L’extrême droite à l’Elysée avec Fillon et Sarkozy de 2007 à 2012... Mignon, Longuet, Buisson, Hortefeux, Peltier, Tandonnet...

lundi 17 septembre 2018.
 

Durant leur quinquennat, Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont entouré de personnalités ancrées dans une tradition politique d’extrême droite comme Mignon, Longuet, Buisson, Peltier, Tandonnet...

Parmi les conseillers et membres de cabinets, notons par exemple Sandoval et Gachet. Au coeur du pouvoir ces collaborateurs incarnaient, chacun à des degrés divers, l’ancrage « extrême-droitiste » du président animateur de l’UNI dans sa jeunesse.

Lire sur notre site une vingtaine d’articles par exemple :

- l’article Madelin, Devedjian et autres complicités entre extrême droite et droite

- notre rubrique Sarko et les ex fachos

http://www.gauchemip.org/spip.php?r...

La campagne présidentielle 2012 a confirmé que le sarkozysme campe à la droite de la droite avec quelques sorties "républicaines" de Guaino pour conserver l’électorat le plus large possible.

Le retour de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP fin 2014 se poursuit sur la même lancée avec par exemple sa prise de position pour l’abrogation de la loi Taubira sur le mariage pour tous ainsi que la nomination d’une secrétaire nationale venue du SIEL.

A) Hortefeux, Longuet, Guéant, Buisson, Peltier, Mignon... L’extrême droite au coeur de l’Elysée sous Sarkozy

Emmanuelle Mignon

Intellectuelle du groupe (major de l’ENA, juriste au conseil d’état), elle travaille avec Nicolas Sarkozy depuis 2002 (ministère de l’intérieur). Directrice des études et prospectives de l’UMP à partir de 2004, elle a préparé le corpus idéologique libéral sécuritaire sur lequel Sarkozy sera élu. Chargée du programme en 2007 puis directrice de cabinet du président de la république, elle retrouve son rôle de tête pensante (chargée du programme) pour la campagne de 2012.

Issue des milieux catholiques ultra-conservateurs, elle n’a jamais caché ses orientations politiques "J’ai toujours été conservatrice, j’aime l’ordre. Je crois à l’initiative individuelle, à l’effort personnel et, en matière économique, à la main invisible du marché. Par exemple, je suis pour une privatisation totale de l’éducation nationale". (in Le Monde 2 septembre 2004, « comment les idées viennent à Sarkozy » Jean Birnbaum).

Les déclarations de Mme Mignon blanchissent les mouvements sectaires en oubliant leurs victimes

Patrick Buisson

Né en 1949, il est tombé dès sa naissance dans l’extrême droite (famille Action française, camelot du roi, parents tellement marqués que l’Eglise refuse les sacrements, culte de Maurras et anticommunisme viscéral...). A 12 ans, il s’oppose au lycée au respect d’une minute de silence après un attentat meurtrier de l’OAS. Vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France, très marquée à droite, en 1968 ; ami et collaborateur d’Alain Renault, secrétaire général d’Ordre nouveau puis du FN.

Dirigeant de la revue d’extrême droite Minute (1981-1987) puis du Crapouillot enfin de Valeurs actuelles, plus modéré, qu’il dirigera pendant six ans avant d’entrer à LCI.

Patrick Buisson écrit beaucoup. Prenons l’année 1984 par exemple ; il publie :

- le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l’Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles,

- l’ Album Le Pen, co-écrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national

L’idée centrale de Patrick Buisson est la suivante « Le Pen, le RPR (UMP) et le PR, c’est la droite. Souvent, c’est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs les uns des autres ». Aussi, il passe au service de Nicolas Sarkozy sur l’objectif d’un rassemblement des droites dont le FN. Il se fait remarquer en demandant que l’attribution du RSA soit réservée aux Français, il conseille au président la création du ministère de l’Identité nationale...

Raphaëlle Bacqué du Monde, en fait "l’hémisphère droit de Sarkozy". En novembre 2011, il donne sa vision des enjeux de la présidentielle " Cette crise pose le problème profond d’une crise des démocraties et les candidats à la présidentielle vont devoir apporter des réponses." Cette réponse de Patrick Buisson est marquée par des fondements très libéraux au plan économique et très conservateurs au plan social.

Le Journal du Dimanche du 11 mars 2012 le présente ainsi " Il est le stratège du président de la République. Son "gourou", disent ses détracteurs. Comme journaliste, il a dirigé l’hebdomadaire d’extrême droite Minute et Valeurs actuelles avant de rejoindre les chaînes télévisées LCI et Histoire. Nicolas Sarkozy le consulte plusieurs fois par jour. "Il m’a fait gagner en 2007", a-t-il même reconnu. A l’époque, le "conseiller de l’ombre" promeut une campagne "droitière" (immigration, sécurité, assistanat) pour assécher le vote FN."

Il ne figure pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée. Depuis un rapport de la Cour des Comptes daté de 2009 , on sait qu’il était rémunéré quelque 1,5 million d’euros par an pour "réaliser des études d’opinions".

Guillaume Peltier

Son pédigrée n’est pas particulièrement progressiste.

