Le jeune Lénine, graine de tyran rouge ?

jeudi 16 novembre 2017.
 

A l’occasion du centième anniversaire de la Révolution russe, un régiment d’ouvrages réactionnaires fleurit dans les librairies et médias. Quelle est leur cible ? "Lénine, l’inventeur du totalitarisme" (Stéphane Courtois), Lénine (Robert Service)...

Je m’en tiens ci-dessous à contester un point caractéristique d’un autre livre "Lénine, le tyran rouge" qui fait de Lénine un tyran par nature psychologique dès sa naissance. Je donne mon avis sur son bilan politique dans d’autres textes.

- A) « Lénine le tyran rouge », best seller and wrong book

- B) Sur la jeunesse de Vladimir Oulianov

- C) Contexte politique du tsarisme et de ses oppositions

- D) L’engagement militant de Lénine

A) « Lénine le tyran rouge », best seller and wrong book

En cet automne 2017, médias et grands libraires mettent en avant un best-seller intitulé "Lénine, le tyran rouge". Ce livre ne mérite pas un tel honneur. En effet, par delà accords et désaccords, l’histoire requiert une connaissance du sujet et un respect le plus scrupuleux possible de la vérité.

Ne partant pas de ces deux fondamentaux, l’auteur multiplie les contradictions surprenantes. Ainsi, le jeune Vladimir Oulianov (futur Lénine) est caractérisé de "turbulent, capricieux, querelleur" et plus loin "ne jurant que par la discipline, le travail et le bonheur d’apprendre".

Luc Mary, a déjà publié de nombreux ouvrages dont ceux sur Hannibal, Vauban, Raspoutine, Jeanne d’Arc, Mary Stuart, Kennedy, "les derniers jours des chefs nazis", "le futur nous observe", "Guide touristique de la Voie lactée"... Son dernier sujet sur Lénine est bien au-dessus de ses connaissances et compétences.

Il est vrai que la mode psy américaine pousse de plus en plus à analyser les personnalités historiques, non en fonction des faits et documents mais à partir d’un portrait mental superficiel. Ainsi, le frère aîné de Lénine (dont la pendaison pèsera lourd sur l’engagement politique de son cadet) est caractérisé d’anarchiste qui " noie son chagrin en se plongeant dans la lecture du Capital " suite au décès de son père !

Or :

- d’une part l’étude du Capital et autres textes de Marx par un groupe de populistes russes dont ce frère aîné date de plusieurs années avant la mort du père Oulianov.

- d’autre part la lecture du Capital n’est guère propice pour "noyer son chagrin".

L’histoire et une psychologie superficielle ne font pas bon ménage. Nous l’avons déjà pointé pour certaines biographies d’Hitler.

La couille d’Hitler, les fripouilles et les andouilles

Il faudrait un livre entier pour contester toutes les allégations de ce « Lénine, le tyran rouge », tout en tirant un bilan de l’ engagement militant et des développements théoriques du dirigeant de la Révolution russe.

Je m’en tiens ci-dessous :

- à contester le fait que l’enfance d’une personnalité historique puisse constituer le révélateur de son action politique d’adulte.

- à affirmer particulièrement que les traits psychologiques de l’enfant Vladimir Oulianov ne préfigurent en rien l’action politique future de Lénine (un pseudonyme parmi environ 150 utilisés pour tromper la police tsariste).

B) Sur la jeunesse de Vladimir Oulianov

B1) Vladimir Ilitch Oulianov, qui prendra plus tard le pseudonyme de Lénine

L’auteur (Luc Mary) de Lénine, le tyran rouge, décrit Vladimir Oulianov comme atteint de déséquilibre mental et physique dès son enfance « Il prend un malin plaisir à casser les jouets de ses frères et de ses soeurs... pour le simple plaisir de faire du mal. Qui plus est, son énergie est telle qu’il se cogne régulièrement aux meubles et se prend systématiquement les pieds dans le tapis... En vertu de ses jambes maigres, d’un léger strabisme à l’oeil gauche et d’une tête hypertrophiée, le jeune Vladimir serait en constant déséquilibre. Quoi qu’il en soit, le futur Lénine est aussi perfide que maladroit. »

Il ne me paraît pas nécessaire de répondre point par point à ce réquisitoire qui ne correspond pas à ce que nous savons (par leurs lettres et les témoignages) des bonnes relations entre les six frères et soeurs : Anna (née en 1864), Alexandre (1866), Vladimir, futur Lénine (1870), Olga (1871), Dmitri (1874) et Maria (1878).

