2 septembre 1870 à Sedan Capitulation de Napoléon 3 avec son armée

vendredi 17 février 2017.
 

- A) Le contexte
- B) De Wissembourg au camp de Chalons, la guerre commence mal
- C) Beaumont, défaite révélatrice des branquignoles qui commandent l’armée française
- D) 2 septembre 1870 : capitulation de Sedan

A) Le contexte

Le 2 décembre 1851, le grand patronat financier utilise l’armée pour octroyer tous les pouvoirs à Louis Napoléon Bonaparte bientôt confirmé empereur sous le nom de Napoléon 3.

2 décembre 1851 : Coup d’état de Napoléon III

Tout manifestant est fusillé, toute résistance est écrasée dans le sang.

Quand l’armée assassine les enfants pour complaire à la finance, à la droite et à l’Eglise

3 décembre 1851, le député Alphonse Baudin est tué par l’armée

3 au 13 décembre 1851 Résistances au coup d’état de Napoléon 3 en province

Victor Hugo se voit obligé de fuir la France. Il commence un long et douloureux combat de 20 ans contre les bandits qui tiennent le pouvoir à Paris.

Le coup d’état du 2 décembre 1851 vu par Victor Hugo (Nox)

Napoléon 3, empereur des crapules autoritaires au service de l’argent roi

Au fil des années, la gauche et la classe ouvrière parviennent à redresser la tête. Les élections dénotent un large glissement de l’opinion vers les républicains. Le 2 janvier 1870, Napoléon en tient compte pour la formation du gouvernement Ollivier. Cela déplaît au grand capital comme aux réactionnaires groupés autour de l’impératrice qui vont pousser à la guerre, croyant ainsi reprendre en mains le pays.

19 juillet 1870 Napoléon 3 déclare stupidement la guerre à la Prusse

La France s’engage ainsi très stupidement, dans une logique de guerre contre l’Allemagne qui cessera seulement 75 ans plus tard après des désastres évidents. Cette guerre est d’autant plus stupide que le personnel dirigeant du Second empire peut être caractérisé de particulièrement incompétent.

L’armée française de 1870 était commandée par des branquignoles réactionnaires

B) De Wissembourg au camp de Chalons, la guerre commence mal

B1) 2 août Reconnaissance sur Sarrebruck

Le dispositif de l’armée française au 1er août 1870 paraît organisé pour une offensive à partir de Forbach vers la Sarre, Kaiserslautern puis Mayence, Francfort avec les 2ème et 3ème en avant-garde, le 4ème à gauche, le 5ème à droite et des réserves en arrière (Garde impériale, 6ème corps...)

Le dispositif des Prussiens et de leurs alliés allemands paraît conçu pour stopper une telle offensive française avec le gros des forces face à cet axe Forbach Kaiserslautern et une attaque prévue contre le corps français de Mac Mahon, isolé en Alsace.

Le 2 août 1870, l’armée française franchit effectivement la frontière en Sarre. Il ne s’agit en rien d’une manoeuvre militaire pensée, liée à une quelconque stratégie mais d’une simple opération de communication.

« Pour donner une satisfaction à l’opinion publique, l’Empereur jugea nécessaire de faire une démonstration. Le 2 août, il donna l’ordre d’attaquer Sarrebrück, où le général Frossard ne rencontra que trois bataillons et trois escadrons de uhlans qui refusèrent le combat et se replièrent avec la précision et le sang-froid de troupes rompues à toutes les circonstances de la guerre. » Léo Armagnac, Quinze Jours de campagne, chap. II

"Le 2e corps allait, quatre jours plus tard, avoir à enregistrer le désastre de Spicheren. La reconnaissance offensive de Sarrebruck ne répondait donc à aucune idée nette, elle n’avait rien appris, ne servait à rien, et si peu qu’elle coûtat, c’était encore payer trop cher le néant de cette entreprise avortée." (Commandant Rousset, La guerre franco-allemande (1870-1871)

Cette incursion en Sarre va avoir des conséquences négatives pour l’armée française, ne serait-ce que l’orientation (pour diversion) du 5ème corps vers la droite de son dispositif (devant Sarreguemines) alors que l’attaque de la 3ème armée prussienne va se développer et réussir à sa gauche, sur Wissembourg.

B2) Bataille de Wissembourg

Le 4 août 1870, la 3ème armée prussienne attaque le 1er corps français isolé en Alsace, particulièrement sa 1ère division étalée depuis la veille sur la Lauter pour couvrir la frontière.

Il ne s’agit pas là d’une diversion mais d’une attaque rapidement appuyée par des renforts en raison du succès rencontré.

