3 mai 1211 : Les croisés du pape prennent Lavaur, égorgent, lapident et brûlent hommes et femmes

vendredi 7 juillet 2017.
 

Croisade contre les Albigeois 6ème épisode

Durant l’hiver 1210 à 1211, le légat du pape Arnaud-Amaury et son abbé aboyeur fanatique nommé Foulques lancent une troisième campagne pour recruter des croisés spadassins (tueur à gages) essentiellement en France mais aussi dans toute l’Europe occidentale. Ils apportent à nouveau à Simon de Montfort les forces nécessaires pour poursuivre le génocide des cathares et l’ethnocide de la civilisation occitane. Dans l’immédiat, les croisés chrétiens créent l’enfer sur les terres du Midi.

Quatre articles ont déjà été mis en ligne sur ce site concernant la croisade des Albigeois :

* Eté 1209 Cathares et civilisation occitane sont assassinés par les croisés SS assoiffés de sang assemblés par le pape

* 22 juillet 1209 Massacre de Béziers par la Croisade catholique : "Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens"

* 15 août 1209 : Carcassonne est prise par les croisés du pape et ses habitants chassés "nus" de la ville

* 22 novembre 1210 : Termes (Aude) se rend aux croisés catholiques acteurs d’une politique de terreur digne du nazisme (série croisade des Albigeois 5)

Vers la mi-mars 1211, la féroce force fanatisée féodale du pape se met en marche de Carcassonne vers Lavaur sous la direction de Simon de Montfort. Elle commence à investir la ville puis l’encercle totalement après l’arrivée de renforts très nombreux conduits en particulier par les évêques de Bayeux et de Lisieux. Un autre renfort croisé d’environ 1500 Allemands est écrasé sur son chemin vers Lavaur par le comte de Foix appuyé par une forte mobilisation populaire.

Les assiégeants reprennent contre la place fortifiée leurs techniques déjà utilisées lors de leurs sièges précédents en 1209 et 1210 :

* construction de hautes tours en bois pour bombarder les défenseurs en tir plongeant

* aménagement d’une chatte (chemin couvert très protégé permettant à des sapeurs d’approcher des remparts assiégés)

* comblement des fossés

* approche de la chatte jusqu’au pied du rempart

* tunnel creusé par les sapeurs sous les remparts

Pendant ces opérations, le clergé conduit par l’évêque de Paris chante un cantique, le "Veni Sancte Spiritus".

Enfin, le 3 mai, le travail des sapeurs permet d’ouvrir une brèche dans laquelle s’engouffrent les croisés. La résistance cesse, étant devenue inutile.

Les chevaliers occitans de Lavaur et de ses environs sont égorgés "en moins de temps qu’il ne faut pour le dire" (témoignage du moine croisé Pierre des Vaux de Cernay).

Un grand bûcher est allumé pour faire brûler environ quatre cents cathares (témoignage émanant en particulier de Guillaume de Tudèle).

Parmi les petits plaisirs de la soldatesque papale croisée, les témoins ont retenu le sort réservé au seigneur de Lavaur, dame Guiraude, une grande personnalité de la féodalité occitane du temps. " Dame Guiraude, capturée elle aussi, fut purement et simplement livrée aux soldats qui lui firent subir les traitements qu’on imagine." La "Chanson" de la Croisade, témoignage d’époque, précise comment elle finit : " Criant, pleurant, hurlant, elle fut jetée dans un puits. On l’y enfouit sous des pierres, au grand émoi de la foule" même si dame Guiraude avait la réputation d’être "bonne et charitable".

L’armée papale reprend ensuite son infernal périple. La ville de Montgey est "détruite de fond en comble".

Les bûchers allumés par les croisés "avec une très grande joie" continuent à éclairer leur route comme à Cassès près de Castelnaudary. Dans ce bûcher, comme dans les précédents crament de grandes dames de la civilisation occitane que leurs enfants vont souvent tenter de venger dans les années à venir.

L’atroce barbarie de l’armée papale franco-allemande est telle que de nombreuses villes, villages, châteaux sont abandonnés sans combat, parfois par toute la population comme à Castelnaudary.

Et la démoniaque troupe de soudards à la Croix poursuit son oeuvre : Rabastens, Montégut, Gaillac, Lagrave, Cahuzac, Saint Marcel, Laguépie, Saint Antonin, Bruniquel, Puycelci, Montgiscard...

Michel Roquebert écrit dans son ouvrage de référence L’épopée cathare contesté par personne :

"Il restait moins d’une lieue à parcourir pour que les croisés atteignissent Toulouse. Depuis leur départ de Montgiscard, leur marche s’était accompagnée de terribles exactions. Hommes, femmes et enfants qui s’affairaient à la fenaison avaient été massacrés sans merci, les champs dévastés, les vignes arrachées".

Le 17 juin 1211, l’armée croisée commence le siège de Toulouse.

27 juin 1211 La croisade contre les Albigeois connaît un échec important en assiégeant Toulouse

Jacques Serieys

Bibliographie :

* L’épopée cathare ; auteur : Michel Roquebert ; Editions Privat, 1970.


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