Mai 68 Ce n’est qu’un début... APPEL INTERNATIONAL 2008

samedi 18 février 2017.
Source : Sélection 37
 

Un spectre hante les tenants de l’ordre établi  : le spectre de Mai 68. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une sainte-alliance pour traquer ce spectre  : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre et consorts... Ne manque à l’appel aucun-e de celles et ceux qui n’ont comme seul horizon indépassable que le monde tel qu’il est, voire la fin de l’histoire.

1968 2008 2018 Insérés, actifs et si possible clairvoyants

Pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tout. Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à la faire frémir en agitant à nouveau le spectre. Il s’agit, selon lui, «  de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes  ». Dans cette liquidation seraient visés non seulement les droits syndicaux, le Smic et le salaire socialisé, mais aussi les avancées obtenues, entre autres par les luttes féministes.

Tel un ludion, le spectre de Mai 68 sort du placard tous les dix ans. C’est l’occasion des exorcismes et des oraisons funèbres, des enterrements de première classe et des cérémonies d’adieux, des célébrations compassées, des imprécations et des repentances de tous les ralliés.

Il est grand temps de se réapproprier Mai 68, les réalités derrière les mythes, le Mai des prolétaires (de la grève générale et des occupations), le Mai de la Commune étudiante, le Mai des murs qui prennent la parole, le Mai des barricades qui ferment la rue et ouvrent la voie, le Mai qui a pavé le chemin des libérations et des transformations sociales et sociétales arrachées au cours de la décennie suivante, le Mai qui a soufflé sur Berlin, Prague, Mexico ou Turin, soulevant l’espoir tout autant que la critique du monde réellement existant, des normes et des évidences.

Ce qui est advenu n’était pas le seul possible. Des retours critiques collectifs et discordants permettront de retrouver le sable chaud sous les grèves et les espérances, à la lumière d’une formidable expérience dont les traces marquent encore notre temps.

Des éditeurs, des revues, des journaux, des sites internet, des librairies, des instituts, des fondations, des lieux et des espaces culturels tentent d’interpréter le monde pour transformer l’ordre des choses.

Ils se sont réunis et proposent d’organiser ensemble, au printemps prochain, un «  Mai 68, ce n’est pas qu’un début, c’est une actualité urgente  ». C’est à cette fin qu’ils lancent cet appel, ici et au-delà des frontières.

Mai 68 vécu en Aveyron… ouvriers, lycéens, employés, paysans, enseignants... séisme politique

Lycéens en mai 1968

http://www.gauchemip.org/spip.php?r...

Signatures individuelles (au 21 JANVIER 2008)  :

