11 septembre 1937 Le patronat fait sauter ses locaux pour accuser syndicalistes et communistes

lundi 11 septembre 2017.
 

Le 11 septembre 1937, une organisation fasciste secrète (restée dans l’histoire sous le nom de Cagoulards) fait sauter à la bombe le siège de la Confédération Générale du Patronat Français et celui de l’Union des Industries Métallurgiques dans le but de faire accuser les communistes. Deux gardiens de la paix en faction décèdent. Qui a monté le coup ? L’Union des Enfants de Gergovie, groupe de Clermont Ferrand lié à la Cagoule, dont Pierre Michelin est chef de section. Maurice Duclos, cagoulard et futur proche de De Gaulle, a fourni les explosifs. La presse de droite détourne l’attention et tonne contre syndicalistes, communistes et socialistes. Ainsi Le Temps écrit « La vérité est que la campagne marxiste des syndicalistes contre la société actuelle et contre l’ordre établi sont à l’origine de toute cette affaire… »

En cliquant sur l’adresse URL ci-dessous, notre lecteur pourra voir et écouter l’information diffusée à l’époque (courte vidéo) :

http://www.dailymotion.com/video/x7...

Le projet planifié par l’OSARN ( Cagoule) est assez simple :

* faire croire aux généraux amis que les communistes prévoit un putsch pour la nuit du 15 au 16 novembre.

* provoquer un coup d’état militaire ce soir-là pour protéger la France contre cette action des communistes

* lancer dans le même temps les bataillons de la Cagoule à l’assaut des bâtiments abritant le pouvoir en se présentant comme défenseurs de la patrie face aux rouges.

Selon Pierre Péan ( Le Mystérieux Docteur Martin, p. 140), Deloncle avait rencontré dès novembre 1936 le général Henri Giraud (accompagné d’autres officiers supérieurs dont Charles de Gaulle) qui avait promis son aide en cas de soulèvement communiste ; les cagoulards se rangeraient sous ses ordres en échange. Très satisfait, Giraud « est évidemment d’accord pour travailler avec les gens de l’OSARN et souhaite la meilleure réussite à l’entreprise de Deloncle et Duseigneur »

Début novembre 37, les généraux Georges, Dufieux et Jeannel sont dans la confidence concernant le coup d’état projeté par les communistes. D’autres liens sont assurés.

Dans la nuit du 15 au 16 novembre, toutes les forces de l’OSARN sont à leurs postes de combat pour s’emparer de l’Elysée, de Matignon, des ministères, des points stratégiques de la capitale... D’autres groupes disposent de l’adresse, parfois même des plans des appartements de personnalités à arrêter ou exécuter.

Tout ce beau monde attend l’ordre d’Eugène Deloncle. Les minutes passent ; les heures passent. Et Eugène Deloncle ne donne pas l’ordre attendu. En l’absence de toute action des militaires, la Cagoule n’a effectivement pas les moyens de renverser la république dirigée par le Front populaire. D’autres cagoulards comme Filliol poussent cette nuit-là à lancer l’opération sans l’armée... mais Deloncle ne donne toujours pas l’ordre attendu. Au petit matin, les milliers de conspirateurs rentrent chez eux.

Durant la semaine suivante, la policedécouvre une partie de l’opération projetée. Le 19 novembre 1937, elle met la main sur un dépôt d’armes. L’existence du complot visant à renverser la république est alors révélée publiquement par le ministre socialiste de l’Intérieur Marx Dormoy ( actif ministre de l’intérieur du front Populaire qui sera assassiné en 1941 par d’anciens Cagoulards). Le 23 novembre, près de 120 personnes sont inculpées pour complot contre la sûreté de l’État.

La revue Le Monde2 apporte des informations intéressantes concernant l’armement de la Cagoule découvert :

« A chaque brigade correspondait un dépôt d’armes sans compter les trois dépôts centraux.

« A Paris, on a découvert au total 7740 grenades, 34 mitrailleuses, 195 fusils Schmeisser, 85 fusils Beretta, 148 fusils de chasse, 300938 cartouches, 166 kilos d’explosifs. La plupart de ces armes étaient entreposées dans des caves où des maçonneries secrètes avaient été pratiquées, grâce aux moyens financiers d’origine inconnue dont disposait le CSAR (autre nom de l’OSARN). Au 37 de la rue Ribera par exemple, sous une pension de famille, un déclic faisait pivoter une paroi pour découvrir un poste de commandement capitonné de carton insonore, muni d’un téléphone clandestin.

« En banlieue, on trouva des dépôts à Annet-sur-Marne, Limeil-Brévannes, Villemomble, et dans l’Aisne à Attilly. En dehors des armes classiques, la Cagoule disposait d’engins explosifs à retardement et de portemines lançant des liquides aveuglants. »

Ces armes provenaient de cambriolages dans les casernes et surtout d’importations étrangères de Suisse, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne (fusils Schmeissel) et surtout de Belgique.

Ce texte fait partie de l’article :

La CAGOULE, organisation fasciste française, tente un coup d’état pour renverser la République le 15 novembre 1937


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