1er août 1589 La Ligue Catholique assassine le roi de France Henri III

samedi 5 août 2017.
 

En ce 1er août 1589, les guerres de religion s’éternisent en France depuis une trentaine d’années, provoquant d’ignobles tueries et la dévastation générale. Trois forces se disputent militairement le royaume :
- La Sainte Ligue catholique, courant fondamentaliste religieux comparable aux actuels talibans, appuyée sur un vaste réseau seigneurial et sur l’Eglise
- Les Protestants, mieux implantés dans la bourgeoisie urbaine
- Le Roi de France qui essaie de faire valoir son autorité

1) 1er août 1589 : Un moine poignarde le roi Henri III

Le 1er août 1589, tandis que l’armée royale assiège Paris, aux mains de la Sainte Ligue catholique et de ses alliés espagnols, un moine dominicain, Jacques Clément (22 ans), sollicite une audience auprès du roi Henri III (38 ans). Celui-ci le reçoit sous sa tente, alors qu’il faits ses besoins sur une "chaise percée".

Le moine sort de sa manche non un message mais un poignard et le plante dans le flanc du roi. « Ah ! le méchant moine, il m’a tué », gémit le roi. Il a la force de retirer l’arme et de blesser son assassin. Celui-ci, sans doute manipulé par la soeur des Guise, est tué sur le champ par les gardes de service.

Sur son lit de mort, Henri III convoque en urgence son cousin et héritier légitime, le roi Henri III de Navarre (36 ans) chef des Protestants. Le lendemain, il ordonne aux nobles de son entourage de lui prêter serment de fidélité. Il expire enfin, laissant la couronne à Henri IV.

De leur côté, les conjurés catholiques, avec l’accord secret du pape, proclament l’avènement du vieux cardinal Charles de Bourbon (61 ans), oncle d’Henri IV, sous le nom de Charles X. La tentative reste sans lendemain, le vieux cardinal préférant reconnaître Henri IV. C’est à ce dernier que reviendra la gloire de mettre fin aux guerres de religion...

2) Qu’est-ce que la Sainte Ligue Catholique ?

- elle veut maintenir dans le pays une féodalité éclatée basée sur la toute-puissance du seigneur dans sa seigneurie, du duc dans son duché. Sa défense des Etats Généraux du royaume doit se comprendre dans ce cadre, comme moyen de limiter l’autorité du roi sur ses vassaux provinciaux.

- elle constitue également un mouvement fondamentaliste catholique niant toute liberté personnelle d’opinion au profit d’un monopole idéologique totalitaire d’Eglise

- son chef Henri de Guise dirige un puissant réseau de grandes familles nobles ; il a joué un rôle central lors de Saint Barthélémy comme son père lors du massacre de Wassy (qui a déclenché les guerres de religion).

- elle présente une certaine diversité selon les villes et les provinces. Ceci dit, il s’agit globalement d’une bande armée d’intégristes assassins.

- aucun compromis n’est possible avec la Sainte Ligue pour deux raisons, d’une part elle sert de relai à la royauté espagnole qui vise le trône, d’autre part elle est formée d’opposants farouches à tout progrès social (par exemple en ce qui concerne le statut des femmes).

- la force de la Sainte Ligue au sein de l’Eglise s’explique par sa défense du dogme et par l’appui discret du pape.

3) Sainte Ligue et dénouement des guerres de religion

Natif d’un secteur où les guerres de religion ont été extrêmement violentes, je constate l’évolution progressive d’un nombre important de catholiques vers une alliance avec les Protestants contre la Sainte Ligue, trop violente, trop arriérée sur les questions sociétales, trop liée à la royauté espagnole et à la papauté. Ainsi, lorsque les troupes de la Sainte Ligue (recrutées dans les zones féodalo-cléricales de la montagne) prennent mon bourg d’Entraygues sur Truyère par surprise, ils commencent par assassiner le premier consul élu par les habitants et malmènent les femmes qu’ils considèrent trop coquettes. Une forte armée protestante remonte le Lot pour délivrer la ville ; au bout de six semaines de siège et d’assauts infructueux, l’armée protestante s’apprête à quitter les lieux lorsqu’un soulèvement d’habitants leur ouvre un "portail" fortifié.

Au niveau national, la même évolution peut être constatée, l’assassinat du roi finissant de convaincre bien des catholiques du caractère intégriste violent et dangereux de la Sainte Ligue, d’où l’appel au chef des protestants.

4) De la Sainte Ligue au fascisme

De la Sainte Ligue à la mouvance "dévôte" du 17ème siècle puis à la dévotion au Sacré Coeur de Jésus puis au courant clérical des Anti-lumières (18ème siècle) puis aux légitimistes type Louis de Bonald (19ème siècle), l’Action française enfin le fascisme l’héritage intellectuel présente beaucoup de continuité. Dans mon enfance, certains rites de la Sainte Ligue continuaient à être pratiqués par d’anciens pétainistes.

Jacques Serieys

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_...

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_...)

- http://www.google.fr/search?hl=fr&a...

- http://www.herodote.net/almanach/jo...


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