2 octobre 1928 Une apparition divine enjoint à Josemaria Escriva de Balaguer de fonder l’Opus Dei

mercredi 2 octobre 2019.
 

Le 2 octobre 1928, Josemaria Escriva de Balaguer, un jeune prêtre espagnol qui aime s’adonner à des mortifications corporelles, a une apparition divine qui lui enjoint de fonder l’Opus dei. D’après cette vision divine, l’idéal de sainteté, en principe et jusqu’alors réservé aux prêtres, peut être atteint par des laïques dans l’accomplissement de leurs devoirs familiaux et sociaux. Selon les principes de l’Opus dei, une sanctification est donc possible pour tout homme quelle que soit son activité professionnelle.

80 ans après cette hallucination, l’ « Œuvre de dieu » comprend 85 000 membres. Beau succès ! Comment cette entreprise a-t-elle prospéré ? Elle s’est principalement développée entre 1939 et 1958, sous le pontificat du très réactionnaire Pie XII. En 1943, avec l’approbation officielle du Vatican, Josemaria Escriva fonde la société sacerdotale de la Sainte Croix, rendant possible l’ordination de membres de l’Opus dei. En 1982, l’église catholique accorde à l’Opus dei le statut de prélature personnelle. Cela signifie que sa juridiction ne s’étend pas sur un territoire (comme pour un évêché) mais sur des personnes. Le diocèse de l’Opus dei est d’ailleurs rattaché directement au Pape. Son prestige résulte également de la béatification (1992) et de la canonisation (2002) expresses de Josemaria Escriva par Jean-Paul II, 17 et 27 ans après sa mort en 1975.

Cette organisation se caractérise par la ferveur religieuse, la culture du secret, une doctrine de l’ordre moral s’appuyant sur l’exaltation nationaliste, une conception cléricale de la société dans laquelle l’autorité ecclésiastique prime. Elle est prosélyte ; comme l’affirme son fondateur Escriva : « Il s’agit d’inculquer, sous couvert d’une instruction religieuse catholique, la vision du monde propre à l’Opus dei ». Ses méthodes sont totalitaires. Elles induisent la dépendance économique de ses membres qui sont classés hiérarchiquement ; un isolement puisque l’individu est progressivement écarté de sa famille et de ses amis ; la délation généralisée au sein de l’organisation que l’on nomme correction fraternelle. Les pratiques de mortification et d’auto flagellation (jeûner, dormir à même le sol) y sont généralisées. Elle n’est pourtant toujours pas considérée comme une secte.


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