Causes de la colonisation

samedi 23 septembre 2017.
 

A) Remarques méthodologiques

A1) Définition

Le Petit Larousse de 1961 résumait bien le sujet « Transformation d’un pays en un territoire dépendant de la métropole. »

Celle donnée aujourd’hui par Wikipedia correspond aussi à la réalité ; en conséquence, je n’en propose pas une autre. « La colonisation est un processus d’expansion territoriale (et/ou démographique) qui se caractérise par des flux migratoires se déroulant sous la forme d’une immigration, d’une occupation plus ou moins rapide voire d’une invasion brutale d’un territoire. Dans ses formes les plus extrêmes, la colonisation peut s’accompagner d’une marginalisation, d’une réduction - et dans les cas les plus féroces- de massacres ou de génocide des populations autochtones. La colonisation peut avoir pour but l’exploitation d’avantages réels ou supposés (matière première, main-d’œuvre, position stratégique, espace vital, etc.) d’un territoire au profit de sa métropole ou de ses colons. Outre les préoccupations mercantiles, elle prend souvent prétexte de notions floues telles que le « développement de la civilisation » ou la « mission civilisatrice » pour justifier l’exploitation d’un espace géographique, la mise sous tutelle et la domination économique, mais aussi politique, culturelle, religieuse. »

A2) Limites de notre sujet

On entend aujourd’hui par "causes de la colonisation", les raisons de la conquête de territoires par les Européens depuis le 15ème siècle en Afrique, Asie, Amérique et Océanie. Nous ne dépasserons pas ce cadre et n’aborderons donc pas les formes de colonisation durant l’Antiquité (Phéniciens, Grecs, Carthaginois, Romains...) ni celle par exemple des Chinois en Asie centrale qui relèvent de sociétés, d’époques, de modes de production différents.

En limitant ainsi le sujet, nous laissons de côté les causes complexes des conquêtes de Charlemagne et des Croisades par exemple

A3) Conclusion de notre recherche

Après lecture de nombreux textes et réflexion sur la colonisation européenne du 15ème au 20ème siècle, il me paraît juste d’avancer cinq grandes causes de la colonisation :

- cause 1 : les causes économiques sont les plus importantes, émanant à la fois d’entreprises, d’individus et d’un choix étatique

- cause 2 : la rivalité entre puissances a également joué un rôle important pour des raisons économiques (mercantilisme puis besoin de matières premières...), politiques (recherche d’hégémonie, points stratégiques...), idéologiques (nationalisme).

- cause 3 : l’intérêt des colons présents sur place a souvent contribué à l’extension des territoires colonisés

- cause 4 : des groupes de pression ont eu de l’influence dans le processus de colonisation, particulièrement des entrepreneurs de toutes sortes, des militaires et des religieux

- cause 5 : dans plusieurs cas, nous pouvons noter l’intérêt de la colonisation comme moyen d’évacuer un surplus démographique de la métropole ou une population considérée dangereuse

A4) Le plan de ce texte

Nous allons ci-dessous proposer au lecteur :

- en première partie un document scolaire complet

- en deuxième partie analyser dix cas précis de colonisation, à des périodes historiques différentes entre le 15ème et le 20ème siècle pour essayer d’étudier les causes réelles de la colonisationavant de procéder à une synthèse

- en troisième partie, une analyse étonnante : pour wikipedia la première cause de la colonisation est idéologique et religieuse.

- en quatrième partie, mise en ligne d’un autre document scolaire portant seulement sur la période 1880 à 1939.

Première partie (document scolaire) : La colonisation

Introduction :

