qu’est-ce que cette spéculation flash ? Les banques les plus riches achètent à une Bourse, par exemple le Nasdaq (moyennant finance évidemment) un droit d’accès aux ordres d’achats ou de ventes d’actions quelques millisecondes avant les autres investisseurs. Avec des ordinateurs puissants, elles peuvent donc s’immiscer dans les transactions de ceux-ci : en achetant quelques millisecondes avant eux ce qu’ils désiraient et en leur revendant juste après un peu plus cher. Ces informations, reçues et traitées par des serveurs informatiques très puissants, permettent à l’aide de programmes sophistiqués de passer très rapidement des ordres qui anticipent ainsi les mouvements d’un titre, et permettent d’en tirer un profit accru.

Selon le quotidien Les Echos, "Les transactions effectuées par des ordinateurs perfectionnés donnant des ordres à la milliseconde ("high frequency trading") comptent selon les estimations entre la moitié et les deux tiers des volumes d’échanges sur les marchés américains. Selon le sénateur Charles Schumer, les transactions de ce type ont généré 21 milliards de dollars de bénéfices en 2008". Selon l’économiste américain prix Nobel, Paul Krugman, cette méthode aurait largement contribué à ce que la banque d’affaire Goldman Sachs réalise récemment le plus gros chiffre d’affaire de son histoire.

Le capitalisme justifie les Bourses par le fait qu’elles permettraient de lever du capital pour financer des projets productifs.

Avec la spéculation flash, la Bourse ne joue plus aucun rôle dans la collecte de fonds pour des projets productifs. Elle permet seulement aux courtiers des établissements financiers les plus riches de voler moins riches qu’eux. Les couches populaires paient au final l’addition des profits réalisés par les uns comme par les autres.

Vu les conséquences catastrophiques de ce système sur le fonctionnement de l’économie américaine, il n’est pas impossible que ces spéculations éclair soient interdites dans les mois à venir. De telles méthodes renaîtront cependant d’une façon ou d’une autre, car le coeur du mécanisme financier et économique du capitalisme fonctionne bien sur le mode du profit maximum dans le minimum de temps.

Quant aux Etats et au FMI, ils servent essentiellement à éponger les dettes abyssales lorsque survient une crise. Privatisation des profits et socialisation des pertes, voilà une autre artère du système.

Cette logique spéculative n’a aucune fonction sociale, n’a aucune utilité pour la société dans son ensemble. Elle parasite l’économie réelle. Elle parasite la société en pompant un maximum de profits au détriment des salariés, des retraités, des couches populaires... Elle parasite les Etats en pompant des dizaines de milliards par des exonérations et aides de toute sorte. Elle est totalement contradictoire avec l’intérêt général sur lequel est fondé par exemple le droit constitutionnel français.

* Soutenons les expériences politiques (comme en Amérique latine) qui tentent de trouver une autre voie.

* Soutenons les mouvements sociaux.

* Enrayons le rouleau compresseur libéral et construisons une alternative.

* Reconstruisons en France, en Europe et dans le monde une gauche capable de porter une alternative de fond à ce système. Tirons le bilan des expériences passées.

Le reste n’est que du pipeau.

Jacques Serieys, le 17 août 2009


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