Les généraux Hoche et Marceau incarnent l’épopée des armées de la Révolution française

mercredi 18 octobre 2017.
 

Durant plusieurs décennies, les manuels scolaires d’histoire de la République française glorifiaient Hoche et Marceau comme des exemples républicains, comme des héros nationaux.

Il est vrai qu’ils personnifient bien l’évènement gigantesque que représente la Révolution française.

Tous deux ont grandi avec les soulèvements, révolutions, bouleversements économiques, culturels et sociaux du dernier tiers du 18ème siècle.

De 1773 à 1802, longue période de poussée populaire, démocratique et révolutionnaire

Sur les causes structurelles de la Révolution française

Lorsque Louis XVI convoque les Etats Généraux de 1789, Lazare Hoche a 20 ans et François Marceau 19.

Clergé, noblesse et bourgeoisie du Siècle des Lumières à 1789

Crise de l’Ancien régime en 1787 1789... vers les Etats Généraux

Ils sont tous deux soldats sur Paris durant les mois de janvier à avril 1789. Or, il s’agit d’une période de montée révolutionnaire, c’est à dire un moment où toute la société se met en branle pour prendre en charge ses problèmes du moment et de l’avenir. Toute période de ce type laisse un souvenir inoubliable aux individus, surtout pour des jeunes, surtout dans la capitale française de 1789, en ébullition politique permanente, chaque jour apportant son lot de déclarations, mobilisations et enjeux de pouvoir.

1788 1789 Une situation prérévolutionnaire : Journée des Tuiles, Assemblée de Vizille, Etats de Franche-Comté, Etats de Bretagne..

Printemps 1789, la crise prérévolutionnaire s’aggrave : émeutes de Marseille, Aix, Besançon et Amiens, émeute Réveillon (28 avril)

Ils s’engagent tous deux avec la même détermination, le même courage, le même mépris de la fatigue et des privations, de la poudre et de la mort. En 1793, au paroxysme de la Révolution française, lorsque le choix "vaincre ou mourir" prend son sens concret, Hoche s’impose par ses qualités comme commandant en chef des armées de la Moselle et du Rhin réunies ; Marceau connaît la même promotion devenant général en chef de l’armée de l’Ouest. En aucun autre moment de son histoire l’armée française n’a été dirigée par des militaires aussi jeunes et ainsi sortis du rang ; pourtant leur nom hante tous les ouvrages de stratégie militaire dans toutes les langues alors que bien généraux de France et d’ailleurs ont sombré dans l’oubli, l’infamie ou le ridicule.

L’armée française de 1870 était commandée par des branquignoles réactionnaires

6 août 1870 à Forbach Spicheren : Les charlots (maréchaux, généraux) à la guerre

Enfin, tous deux vont mourir à la fleur de l’âge : Marceau est mortellement blessé près d’Altenkirchen en 1796 alors qu’il commande les troupes d’élite protégeant les passages du Rhin, Hoche en 1797 après avoir gagné cinq batailles successives et chassé l’armée autrichienne des bords du Rhin.

A) Lazare Hoche

Né à Montreuil en 1768, d’un père garde de chenil puis palefrenier, il travaille dès l’enfance dans les écuries royales. Devenu très tôt un orphelin, il bénéficie de la petite assistance financière d’une tante fruitière à Versailles. Avec le peu d’argent gagné, il achète des livres et se cultive.

La Révolution française lui donne la chance de pouvoir prouver ses qualités.

Affecté aux Gardes françaises, il vit les choix difficiles de cette unité présente sur Paris et sans cesse obligée de choisir le Roi ou le peuple, le respect des ordres ou celui du coeur, de la justice, des valeurs, de l’espérance.

4 et 5 mai 1789 : Ouverture des Etats généraux à Versailles

17 juin 1789 Les députés du Tiers état se proclament Assemblée nationale et s’octroient le vote de l’impôt

Le 12 juillet 1789, un peloton du régiment de cavalerie Royal Allemand charge sans ménagement quelques milliers de Parisiens assemblés dans le jardin des Tuileries. C’est alors que des soldats des Gardes françaises sortent armés de leurs casernes et mettent en fuite ce détachement. Le mouvement populaire des 13 et 14 juillet 1789 aurait-il eu la même massivité, le même enthousiasme sans cette première petite victoire militaire ? Je ne le pense pas.