La découverte du monde par les Européens à la Renaissance (16ème siècle) s’accompagne d’une prise de possession de ces nouvelles terres. Dès le début du 16ème siècle, un premier mouvement de colonisation débouche sur la constitution d’empires Européens en Amérique et dans l’océan Pacifique. Lors des 2 siècles suivants, le mouvement perd de son intensité et on assiste même à partir de la fin du 18ème siècle à l’émancipation de la plupart des colonies d’Amérique au terme d’un processus révolutionnaire lancé par l’indépendance des Etats-Unis déclarée le 4 Juillet 1776. Un second processus de colonisation s’enclenche au 19ème siècle et culmine dans les décennies qui précèdent la première guerre mondiale. C’est à ce phénomène que nous allons nous intéresser. D’une vitesse et d’une importance largement supérieures à la première, répondant à des motivations plus complexes, cette seconde colonisation est d’un intérêt particulier pour comprendre le monde actuel : différents Etats, différences communautés sont porteurs sur le sujet de mémoires affrontées (contradictoires) d’autant plus manichéennes qu’elles sont mises au service de revendications politiques actuelles. Songeons par exemple aux exigences d’excuses que le pouvoir Algérien présente à la France, qui servent à l’heure actuelle de moyens de pressions sur les négociations commerciales ou à l’opposé, aux pieds noirs qui défendent d’autant plus l’œuvre coloniale qu’ils cherchent à passer pour des victimes. L’antagonisme de ces visions résulte partiellement de leur caractère parcellaire (fragmentaire). Les uns comme les autres se contentent de ressasser les éléments qui justifient leur point de vue. L’appréhension de la colonisation Européenne dans son ensemble, devrait ainsi, à défaut de prétendre arriver à une impossible synthèse entre ces différentes visions, comprendre sur quoi elle s’appuie et quelles sont ses limites ? Pour cela, il nous a semblé judicieux d’analyser l’un des enjeux principaux de ces controverses.

Problématique : Quelles sont les causes de la colonisation ?

I) Les causes économiques : colonisation et Révolution Industrielle

A/ Une Révolution Industrielle qui facilite la colonisation

- La Révolution industrielle va créer un écart technologique immense entre l’Europe et l’Afrique/Asie/Océanie
- Cette R.I. va permettre la « capture » d’immenses territoires avec très peu d’hommes
- Les transports vont aussi être considérablement améliorés : beaucoup plus rapides et surs
- Au moment de la R.I. c’est aussi le moment où l’homme désire connaître et appréhender le monde sur lequel il vit, ce qui va pousser les explorations de zones inconnues jusque là.
- Beaucoup d’explorateurs créent des cartes très précises pour la première fois à cette époque (ex du duo Livingstone – Stanley qui tentera aussi, en vain de trouver les sources du Nil) B/ Le rôle de la quête de matières premières, de nouveaux marchés et des zones de peuplement

- La R.I. est due à l’essor du capitalisme en Europe
- On pourrait alors penser que cette essor à été la cause de la colonisation
- L’exploitation économique à travers 3 facteurs a souvent été pensée :
- D’une part, on peut rejeter l’idée selon laquelle les pays d’Europe ont colonisé le Sud pour les ressources en matières premières. Le rôle de ces matières premières n’est pas à exclure (hévéa en Indochine), mais c’est souvent en étant sur place qu’on se rend compte des matières premières présentes et non le contraire. L’exemple contradictoire le plus connu est celui de la colonisation de l’Afrique du Sud par les Anglais suite à la découverte de diamants et d’or dans la région du Transvaal (cela donnera lieu à la guerre des Boers (1899 – 1902) entre Européens). Le lien entre colonisation et matières premières reste donc secondaire
- D’autre part, on peut aussi infirmer l’idée selon laquelle les colons cherchaient par ce processus à ouvrir de nouveaux marchés. Le cas de la France nous montre qu’en 1914, seulement 10% des exportations sont destinées aux colonies. Cet exemple étant facilement généralisable, on peut donc montrer que la relation entre colonisation et création de nouveaux marchés n’est la aussi que secondaire
- Enfin, le troisième argument Marxiste avancé fut celui de la création sur ces territoires de zones de peuplement. Même si au 19ème siècle, l’Europe est en pleine transition démographique, la théorie proposée n’est là aussi que partielle et secondaire. En ce qui concerne le Royaume-Uni, les Dominions sont la preuve de cette justification (Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Afrique du Sud…) ; en Inde, les Européens y resteront ultra minoritaires tout le temps de la colonisation (0.04% de la population totale). En revanche, du côté Français, même la colonie la plus Européanisée, l’Algérie, ne comptera jamais plus d’un Français sur 4 habitants. La plupart des Européens quittant leurs pays s’en vont, non pas vers les colonies mais vers les Etats-Unis.
- Au total, la thèse Marxiste de ces 3 facteurs n’est peut-être pas à bannir, mais est sûrement à négliger

