Sur la route du Tour de France ... Des pilules, et la mort au bout de la pente...

dimanche 16 juillet 2017.
 

En 1924, le Tour de France s’élance dans la poussière de juin. Albert Londres, qui découvre le milieu, embarque avec ceux qu’il aura tôt fait de baptiser « les forçats de la route ». Les Bottecchia, Pélissier et Thys dévorent la France en quinze étapes, de jour comme de nuit.

« Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez... De son sac, il sort une fiole :

- Ça c’est de la cocaïne, pour les yeux, ça c’est du chloroforme, pour les gencives...

- Et des pilules. Voulez-vous voir des pilules ? Tenez, voilà des pilules.

Ils en sortent trois boîtes chacun.

- Bref, dit Francis, nous marchons à la dynamite. »

Sur cent cinquante, ils arriveront soixante. (dans "Tour de France, tour de souffrance ")

Si on comprend tout, ce n’est pas si récent, le dopage, ce qu’on nommait encore le « doping » en 1967, quand Simpson s’écroulait sur les pentes du Ventoux. Pourquoi cet anglicisme, doping ? Peut-être pour faire croire que seuls les anglo-saxons en prenaient...

Ah ! Le Ventoux... Rencontré en 2002, début avril, il était sous la neige. Mais si vous le voyez en été, vous vous dîtes que ce n’est pas humain de faire grimper des gars là-dessus, sous le cagnard, en plus, et sur un vélo pour tout arranger, parce que déjà, à pieds, je ne vous dis que ça...

C’était le 13 juillet. Le pauvre Tom Simpson, il n’est jamais arrivé en haut. Avant le sommet, au milieu de la caillasse, il a vacillé, il est tombé, on l’a relevé, remis en selle (le genre : pédale ou crève, quoi...), il est retombé. On ne l’a plus relevé, un spectateur a tenté le bouche-à-bouche, un médecin a tenté la piqûre, un autre a tenté l’oxygène... Et puis, on a tenté l’hélico... Pour rien. Il est mort une heure plus tard. Ivre d’amphétamines, ivre de pastis et de cognac aussi. Il avait pédalé sans sentir la fatigue, jusqu’à la mort...

Un champion exemplaire, croyait-on, jusqu’à ce foutu après-midi. Chaque fois qu’on parle de Simpson, chaque fois que je vois la plaque avec son nom sur les pentes du Ventoux, je ne peux pas m’empêcher de penser à la chanson de Greame Allwright : « Qui a tué Davy More, qui est responsable et pourquoi est-il mort ? » Les journalistes ? Le public qui en veut encore et encore ? Les sponsors qui n’en ont jamais trop ? Tous ceux-là réunis ? Sûrement, oui.

N’empêche, Simpson, on se souviendra de lui comme le premier anglais à avoir porté le maillot jaune... C’est pas mieux comme ça ?

(brigitte blang prs 57)

2007 : Après d’innombrables scandales de dopage, un doute plane sur l’actuel maillot jaune Rasmussen. Décidément, il est difficile de faire du cyclisme un sport propre à l’heure du capitalisme financier transnational.


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