14 juillet 1789 : la prise de la Bastille symbolise la fin définitive de la monarchie "absolue" et l’accélération du processus populaire révolutionnaire

Elément actif de ce soutien militaire au soulèvement populaire, le jeune Lazare reçoit le grade de sergent dans la Garde nationale parisienne soldée. Dans cette fonction, il prend part avec son unité à la marche sur Versailles des 5 et 6 octobre 1789.

5 octobre 1789 Quand la masse des femmes entre en révolution

La guerre ayant éclaté contre les armées coalisées des rois d’Europe, le jeune Hoche est envoyé sur la frontière de l’Est où il gagne rapidement des galons. Le voilà capitaine du 58ème régiment d’infanterie affecté à la garnison de Thionville. Le 24 août 1792, 20 000 Autrichiens et 16 000 Émigrés français commencent le siège de la ville qui va tenir jusqu’à leur départ au 16 octobre.

Durant l’offensive française succédant aux victoires de Valmy et Jemmapes, il combat dans le Nord, au siège de Namur puis à celui de Maestricht.

Valmy ( 20 septembre 1792), symbole fort d’une mobilisation populaire qui sauve la Révolution française

Bataille de Jemmapes (6 novembre 1792) remportée par l’armée révolutionnaire

L’année 1793 voit sonner l’heure de Hoche comme de Robespierre. Remarqué par le général LeVeneur (personnalité des Lumières, influent au Grand Orient depuis 1777, belle-mère protectrice de Jean-Jacques Rousseau...), il devient son aide de camp et combat avec lui en mars à Neerwinden (où il se distingue mais est blessé) puis à Pellenberg (encore blessé).

En mai 1793, Hoche prend le commandement d’un bataillon à l’armée du Nord. Avec le grade d’adjudant-général, il défend brillamment Dunkerque face aux armées royales, particulièrement anglaise. Comme chef d’état-major du général Souham puis sous le commandement de Vandamme, il participe à la manoeuvre sur Furnes, Nieuport et Ostende, passant chef de brigade puis général de brigade.

A l’automne 1793, Lazare est nommé à des fonctions à la hauteur de ses qualités :

- chef d’état-major de l’armée des Ardennes le 22 septembre

- général de division, commandant en chef de l’armée de la Moselle (23 octobre 1793), il est vaincu à Bisingen puis Kaiserslautern mais prend sa revanche au combat décisif de Woerth (22 décembre)

Quelle impression fait-il à ses contemporains ? Un journal de l’époque, L’Argus de la Moselle, répond à cette question « Jeune comme la révolution, robuste comme le peuple... au regard fier et étendu comme celui de l’aigle ».

- Nommé à la tête des deux armées de la Moselle et du Rhin (25 décembre 1793), il attaque les armées autrichienne et prussienne lors de la seconde bataille de Wissembourg durant laquelle il se positionne lui-même en tête de la colonne d’attaque. Autrichiens et Prussiens évacuent alors complètement l’Alsace. Poursuivant son offensive, il débloque Landau, prend Spire et Worms.

Son attachement politique à la révolution se lit par exemple dans cette lettre envoyée au ministre de la guerre le 3 nivôse an II, faisant le compte-rendu d’un combat emporté la veille : « ... La vivacité de l’attaque nous a fait perdre peu de monde, à peu près 80 tués et 150 blessés. J’attaque à la pointe du jour ; les troupes se montrent sans culottes... Le 3e régiment de hussards, le 14e de dragons, les carabiniers, le 55e régiment d’infanterie se sont parfaitement distingués. Le général Dubois, blessé malheureusement, s’est comporté, j’ose le dire, comme un héros, ou plutôt comme un républicain... J’ai toujours deux guenilles de drapeaux pris aux soldats des brigands couronnés. A la première occasion, je les enverrai à la Convention nationale »

En 1794, il reprend le commandement de la seule armée de la Moselle, se marie à Thionville avec Adélaïde Dechaux puis est nommé à l’armée d’Italie.

Il est alors dénoncé et mis en prison comme membre du Club des Cordeliers qui campe à l’extrême gauche de la révolution, enfin remis en liberté.