C/ Le poids de groupes de pression influents

- Les arguments économiques n’ont donc à priori que très peu de poids sur le processus de colonisation
- Cependant, certains groupes ont largement appuyés cette colonisation qui leur était très rentable. C’est le cas par exemple des zones portuaires (principalement en Méditerranée), de certains producteurs particuliers (producteurs textiles…) ou comme en France, des industriels sucriers qui produisaient le sucre à partir de betteraves
- Globalement le processus de colonisation n’a cependant pas été rentable, et n’aura été profitable qu’à certaines catégories de métiers

Après avoir vu que les causes économiques, souvent avancées mais très peu prouvées, nous allons voir que d’autres motifs ont été avancés pour cette colonisation, motifs qui eux resteront plus pertinents.

II) Les autres motifs de la colonisation

A/ Les motivations humanitaires

- Pour Jules Ferry (Président du conseil de 1880 à 1881 et de 1883 à 1885), les races supérieures ont le devoir d’aider les races inférieures (ici « race » désigne un peuple et non une race au sens nazi)
- La colonisation a aussi été poussée par les changements de mentalités en Europe :
- En 1815, presque tous les pays Européens interdisent la traite des noirs et la combattent dans toues les régions du monde - Le 14 Mai 1833, l’Angleterre abolit l’esclavage - Le 27 Avril 1848, c’est au tour de la France de l’abolir
- Les pays Européens mettent aussi en avant le motif de la lutte contre l’anthropophagie
- Enfin, on souhaite aussi répandre la culture et l’éducation Européenne, qui se considère la meilleure

B/ La naissance d’une idéologie coloniale

- Jules Ferry et Rudyard Kipling sont deux des principaux porteurs de cette nouvelle idéologie
- Ce dernier est conscient que les cultures colonisées n’ont pas envie de cet apport de la part des colons, cependant, pour lui, c’est un devoir qu’ont les Européens envers les peuples colonisés de les aider, en leur apportant culture et nouvelles technologies
- Cependant, cette idéologie reste très minoritaire en Europe jusqu’à la fin du 19ème siècle
- En France, Ferry ne fait l’unanimité ni à droite, ni à gauche

C/ Les acteurs sur le terrain

- Pour lancer le processus de colonisation, il y a 3 types d’acteurs : - Les marchands : - Ils sont en Asie et en Afrique pour y faire du commerce - Ce sont souvent des aventuriers - Le plus connu de ces marchands fut Arthur Rimbaud (mort à 37 ans) - Les missionnaires :
- Ce sont des prêtres, des moines, des pasteurs chrétiens qui souhaitent évangéliser des populations Africaines animistes, ou des populations Asiatiques bouddhistes
- Ces missionnaires parcourent l’Afrique et l’Asie, créent des écoles
- Mais cette pénétration du christianisme provoque certaines tensions
- Les missionnaires vont donc chercher de l’aide auprès des forces armées des pays colonisés, dont les dirigeants, souhaitent défendre ces missionnaires, point d’appui de la colonisation - Les soldats : - Leur intérêt est de vouloir des guerres pour monter en grade
- En effet, car il est facile de gagner contre des peuples noirs très mal armés (arcs et lances au mieux)
- Les soldats Européens s’emparent donc rapidement, avec l’appui de leurs gouvernements de territoires vastes qu’ils n’ont pas de mal à maîtriser
- Ainsi la France s’empare de Tahiti en 1844 sous l’impulsion de l’Amiral Dupetit-Thouars, qui sans aucun ordre gouvernemental et sous sa propre initiative avait mené l’annexion de l’île (cela après qu’un missionnaire Anglais, voulant donner l’île à son pays, avait convaincu les Tahitiens de cracher sur le drapeau Français, dont la riposte a été rapide)
- Quelques soient les agents de la colonisation, les gouvernements colons couvriront les initiatives individuelles de ces hommes, piliers de la colonisation (exemple de Dupetit-Thouars)

De nombreux facteurs sont donc avancés pour expliquer cette colonisation rapide, vaste et massive, exécutée par les puissances Européennes. Cependant, après avoir étudié les tentatives d’explication de cette colonisation, nous allons voir, que la mise en pratique de la colonisation peut être parfois ralentie, de temps en temps impossible mais que les puissances européennes feront tout leur possible, pour mener à bien ce processus.