4 août 1870 Wissembourg Première défaite des chefs branquignoles

B3) 6 août : Bataille de Frœschwiller-Wœrth

Après son succès de Wissembourg, la 3ème armée prussienne avance en Alsace.

Mac Mahon reçoit le commandement de l’armée d’Alsace (1er corps, 5ème corps, 7ème corps) pour l’arrêter et couvrir la droite de l’armée du Rhin positionnée de Thionville à Sarreguemines. Il se positionne sur une ligne Frœschwiller, Wœrth, Morsbronn avec des réserves d’infanterie et de cavalerie sur Grosserwald.

Au matin du 6 août, l’avant-garde du 5ème corps prussien aborde les bataillons français. Au bruit du combat, le 2e corps bavarois au nord et le 11e corps prussien accourent ; le chef de cette 3ème armée prussienne décide d’engager toutes ses forces (environ 90000h) contre les 45000h de Mac Mahon (le 5ème corps du général de Failly, pourtant proche n’est pas là et ne viendra pas en renfort ; le 7ème n’est représenté que par une division)

Après une défense héroïque, face à une artillerie prussienne très supérieure, la ligne française commence à se débander. Mac Mahon ordonne la retraite qui va rapidement devenir une déroute non maîtrisée.

B4) La cavalerie lourde française charge (Reichshoffen et Morsbronn)

Au moment où l’infanterie française fléchit et où la retraite devient nécessaire, deux charges de cuirassiers et lanciers vont "sauver l’honneur" ! (cavaliers du général Michel à Morsbronn et du général Bonnemain à Elsasshausen) mais exterminer les régiments dont Mac Mahon aurait eu un grand besoin pour la suite.

Ces deux manoeuvres deviendront célèbres ; elles seront à l’origine de chansons et textes nationalistes, militaristes.

Voici par exemple deux extraits du chant populaire consacré à Reichshoffen :

- 2 derniers vers du 3ème couplet

Il est trop tard le massacre s’apprête

Vieux cuirassiers il faut vaincre ou mourir

- 2 derniers vers du 4ème couplet

Et la colonne a son heure dernière

Dit nos enfants nous vengeront demain

Quant au bilan, je partage l’avis de plusieurs historiens bien résumé dans le guide alsacien (http://www.jds.fr/tourisme-et-loisi...)

Ces deux charges héroïques, même si foncièrement stupides et sans fondement, deviendront une arme de propagande française, à travers le courage de ces hommes.

B5) La retraite de l’armée française d’Alsace

Mac Mahon a reçu l’ordre de stopper le mouvement enveloppant de la 3ème armée allemande qui menace toute l’armée française essentiellement déployée dans le département de la Moselle.

Les conditions sont assez bonnes pour cette opération dont Mac Mahon est responsable.

- D’une part, l’armée allemande n’avance pas vite car la 3ème armée ne veut pas se couper de la 2ème armée placée à sa droite et qui se voit retardée par l’encombrement de ses convois et de ceux de la 1ère armée.

- D’autre part, le terrain est propice avec les Vosges et surtout plusieurs rivières barrant l’invasion (la Seille, la Moselle, la Meuse...).

En fait, les troupes de cette "armée d’Alsace" sont tellement mal commandées, tellement découragées après les défaites de Wissembourg et Frœschwiller qu’elles ne vont s’arrêter de reculer qu’à Chalons sur Marne où des renforts sont en cours d’organisation.

C) Beaumont, défaite révélatrice des branquignoles qui commandent l’armée française

Entre le 14 et le 20 août 1870, se rassemble une nouvelle armée française issue de l’armée d’Alsace. Elle reçoit pour nom "Armée de Châlons" et pour commandant le maréchal Mac Mahon. Elle comprend le 1er corps d’armée (général Ducrot, 28500h), le 5ème corps d’armée (général de Failly, 19500h), le 7ème corps d’armée (général Félix Douay, 27500h), le 12ème corps d’armée (général Lebrun, 40000h) et une réserve de cavalerie.

Sur la foi d’un message du généralissime des armées françaises (maréchal Bazaine) affirmant qu’il va faire marcher l’armée de Lorraine de Metz vers le Nord pour échapper à l’encerclement, Mac Mahon quitte Reims le 24 août et marche vers la Meuse qu’il compte finalement passer sur Mouzon et Rémilly à la rencontre de Bazaine. En fait, celui-ci ne va pas entreprendre ce mouvement.

Les 25, 26, 27 et 28 août, l’armée de Chalons aurait dû marcher rapidement droit sur un objectif : se rapprocher ou de Metz à l’Est ou de la capitale à l’Ouest. Or, ordres et contrordres, méconnaissance des déplacements ennemis... amènent cette armée à faire presque du surplace dans le secteur de Rethel et de Vouziers.