Nommé commandant en chef de l’armée des Côtes de Cherbourg en août 1794 puis des Côtes de Cherbourg et des Côtes de Brest réunies début novembre, son but est de pacifier l’Ouest de la France. La "Biographie des célébrités militaires de 1789 à 1850" résume ainsi son action « Il fut envoyé dans la Bretagne contre les Vendéens, et qu’il s’attacha à détruire la guerre civile, moins par les armes que par les voies conciliatrices, ne consentant à vaincre ses ennemis qu’après avoir tout tenté pour les faire rentrer, sans effusion de sang, dans le sein de la grande famille française ; il parvint à faire succéder l’empire des lois à l’état de guerre qui. avait désolé ces contrées, et montra tant de ménagement et de respect pour les droits de la conscience religieuse que l’esprit insurrectionnel s’éteignit assez rapidement sur les deux rives de la Loire. »

Plus prosaïquement, disons qu’il parvint par ses victoires militaires, sa compréhension politique du soulèvement chouan et par sa diplomatie à terminer les guerres de Vendée. Relevons quelques étapes :

- signature du traité de La Jaunaye (accord de paix) le 17 février 1795. Les chouans se voient accorder l’amnistie et le libre exercice du culte, sont dispensés du service militaire, tout en conservant leurs armes ; leurs biens leur sont restitués, ils bénéficient d’indemnités en cas de vente ou d’incendie, même s’ils sont portés sur la liste des émigrés, ainsi que du remboursement des bons et des assignats ; enfin, les troupes républicaines se retirent de la zone insurgée. Plusieurs signataires vendéens vont reprendre les armes rapidement mais plus isolés et bientôt battus.

- écrasement du débarquement des émigrés par la flotte anglaise à Quiberon, le 25 juin 1795.

Fin 1795, Hoche reçoit le commandement de la nouvelle armée des Côtes de l’Océan qui réunit les anciennes armées des Côtes de l’Ouest, des Côtes de Brest et des Côtes de Cherbourg. Successivement, plusieurs chefs chouans (Charette, Sapinaud, Scépeaux...) ou sont exécutés (Stofflet).

Le retour à la paix des campagnes de l’Ouest attise la soif de vengeance du cabinet de Londres qui pousse à l’assassinat de Hoche, une fois par le poison, une fois grâce à un pistolet. Les deux tentatives échouent de peu.

En 1796, Hoche prend le commandement en chef des 12è, 13è, 14è et 22è divisions militaires avec une responsabilité : porter la guerre en Irlande pour aider les républicains et y opérer une révolution.

Chargé de commander l’armée d’Irlande qui doit débarquer dans cette île pour soutenir les patriotes face à l’armée anglaise, son vaisseau est séparé du reste de l’escadre par un ouragan ; il réussit cependant à revenir sur les côtes bretonnes.

Nommé, le 23 février 1797, général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, forte de 80 000 hommes, il remporte cinq victoires successives sur l’armée autrichienne : Neuwied, Ukerath, Altenkirchen, Dierdorf et Heddesdorf. Il refuse le ministère de la guerre.

Après avoir été victime des intrigues de politiciens du Directoire contre son intégrité républicaine, il tombe malade en septembre 1797.

Il meurt à Wetzlar, le 19 septembre 1797 dans des souffrances atroces (tuberculose), à l’âge de 29 ans, après avoir vécu une odyssée flamboyante, plusieurs fois reprise au cinéma, par exemple par Abel Gance, Yann Favre, Manuel Bonnet...

Parmi les honneurs qui lui sont alors rendus par la République, notons :

- quelques phrases de la lettre envoyée à Paris par l’armée (nominalement le commandant en chef de l’artillerie) pour annoncer la mauvaise nouvelle : « Doué d’un tempérament robuste et ardent, quoique d’une sensibilité de nerfs extraordinaire, le général Hoche n’éprouvait que des sensations vives et brûlantes ; le moindre sentiment l’affectait au delà de toute expression : la Révolution ne fit que développer ce tempérament. Jeté sur un grand théâtre, Hoche a employé toutes ses facultés pour remplir dignement le rôle éminent qu’il était destiné à jouer, il les a usées à forces de travail... Demain, il partira de Wetzlar avec toute la pompe convenable, pour être transféré à Coblentz, où il sera enterré à côté du général Marceau, dans le fort de Péterberg »

- l’Hymne Funèbre sur la mort du Général Hoche (Luigi Cherubini)

https://www.youtube.com/watch?v=oYX...

