La révolution féodale : une contre-révolution

lundi 18 septembre 2017.
 

A1) Repères chronologiques

Le Moyen Age s’étale sur un millénaire, du 6ème siècle (après la chute de l’empire romain) jusqu’au 15ème siècle.

Il est divisé par les historiens en Haut Moyen Age (6ème au 10ème siècles), Moyen Age central (11ème, 12ème et 13ème siècles) et Bas Moyen Age (14ème et 15ème siècles).

Nous reprenons ici ces repères chronologiques même car ils recoupent, en gros, une période de transition entre le mode production antique et le mode de production féodal (Haut Moyen Age), une période féodale proprement dite (Moyen Age central) et une période de développement des premiers véritables Etats féodaux (14ème et 15ème siècles).

A2) Bouleversements sociétaux du Moyen âge

Concernant le Moyen Age, le terme de révolution est fréquemment employé : révolutions agricole, démographique, commerciale, industrielle, bancaire, urbaine... Dans ce texte, nous utilisons révolution au seul sens social et politique, préférant utiliser d’autres termes pour d’autres réalités :

- mutation agricole. L’amélioration des techniques (invention de la charrue à soc métallique et roues, de la brouette, du collier d’épaule pour les chevaux de trait, du fer à cheval, du pressoir... ; amélioration du moulin hydraulique...) permet une augmentation importante des productions

- accroissement démocratique Le climat plus favorable et l’augmentation des productions agricoles vivrières permettent le doublement de la population (de 35 millions environ en l’an mille à 80 millions dans la première moitié du 14ème siècle)

A3) Révolution féodale

Le processus par lequel la noblesse s’accapare des pouvoirs et des richesses de la société a été caractérisé de révolution féodale par de grands historiens à la suite de Georges Duby.

Ce concept de révolution féodale désigne la mutation que connaît une grande partie de l’Europe, essentiellement au 11ème siècle.

- > La classe sociale aristocratique utilise sa puissance domaniale (propriété foncière), sociale ( liens de parenté, de clientèles et de fidélités) et religieuse (contrôle d’institutions, de biens, de personnes et de symboles ecclésiastiques comme les reliques) pour jouer un rôle de plus en plus important.

- > La dissolution des souverainetés royales et comtales profite à ces seigneuries locales (d’essence foncière, militaire et judiciaire) qui s’approprient par la violence et dans l’illégitimité, des prérogatives du pouvoir public (justice, armée, église, fisc...).

- > Cette privatisation de la société s’opère à l’instigation et au profit de laïcs comme de religieux (abbayes, évêques...), l’Eglise catholique couvrant de son idéologie paulinienne et augustinienne l’exercice individuel héréditaire du pouvoir public "par la grâce de Dieu".

Sur le fond, cette privatisation de la société au profit d’une pyramide de pouvoirs tyranniques correspond évidemment plus à une contre-révoluion qu’à une révolution.

Ayant rédigé un article sur la société féodale, je ne détaille pas plus ici ce sujet :

Le mode de production féodal en Europe

Sitographie :

http://classiques.uqac.ca/classique...

https://cem.revues.org/4173


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