Marat, Robespierre et Saint Just avant la Révolution française

mercredi 18 janvier 2017.
 

Qu’écrivaient les futurs Montagnards avant la Révolution française ? Voici un lien et trois courts exemples :

7 janvier 1788 : Pierre Sylvain Maréchal, philosophe des Lumières, opposant politique, est emprisonné à la Bastille

A) Marat

Né le 24 mai 1743 à Boudry en Suisse, Jean-Paul Marat voyage beaucoup (Bordeaux, Grande Bretagne, Pays Bas) avant de s’installer à Paris en 1776. Il exerce avec plus ou moins de bonheur, de nombreuses fonctions : précepteur, médecin, vétérinaire, romancier, philosophe, physicien... Surtout, il réfléchit aux problèmes du monde. Il publie en 1772 An Essay on the Human Soul (Un essai sur l’âme humaine), en 1773 A Philosophical Essay on Man (Essai philosophique sur l’homme), en 1774 The Chains of slavery (Les chaînes de l’esclavage), en 1776 De l’homme, en 1780 le Plan de législation criminelle, en 1785 un Eloge de Montesquieu...

Personnage très controversé, on ne peut nier l’effort de réflexion entrepris par Marat, bien avant 1789 en matière de philosophie politique comme de droit. Il mène bataille contre la guerre de conquête, contre l’esclavage ... On trouve chez lui les fondamentaux des Lumières radicales du progrès à la raison, de la science à la citoyenneté, les droits naturels de l’homme, le contrat social, liberté et égalité sociale, liberté et droits civils.

Quand il aborde l’histoire ses propos sont souvent lyriques mais peu rigoureux. Par contre, il a une claire compréhension du rôle clef de l’argent dans la nouvelle société en développement : "A ce sublime ressort... que substituent les nations modernes ? L’Or !"

A1) Les chaînes de l’esclavage

La Bibliothèque Nationale de France ayant numérisé et mis en ligne ce texte, tout internaute peut constater la grande proximité des idées défendues par Marat en 1774 et en 1793.

Il en appelle à une démocratie dans laquelle les citoyens exercent effectivement une souveraineté populaire. Il insiste lourdement sur les avantages d’un petit état où un lien quotidien existe entre gouvernants, magistrats et citoyens ; comment construire cette relation pour un état vaste et peuplé ?

Il vante déjà l’Athènes antique. Il s’affirme héritier de Montesquieu sur le plan constitutionnel : "Dans un état bien constitué, la puissance publique doit être divisée en un grand nombre de magistratures (pouvoirs), qui soient toutes dépendantes du peuple et indépendantes l’une de l’autre ; qui se contrebalancent, se tempèrent, et se répriment mutuellement." Marat voit très tôt l’importance de la liberté de la presse pour donner tout son rôle à ce "pouvoir".

Il met en garde contre les délégations de pouvoir " Dès qu’un peuple a confié à quelques-uns de ses membres le dangereux dépôt de l’autorité publique, et qu’il leur a remis le soin de faire observer les lois ; toujours enchaîné par elles, il voit tôt ou tard sa liberté, ses biens, sa vie, à la merci des chefs qu’il s’est choisi pour le défendre".

Il combat rois et princes : " Presque tous sont ignorants, fastueux, superbes, adonnés à l’oisiveté et aux plaisirs. La plupart sont fainéants, lâches, brutaux, arrogants... la justice, cette première vertu des rois leur manque absolument."

Pour lui "C’est à la violence que les états doivent leur origine ; presque toujours, quelque heureux brigand en est le fondateur, et presque partout, les lois ne furent dans leur principe, que des règlements de police, propres à maintenir à chacun la tranquille jouissance de ses rapines. Quelqu’impure que soit l’origine des états, dans quelques-uns, l’équité sortit du sein des injustices et la liberté naquit de l’oppression."

A2) Plan de législation criminelle

Voici quelques extraits :

* " Le seul fondement légitime de la société est le bonheur de ceux qui la composent"

* "Rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement, tandis que d ’autres manquent du nécessaire. Voilà le fondement légitime de toute propriété, et dans l’état de société et dans l’état de nature"

* " Lorsqu’on n’a pris aucune mesure pour prévenir l’augmentation des fortunes particulières, par le libre cours laissé à l’ambition, à l’industrie, aux talents, une partie des sujets s’enrichit toujours aux dépens de l’autre, et par l’impuissance de disposer de ses biens en faveur des étrangers qu’au défaut d’héritiers naturels, les richesses doivent bientôt s’accumuler dans un petit nombre de familles.

