20 et 21 décembre 1851 Plébiscite totalitaire pour Louis-Napoléon Bonaparte

jeudi 22 décembre 2016.
 

Premier président de la République élu au Suffrage universel (masculin) en décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte briguait un second mandat, ce qui était impossible en vertu de la Constitution. Après avoir tenté une révision constitutionnelle, il fait un coup d’État le 2 décembre 1851.

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Alors que 60 000 soldats occupent Paris, il dissout l’Assemblée Nationale. Dans un même mouvement, il rétablit le suffrage universel que les députés conservateurs avaient raboté en 1850, mais exclut des urnes tous ceux qui ne pouvaient se prévaloir de trois ans de domiciliation au même endroit, soit, de facto, les ouvriers. Toute l’habilité du prince-président est de feindre d’opposer la légitimité du suffrage universel à la légalité de la République. Mais il ne s’agit rien de moins que d’une instrumentalisation du suffrage dans la pure tradition césariste.

Les 20-21 décembre il organise un plébiscite sur ses réformes. Le scrutin se déroule dans un pays en état de siège. Les principaux opposants sont en prison, ou en exil. Les listes électorales ont été purgées des personnes suspectes de républicanisme. Les libertés publiques sont suspendues. Dans l’armée, les soldats doivent voter à bulletins ouverts devant leurs officiers. Seuls les bulletins Oui ont été imprimés : les courageux qui persistent à voter Non doivent sur place, et au vu de tous, écrire sur des bulletins vierges. Ils furent pourtant 647 292 à oser voter Non, contre 7 481 231 Oui, avec une abstention de 15%. « La France a compris que je n’étais sorti de la légalité que pour rentrer dans le droit. Plus de 7 millions de suffrages viennent de m’absoudre » se félicite le fossoyeur d’une République qui avait de toutes façons commencé à creuser sa tombe en écrasant la démocratie sociale, en massacrant les ouvriers et en tombant dans le conservatisme.

Un an plus tard, Louis-Napoléon Bonaparte est Empereur. A nouveau, il a recours au plébiscite, dans les mêmes conditions de répression politique, pour légitimer son pouvoir. Napoléon III, comme son oncle avant lui, détournait ainsi le suffrage universel, utilisé pour donner du pouvoir à l’empereur et non pour permettre au peuple d’exercer sa souveraineté.


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