Apportons plutôt des informations certaines sur l’enfance de Vladimir Oulianov.

Il naît le 22 avril 1870 à Simbirsk, ville de la Volga connue pour avoir constitué le point de départ de la révolte de Stenka Razine.

Le soulèvement cosaque de Stenka Razine

Dans sa jeunesse, il s’adonne fréquemment au patinage, court les campagnes sur ses skis avec son frère, dévore de nombreux romans, adore jouer aux échecs, chasse, pêche, écoute de la musique classique (Beethoven particulièrement) même s’il arrête d’apprendre le piano vers 9 à 10 ans.

Nous savons par ses frères et soeurs que les enfants Oulianov jouaient aux soldats : Alexandre coloriant les siens aux couleurs des combattants de Garibaldi, Anna et Olga des insurgés espagnols contre Napoléon et Vladimir des soldats unionistes de Lincoln. Parmi les lectures de ce dernier, la Case de l’Oncle Tom paraît l’avoir particulièrement marqué.

B2) Parents : Ilia Oulianov et Maria Alexandrovna

Luc Mary caractérise la famille Oulianov de « très conservatrice » et... quelques lignes plus loin de « conservatrice et progressiste ».

Ilia et Maria sont tous deux passionnés par les questions d’éducation, de culture (musique classique dont Wagner), et de science (météorologie pour le père), par les grands courants philosophiques et politiques européens. Ils choisissent par ailleurs un déporté politique comme médecin de famille (Alexandre Kadyan). Aucun biographe de Lénine ne doute du fait que les parents Oulianov sont des partisans du progrès à l’occidentale souhaitant que la Russie évolue en ce sens. Leur niveau de vie est aisé, permettant l’emploi d’une cuisinière et d’une gouvernante pour les enfants.

Maria Alexandrovna est attirée par la linguistique et la musique. Ilia Nikolaïevitch Oulianov, fils de serf, enseignant de mathématiques et de physique, devient inspecteur-chef des écoles, directeur de l’enseignement populaire pour l’oblast de Simbirsk, d’où anoblissement et membre du conseil d’Etat. C’est un fonctionnaire loyal et respectueux du tsar mais progressiste dans la façon d’élever ses enfants et dans ses objectifs professionnels. Ainsi, il est le premier à ouvrir des écoles non russes, en tchouva. Surtout, il désapprouve la politique tsariste de développement d’écoles religieuses orthodoxes et travaille en soutien des écoles publiques ; les dissensions avec l’institution suscitent des attaques de l’archiprêtre Baratynski dans le journal régional.

La situation de la famille se dégrade à partir du décès du père le 12 janvier 1886, suite à une hémorragie cérébrale.

B3) Scolarité

Lénine fut toujours un excellent élève. Entré en lycée à 9 ans et demi, il suivit un enseignement proche de celui donné, à la même époque, aux enfants de famille bourgeoise en Europe occidentale, avec à 14, 15, 16 ans, une moitié de l’emploi du temps en latin et grec antiques. Ce type d’instruction s’explique par des buts de sélection sociale, de rôle religieux du latin et du grec, de détournement vis à vis des problèmes contemporains... ; cependant, il formait aussi à une rigueur de raisonnement et une ouverture culturelle qui ne doivent pas être sous-estimées.

L’appréciation de son chef d’établissement mérite d’être citée « Exceptionnellement doué et constant dans son enthousiasme et son sens de la précision, l’élève Oulianov a toujours été le premier de sa classe, obtenant en fin de scolarité la médaille d’or décernée aux plus méritants en termes de résultats, de progression et de conduite. »

B4) Lénine cultivé

Son lieu d’origine dans la haute vallée de la Volga permet à ses opposants de brosser de lui un portrait de sibérien non préparé aux subtilités philosophiques et politiques. Or, cette origine peut expliquer, au contraire, une personnalité aux vastes horizons culturels :

- Les origines de sa famille sont très diverses : tchouvache par son grand-père paternel, kirghize ou kalmouk par sa grand-mère paternelle, juive polonaise ayant rompu avec le judaïsme par deux arrière grands parents maternels, un arrière grand père maternel allemand luthérien (Lübeck), une arrière grand mère maternelle suédoise luthérienne.

- De plus, l’histoire de ses aïeux proches est marquée par la Volga et ses grands ports : Astrakhan, Kazan, Penza, Nijni-Novgorod, Simbirsk... Or, les ports commerciaux sont également des lieux d’échange d’idées.