- Ancien fondateur de Jeunesse Action Chrétienté (lutte contre le PACS, contre la contraception... Ancien dirigeant de l’UNI,

- Ancien cadre du Front national de la jeunesse (major de son université d’été 1998)

- Ancien adjoint de Samuel Maréchal (gendre de Jean-Marie Le Pen) qui publie alors "Ni droite, ni gauche, Français"

Après la scission Le Pen Mégret, il passe au MPF de Philippe de Villiers . Porte-parole de sa campagne présidentielle, il l’oriente à droite toute, en particulier sur les questions d’immigration (campagne contre l’islamisation, suppression des allocations aux étrangers en situation irrégulière) et contre les acquis sociaux (abrogation des 35 heures, baisse des charges sur les PME...). Président des Jeunes pour la France en 2001. Secrétaire général du MPF en 2003.

En 2009, il rejoint l’UMP où son ascension est fulgurante. En septembre 2011, il est intégré dans la cellule Ripostes réunie autour de Brice Hortefeux. Le 11 janvier 2012, Guillaume Peltier est nommé secrétaire national de l’UMP chargé des études d’opinion et des sondages.

Gérard Longuet

C’est celui qui peut se prévaloir des faits d’armes les plus glorieux au sein de l’extrême droite.

Gérard Longuet, d’Occident au ministère de la défense en 2011 !

Durant les cinq dernières années, il n’a pu s’empêcher de s’illustrer par quelques propos prouvant qu’il n’a pas changé :

- en affirmant un lien entre homosexualité et pédophilie, lors d’une audition au Sénat

- en regrettant que Malek Boutih, un temps considéré pour diriger la Halde en remplacement de Louis Schweitzer, ne fasse pas partie du « un corps français traditionnel. »

- en souhaitant plusieurs fois la suppression de l’Impôt Sur la Fortune

Brice Hortefeux

Ami de Nicolas Sarkozy depuis 1976, il a donné la tonalité du quinquennat dans son poste de ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement (2007 à 2009) : limitation du regroupement familial, progression du nombre d’expulsions... Devenu ministre de l’Intérieur en 2010, il poursuit sur la même lancée avec ses propos sur l’immigration maghrébine, contre les Roms... Pour 2012, Sarkozy affaibli avait besoin :

- de son "porte-flingue" habituel pour animer la cellule riposte

- de son "ami de 30 ans" pour diriger sa campagne dans les coulisses « Je ferai office de directeur de campagne. Mais je ne tiens pas au titre. »

Madelin, Devedjian et autres complicités entre extrême droite et droite

Claude Guéant

Homme des réseaux Pasqua, il est un habitué de l’idéologie sécuritaire.

Secrétaire général de l’Elysée puis ministre de l’intérieur, il poursuit sur la lancée de son prédécesseur Brice Hortefeux. Depuis qu’il a été nommé, il suit une feuille de route claire et précise : chaque semaine, il doit parler immigration, légale ou pas, et des problèmes qu’elle causerait à la population française « de souche ». Pour ce faire, il est prêt à toutes les approximations, même les plus illégitimes : des « franco-musulmans » (curieux concept dans la bouche d’un ministre d’une République laïque) aux « 5 à 6 millions de Musulmans » que compterait la France (l’INED n’en dénombre que 2 millions...).

Ses approximations valident le discours du FN, par exemple lorsqu’il s’attaque à l’immigration légale : « Aujourd’hui, le taux de chômage des étrangers (hors CEE) vivant sur le territoire français atteint 24 %, soit deux fois environ le niveau que connaissent les nationaux. »

Un Guéant n’est ce pas déjà trop ?

Avec Guéant, la droite réinstalle la xénophobie d’Etat au coeur de sa politique (6 articles)

Plus récemment, ses propos sur la supériorité de "notre civilisation " ont provoqué des réactions justifiées.

Les croisés identitaires ne nous voleront pas l’universel ! Réponse à Monsieur Guéant

Comme l’écrivait Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, "Claude Guéant aime les dérapages contrôlés vers l’extrême droite. C’est son travail et il le fait avec constance et sang froid, quitte à passer pour un inculte en assimilant civilisation et extrémisme religieux, ou un naïf (les propos d’un colloque ne sont pas destinés à sortir à l’extérieur).

Cette stratégie de transgression linguistique et médiatique, qui est la marque du quinquennat de Nicolas Sarkozy (discours de Dakar, de Grenoble, débat sur l’identité nationale) pose un grave problème à la République en ce qu’elle banalise et diffuse en son sein à une philosophie de comptoir qui prône des théories racialistes de manière très décomplexée. C’est ainsi que dans un contexte de crise sociale très dure, se déchire chaque jour un peu plus le pacte républicain et se fragmente le lien social."

Maxime Tandonnet

Peu connu, il conseille Nicolas Sarkozy. C’est son métier, conseiller intérieur et immigration à l’Elysée. Il a été la plume du Monarque pour son sinistre discours de Grenoble.

Ses propos le placent hors de la tradition démocratique bourgeoise, par exemple son hostilité aux droits de l’homme qui empêchent le gouvernement de chasser les immigrés avec plus de fermeté. Il n’apprécie pas la réforme de la garde à vue, « imposée par la cour européenne des droits de l’homme et par le Conseil constitutionnel, rendant obligatoire la présence de l’avocat dès le début, et qui préoccupe beaucoup les policiers quant à l’efficacité des enquêtes. » Tandonnet a son explication de la multiplication de ces blocages judiciaro-humanitaires : « les instances européennes, les juridictions suprêmes font partie de ces élites sous l’emprise de la pensée unique sur la sécurité et l’immigration, qui privilégient les droits formels des individus sur l’intérêt général ou celui des personnes dans leur vie quotidienne. »

Il a milité durant tout le septennat pour un recours fréquent au référendum sur des thèmes populistes.


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