Serge Aberdam, Étienne Adam, Eduardo Aibar (Buenos-Aires), Françoise Akoum, Tariq Ali (Londres), Michel Alabert,Anne Allaria, Guillermo Almeyra (Buenos Aires), François Amy De La Bretèque, Bernard Arnaud , Antoine Artous, Armand Ajzenberg, Paul Alliès, Louis Aloisio, Samir Amin (Dakar), Louis Aminot, Jean-Pierre Anselme, Joseph Arditty, Clémentine Autain, Claude Bailblé, Francis Bailly, Danielle Bailly, Jean Batou (Lausanne), Francine Bavay, Jean Brafman,Gilles Bernard, Tarek Ben Hiba, Nicolas Béniès, Hamida Ben Sadia, Daniel Bensaïd, Denis Berger, John Berger,Guy Berger, Sophie Béroud, Raymond Bernheim, Alain Bertho, Jacques Bidet, Romain Biessy, Jean Bigot, Gerard Blanchet, Pierre Bleibtreu, Jean-Jacques Boislaroussie, Pascal Boissel, Anne-Marie Bonnisseau, Christian Bonnaud, Dolores De Bortoli, Sylvie Bosserelle (Puebla), Jean-Yves Boulin, Gilles Bounoure, Elisabeth Bourgain, Michel Bourgain, Claudy Bouyon, Rémy Bovis, Patrick Braouezec, Michel Brehier, Élyane Bressol, Anne Bucas-Français, Michel Cahen, François Calaret, Renato Campana (Foligno), Cécile Canut, María del Carmen Fernández (Buenos-Aires), Paolo Casciola (Florence), Heloisa Castellanos, Thierry Chaigneau, Gilles Chantraine, Robert Charvin, Annie Chevalier, Dora Coledesky (Buenos-Aires), Dominique Collignon Maurin, Eduardo Colombo, Matthieu Colloghan, Maxime Combes, Marie-Agnès Combesque, Olivier Compan, Philippe Corcuff, Hervé Corne, Ricardo Coronado, René Cottrez, Annie Couëdel, Annick Coupé, Pierre Cours-Salies, Maurice Courtois, Thomas Coutrot, Chaigneau Thierry, Gilbert Dalgalian, Sylviane Dahan, Jean-Pierre Debourdeau, Jean-Paul Deléage, Rémy Douat, Bruno Della Sudda, Christine Delphy, Jean Delval, Sylvette Denèfle, Monique Dental, Her de Vries (Alkmaar), Christian von Ditfurth (Berlin), Marnix Dressen, Jean Claude Dubois, Guy Ducornet, Alain Dugrand, Rolf Dupuy, Chantal Dupuy-Dunier, Bernard Duterme (Louvain-la-Neuve), Bernard Elman, Philippe Enclos, Didier Epsztajn, Michelle Ernis, Yvette Fabre-André, Mireille Fanon-Mendès France, Angel L. Fanjul (Buenos-Aires), Sam Farber (New York), Alain Faradji, Louisette Fareniau, Isabel Fay, Gérard Filoche, Anne Flipo, Bernard Floris,Yves Frémion, Franca Galasso, Andréia Galvaõ (Saõ Paulo), Philippe Floury, Georges Fontenis, Manuel Garí (Madrid), David Garibay, Cinzia Garolla (Brescia), Tamás Gáspár Miklós (Budapest), Vincent Gay, Laurent Garlin, Dominique Gérardin, Guy Giani, Alain Gibert, Adolfo Gilly (Mexico), Marc Gicquel, Vincent Glenn, Jérôme Gleizes, Daniel Grason, Hall Greeland (Sydney), Michel Gros, Denis Guedj, Jacques Guilhaumou, Bernard Guibert, Janette Habel, Jean-Marie Harribey, Jean-Paul Hébert, Rémy Herrera, Robert Hirsch, François Houtart, Georges Hugot, Michel Husson, Carlos Figueroa Ibarra (Mexico), Nicole Jacquin, Rémi Jean, Raoul-Marc Jennar, Evelyne Joly, Christian Jonon, Isaac Johsua, Pascal Julien, Pierre Khalfa, Jean-Pierre Kuth, Michel Kokoreff, Stathis Kouvélakis, Claude Kowal, Zbigniew M. Kowalewski (Lodz), Isabelle Krzywkowski, Georges Labica, Jean-Marc Lachaud, Bernard Lagune, Denis Langlois, Michel Langris, François Laroussinie, Christian Laval, André Laville, Bernard Lefort, Jean-Philippe