III) Des décisions politiques qui font « boule de neige »

A) Le cas de l’Algérie

- La colonisation de l’Algérie est liée à des petits différents commerciaux et politiques entre la France et la Régence d’Alger (1/3 environ de l’Algérie actuelle) : alors que la régence entretient une piraterie sur les côtes, en 1827, le gouverneur de la Régence (le Bey) reçoit M. Duval, alors consul de France pour tenter de régler ces quelques différents. Alors en pleine discussion, et suite à un malentendu, le Bey, dans son élan, adresse un coup de chasse mouche sur la joue du consul, qui vexé, ordonne le blocus de la Régence entre 1827 et 1830
- Après des excuses du Bey, en 1830, deux régimes se succèdent en France, qui tous deux décident de s’emparer totalement de la Régence
- Les années suivantes, la France va se mettre à agrandir son territoire colonial, au début sans mener une politique de conquête volontaire mais petit à petit on se rend compte que les batailles sont souvent remportées haut la main face à des tribus mal armées et une politique volontaire de colonisation se met alors en place
- A partir de 1840 donc, la France se met à mener une politique de colonisation systématique qui donnera lieu à une guerre atroce dans la conquête du reste de l’Algérie :
- Menée par Abc El Kader, la résistance s’oppose à cette colonisation
- La France mène la politique de « la terre brûlée » pour empêcher l’approvisionnement de troupes Algériennes
- La résistance est battue par le Duc de Joinville en 1845
- En 1857, la conquête de l’Algérie est achevée
- Cette guerre aura fait des milliers de morts (chiffres difficilement quantifiables mais on estime le nombre à environ 100 000), dus à l’atrocité des combats d’une part mais aussi à la famine qui guettera d’Algérie dans les années 1860

B) Le poids des rivalités entre les puissances

- Après 1850, le processus de colonisation est surtout dirigé en Afrique et en Asie du Sud et de l’Est
- Un des facteurs essentiels finalement de la décolonisation, sera la peur des grandes puissances à l’égard des autres pays qui pourraient d’emparer des terres avant elles (cas de le colonisation de Tahiti par la France)
- En 1885, lors de conférence de Berlin, on fixe les principes de la colonisation et ses limites : les pays colonisateurs peuvent avancer dans les terres autant qu’ils le veuillent, leurs seules limites seront celles des autres ; cela dans le but d’éviter les guerres
- Une course effrénée pour le contrôle de l’Afrique commence alors
- En 1898, Fachoda, soldats Anglais et Français se rencontrent : la guerre est voulue des deux cotés mais la France cède, pour ne pas s’affaiblir trop vite, dans l’optique d’une revanche contre l’Allemagne
- La quasi-totalité de l’Afrique est colonisée entre 1885 et 1900
- L’Ethiopie, menée par Ménélik II résiste et finit par vaincre l’armée Italienne du général Baratieri qui subit un revers humiliant à Adoua en 1896
- En Asie, la colonisation est beaucoup plus progressive, beaucoup moins importante ; l’Indochine est colonisée par la France

C) Quelques exceptions asiatiques

- Le Japon :
- Au 19ème siècle, le pays est contraint de signer des traités aux Américains et Européens qui le place dans des conditions de dépendance
- Mais, cependant, les Japonais décident de résister aux envahisseurs en imitant les techniques de développement des pays colonisateurs
- L’ère Meiji commence en 1868 et marque le début de la modernisation du Japon
- Les Occidentaux n’y font pas attention et sont balayés quelques années plus tard
- La Chine :
- Au 19ème siècle, le pays est contraint de signer des traités aux Américains et Européens qui le place dans des conditions de dépendance
- Mais très vite, voyant l’immensité du territoire Chinois, de nombreux pays Européens vont vouloir s’en emparer
- Les rivalités et les tensions successives vont permettre à la Chine d’instaurer la politique de « portes ouvertes » (faire des échanges avec tout le monde) sans pour autant être colonisée

www.intellego.fr/uploads/......