* " Il se trouve donc enfin dans l’Etat une foule de sujets indigents, qui laisseront leur postérité dans la misère. Sur une terre partout couverte des possessions d’autrui et dont ils ne peuvent rien s’approprier, les voilà donc réduits à périr de faim. Or, ne tenant à la société que par ses désavantages, sont-ils obligés d’en respecter les lois ? Non, sans doute ; si la société les abandonne, ils rentrent dans l’état de nature ; et lorsqu’ils revendiquent par la force des droits qu’ils n’ont pu aliéner que pour s’assurer de plus grands avantages, toute autorité qui s’y oppose est tyrannique, et le juge qui les condamme à mort n’est qu’un lâche assassin.

* " S’il faut que, pour se maintenir, la société les force de respecter l’ordre établi ; avant tout, elle doit les mettre à couvert des tentations du besoin. Elle leur doit donc une subsistance assurée, un vêtement convenable, une protection entière, des secours dans leurs maladies et des soins dans leur vieillesse : car ils ne peuvent renoncer à leur droits naturels, qu’autant que la société leur fait un sort préférable à l’état de nature. Ce n’est donc qu’après avoir rempli de la sorte ses obligations envers tous ses membres, qu’elle a droit de punir ceux qui violent ses lois.

* " Développons ces principes, en les appliquant à quelques cas particuliers relatifs à un délit fort commun ; délit qui, plus que tout autre, semble attaquer la société, mais dont la punition doit presque toujours révolter la nature. Il n’est aucun délit qu’on ait représenté sous plus d’aspects différents que le vol ; aucun dont on se soit fait de plus fausses idées. Tout vol suppose le droit de propriété : mais d’où dérive ce droit ? L’usurpateur le fonde sur celui du plus fort, comme si la violence pouvait jamais établir un titre sacré. Le possesseur le fonde sur celui de premier occupant : comme si une chose nous fut justement acquise pour avoir mis les premiers la main dessus. L’héritier le fonde sur celui de tester, comme si l’on pouvait disposer en faveur d’un autre de ce qui n’est pas même à soi. Le cultivateur le fonde sur son travail : sans doute le fruit de votre travail vous appartient ; mais la culture exige le sol, et à quel titre vous appropriez-vous un coin de cette terre qui fut donnée en commun à tous ses habitants (1) ? Ne sentez-vous pas que ce n’est que d’après une égale répartition du tout, qu’on pouvait vous assigner votre quote-part ? Encore, après ce partage, n’auriez-vous droit sur le fonds que vous cultivez, qu’autant qu’il est absolument nécessaire à votre existence ? Direz-vous que le nombre des habitants de la Terre changeant sans cesse, ce partage devient impossible ? Mais en est-il moins juste pour en être impraticable ?

* " Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement, tandis que d ’autres manquent du nécessaire. Voilà le fondement légitime de toute propriété, et dans l’état de société et dans l’état de nature ».

A3) La Constitution ou Projet de Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

"Le but légitime de toute association politique est le bonheur de ses membres. Mais comme chacun pourrait porter ses prétentions trop loin, c’est à la société de régler leurs droits respectifs. Ces droits dérivent de ceux de la nature. Les droits de la nature étant illimités et autorisant chaque individu à sacrifier les intérêts des autres, il est indispensable que tous les membres de l’association s’interdisent réciproquement tout ce qui pourrait la dissoudre, tout acte de violence, de malignité, d’oppression ; tout acte de vengeance personnelle, tout moyen de nuire. Il est indispensable qu’ils soumettent leurs différents à la décision des lois ; en un mot, qu’ils renoncent à leurs droits naturels , pour jouir de leurs droits civils."

Cependant, "les hommes ne peuvent renoncer à leur droit naturel qu’autant que la société leur fait un sort préférable à l’état de nature". Aussi, pour Marat, le droit à l’insurrection (droit de se soustraire à l’oppression) est indissociable du contrat social.