Legois, Philippe Leclercq, Geneviève Legay, Brigitte Lehaque, Damien Lejeune Flambard, Gilles Lemaire, Michel Lequenne, Jacques Lerichomme, Patrick Le Tréhondat, Stéphane Lhomme, Marianne Ligou, Ken Loach, François Longérinas, Michael Löwy, Pablo F. Luna, Henri Maler, Céline Malaisé, Antoine Malamoud, Guy Malouvier, Jan Malewski, Jean Malifaud, Philippe Marlière (Londres), Georges Martel, Roger Martelli, Flavie Martin, Jean-Pierre Martin, Gilles Martin, Alain Martinez, Annie Masse, Bernard Massèra, Fernando Matamoros (Puebla), Savas Michael Matsas (Athènes), Gérard Mauger, Jean-Luc Mercier, Henri Mermé, Fabienne Messica, Dominique Mezzi, Jean-Claude Meyer, Jacques Michel, Damien Millet, Sonia et Georges Mitralias (Athénes, Grèce), José Luis Moragues, Hervé Morel, Robi Morder, René Mouriaux, Pierre Mouterden(Québec), Hugo Moreno, Elfriede Müller (Berlin), Jean-Michel Nathanson, Corinne Nativel, Alexander Neumann, Richard Neuville, Olivier Neveux, Bertell Ollman (New York), Michel Onfray, Jean Ortiz, Chantal Pacteau, Jean Pagliani, Gilbert Pago (Fort-de-France), Jaime Pastor (Madrid), Sylvain Pattieu, Jean-Jacques Papo, Jean Pauwels, Willy Pelletier, Roland de Penanros, Gérard Perreau Bezouille, Didier Peyrat, Roland Pfefferkorn, Michel Picard (Mexico), Christian Picquet, Pierre-Yves Pira, Leslie Protche, Jean-Jacques Reboux, Gérard Régnier, Claude Rioux (Montréal), Jean-Marie Robert, Alan Roberts (Melbourne), Évelyne Rognon, Suzy Rojtman, Miguel Romero (Madrid), Daniel Romet, Nicolas Roméas, Marie Ronnefeldt (Düsseldorf), , Hélène Roux, Roque Moyano (Buenos-Aires), André Rosevègue, Dominique Rousseau, Pierre Rousset, Hélène Roux, Patrick Rozenblatt, Edouard Ryckeboer, Ody Saban, Spyros Sakellaropoulos (Athènes), Marie-Josée Salmon, Paquito Schmidt, Yves Sintomer, Monique Sené, Jacques Serieys, Patrick Silberstein, Lucia Sagradini, Yves Salesse, Victoria Salterelli, Ilario Salucci (Brescia), Catherine Samary, Riza Saygili (Istamboul), Janick Schaufelbuehl, Cornelia Schneider, Jean-Claude Seine, Paule Segal , Jacques Serieys, François Simon, Jeanne Singer, Evelyne Sire-Marin, Francis Sitel, Nicolas Smiltevich, Mylène Stambouli, Dan Stanciu (Roumanie), Jacques Soncin, Gilles de Staal, Christian Sunt, Maya Surduts, Emilio Taddei (Buenos Aires), Ouarda Tamine, Horacio Tarcus (Buneos Aires), Jean-Michel Tarrin, Emmanuel Terray, Jacques Testart, Hillel Ticktin (Écosse), Nicole-Edith Thévenin, Maria Emilia Tijoux (Santiago du Chili), Stavros Tombazos (Nicosie), Julie Timmerman, Jacques Tourtaux, Eric Toussaint (Bruxelles), José Tovar, Josette Trat, Aurélie Trouvé, Olivier Tric,Catherine Tricot, Marcel Trillat, Aurélie Trouvé, Pierre Vanbeughen, Laurens Vancrevel (Bloemendaal), Alain Van Praet (Belgique), Patrick Vassallo, Gilles Viali, Daniel Vey, Monique Vidal, Jérome Vidal, Xavier Vigna, Jean Vigreux, Catherine Vion, Charles-André Udry (Lausanne), Gérard Vidal, Vladimir Nieddu, Thomas Vasseur, Francoise Vinant, Jean-Paul Volle Richard Walter, Max Watts (Sydney), Claudie Weill, Suzi Weissman (Los Angeles), Charles Wolfe (Sydney), Karel Yon, Dariusz Zalega (Varsovie), Ricardo Zambrano (Buenos-Aires), Pierre Zarka, Michèle Zémor

