4 août 1870 Wissembourg Première défaite des chefs branquignoles

dimanche 28 mai 2017.
 

Le premier choc de la guerre franco-allemande, autour de Wissembourg, symbolise toute la campagne qui va suivre : Pagaille générale, ordres et contrordres, tactique grand-guignolesque, défauts de la défense en cordon, effectifs insuffisants sur le lieu et au moment du combat, cavalerie et artillerie mal utilisées...

A1) Pagaille générale avant la bataille

Napoléon 3 déclare la guerre à la Prusse ; les députés soutiennent cette décision politicienne.

Napoléon 3, empereur des crapules autoritaires au service de l’argent roi

19 juillet 1870 Napoléon 3 déclare stupidement la guerre à la Prusse

Le Second empire est habitué à fonctionner sur l’esbroufe, le bluff, la frime. Quinze jours après la déclaration de guerre, la 2ème division du 1er corps, placée en un point stratégique ne dispose que de 8000 hommes sur 15000.

L’armée française de 1870 était commandée par des branquignoles réactionnaires

A2) Ordres et contrordres :

Au début du conflit le chef de la 6ème région militaire fait évacuer Wissembourg et Lauterbourg situés sur la frontière. Le 2 août, Mac Mahon décide l’inverse et demande à sa 2ème division de réoccuper Wissembourg, Weiler et les positions stratégiques du secteur. Les souhaits des autorités civiles, les ordres différents et souvent flous donnés par Mac Mahon (chef du corps d’armée), par le général Ducrot (chargé de la défense de la frontière Nord de l’Alsace) et par le général de division Abel Douay créent une confusion évidemment préjudiciable.

A3) Tactique militaire grand-guignolesque :

La 2ème division du 1er corps reçoit l’ordre d’occuper Wissembourg pour les raisons suivantes détaillées par le général Ducrot.

- « Suite aux reconnaissances effectuées par le colonel commandant le 96e régiment d’infanterie, il ne pense pas que l’ennemi soit en force dans les environs pour entreprendre quelque chose de sérieux dans l’immédiat » ; affirmation infirmée par les faits. Lorsque les soldats français entrent dans Wissembourg, la 3ème armée allemande est positionnée à seulement 3 kilomètres ; les civils du bourg s’en sont aperçus ; les élus insistent auprès des autorités militaires ; mais il pleut ; il est tard ; Ducrot comme Mac Mahon sont loin... aucune reconnaissance sérieuse n’est engagée.

- « Aussitôt que Wissembourg aura été occupé, je vous prie […] d’organiser des brigades de boulangers, avec les ressources qui peuvent se trouver dans vos régiments. Je crois que la dimension des fours permet de fabriquer 30 000 rations en 24 heures, mais à la condition que le service soit bien organisé. […] car c’est de Wissembourg que nous devons tirer la majeure partie de nos subsistances. » Ainsi, le général Ducrot positionne la 2ème division autour de Wissembourg, sous-préfecture située sur la frontière en pleine guerre, au centre de son dispositif sur la ligne de front, pour faire du pain !!!

A4) Défauts de la défense en cordon :

Mac Mahon étire deux divisions et une brigade de cavalerie en couverture sur la frontière, à gauche la forte 1ère division ( 13è BCP, 18è RI, 96è RI, 45è RI, 98è RI, 1er Zouaves) pour assurer la liaison avec le 5ème corps, à droite la cavalerie, au centre la 2ème division sur Wissembourg et la ligne de la Lauter. Le régiment qui va subir l’assaut de la 3ème armée allemande est à plaindre. La 2ème division, au centre du dispositif, est tellement isolée du reste du corps d’armée et de l’armée qu’elle ne peut recevoir aucun réel renfort.

A5) Cette défense en cordon entraîne la présence d’effectifs insuffisants sur le lieu et au moment du combat important :

Une seule division française (général Abel Douay) tient donc le secteur frontalier au Nord de l’Alsace face à Landau. Sur ses quatre régiments, un, le 78ème, assure la liaison (col du Pigeonnier et village de Climbach) entre 1ère et 2ème division. Les autres sont surtout chargés de tenir les hauteurs (plateau du Geisberg à l’est et celui du Vogelsberg à l’ouest). Selon les ordres du général Ducrot, un seul bataillon doit assurer la défense de Wissembourg. Or, trois corps d’armée allemands (2ème bavarois, 5ème et 11ème prussiens) au complet fondent sur ce secteur.

