Le président tchèque Vaclav Klaus compare la Révolution française au régime nazi de Hitler

dimanche 4 octobre 2015.
 

Le président tchèque compare la Révolution française au régime de Hitler et nous invite à retourner au siècle de Louis XIV

Le président de la République Tchèque Vaclav Klaus déteste la Révolution française et les droits de l’homme, c’est une constante chez lui. Il recommence dans le dernier numéro de la revue Svet 2011. C’est la version tchèque éditée par l’Institut libéral de Prague de la revue The Economist. « Je suis inquiet pour l’avenir de l’Europe. Depuis longtemps, elle oublie, volontairement ou par laxisme, ce qui a été à l’origine de sa situation exceptionnelle pendant des siècles, à savoir la liberté et la démocratie ».

A qui la faute, se demande l’ »eurosceptique » Klaus ? « Au commencement était la révolution française, l’apparition des droits de l’homme, purement revendicatifs ou positifs, sans le point d’ancrage, comme une fraction avec le numérateur sans dénominateur. Cette tendance se renforce avec la ’grande révolution d’octobre’ qui a supprimé la liberté, la démocratie et l’économie de marché, enfin, la révolution de Hitler, en tous points semblable, ’enrichie’ de racisme. » « A présent, la révolution française s’achève avec le ’humanrigthisme ’ contemporain, inventé et imposé par les élites dans le but de bafouer la liberté humaine. »

Ce n’est pas la première fois que Vaclav Klaus s’en prend à la Révolution française. Passons sur « révolution française » entre guillemets, comme si c’était un mythe. Le terme de « humanrigthisme » est actuellement une expression péjorative dans la bouche de tous les ultralibéraux, et qui exprime la haine de l’oligarchie contre la justice sociale et la démocratie.

Ce n’est pas la première fois que l’ultralibéral Klaus compare la Révolution française au régime hitlérien. Nous avons compris. Le lien entre la Révolution française, la Révolution d’Octobre et le régime de Hitler étant établi définitivement, ces trois événements sont mis au même niveau de gravité. La Révolution est-elle responsable de tous les maux ? On peut le penser, en lisant : « Au commencement était la révolution française, l’apparition des droits de l’homme... », ce me semble un siècle et demi avant Hitler.

Au milieu du texte on trouve cette phrase à première vue énigmatique : « Le système de Westphalie des Etats-nations, qui a permis l’avènement de la liberté et de la démocratie est aboli. » Qu’est-ce le « système de Westphlie », dont se réclame Vaclav Klaus ? Les traités de Westphalie conclurent en 1648 la guerre de Trente Ans. L’un fut signé par les catholiques à Münster, l’autre par les protestants à Osnabrück. La France et la Suède en étaient les principales bénéficiaires en conquêtes territoriales. La perdante était l’Allemagne, épuisée par la guerre, elle ne se rétablit qu’un siècle plus tard. La grande perdante était la Bohême-Moravie, un tiers des paysans étaient morts de faim et de froid, la patrie de Klaus ne se rétablit que deux siècles plus tard. Mais le président ne souffle mot de ces dégâts collatéraux, en revanche il affirme, avec une assurance qui force le respect, que les traités en question « ont permis l’avènement de la liberté et la démocratie ». Jusqu’à quand ? Et bien jusqu’à la Révolution Française : « Au commencement était la révolution française, l’apparition des droits de l’homme... » dixit Vaclav Klaus.

Si j’ai bien compris, le président Klaus se réclame de l’Europe entre 1648 et le 13 juillet 1789. C’est la première fois que l’on en vient à la tête d’un Etat de l’Union Européenne à saluer le siècle de Louis XIV. Le rétablissement de la corvée n’est pas loin. Le président tchèque fait mieux que tous les royalistes français réunis. Ajoutons cette petite provocation que l’on trouve dans le texte : « Je défend le noyau de l’atome, la nouvelle religion verte est une attaque frontale contre la rationalité européenne ». Bienvenue aux nuages de Fukushima, le gouvernement Klaus s’apprête à construire d’autres centrales de type Tchernobyl à 400 km à vol d’oiseau de Strasbourg. Et de conclure doctement : « Hayek a raison, il ne faut jamais élaborer des projets compliqués, chaque expérience de ce type crée d’énormes problèmes . » Que n’y a-t-on pensé plus tôt ? Il n’y a rien à faire et le monde ne peut être changé.

Un bon mot fait le tour des tavernes pragoises jadis fréquentées par le brave soldat Chveïk, devenues grâce aux privatisations inaccessibles au bas peuple : « On peut imaginer la fin du monde, mais personne ne peut imaginer la fin du capitalisme. » Il est assez étrange de constater que les boys de l’Ecole de Chicago évoque l’Apocalypse, convaincus pourtant que nous vivons dans la « normalité postcommuniste ». La fin du monde est peut-être proche, mais le capitalisme est éternel. Ecoutons Vaclav Klaus, il ne manquera pas de nous expliquer que nos projets d’émancipation sont « trop compliqués. » La justice sociale encore ! Les droits de l’homme encore ! Ô peuple endoctriné ! Ces choses fanées qui ne peuvent plus vivre, c’est qu’elles ne sont plus nécessaires. Ecoutons l’ancien eurosceptique Klaus, qui fait partie désormais de l’Europe qui protège, depuis qu’il a signé le Traité de Lisbonne. Il nous expliquera comment retourner à la situation de l’immédiat après-guerre de Trente Ans, 1618-48.

Karel Kostal

Réponse à l’article 14 juillet 1789 : la prise de la Bastille symbolise la fin définitive de la monarchie "absolue" et l’accélération du processus populaire révolutionnaire


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