Signatures collectives (au 21 JANVIER 2008)  :

Babord (revue, Montréal), Actuel Marx (revue, Paris), Editions Aden (éditeur, Paris), Alternative libertaire ( journal, Paris), Alternatives Sud (revue, Louvain-la Neuve), Amis de Tribune socialiste, Éditions Amsterdam (éditeur, Paris), Editions Après la Lune(éditeur, Paris), , Association pour la coopération des radios libres (Corali), Autres voix de la planète (revue, Bruxelles), Bez Dogmatu (revue, Varsovie), Brumes et Blondes (revue, Alkmaar), Bulletin du Réseau Féministe « Ruptures », CADAC, CeDInCI (Centro de Documentación de las Izquierdas, Buenos Aires), Colères du présent, Collectif national pour les droits des femmes, ContreTemps (revue, Paris), Critique (revue, Grande-Bretagne), Critique communiste (revue, Montreuil), Dissidences (revue), École émancipée (revue, Paris), Écologie et politique (revue, Paris) Éditions du Monde libertaire, Espaces Marx (Paris), Les Empêcheurs de penser en rond (éditeur, Paris), Europe solidaire sans frontières, Fondation Copernic (Paris), Les Hasards Subjectifs, Infosurr (revue), Inprecor (revue, Paris), Institut d’histoire sociale de la CGT, Institut de recherche de la FSU (Paris), Jour Fixe Initiative (Berlin), Les Mondes du travail (revue, Amiens), Librairie La Brèche, Librairie du Monde libertaire, Le Monde Libertaire (journal, Paris), Lux Editeur (Montréal), Mouvements (revue, Paris), Observatoire des mouvements de la société (Paris), Page Deux (éditeur, Lausanne), Politis (journal, Paris), Presse-toi à gauche (revue, Québec) Punctum (éditeur, Paris), Quaderni Pietro Tresso (Florence), Raisons d’agir (Poitiers), Regards, Revue internationale des livres et des idées (revue, Paris), Rewolucja (revue, Varsovie), Rouge (journal, Paris) , Rouge et Vert (journal, Paris), Réseau Féministe « Ruptures » (Paris),Sarkophage, (journal, Paris),Rezo Ecolo Libertaire, Socialisme International (revue, Paris), SOS Sexime (Paris), Spartakos (revue, Gréce), Support Transgenre Strasbourg, SolidaritéS (journal, Suisse), La Somme et le reste (revue, Paris), Syllepse (éditeur, Paris), TaPaGes (Strasbourg), Théâtre des Rues (compagnie de théâtre-action), Université Populaire de Saint-Denis-93, Union syndicale Solidaires, Vacarme (revue, Paris), La Vache bleue (cie théâtre, Lille), Variations (revue, Paris) Viento Sur (revue, Madrid).

A specter is haunting those who uphold the established order  : the specter of May 68.

All the powers of the old world have entered into a holy alliance to exorcise this specter  : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre and their alike... Not a single one fails to the call of those who cannot forsee anotherworld but this one, indeed the end of history.

For the right-thinking France, May 68 is liable of eveything. Waving one more time the specter, Nicolas Sarkozy did not hesitate to make this France shivering. In his opinion, it is necessary to «  decide if the 68 legacy has to be carried on or must be eliminated one and for all  ». Saying that, he means the elimination of union rights, minimum wage, socialized salary, as well as the advances gained, among others, by the feminist struggles. As a cartesian diver, the specter of May 68 is driven out of the closet every ten years. It is an opportunity for any kind of exorcisms and funeral orations, for first class burials and farewell ceremonies, for starchy celebrations, curses and repentances of all of those who made landfall to the system.

It is time to take back the May 68, its realities behind the myths, the May 68 of the working class (the one of the general strike and the sit-down strikes), the May 68 of the students Commune, the May 68 of the walls which take the floor, the May 68 of the barricades which close the streets while openig the route, the May 68 which paved the road for further liberations and social transformations, the May which has blown over Berlin, Praha, Mexico or Torino, whipping up hope, as well as critics on the existing world, its standards and obious facts. What has occured afterwards was not the only possible. Common critical and discordant flashbacks will allow to uncover the hot sand under the strikes and the expectations, enlighted by this tremendous experiment whose tracks still brand our times.

Publishers, magazines, newspapers, websites, bookshops, social centers, workers foundations, cultural centers, all those try to interpret the world to transform the way it is doing. They met together and they propose to organize next Spring, altogether, a «  May 68, it’s not only a beginning, it’s an emergency  ».

