Louis de Bonald, père de la droite aveyronnaise et fondateur du pré-fascisme

mercredi 18 octobre 2017.
 

Qui est donc ce Louis de Bonald ?

-  Le descendant d’un hobereau de la Sainte Ligue, fer de lance local des fanatiques cléricaux durant les Guerres de religion

-  L’héritier d’une famille noble ayant conservé jusqu’en 1789, un statut féodal dans son rapport aux paysans

-  Un seigneur qui perd 91% de ses revenus lors de la suppression des droits féodaux en 1789

-  Un vicomte émigré dans l’Armée des Princes en 1791, puis soumis à la surveillance de la police jusqu’en 1806 après son retour en France

Il prend sa revanche en 1815 grâce au retour de la royauté sur le trône. : membre du Conseil privé du roi et de la Chambre des Pairs, ministre d’Etat, académicien, député de l’Aveyron sans cesse réélu, vice-président de la Chambre des députés…

A Paris, il s’engage dans des journaux virulents et des salons aussi exaltés que mystiques dans lesquels complotent des Jésuites fanatiques. Il devient le théoricien des légitimistes Ultras, plus royalistes que le roi. Avec eux, il veut profiter de l’occasion favorable pour rétablir une dictature royaliste, l’histoire ne connaissant que la loi des vainqueurs choisis par la Providence, à savoir Dieu le Père (suspension des libertés individuelles, lois érigeant en délits les cris, discours et écrits séditieux, institution de juridictions exceptionnelles et sommaires etc). Son programme éclaire les fondements de l’action politique Légitimiste Ultra : « royauté de fait » et non « de droit », « rétablissement de la religion », ordre hiérarchique dans les familles, sûreté du trône (la loi du 28 mars 1820. permet de détenir en prison les personnes suspectées de comploter contre le roi).

Louis de Bonald combat pour l’union étroite de l’Eglise et de l’Etat : rendre au clergé ses propriétés d’avant la Révolution et la responsabilité de l’état civil, confier à chaque évêque la direction de tous les établissements scolaires de son diocèse, redonner leur ancienne puissance temporelle aux moines des abbayes…

Il obtient l’abolition du divorce, veut une reprise en main monarchique de la justice, pourfend le droit de « penser tout haut » (en avril 1821 la Chambre des députés vote une loi interdisant à un député de prendre la parole s’il a déjà été rappelé deux fois à l’ordre par le président).

Il contribue vaillamment au rétablissement de la peine de mort pour les actes sacrilèges car la religion « est la plus sûre garantie de l’obéissance due aux institutions … La société, en punissant de mort le coupable, ne fait au fond que le renvoyer devant son juge naturel ».

Président du Comité national de censure, il participe au vote de lois qui multiplient les moyens autocratiques : celle du 30 mars 1820.rétablit l’autorisation préalable contraignant les journalistes à présenter leurs textes devant une commission de censure avant toute publication, celle du 25 mars 1822 augmente encore le nombre de délits de presse et durcit les peines encourues.

En politique extérieure, il applaudit « la guerre d’humanité » que constitue l’invasion militaire de l’Espagne afin de défendre royauté absolue et christianisme, ces « deux bases de toute civilisation ; il est vrai que cette campagne permet aussi l’extermination des progressistes dans de nombreuses grandes villes et provinces.

Le fascisme contre la révolution française (De Bonald, Maurras...)


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