A4) Eloge de Montesquieu par Marat (19 mars 1785)

http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...

http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...

A5) Analyse de l’historien Yannick Bosc sur Marat

"Jean-Paul Marat recherche ce que doit être une législation juste, en quoi consiste le respect de la loi, et conclut en soulignant qu’un ordre social n’est pas un ordre policier. Comme la plupart de ses contemporains, lorsqu’ils sont portés par l’esprit des Lumières, Marat inscrit sa réflexion politique dans la théorie du droit naturel lockien. Les Déclarations des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et 1793 se structurent sur cette même tradition philosophique : on en retrouve les principes cardinaux dans les deux premières phrases de cet extrait du Plan de législation qui traitent de la fonction d’une société et d’un gouvernement. Alphonse Aulard écrivait que la Révolution française « consiste dans la Déclaration des droits rédigée en 1789 et complétée en 1793, et dans les tentatives faites pour réaliser cette déclaration » . C’est à partir de la question des droits naturels que se développent les conflits des conceptions de la liberté et de la propriété qui caractérisent la Révolution française et qui sont présents bien avant 1789 dans la pratique et la réflexion politiques des mouvements populaires et des philosophes. En quelques lignes Marat en indique ici les enjeux : ce qui définit une société n’est pas la liberté du propriétaire mais la liberté du plus démuni, c’est-à-dire son droit à l’existence."

B) Robespierre

1793 et Robespierre, des bourgeois d’après le NPA Gers. Oh là !

B1) Robespierre avocat

De 1782 à 1789, Maximilien Robespierre exerce la profession d’avocat. Il fait preuve d’une grande sensibilité aux injustices, d’une grande cohérence dans ses aspirations démocratiques. Quiconque parcourt ses plaidoiries valide le portrait que sa soeur Charlotte a fait de lui : " Défendre les opprimés contre les oppresseurs, disait-il, plaider la cause du faible contre le fort, qui l’exploite et l’écrase, c’est le devoir de tout cœur que l’égoïsme et la corruption n’ont pas gangrené. Il est si doux de se dévouer pour ses semblables, ajoutait-il, que je ne conçois pas comment il y a tant de malheureux qui restent sans appui, sans défenseurs ; pour moi, la tâche de ma vie sera de secourir ceux qui souffrent, et de poursuivre de ma parole vengeresse ceux qui, sans pitié pour l’humanité, se font un plaisir et une joie des souffrances d’autrui ».

Les premiers "opprimés" auxquels il apporte son soutien sont opposés à des moines. Un religieux d’Anchin, Dom Brogniard, poursuit de ces avances empressées Clémence, la lingère de l’abbaye. Ne parvenant pas à ses fins, il accuse le frère de celle-ci François-Joseph Deteuf de lui avoir volé 262 louis. Robespierre défend les Deteuf d’août 1782 au 26 avril 1783. Pécuniairement, il gagne peu dans cette affaire ; par contre il conquiert une réputation d’intégrité et de détermination face aux injustices. Convaincu de détournements, accusé pour ses mœurs dissolues, Dom Brogniard est destitué puis emprisonné. Voici quelques phrases prononcées à cette occasion par Robespierre :

« O ! nous tous qui nous glorifions du titre de citoyens, si l’honneur, si la liberté, si la vie même, si tout ce qu’il y a de plus doux et de plus sacré parmi les hommes est de quelque prix à nos yeux, faisons tous des vœux pour qu’il ne soit point aujourd’hui décidé que des calomniateurs pourront provoquer contre nous le glaive de la Justice, sans craindre notre juste réclamation. Liguons-nous contre cette désolante doctrine, qui tend à ébranler les fondements de notre tranquillité, à rendre incertaine et précaire la jouissance de nos droits les plus inviolables. Demandons que les lois soient faites pour tous ; que toute injustice soit réparée, quel que soit l’état et la qualité de celui qui l’a commise ».

Parmi les autres accusés défendus par Robespierre, signalons en 1785 l’Affaire Dupond. Incarcéré pendant douze ans, par lettre de cachet, l’avocat d’Arras intervient en tant qu’avocat auprès de Louis XVI.