For that purpose they released this appeal, here in Paris, but also beyond the borders.

Mayo 68, no es sólo un comienzo.

Un espectro se cierne sobre los propietarios del orden establecido  : el espectro de mayo 68.

Contra este espectro se han conjurado en santa jauría todas las potencias de la vieja Europa  : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre y otros más. No falta al llamado ninguno de los que comparten como único horizonte insuperable el mundo tal como es, y para algunos el final de la historia.

Para la Francia de la gente «  respetable  », el 68 es responsable de todo. Nicolas Sarkozy no dudó en hacerla estremecerse al evocar de nuevo el espectro. Para él «  es necesario saber si la herencia del 68 tiene que ser perpetuada o si hay que liquidarla una vez por todas  ». Esta liquidación incluye no solamente los derechos sindicales, el salario mínimo y las formas de redistribución social del ingreso, sino también las conquistas logradas, entre otros por el movimiento feminista.

Como un ludión, el espectro del 68 sale de la reserva cada diez años. Y en cada aniversario se celebran exorcismos y misas de difuntos, entierros de primera y ceremonias de adioses, festejos oficiales, imprecaciones y actos de arrepentimiento de todos los que se han aliado al orden dominante.

Ya es hora de reapropiarse el 68, las realidades tras los mitos, el 68 de los proletarios (de la huelga general y de las ocupaciones), el 68 de la comuna estudiantil, el 68 de los muros que tomaban la palabra, el 68 de las barricadas que cerraban las calles y abrían la vía, el 68 que construyó el camino de las liberaciones y de las transformaciones sociales que se lograron en los años siguientes, el 68 que sopló en Berlín, Praga, México o Torino, levantando al mismo tiempo la esperanza y la crítica del mundo realmente existente, de las normas y las evidencias.

Lo que advino no era el único horizonte posible. Reflexiones críticas, colectivas y discordantes permitirán volver a encontrar la arena caliente debajo de las huelgas y de las esperanzas, a la luz de esta experiencia fantástica que aún marca nuestro tiempo. Editores, revistas, periódicos, sitios internet, librerías, institutos y centros de reflexión, fundaciones, espacios culturales tratan de interpretar el mundo para transformar el orden de las cosas. Se han reunido y proponen organizar conjuntamente, en la próxima primavera, un encuentro «  Mayo 68 no es sólo un inicio, es una actualidad urgente  ». Para eso lanzan este llamamiento, aquí y más allá de las fronteras.

Maggio 1968, non è soltanto un inizio... Uno spettro ossessiona i sostenitori dell’ordine costituito  : lo spettro del Maggio 1968.

Tutte le potenze del vecchio mondo si sono unite in una santa alleanza per braccare questo spettro  : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre e i loro consimili... All’appello non manca nessuno/a di coloro che hanno come unico orizzonte insormontabile il mondo così com’è, se non addirittura la fine della storia.

Per la Francia benpensante, il Maggio 1968 è responsabile di tutto. Nicolas Sarkozy non ha esitato a farla fremere agitando di nuovo quello spettro. Si tratta, secondo lui, «  di sapere se l’eredità del Maggio 1968 debba essere perpetuata oppure liquidata una volta per tutte  ». Nel quadro di questa liquidazione verrebbero presi di mira non soltanto i diritti sindacali, lo SMIC (salario minimo) e il salario sociale, ma anche le conquiste ottenute, tra l’altro, dalle lotte femministe.

Come un diavoletto, lo spettro del Maggio 1968 spunta fuori ogni dieci anni. È l’occasione per fare esorcismi e orazioni funebri, funerali di prima classe e cerimonie d’addio, celebrazioni compassate, imprecazioni e pentimenti di tutti i nuovi adepti del sistema.

