18 octobre 1685 Révocation de l’Édit de Nantes

dimanche 28 octobre 2018.
 

La révocation de l’édit de Nantes et la persécution des protestants qu’elle induit font partie des plus infâmes moments de l’histoire de France avec la répression de la Commune de Paris (1871) et l’occupation nazie de 1940 à 1944.

1) Contexte et importance de la Révocation de l’édit de Nantes

L’édit de Nantes promulgué par le roi Henri IV le 30 avril 1598 avait conclu les guerres de religion sur une note optimiste dans le sens d’un respect de la liberté de conscience et de culte. Négocié entre le roi, les représentants des catholiques et ceux des protestants, cette ordonnance laissait espérer des lendemains plus sereins après un demi-siècle de tueries.

Cependant, cet accord pouvait paraître équilibré tant que Henri IV vivait.

Après son assassinat, les gros avantages acquis par les catholiques allaient réapparaître.

le règne d’Henri IV ne toucha pas à la puissance du courant catholique intégriste, par exemple :

- en décrétant dans cet édit de Nantes l’amnistie pour tous les actes commis durant les guerres de religion

- en laissant de larges portions du royaume aux mains des anciens extrémistes de la Sainte Ligue

- en se mariant avec Marie de Médicis, il place une femme très dévote et d’une largeur d’esprit limitée à ses côtés sur le trône.

Tant que le roi est vivant, il empêche la persécution des protestants mais son assassinat laisse place au retour de leurs épreuves.

Le 18 octobre 1685, à Fontainebleau, le roi Louis XIV révoque l’Édit de tolérance signé à Nantes par son grand-père Henri IV en 1598.

Par ce nouvel édit, le Roi-Soleil signifie qu’il n’y a plus de religion autorisée en France en-dehors de la religion catholique. C’est un coup dur pour la minorité protestante, encore assez nombreuse malgré les brimades et les persécutions antérieures.

Le champion du catholicisme

Après un début de règne glorieux, le roi Louis XIV veut apparaître en France et en Europe comme le champion du catholicisme. Sur les conseils de son entourage, il décide donc d’extirper l’hérésie protestante de son royaume. Il reproche aux « huguenots » leur sympathie pour l’Angleterre et les Provinces-Unies des Pays-Bas. Et surtout, comme la grande majorité des Français et des Européens de son temps, il admet mal que deux religions puissent cohabiter dans un même État.

Une Caisse des conversions tente sans grand succès de convertir les calvinistes les plus pauvres contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Dans les provinces, les intendants recourent à des manières plus brutales comme d’enlever des enfants pour les baptiser en dépit de leurs parents. Certains imaginent aussi de loger des dragons de l’armée chez les adeptes de la RPR (« Religion Prétendue Réformée »). Ces « missionnaires bottés » se comportent comme en pays conquis, n’ayant pas scrupule à piller, violer et parfois tuer leurs hôtes. Par le fait de ces « dragonnades », les conversions forcées se multiplient.

Sur la foi de rapports optimistes, le Roi-Soleil en vient à croire que la religion réformée n’est plus pratiquée dans le royaume. Il considère donc que la tolérance instituée par Henri IV n’a plus lieu d’être.

Avec l’Édit de Fontainebleau, le roi interdit la pratique du culte protestant, ordonne la démolition des temples et des écoles, oblige à baptiser dans la foi catholique tous les enfants à naître, ordonne aux pasteurs de quitter la France mais interdit cependant aux simples fidèles d’en faire autant, sous peine de galères.

L’opinion catholique, y compris les plus illustres écrivains de l’époque (La Fontaine, La Bruyère, Mme de Sévigné...) applaudit à la mesure. Dans l’entourage du roi, il n’y a guère que Vauban qui s’y oppose avec une honnête et courageuse lucidité.

Un désastre politique, moral et économique

Très vite, le roi peut mesurer l’étendue de son erreur. Des foyers de résistance se forment. Les dragonnades doivent reprendre. Dans les Cévennes (Lozère et nord du Gard), la révolte des Camisards éclate en 1702.

Sans attendre la publication de l’édit de Fontainebleau et malgré l’interdiction qui leur est faite de s’enfuir, près de 300.000 « religionnaires » quittent la France pour des refuges tels que Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap, en Afrique du sud.

Ces exilés issus de la bourgeoisie laborieuse vont faire la fortune de leur pays d’accueil et leur départ va appauvrir la France en la privant de nombreux talents. Ils vont aussi nourrir à l’extérieur les ressentiments contre la France et son monarque.

https://www.persee.fr/doc/rhef_0300...

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