"... Conduire les hommes au bonheur par la vertu, et à la vertu par une législation fondée sur les principes immuables de la morale universelle, & fait pour rétablir la nature humaine dans tous ses droits & sa dignité première ; renouer la chaîne immortelle qui doit unir l’homme à Dieu et à ses semblables, en détruisant toutes les causes de l’oppression et de la tyrannie qui sèment sur la terre la crainte, la défiance, l’orgueil, la bassesse, l’égoïsme, la haine, la cupidité et tous les vices qui entraînent l’homme loin du but que le législateur éternel avait assigné à la société, voilà sire, la glorieuse entreprise à laquelle il vous a appelé".

B2) Robespierre, un homme des Lumières

Parmi ses nombreux vers, signalons ceux-ci, parmi les premiers de sa création :

Le seul tourment du juste, à son heure dernière,

Et le seul dont alors je serai déchiré,

C’est de voir en mourant, la pâle et sombre envie

Distiller sur son front l’opprobre et l’infâmie,

De mourir pour le peuple et d’en être abhorré.

Particulièrement marqué par la lecture de Rousseau, le jeune Robespierre apparaît comme un philosophe politique des Lumières aux idées souvent proches de celles qu’il défendra durant la Révolution.

L’affaire du paratonnerre lui permet de vanter en 1782 1783 l’importance de la science contre les préjugés.

En 1784 il obtient le deuxième prix du concours de l’académie de Metz en critiquant finement l’Ancien régime, en vantant l’importance du droit naturel et des droits de l’homme. Il puise ses citations chez Montesquieu, Beccaria, Denesle.

" Dans les états despotiques, la loi n’est autre chose que la volonté des princes, les peines et les récompenses semblent être plutôt les signes de sa colère ou de sa bienveillance, que les suites du crime ou de la vertu...

" La même tournure d’esprit qui fait que l’on respecte un homme, parce qu’il est né d’un père noble ; qu’on le dédaigne parce qu’il sort de parents obscurs, conduit naturellement à le mépriser, lorsqu’il a reçu le jour d’un homme flétri, où qu’il l’a donné à un scélérat »

" « Je voudrais aussi que la loi n’imprimât plus aucune espèce de tâche aux bâtards...

"… La prospérité des états repose nécessairement sur la base immuable de l’ordre, de la justice et de la sagesse. Toute loi injuste, toute institution cruelle qui offense le droit naturel, contrarie ouvertement leur but, qui est la conservation des droits de l’homme, le bonheur et la tranquillité des citoyens..."

B3) Maximilien Robespierre, candidat député aux Etats Généraux de 1789

Dans son ’’ Appel à la nation artésienne sur la nécessité de réformer les Etats d’Artois’’, nous retrouvons le philosophe politique des Lumières, mettant en avant les droits sacrés et imprescriptibles de l’homme, l’importance de la politique, la justice et la raison, la souveraineté populaire.

" "[…] Saisissons l’unique moment que la Providence nous ait réservé dans l’espace des siècles pour recouvrer ces droits imprescriptibles et sacrés dont la perte est à la fois un opprobre et une source de calamités."

" Le véritable moyen d’anéantir les abus qui causent les malheurs publics est d’aller droit au sources principales d’où ils découlent. Or, la première source des malheurs du peuple, ce sont les vices de son gouvernement ; ainsi l’expérience nous prouvera-t-elle bientôt que l’Artois doit attribuer la plupart des siens aux vices qui ont dénaturé la véritable constitution des états à qui son administration était confiée...

" Nos campagnes offrent de toutes parts à nos yeux des infortunés qui arrosent des larmes du désespoir cette terre que leurs sueurs avaient en vain fertilisée ; la plus grande partie des hommes qui habitent nos villes et nos campagnes sont abaissés par l’indigence à ce dernier degré de l’avilissement où l’homme, absorbé tout entier par les soins qu’exige la conservation de son existence, est incapable de réfléchir sur les causes de ses malheurs et de reconnaître les droits que la nature lui a donnés. Et nous trouvons encore des sommes immenses pour fournir aux vaines dépenses du luxe et à des largesses aussi indécentes que ridicules ! Et je pourrais contenir la douleur qu’un tel spectacle doit exciter dans l’âme de tous les honnêtes gens ! Et tandis que tous les ennemis du peuple ont assez d’audace pour se jouer de l’humanité, je manquerais du courage nécessaire pour réclamer ses droits ! Et je garderais devant eux un lâche silence, dans le seul moment où depuis tant de siècles la voix de la vérité ait pu se faire entendre avec énergie, dans le moment où le vice, armé d’un injuste pouvoir, doit apprendre lui-même à trembler devant la justice et la raison triomphantes ! ...