È ora di riappropriarsi del Maggio 1968, delle realtà nascosta dietro i miti, del Maggio dei proletari (dello sciopero generale e delle occupazioni), del Maggio della Comune studentesca, del Maggio dei muri che prendono la parola, del Maggio delle barricate che chiudono le vie e aprono alla vita, del Maggio che ha spianato la strada alle liberazioni e alle trasformazioni sociali e societarie conquistate nel corso del decennio precedente, del Maggio che ha soffiato su Berlino, su Praga, su Città del Messico o su Torino suscitando la speranza ma anche la critica del mondo realmente esistente, delle regole e delle apparenze.

Ciò che è accaduto non era l’unico esito possibile. Delle riflessioni critiche collettive e discordanti permetteranno di ritrovare la brace ancora calda che cova sotto gli scioperi e le speranze, alla luce di una formidabile esperienza le cui tracce segnano ancora il nostro tempo.

Degli editori, delle riviste, dei giornali, dei siti Internet, delle librerie, degli istituti, delle fondazioni, dei luoghi e degli spazi culturali cercano di interpretare il mondo per trasformare l’ordine delle cose. Essi si sono riuniti e propongono di organizzare insieme, nella prossima primavera, un Maggio 1968, non è soltanto un inizio, ma un’attualità urgente. A tale scopo lanciano il presente appello, qui da noi e al di là delle frontiere.

Mai 68 war nur der Anfang Ein internationaler Aufruf

Ein Gespenst geht um unter den Herrschenden : das Gespenst des Mai 68.

Alle Kräfte des alten Europa haben sich verbündet, um dieses Gespenst zu verfolgen : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre und Ihresgleichen ... Dem Bündnis haben sich alle angeschlossen, die nicht über den Tellerrand der aktuellen Gesellschaft hinaus blicken, diejenigen, die sogar vom Ende der Geschichte träumen.

Für das konformistische Frankreich ist der Mai 68 für alles Übel verantwortlich. Nicolas Sarkozy versetzte das Land in Angst und Schrecken als er erneut das Gespenst beschwor. Ihm zufolge gehe es darum „ob das Erbe von 68 bewahrt oder ein für alle Mal entsorgt werden soll“. Diese Entsorgung betrifft nicht nur die gewerkschaftlichen Rechte, den Mindestlohn und die Sozialversicherung, sondern auch die Errungenschaften der Frauenbewegung. Wie eine Marionette wird das Gespenst Mai 68 alle zehn Jahre wieder aus dem Schrank geholt. Dies führt zu Exorzismen und Grabreden, Beerdigungen erster Klasse und Abschiedszeremonien, zu steifen Feierlichkeiten, Verwünschungen und Reue aller Beteiligten.

Es ist höchste Zeit sich den Mai 68 wieder anzueignen, die Realitäten hinter den Mythen zu entdecken : den proletarischen Mai (des Generalstreiks und der Fabrikbesetzungen), den Mai der studentischen Commune, den Mai der beschrifteten Wände, den Mai der Barrikaden, die die Straßen sperrten, aber neue Wege freimachten. Den Mai, der die Grundlagen legte für die Befreiung und die sozialen und gesellschaftlichen Veränderungen, die im darauf folgenden Jahrzehnt erkämpft wurden. Den Mai, dessen Wind über Berlin, Prag, Mexico oder Turin wehte und der Hoffnungen weckte und Kritik ermöglichte an der Welt, ihren Normen und Selbstverständlichkeiten.

Was geschehen ist, war nicht das Unausweichliche, das einzig Mögliche. Kollektive Kehrtwendungen, kritische und verstimmte, ermöglichen es den warmen Strand unter dem Pflaster der Streiks und Erwartungen wieder zu finden, in Anbetracht dieser wundervollen Erfahrung, deren Spuren unsere Zeit immer noch prägen.

VerlegerInnen, Zeitschriften, Internetseiten, Buchhandlungen, Institute, Stiftungen, kulturelle Zentren und Räume versuchen die Welt zu interpretieren, um die Ordnung der Dinge zu verändern. Gemeinsam schlagen sie vor, im Frühjahr 2008 das Programm „Mai 68 war nur der Anfang, er ist von dringlicher Aktualität“ umzusetzten. Dazu dient dieser Aufruf, für Frankreich und anderswo.


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