Bientôt à Vivement dimanche... J’ai quelques échos défavorables à ma décision de participer à l’émission de Michel Drucker

dimanche 17 octobre 2010.
 

Je les classe en deux groupes : ceux qui s’interrogent sur la cohérence de ma critique des médias qui serait prise en défaut dans cette participation et ceux qui me reprochent de légitimer une "émission de dépolitisation". Il faut imaginer que j’ai pensé à ces objections et à quelques autres avant d’accepter. Mais je dois à l’honnêteté de dire que je n’ai guère hésité. Mon idée a toujours été que l’on devait aller partout d’où l’on peut être écouté et où on peut faire entendre une autre vision du monde du moment qu’on y est respecté. Je ne méprise donc aucun média par a priori. De plus, ma préférence personnelle va plutôt aux médias et aux gens de presse qui n’interviennent pas dans le champ politique. Leur indifférence à nos passions, leur éloignement de nos promiscuités, ont quelque chose qui met au défi de façon infiniment plus saine que ce que je rencontre dans le milieu des journalistes des rubriques politiques. Face aux médias il n’y a pas d’autre doctrine praticable selon moi que pratiquer franc jeu. Eux tracent des lignes jaunes. Il faut en faire autant. L’interviouveur n’aime pas que son vis-à-vis prenne le pouvoir et cogne quand c’est le cas. Il faut faire de même. Il faut s’accorder autant que possible. Chacun a sa place ! Mais il faut être prêt à combattre rudement, sans complexe ni précautions de bonnes manières quand on est menacé de chabotisation, maladie du journaliste pour qui le monde est un écrin pour se valoriser. Ma manière d’agir à l’égard des médias n’est rien d’autre qu’un aspect d’un combat global. Elle y est entièrement soumise.

Par exemple, j’espérais, à vrai dire, bien plus de barouf après mon passage dans « Voici ». Je comptais en tirer argument contre ceux qui me boycotte où m’insultent sans relâche comme « le Nouvel Observateur », cet organe de la « troisième droite » comme disait Jacques Julliard en faisant ses adieux idéologiques à la deuxième gauche qui règne depuis quarante ans dans cet hebdomadaire. Mais je n’ai pas assez de mémoire pour la rancune. Le moment venu, après avoir reçu la giclée de fiel de cet organe qui me reprochait dans une brève anonyme mon passage dans « Voici » alors qu’il ne m’a jamais donné la parole au cours des dix dernières années, je n’avais plus le cœur à la bagarre. J’étais passé à autre chose. J’ai laissé filer, à la vive satisfaction de tous ceux autour de moi qui ont toujours peur que je tape trop fort. Eux sont naïfs et moi lucide. Quoique je fasse, je serai lynché, le moment venu, comme tout le monde avant moi, là où j’ai été cajolé. Et alors les rats que j’ai tenu à distance à coups de bâton, genre « nouvel observateur » ou Chabot’connexion sortiront de leurs égouts eux aussi pour me frapper partout où ils pourront. Sic transit gloria mundi. Dans l’intervalle il faut faire avancer le curseur que d’autres reprendront au point où il aura été laissé.


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