Deuxième partie Sur les causes de la colonisation (Jacques Serieys)

B) Causes de la colonisation dans sa première phase : du XVe siècle au début du XVIIe siècle

Au Moyen Age, le commerce international de l’Europe se réalise essentiellement :

- avec l’Asie (achat de soie, épices et encens vendus sur les marchés du Moyen Orient). Les cités italiennes en sont les principales bénéficiaires.

- avec l’Afrique (particulièrement les territoires de l’actuel Mali, alors appelé Soudan par les Européens) le "commerce muet" portait surtout sur des achats d’or mais aussi d’esclaves, de sel, d’épices... Les cités d’Italie du Nord (Gênes, Florence, Venise...) en sont encore les principales instigatrices.

Au 15ème siècle, la poussée de l’empire ottoman (prise de Constantinople en 1453) menace la voie commerciale du Moyen Orient, d’où la recherche par les premiers explorateurs d’une nouvelle route maritime vers l’Inde.

B1) La colonisation portugaise au 15ème siècle

Au début du 15ème siècle, les Portugais prennent la péninsule de Ceuta, dans le détroit de Gibraltar. Cette première conquête en Afrique s’explique surtout par des causes économiques. Il s’agit d’un port très actif où aboutissent de nombreuses caravanes du Sahara transportant de l’or et des esclaves. A un moment où les activités productives et commerciales portugaises sont en difficulté, en déclin même, cette fenêtre vers l’Afrique peut les relancer. D’autre part, les Portugais vont explorer les côtes atlantiques de l’Afrique durant tout le 15ème siècle pour déboucher ensuite sur l’Océan indien en contournant le cap de Bonne-Espérance (1488). Ceuta leur sert de premier relais. des historiens avancent aussi complémentairement aux raisons économiques, le rôle de notre cause 5 citée plus haut : La royauté a besoin d’occuper sa noblesse militaire ; rien de tel pour cela que de mettre en avant la lutte contre l’islam, instrument idéologique d’unité du pays.

La colonisation portugaise en Afrique se poursuit durant tout le 15ème siècle (comptoirs, navigation de plus en plus au Sud) pour des raisons économiques car le commerce de l’or, de l’ivoire, des esclaves... s’avère très lucratif.

Dans l’Océan atlantique, les Portugais s’emparent de plusieurs archipels (Açores, Madère, Cap-Vert, Sao Tomé-et-Principe). Ils exploitent ces territoires d’une manière qui préfigure l’exploitation coloniale future (culture du blé, de la canne à sucre) ; ils utilisent dès 1444 la traite négrière pour la mise en valeur agricole. Les mises de fonds capitalistes sont déjà élevées et nécessitent évidemment un retour sur investissement.

B2) L’exemple portugais au 16ème siècle

Voir surtout notre texte :

Capitalisme : expropriation, spéculation, colonisation, mondialisation (partie B3 )

En 1513, ils atteignent la Chine. En 1522, Magellan fait le tour du monde. Français, Anglais et Hollandais essaient rapidement de concurrencer Espagnols et Portugais ; ils se lancent donc à la conquête de leur part du monde. Dans le même temps la Russie conquiert l’immense Sibérie.

B3) La colonisation espagnole de l’Amérique

En 1492, Christophe Colomb croit accoster aux Indes à la tête d’une expédition castillane... d’où le nom d’Indiens donné aux Indigènes. En un siècle, une étendue considérable de territoires et des richesses non moins considérables tombent entre les mains des conquistadores.

Notre site a déjà mis en ligne :

Conquête de l’Amérique latine : Y a-t-il eu génocide des Indiens par les conquérants espagnols ?

Capitalisme : expropriation, spéculation, colonisation, mondialisation (partie B5 )

En effet, les Européens mettent à jour les différents continents et prennent possession des terres qui les intéressent prioritairement.

Troisième partie Les causes de la colonisation (wikipedia)

Les motivations idéologiques ou religieuses

Des idéologies ou corpus de croyances divers ont participé à l’émergence du colonialisme ou ont été utilisés pour le justifier.