" Qu’est-ce donc que notre chambre du tiers état ? une assemblée qui ne représente ni le tiers état des villes, ni le tiers état des campagnes. Que sont les prétendus états d’Artois en général ? une espèce de commission qui a élevé son autorité sur la ruine de nos vrais états ; une ligue de quelques citoyens qui se sont emparés seuls du pouvoir qui n’appartenait qu’au peuple... "

C) Saint Just

Louis Antoine Léon de Saint-Just naît le 25 août 1767 dans la Nièvre. Orphelin de père à l’âge de 10 ans, il est rapidement inscrit par sa mère comme interne au collège des Oratoriens de Soissons où il subira une très rude discipline de 12 à 18 ans. Suite à une fugue, sa mère le fait enfermer dans une maison de correction, rue de Picpus, jusqu’en mars 1787. C’est donc en prison qu’il rédige les prétendues aventures du chevalier d’Organt, bâtard de l’archevêque de Sens.

Les aventures du chevalier d’Organt

J’ai toujours trouvé bons et alertes les vers de Saint Just ; ils illustrent bien sa révolte adolescente contre une société étouffante, inégalitaire, hypocrite.

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pour la justice

L’orphelin pleure : Ah ! je ne suis pas Roi !

Si je l’étais, tout changerait de face ;

Du riche altier qui foule l’indigent,

Ma main pesante affaisserait l’audace,

Terrasserait le coupable insolent,

Elèverait le timide innocent.

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pour la liberté de croyance

Je laisserais le Turc et le Huron

Se faire un Dieu à leur façon."

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* contre l’Eglise

Le texte de Saint Just présente un aspect très provocateur à l’encontre de Saint Pierre devenu Pierrot, Charlemagne baptisé Charlot, "Louis IX, ce fou bien plus bizarre"

"Le pape en rut, armé de son étole,

Catéchisait en haut du Capitole

Et tout cela pour un saint qui pétait"

"Certain prélat tout bouffi de vertus

Musqué de grâce et fourré d’orémus".

" Vieux Licophons du Concile de Trente

Cardinaux ronds, moines, prélats joufflus".

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* contre le roi

" Le Roi ! Le Roi ! Sa funeste indolence

Ignore, hélas, les malheurs de la France"

" Le pâtre est souvent plus heureux

Entre les bras de sa brune Climène,

Qu’un roi ne l’est dans les bras d’une Reine ;

Et sous l’abri de son palais pompeux,

Souvent il tient des fesses surannées,

Presse un téton et des cuisses fanées,

Et bien souvent caresse même un cul

Qui dans le jour l’a fait sept fois cocu"

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contre la mort vantée par un Jésus aux propos inattendus

" Ces culs si fermes, si ronds et si blancs

Dans le tombeau vont bientôt se dissoudre..."

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contre la guerre

"Jeunes guerriers sensibles à ma voix

Ne courrez point à ces lâches exploits"

" Si mes voisins me déclaraient la guerre,

J’irais leur dire : Ecoutez, bonnes gens

N’avez-vous point des femmes, des enfants ?

Au lieu d’aller ensanglanter la terre

Allez vous rendre à leurs embrassements."

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* contre l’ordre moral qui réprime la jeunesse

" Je peux pécher, moi, rien ne m’en empêche ;

Et que vous fait, ventrebleu, que je pèche ?"


Les 4 précédents articles de cette série 1789 2009 :

* 220ème anniversaire de la Révolution française. Défendons-la. Plan des articles de notre rubrique (1789 2009 1ère partie)

* Sur les causes structurelles de la Révolution française (1789 2009 2ème partie)

* Vive la Révolution française qui a balayé l’Ancien régime, son roi omnipotent, son haut clergé parasite, sa noblesse inhumaine et sa justice arbitraire (1789 2009 3ème partie)

* Crise de l’Ancien régime et convocation des Etats Généraux (1789 2009 4ème partie)


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