- l’élégie du poète Chénier :

... Hoche n’est plus, mes fils ; et la France est en deuil !

Il ne brillera plus sur un char de victoire,

L’heureux libérateur des rives de la Loire ;

Puissant par la clémence, grand par les bienfaits,

Après avoir su vaincre, il sut donner la paix...

Ah la patrie au moins, reconnaissante et juste

Soulage avec respect ton indigence auguste !...

Les siècles à venir sont déjà ta conquête ;

De son deuil triomphal on célèbre la fête.

Notons enfin les appréciations portées sur Hoche :

- > par Napoléon Bonaparte, généralement peu disposé à couvrir de louanges d’autres généraux en chef « Hoche fut un des premiers généraux que la France ait produits. Il était brave, intelligent, plein de talent, de résolution et de pénétration... Si Hoche avait débarqué en Irlande, il aurait réussi. Il possédait toutes les qualités nécessaires pour assurer le succès de son expédition. Il était accoutumé à la guerre civile et savait comment s’y prendre en pareil cas. Il avait pacifié la Vendée et était ce qu’il fallait pour l’Irlande : c’était un homme superbe, très adroit et d’un extérieur prévenant. »

- > par le poète Lamartine « Hoche, beau, jeune, martial ; héros antique par la figure, par la stature, par le bras ; héros moderne par l’étude, par la lecture, par la méditation qui place la force dans l’intelligence ; enfant d’une pauvre famille mais portant sur le front l’aristocratie des grandes destinées. »

B) François Marceau

Il naît à Chartres le 1er mars 1769. Rejeté par sa mère dès sa naissance (d’après plusieurs biographes), il est élevé par des paysans pauvres mais chaleureux. A l’âge de 8 ans, ses parents en reprennent la responsabilité et l’inscrivent à l’école des pauvres où l’on apprend très peu, où l’on reçoit beaucoup de coups mais qui ne coûte pas cher. Il passe ensuite sous la férule d’un précepteur puis du couvent des Filles de la Providence.

A 15 ans, il fuit Chartres et se rend à Paris ; recherché par la police, il est ramené chez ses parents. Il attend alors ses 16 ans pour pouvoir s’engager dans un régiment en Lorraine. Apprécié par les autres soldats, remarqué par son colonel, il devient rapidement caporal puis sergent ; chargé de l’instruction de jeunes nobles, il s’offusque du fait que ces gandins sans talent puissent devenir rapidement officier alors que cela lui restera interdit à vie.

A 20 ans, toujours militaire, voilà François Marceau affecté à Paris où il peut assister à la lente mais puissante montée des aspirations populaires et progressistes de l’été 1788 au printemps 1789.

Cahiers de doléances de 1789 (tiers-état, clergé, noblesse, Etats généraux)

Du 12 au 14 juillet 1789, il fait partie de la cohue qui s’engage, craint de ne pas voir le matin suivant se lever, prend conscience de sa force puis conquiert la Bastille. En ce 14 juillet 1789, nous savons que Marceau est membre de la garde nationale parisienne. Nommé aide de camp du général La Fayette, il est déçu par cet homme infatué de lui-même, aussi hésitant qu’intrigant.

En 1790, il revient à Chartres et y réorganise la Garde nationale dont il prend le commandement avec le grade de capitaine et avec laquelle il rejoint la Fête de la fédération.

14 juillet 1790 : Fête de la fédération

5 décembre 1790 "Liberté, Egalité, Fraternité" Robespierre (Discours sur l’organisation des gardes nationales)

En 1791, la situation se tend de plus en plus. Les bruits de complots royalistes s’amplifient alors que les armées des souverains étrangers s’assemblent aux frontières.

Chevaliers du poignard et générosité des révolutionnaires (28 février 1791)

En juin, la famille royale tente de rejoindre la frontière et ses alliés de l’armée autrichienne.