A6) Rôle de la cavalerie

- La brigade de cavalerie légère affectée temporairement à la division n’a pas décelé dans ses reconnaissances la présence de fortes troupes allemandes à 3 kilomètres de Wissembourg parce qu’elle n’a pas vraiment engagé de reconnaissances. Durant la bataille, elle ne va pas non plus intervenir, considérant le terrain comme inadapté.

A7) Faiblesse de l’artillerie

Les canons de campagne français sont archaïques ; ils se chargent encore par la bouche. Ils tirent nettement moins loin que les canons prussiens ; en conséquence, ils se font détruire par les batteries adverses sans pouvoir réagir. De plus, la faiblesse des effectifs et du matériel sur le lieu et au moment du combat important est criante à Wissembourg où l’armée française ne peut aligner que 12 canons face à 144.

A7) Wissembourg 3 août en soirée

Les soldats rejoignent Wissembourg dans le fracas du tonnerre et sous une pluie diluvienne. Trempés, ils apprennent que rien n’a été prévu pour leur hébergement. Plusieurs bataillons atteignent leurs positions sur les hauteurs dans la nuit.

A8) Wissembourg 4 août au petit matin

Quatre corps d’armée allemands marchent vers le front tenu par les soldats français de la seule division Douay, généralement au bivouac, nettoyant leurs armes, prêts à manger leur soupe.

- Le corps Werner (division badoise et division wurtembergeoise) franchit la rivière et la frontière à Lauterbourg (près du Rhin), avance en territoire français sans opposition.

- La 4ème division (avant-garde du 2ème corps bavarois) attaque Wissembourg dès 6 heures du matin.

- Le Ve Corps prussien (général von Kirchbach) avance de Steinfeld vers Wissembourg Alstentadt

- le XIe Corps prussien (général von Bose) passe la Lauter et marche vers le Sud et les arrières de la division française (hauteurs du Geissberg).

A9) Wissembourg vers 10 h30 du matin

Sur tous les fronts, les soldats français se battent courageusement mais sont débordés, menacés d’encerclement. Le général Abel Douay comprend qu’il fait face à des troupes très supérieures en nombre. Aussi, décide-t-il de se replier. A 14 heures, les derniers défenseurs de Wissembourg se rendent.

A10) Pagaille générale pendant et après la bataille

Des régiments positionnés près des combats (78è et 96è RI) n’ont pas bougé durant tout le combat alors que les chefs de corps allemands ont avancé au bruit du canon. Des points stratégiques comme Altenstadt et Lauterbourg étaient dégarnis. La brigade de cavalerie n’a pas bougé alors qu’elle aurait au moins dû faire des reconnaissances et couvrir l’aile droite en arrière de la Lauter. La mort du général Abel Douay vers 11 heures du matin n’a pas facilité la retraite. Ceci dit, il est étonnant de voir une brigade de la division reculer vers l’Est (Lembach) et l’autre vers le Sud (Haguenau)

B) Bataille de Reichshoffen (Frœschwiller-Wœrth)

Après la bataille de Wissembourg le maréchal Patrice de Mac Mahon a reçu le commandement de toute l’Armée du Rhin (1er corps d’armée,, 5ème corps d’armée, 7ème corps d’armée). Il se positionne autour de Frœschwiller Wœrth sur les Vosges pour couvrir l’aile droite de toute l’armée (surtout déployée entre Thionville et Sarreguemines), particulièrement les routes de Bitche et Saverne.

Le 6 août 1870 au matin, la 3ème armée prussienne et ses 130000 hommes (qui a déjà gagné la bataille de Wissembourg) entre en contact avec les unités françaises.

Si Mac Mahon avait disposé de toutes ses troupes, la bataille pouvait être indécise. Mais le 5ème corps du général de Failly, proche de la bataille, n’apportera aucun appui, comme durant toute la campagne. Quant au 7ème corps en formation à Belfort, il a mis sa Division Conseil-Dumesnil à disposition de Mac Mahon sur Frœschwiller.


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