* Les religions monothéistes : christianisme, islam, judaïsme * Le racisme * L’humanisme

Depuis l’époque de Christophe Colomb, dans la bouche et l’esprit des colonisateurs européens, la colonisation s’est prévalue d’une volonté d’extension humaniste, d’abord du christianisme, puis d’une volonté civilisatrice. Cette conception, tout en se réclamant de généreux sentiments, a méconnu la culture des colonisés et les droits de l’homme dans ces pays : voir l’article fardeau de l’Homme blanc (The White Man’s Burden de Rudyard Kipling).

Dans sa lettre annonçant la découverte de l’Amérique écrite le 14 février 1493, Christophe Colomb évoquait déjà la question de l’évangélisation des Indios par la reine d’Espagne. Plus tard, dans les lois de Burgos de 1512, la couronne de Castille décrète, dans l’article 17, que les Indios d’Amérique doivent être dominés dans le système de l’encomienda afin d’être évangélisés.

Des notions de colonisation émancipatrice et de racisme philanthropique servent à justifier la colonisation[6] où les colonisateurs se présentent comme les porteurs d’une philosophie[7].

L’étude visant à la déconstruction de l’orientalisme, effectuée dans le cadre des Études post-coloniales, notamment au travers de l’œuvre d’Edward W. Saïd, a émis l’hypothèse selon laquelle l’Occident s’était conçu culturellement un point de vue dominant sur un Orient plus conceptuel que réel, qu’il avait lui-même forgé. Ces idées appliquées au réel rencontré dans les colonies a justifié l’établissement des fonctionnaires de l’administration coloniale sur les indigènes assujettis. La théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington approfondit cette distinction entre les « civilisations » de l’Occident chrétien, du monde islamique et de l’Extrême-Orient, mais ne considère plus que l’Occident doit tenter d’imposer ses valeurs, ses institutions et sa culture aux autres civilisations.

Certains auteurs remarquent que ces idées humanistes n’ont pas fait le relais d’autres idées. C’est le cas par exemple de la laïcité pour les colonies françaises où, dès 1905, le culte est séparé de l’État en métropole : aucune colonie française ne bénéficia de la législation laïque métropolitaine[8].

Les motivations économiques

L’expansion coloniale a en premier lieu été motivée par la recherche de matières premières dans les territoires colonisés, étant donné que la route des Indes en Asie ouverte par Marco Polo au XIIIe siècle est dorénavant fermée. Ainsi, l’Égypte sous domination romaine est "le grenier de Rome", l’Espagne importe l’or et les métaux précieux d’Amérique latine pour financer ses guerres en Europe.

Les puissances coloniales étaient parfois motivées par la recherche de débouchés pour leurs produits manufacturés. L’Angleterre du XIXe siècle et du début du XXe siècle exporte ses produits de l’industrie textile en Inde après y avoir détruit les structures de production locale en même temps qu’établi un système administratif, nécessaire au pillage des ressources locales au profit de la métropole.

Quatrième partie Autre document scolaire : La colonisation et la domination européenne (vers 1880 – vers 1939)

http://erra.perso.neuf.fr/ranguin/M...

La colonisation c’est la transformation d’un territoire en colonie. Celle-ci est alors soumise à une métropole (c’est-à-dire au pays colonisateur). On parle de colonialisme pour désigner les politiques visant à la constitution d’empires coloniaux. Le colonialisme est donc une forme particulière d’impérialisme. Le terme de colonialisme prend vite une connotation péjorative chez ceux qui y sont hostiles et qui sont désignés alors comme anticolonialistes. Les colonisés originaires des colonies sont dits indigènes ou autochtones tandis que les colonisateurs venus s’y installer sont des colons.

