PCF et municipales 2014 : Paris n’est pas la France

lundi 8 septembre 2014.
 

Message en forum d’Hervé Debonrivage

Réponse à l’article Monsieur Mélenchon, votre roman d’amour c’est avec la France que vous devez l’écrire

Paris n’est pas la France, Pierre Laurent n’est pas le PCF. Il faut raison garder : la quasi-totalité des grandes villes ont prévu des listes F DG indépendantes du PS au premier tour des élections municipales. Une majorité des militants communistes optent pour des listes autonomes.

Ce qui s’apparente à une trahison du FdG, ce n’est pas tant le résultat de la consultation des militants communistes de Paris qui devaient choisir entre deux textes : après tout, libres à eux de choisir, en leur âme et conscience, la stratégie qui leur paraissait la plus adaptée localement,

Mais ce sont surtout les conditions dans lesquelles cette consultation a eu lieu qui est totalement contestable. Il est en effet inadmissible qu’un vote préalable de la direction de la fédération de Paris qui impliquait aussi le choix de Pierre Laurent, se soit déroulé avant cette consultation. Il est bien évident que le résultat de ce vote de la direction, largement médiatisé, a exercé une pression considérable sur les adhérents du PCF de Paris . Le « feed-back » dit effet Floyd Mann, bien connu en psychologie sociale, a ici été utilisé pour modifier les positions des adhérents de manière à les orienter dans le sens voulu, celui d’une alliance avec le PS au premier tour. On peut donc parler ici d’une manipulation de l’opinion. Malgré cela, l’avantage obtenu n’a été que de 7 % à 8 % pour acquérir le vote souhaité. On peut raisonnablement penser que sans cette manipulation politicopsychologique, le vote communiste de Paris aurait été favorable à une liste autonome.

Cette manière de procéder témoigne aussi d’un attachement à une conception pyramidale de la démocratie au sein de la direction du PCF malgré par ailleurs, des progrès réalisés depuis 1956. On est bien loin ici de cahiers de doléances élaborés par des assemblées citoyennes qui apparaissent maintenant comme du bla-bla dans la bouche d’un certain nombre de responsables politiques du PCF.

Il y a en réalité fondamentalement deux courants au sein du Front de gauche : – le courant alimentaire de la politique gagne – pain dont l’horizon politique est la conquête de sièges et de récompenses professionnelles (nominations à des postes de responsabilité dans certaines institutions économiques, sociales ou autres) attribuée par le pouvoir socialiste – et un courant réellement politique dont l’horizon est la prise de pouvoir pour appliquer les mesures contenues dans le programme d’humain d’abord et mettre en place un nouveau projet de société éco socialiste.

Dans le premier cas, en forçant le trait, on a une stratégie politique électoraliste et clientéliste d’assistanat social (dans un sens ici non péjoratif) et de court terme, dans le second cas, on a une stratégie axée sur la formation des militants et des citoyens s’inscrivant dans le long terme.

Bien évidemment, dans le premier cas et dans la lignée de Robert Hue et ses amis , on trouve ceux qui sont favorables à une alliance avec le PS coûte que coûte. Dans le second cas, on est dans la lignée de Jean-Luc Mélenchon, de ses amis majoritaires au PCF et des huit partis constituant le FdG autres que le PCF, et on y trouve ceux qui sont favorables à des listes autonomes.

La progression du deuxième courant permet déjà et va permettre de transformer le F DG conçu au départ comme un cartel électoral en un véritable mouvement politique autonome comme force alternative au PS. Toute les forces médiatiques libérales et social – libérales sont mobilisées pour faire échec à ce deuxième courant.

Mais il faut être patient : on ne fait pas disparaître 32 ans de dépendance politique du PCF par rapport au PS en quatre ou cinq ans. (Le PG et le FDG ont été créés en 2008 – 2009).

Il ne s’agit pas ici de parler d’exclusion mais de décantation et de conscientisation. Il est nécessaire de laisser patiemment les prises de conscience se développer. De plus en plus de militants du PCF comprennent qu’une alliance avec un parti qui n’est socialiste que de nom et défend une ligne politique de droite n’est plus tenable. En outre l’expérience passée, au-delà de quelques gains électoraux de plus en plus ponctuels, montrent que cette alliance a affaibli l’audience idéologique du PCF dont la politique de Rober Hue l’a conduit à n’être réduite qu’à 2 % ou 3 %. La continuation d’une telle politique serait totalement suicidaire pour le PCF.

Pierre Laurent a fait passer des intérêts électoralistes à court terme devant la survie de son parti sur le long terme. Il risque dorénavant d’être mis en minorité non seulement au sein du Front de gauche mais au sein de son propre parti.

On comprend dans ce contexte le désarroi d’Ariane Walter qui ne doit pas pour autant se décourager. La route est encore longue ! Voir à ce propos mon article en quatre épisodes : " la longue marche vers la victoire", notamment l’épisode 4 : les clés de la victoire avec le système PAFO.

Les clés de la victoire du Front de Gauche : la dynamique PAFO

Hervé Debonrivage


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