L’armée de Chalons avance ainsi tellement lentement qu’elle est rejointe par l’armée allemande avant même d’avoir franchi la Meuse.

De premières escarmouches éclatent le 29 août à Nouart entre le 12ème corps saxon et le 5e corps français.

Le même jour, le 12e corps français et la division Margueritte franchissent la Meuse à Mouzon et organisent la défense sur la rive droite. Le 7ème corps passe aussi sur les ponts de Mouzon et Villers. Le 1er corps suit un autre itinéraire par le pont de Remilly.

Au soir, le 5ème corps atteint Beaumont en Argonne sur la rive gauche, près du pont de Mouzon.

Le 30 août, vers 7 heures du matin, le maréchal Mac Mahon se déplace jusqu’à Beaumont et ordonne à De Failly de presser le 5ème corps pour qu’il franchisse la Meuse sous la protection du 12ème corps. De Failly fait valoir la fatigue de ses troupes, se convainc de l’absence d’unités ennemies près de lui et obtient du maréchal un petit délai.

En fait, le général de Failly et autres chefs du 5ème corps font preuve d’une irresponsabilité totale :

- pas de reconnaissances réelles pour surveiller les mouvements de l’armée allemande

- "Les hommes mangèrent la soupe, nettoyèrent leurs armes et, le beau temps étant revenu, firent sécher leur linge et leurs effets. L’artillerie conduisit tous ses chevaux à l’abreuvoir" (Wikipedia)

- l’avant-garde doit se diriger vers la Meuse, une fois la soupe mangée suivie par les autres unités qui feront connaître leur départ au chef de corps par un planton (ordre de marche très surprenant vu la situation du corps entouré d’unités allemandes et isolé sur la rive gauche).

- De Failly ne prend pas en compte les renseignements donnés par des paysans qui fuient l’avancée des troupes allemandes vers Beaumont.

Vers midi et demi, les premiers coups de canon et premiers coups de fusil des troupes allemandes (environ 80000h) surprennent complètement le 5ème corps (environ 21000h à ce moment-là) en train de vaquer à ses occupations (principalement le repas de midi).

Malgré la vigueur des attaques allemandes, l’héroïsme de plusieurs unités françaises permet au 5ème corps de se rapprocher du pont de Mouzon, sa voie de salut. Le général Lebrun, chef du 12ème corps français, fait repasser la Meuse à une division d’infanterie et une brigade de cavalerie pour aider à la retraite du 5ème corps.

Au soir de ce 30 août, les 5ème (très affaibli) et 12ème corps français se voient couper la marche vers l’Est et ne peuvent que remonter vers le Nord, vers Sedan.

D) 2 septembre 1870 : capitulation de Sedan

Parvenu à Sedan le 31 août et ayant disposé ses divisions dans la ville et tout autour, Mac Mahon lance un ordre surprenant « Repos pour toute l’armée demain 1er septembre. » Il ne fait pas vraiment surveiller l’avancée des troupes allemandes, ne fait pas couper les ponts sur la Meuse...

L’empereur Napoléon 3 est présent au coeur de cette armée selon les ordres de sa femme mais sans responsabilité militaire.

Or, le sort du Second empire va se jouer en ce 1er septembre 1870.

N’insistons pas ici :

- sur les changements de chef de cette armée française en pleine bataille (Mac Mahon puis Ducrot puis De Wimpffen nommé par le Conseil des ministres) définissant des objectifs complètement différents

- sur les combats acharnés soutenus par plusieurs unités de l’armée française, en particulier des troupes de marine à Bazeilles et des cavaliers de la division Margueritte sur le plateau d’Illy.

Au soir du 1er septembre, l’armée de Chalons est enfermée dans l’entonnoir de Sedan sans aucune possibilité d’en sortir.

Vers 18 heures, le général Reille remet au roi de Prusse une lettre de Napoléon 3 lui demandant d’accepter la reddition de l’armée française, reddition aussitôt acceptée mais que les chefs français compte négocier.

Le 2 septembre, vers 10 heures 30, Napoléon 3 et le roi de Prusse signent cet acte de reddition qui prévoit la livraison de la place de Sedan, la remise aux vainqueurs des armes, munitions, matériels, chevaux et drapeaux, enfin que toute l’armée vaincue devient prisonnière.

Deux jours plus tard, le peuple de Paris se soulève à nouveau, renverse le Second empire et proclame la République pour mieux défendre le pays.

Jacques Serieys


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