21 juin 1791 La fuite de Louis XVI s’arrête à Varennes

En août, les rois du continent se réunissent à la demande des émigrés français pour préparer une action commune.

27 août 1791 La Déclaration de Pillnitz marque l’engagement des royautés européennes contre la Révolution française

Les officiers nobles désertent en masse une armée française profondément divisée, désorganisée et démoralisée.

L’Assemblée légalise la création de troupes spontanément formées pour défendre la patrie révolutionnaire et lance un appel pour la levée de 100000 volontaires. A Chartres Marceau s’inscrit le premier. IL fait partie de ces volontaires de 1791 plus urbains que ruraux, plus politisés que la moyenne des Français, dont les trois-quarts ont moins de 25 ans. Il est élu capitaine de la 2ème compagnie du 1er bataillon de volontaires d’Eure-et-Loir le 6 novembre 1791, passe adjudant major un mois plus tard puis lieutenant-colonel en 2ème le 25 mars 1792.

Le 20 avril 1792, les députés de l’Assemblée législative déclarent la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie »

Le 11 juillet, l’Assemblée législative proclame la patrie en danger et lève un nouveau contingent de volontaires

Le 25 juillet, le duc de Brunswick, chef des armées prussiennes, lance son fameux manifeste menaçant de rayer Paris de la carte. 47 sections parisiennes sur 48 demandent la déchéance du roi.

De nouveaux volontaires, Bretons et Marseillais, arrivent dans la capitale. Le 10 août 1792, ils aident les sectionnaires parisiens à prendre le palais des Tuileries ; Louis XVI va se trouver à présent prisonnier.

10 août 1792 La prise des Tuileries engage la 2ème phase de la Révolution française, portée par le peuple

Les armées ennemies passent les frontières. 60 000 hommes et 40 canons se dirigent vers la place stratégique de Verdun. Marceau, bien épaulé par plusieurs officiers de volontaires venus de l’Ouest (Angers, Saumur, Saintes...) défend cette ville sous les ordres de Beaurepaire avec environ 3000 hommes. Le siège commence réellement le 29 août par l’investissement de la ville puis son bombardement. Des officiers nobles comme des notables de la ville poussent à la trahison et à la reddition ; Beaurepaire se suicide d’un coup de pistolet.

Heureusement, l’espoir change de camp à partir de la victoire de Valmy.

Marceau est nommé lieutenant en 1er dans les cuirassiers légers de la Légion alémanique (volontaires allemands combattant pour la Révolution). Il part avec cette unité pour la Vendée en 1793, passe capitaine au 19ème régiment de chasseurs à cheval le 1er mai. Il se fait remarquer par ses qualités en plein combat à Saumur (où il libère Bourbotte des mains des rebelles) et devient adjudant général chef de bataillon, à Luçon et Chantonnay (promu général de brigade).

Commandant du centre de l’armée républicaine face aux chouans, lors de la bataille décisive de Cholet, il joue un rôle décisif prouvant à nouveau ses qualités. Cela lui vaut le grade de général de division le 10 novembre 1793 et le commandement en chef de l’armée de l’Ouest le 27 du même mois. Vainqueur au Mans puis à Savenay.

Nommé à l’armée des Ardennes puis de Sambre et Meuse, souvent à la tête de l’avant-garde, il combat sans cesse en 1794, 1795, 1796 à Thuin, Fleurus, l’Ourthe, la Roër, Coblence, Mayence, Ehrensbreistein, le Hundsruck, Kreuznach, la Nahe, Neuwied, Stromberg, Soultzbach, Koenigstein, Limbourg, Freylingen.

Le 19 septembre 1796, il est chargé par Jourdan de tenir avec ses régiments sur la rive droite du Rhin, autour d’Altenkirchen, le temps que l’armée française s’écoule vers la rive gauche. Marceau fait une reconnaissance pour placer des compagnies et des canons aux points décisifs. C’est alors qu’il est grièvement blessé au côté gauche d’un coup de carabine tiré par un chasseur tyrolien. Porté jusqu’à Altenkirchen, il décède deux jours plus tard.

Son ami Kléber fera élever sur place un tombeau en forme de pyramide dans lequel reposent les cendres du général Marceau.

Jacques Serieys


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