La haine viscérale de la droite contre la Révolution française

mardi 2 avril 2019.
 

La Révolution française de 1789 à 1794 a toujours attiré la haine infinie des conservateurs de tous poils. Pourquoi ? parce que le peuple y joue le premier rôle.

A) Edmund Burke conte le 6 octobre 1789

Extrait des « Réflexions sur la révolution de France », 1790

[...] Il sera gravé dans l’histoire que dans la matinée du 6 octobre 1789, le Roi et la Reine de France, après un jour de confusion, d’alarme, d’épouvante et de meurtres, sous la garantie d’une sécurité qui leur avait été promise, s’étaient retirés dans leurs appartements pour accorder à 14 nature quelques heures de repos, et à leur profonde douleur un répit de quelques instants ; que la voix de la Sentinelle qui était à la porte de la Reine interrompit en sursaut son sommeil ; qu’il lui cria de se sauver ; que c’était la dernière preuve de fidélité qu’il pût lui donner... ; qu’on arrivait à lui, qu’il allait périr, et qu’à l’instant il fut massacré ; qu’une bande de scélérats et d’assassins tout couverts de son sang se précipitèrent dans la chambre de la Reine et que ne trouvant plus cette illustre infortunée qui venait d’échapper à leurs coups en fuyant par des dégagements qui leur étaient inconnus pour chercher un asile auprès d’un époux et d’un Roi dont la vie n’était guère plus assurée, avaient percé son lit de cent coups de poignard ; que ce Roi, pour ne rien dire de plus de lui, que cette Reine, que leurs jeunes enfants (qui d’un seul coup pouvaient devenir la gloire et l’espérance d’un Peuple nombreux et généreux) furent forcés d’abandonner le sanctuaire qui les retenait dans le palais du monde le plus splendide, et de fuir un séjour inondé de sang, souillé de meurtres et jonché des membres de tous les corps qu’on avait mutilés ; que de là, ils furent conduits dans la Capitale de leur Royaume ; que dans le carnage confus et sans motifs des gentilshommes qui composaient la garde du Roi, on en avait choisi deux pour être décapités au milieu de la cour de ce palais, avec toute la pompe d’une exécution juridique ; que leurs têtes portées sur des piques servirent de guides ; qu’elles ouvrirent, qu’elles dirigèrent la marche ; que le Roi et sa famille la terminaient en captifs ; qu’on traînait lentement Leurs Majestés au milieu des hurlements horribles, des cris perçants, des danses frénétiques, des propos infâmes, et de toutes les horreurs inexprimables des furies de l’enfer, sous la forme des femmes les plus viles ; qu’après avoir été forcées de goûter ainsi goutte à goutte une amertume plus cruelle que la mort, à endurer un semblable supplice pendant un trajet de douze milles, qui a duré plus de six heures, elles ont été confiées à la garde de ces mêmes soldats qui les avaient amenées au milieu d’un tel triomphe et confinées dans une des anciennes Maisons royales de Paris, que l’on a convertie aujourd’hui en bastille pour les Rois. [...]

Dans ce nouvel ordre de choses, un Roi n’est qu’un homme comme un autre, et une Reine qu’une femme ; une femme n’est qu’un animal, et encore n’est-il pas du premier ordre. On va traiter de romanesques et d’extravagants tous les hommages que l’on rendait au beau sexe en général, en tant que tel et sans distinction d’objets. Le régicide, le parricide, le sacrilège ne seront plus que des fictions superstitieuses propres à corrompre la jurisprudence en lui faisant perdre sa simplicité. Le meurtre d’un Roi, d’une Reine, d’un évêque, ou d’un père ne seront que des homicides simples ; et si par événement on en commettait qui pussent tourner au profit du peuple d’une manière quelconque, de tels homicides doivent être très pardonnables, et l’on ne devrait jamais, à cet égard, faire de recherches trop sévères.