1. Les Empires coloniaux au 19ème et au début du 20ème siècle :

On distingue deux grands moments d’expansion des Européens à travers le monde.

o Les premiers empires coloniaux européens sont le résultat des Grandes Découvertes effectuées à partir du 15ème siècle et qui conduisent à la circumnavigation du monde. La découverte des côtes du continent africain est alors achevée, les contacts avec le monde oriental se multiplient, le continent américain est découvert et exploré. Ce premier mouvement de colonisation conduit à la formation des grands empires maritimes espagnols et portugais, ainsi qu’à des prises de possession plus tardives des Anglais et des Français (Amérique du Nord, Comptoirs sur la route des épices...). Le système d’exploitation de ces colonies est essentiellement ce qu’on appelle le Commerce Triangulaire.

o Au milieu du 19ème, il ne reste que des miettes de ces premiers domaines coloniaux. Mais à cette époque, les grandes puissances européennes, en particulier la France, l’Angleterre, la Belgique, la Hollande et l’Allemagne, se lancent dans une vaste politique d’expansion coloniale qui conduit à la formation des empires coloniaux (notamment français et britannique qui à eux seuls couvrent 1/3 de la surface du globe).

o Cette domination européenne peut prendre en outre des formes différentes selon la nature et le degré de l’emprise que les Européens exercent sur le territoire. On peut distinguer : l’annexion effective de territoires (la colonisation proprement dite), les protectorats (administration indirecte de territoires par l’intermédiaires de pouvoirs locaux préexistant à la domination), les dominions (colonisation de peuplement européen) ou les zones d’influence (comme en Chine où les Européens se partagent les intérêts stratégiques et économiques sans dominer politiquement le pays).

2. Les Causes de la colonisation :

o L’expansion démographique des Européens : à partir du 2ème quart du 19ème siècle, l’Europe entre dans la transition démographique. Cela se traduit par une augmentation sans précédent de la population qui conduit à la fois à une émigration massive vers les pays neufs (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Brésil…) et à une volonté d’expansion territoriale.

o La Révolution Industrielle : elle nécessite la recherche de matières premières et de débouchés nouveaux. Elle conduit à la supériorité technique et technologique de l’Europe sur les autres parties du Monde

o Les rivalités nationales en Europe : le colonialisme est au fond une manifestation des rivalités entre les grandes puissances européennes. La colonisation française est par exemple à bien des égards une compensation de la perte de l’Alsace-Lorraine en 1871. De même l’Angleterre fait de son empire économique la base de sa puissance politique. Ou encore, la toute nouvelle Allemagne (l’Unité date de 1871) cherche à s’affirmer comme grande puissance mondiale en se lançant dans une politique coloniale active. La colonisation conduit d’ailleurs à des crises annonciatrices de la Première Guerre Mondiale (Fachoda entre la France et la GB, les 2 crises marocaines d’Agadir et de Tanger entre la France et l’Allemagne).

3) Les manifestations de l’impérialisme européen :

o Confortés par leur supériorité technique, les Européens sont convaincus de la supériorité de leur civilisation. C’est à cette époque que naissent les théories de la supériorité de l’Homme blanc, ainsi que les bases du racisme contemporain (Gobineau, Essai sur l’inégalité des races humaines). Cette prétendue supériorité sert la légitimation de l’expansion territoriale de l’Europe, l’affirmation de la mission civilisatrice de l’Europe venant alimenter la bonne conscience des colonisateurs.

o L’emprise sur les territoires colonisés est politique mais aussi économique (grandes compagnies à chartes minières, compagnies de plantation, de Chemin de fer…), et humaine (travail forcé pour les colonisés, emprise sur les esprit avec une négation systématique de la réalité des civilisations extra-européennes).

o Cet impérialisme culturel, politique et économique conduit dès l’entre-deux-guerre à l’émergence de mouvements de résistance dans les pays colonisés (Gandhi en Inde, le Néo-Destour de Bourguiba en Tunisie, le Vietminh en Indochine…). Certains en Europe se dressent contre le colonialisme : le communisme international, des intellectuels comme Albert Einstein, André Gide, Romain Rolland…

* Jusqu’en 1939, l’Europe reste le continent dominant dans le monde du fait de l’ancienneté de son histoire, de sa puissance économique et de ses empires coloniaux. Mais dès la fin du 19ème, elle est concurrencée par l’émergence de nouvelles puissances comme le Japon et les USA. Elle sort affaiblie de la 1ère GM et la Seconde achèvera de consacrer son déclin.

CHRISTOPHE MARCHAND

Sitographie :

http://www.europe-solidaire.org/spi...


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