D’après le système de cette philosophie barbare, qui n’a pu naître que dans des coeurs glacés et des esprits avilis, système aussi dénué de sagesse que de toute espèce de goût et d’élégance, les lois n’auront plus d’autres gardiens que la terreur qui leur est propre, et elles n’existeront que pour exercer les spéculations de ceux qui auront à les consulter pour leur vengeance, ou à les éluder pour leurs intérêts. On ne verra dans les bosquets de leurs académies, et dans les lointains de tous leurs points de vue que des potences. La chose publique est désormais dépouillée de toutes ses ressources pour engager l’affection. D’après les principes de cette philosophie mécanique, aucunes de nos institutions ne peuvent jamais être personnifiées, si je puis m’exprimer ainsi, de manière à faire naître en nous l’amour, la vénération, l’admiration ou l’attachement.

B) Louis-Ambroise DE BONALD

Extrait de l’Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social, ou Du pouvoir, du ministre et du sujet dans la société, 1800

« Un homme qui n’a écrit et parlé que dans des circonstances remarquables, demandait en 1789 : qu’est-ce que le tiers ? expression qui désignait alors en France la personne du sujet. je demande aujourd’hui : qu’est-ce que le pouvoir et le ministère, appelés alors en France et encore aujourd’hui dans d’autres états royauté et noblesse ? et comme la question proposée par cet écrivain annonçait qu’une révolution allait commencer, la question que je traite annonce qu’une révolution va finir ; car le sujet commence toute révolution, et le pouvoir la termine [...]. »

C) Monsieur De la Rochefoucauld, duc de Bisaccia

Il monte à la tribune de l’Assemblée nationale, au nom de la droite, pour s’opposer à la proclamation du 14 juillet comme fête nationale :

« Messieurs, je viens m’opposer énergiquement à la proposition qui vous est faite. Je serai très bref... Je rappellerai, Messieurs, une parole de Monsieur Thiers qui a dit que la République tombe forcément dans l’imbécillité ou dans le sang. (Exclamations au centre et à gauche.)

Cette date que vous choisissez pour établir la fête de la paix, cette date que Monsieur le rapporteur a déclarée glorieuse, quelle est-elle en fait ? Quatre-vingts malheureux invalides ont été égorgés par une population en fureur. Voilà la vérité. » (Rumeurs à gauche.)

Plusieurs membres à droite : « L’histoire est là pour le prouver ! »

De la Rochefoucauld : « Mettez la République sous une telle invocation si vous le voulez, quant à nous, nous nous contenterons de protester et de regarder avec dédain vos fêtes. » [...]

D) Charles MAURRAS

Extraits des Réflexions sur la Révolution de 1789, publié en 1948

Si j’étais assez ennemi de mon pays pour être républicain, ce n’est pas au 14 juillet que je voudrais fêter l’anniversaire de notre plus mémorable tentative de suicide. L’esprit de la Révolution n’a donné sa mesure que le jour de la mort du roi, et, quand on jette un coup d’oeil sur la liste des régicides, quand on se rend compte de leurs votes antérieurs, on voit que pour les plus illustres, le crime du 21 janvier couronnait un long édifice de crimes. [...]

En détruisant l’organisation religieuse, territoriael et professionnelle, les traditions de la race, les acquisitions de l’histoire, ils ont saccagé tout l’avoir national. [...]

C’est dès le 23 juin 1789 que la vieille France a commencé de périr, quand elle s’est laissé imposer le vote par tête au lieu du seul vote normal, celui qui se faisait par groupes d’intérêt et par corps d’Etat. [...]

Identifiée au génie des ruines, la Révolution sera mise hors la loi de l’histoire.

[...] La Révolution a partout échoué. Qui nous parle de tradition révolutionnaire ? Profondément, il n’y en a pas.

E) Pierre CHAUNU

professeur à l’université Paris IV, membre de l’Institut et de l’Académie des sciences morales et politiques, 1986

« Nous n’avons jamais eu l’ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, mais nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée. D’ailleurs, à chaque fois que je passe devant le lycée Carnot, je crache par terre. »

« La Révolution française est un minuscule segment, dangereusement cancéreux,de notre histoire. »

Cet article sera complété avec en particulier les délires actuels de l’UMP sur la guerre de Vendée.

Jacques Serieys


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