C) Contexte politique du tsarisme et de ses oppositions

Ayant grandi dans une famille aisée, excellent élève au collège comme au lycée, apprenant cinq langues (français, allemand, russe, latin et grec ancien), qu’est-ce qui a pu pousser Wladimir Oulianov, dit Lénine, à s’engager dans un combat militant sans merci ? Surtout, la nature de la Russie tsariste qui conserve durant tout le 19ème siècle ses caractéristiques d’état policier ne laissant aucune place aux droits individuels et au débat démocratique.

C1) La Russie tsariste : tyrannie, asservissement, vénalité, justice arbitraire

Le supplice du knout symbolise cette société. Il s’agit d’un fouet dont chaque coup arrache la peau et la chair du cou jusqu’à la ceinture. La douleur est telle que beaucoup de condamnés décèdent avant la fin de leur peine. Des améliorations furent apportées au milieu du 19ème siècle ; cependant l’habitude de fouetter leurs paysans était telle parmi les grands propriétaires que même un anarchiste comme Bakounine conseillait à son frère d’en faire usage.

Le grand écrivain Léon Tolstoï, pourtant fort modéré, résume ainsi la Russie tsariste « l’absence de toute loi digne de ce nom, de toute garantie publique, la vénalité des juges, des fonctionnaires et des employés de tout étage, la fraude pratiquée sur une vaste échelle, les dénis de justice érigés en habitude, l’oppression des petits par les grands, et la servilité de tous »

La Russie tsariste de Nicolas 2 : un état autocratique à caractéristiques pré-fascistes

C2) Caractères particuliers des mouvements d’opposition dans la Russie du 19ème siècle

Dans le contexte totalitaire (autocratique) du tsarisme, aucune opposition politique, même très réformatrice n’était imaginable. Aussi, l’opposition prit deux formes :

- les complots pour renverser le tsar dont l’exemple type est celui des décabristes dont l’épopée fut bien rendue par Léon Tolstoï. Leurs initiateurs, comme Pestel et Ryléïev, sont effectivement des "hommes de tête et de coeur" en comparaison des tsars et des serpillières pourries les entourant (religieux, courtisans, juges, généraux, etc).

- la littérature parfois politique avec de grands noms comme Tchernychevski, Dostoïevski, Herzen, Saltykov-Chtchedrine, Kropotkine, Tourgueniev, Tolstoï, Bakounine, Pouchkine, Lermontov, Pyotr Lavrov, Nikolay Mikhaylovsky ...

Ce contexte social et politique explique pourquoi des démocrates, des socialistes, des mouvements émancipateurs ont longtemps flirté avec diverses formes d’anarchisme en Russie.

Dans tous les pays du monde, le socialisme est apparu conjointement du sein de l’intelligentsia la plus démocratique et du mouvement ouvrier le plus conscient. Tel est également le cas en Russie mais selon un rythme particulier et plus lent que dans le reste de l’Europe.

C3) Les opposants au tsarisme

Dans les années 1870, l’auteur le plus lu dans les milieux d’opposition radicale au tsarisme se nomme Tchernichevski. Il est favorable à un régime démocratique fondé sur le suffrage universel, au progrès scolaire et culturel du pays, aux droits des femmes. Il combat le racisme russe contre les minorités. Son socialisme humaniste, associatif, fédératif et par certains aspects fouriériste intéresse Marx avec lequel il correspond, obligeant celui-ci à apprendre le russe. Quoi qu’il en soit, Tchernichevski est condamné aux travaux forcés à perpétuité en Sibérie dont il n’est libéré que 25 ans plus tard dans un état physique définitivement délabré.

De nombreux opposants, qu’ils soient partisans d’une sorte de terrorisme (narodniki) ou d’un processus réformateur, se réclament d’un populisme agrarien qui peut être caractérisé par trois points :

- en finir avec le tsarisme et construire une société meilleure en s’appuyant socialement sur les moujiks. Construire une société collectiviste en s’appuyant sur les mirs.

Mir russe, Lénine et socialisme (quelques remarques)

- promouvoir un idéal de vérité, de science, de liberté et de justice

- s’appuyer sur de petits groupes de conspirateurs, aptes à déjouer la surveillance et la répression policières.

C4) Plékhanov et la naissance du marxisme en Russie

L’isolement des narodnikistes et la répression massive subie poussent des dirigeants socialistes agrariens comme Gueorgui Plekhanov, Véra Zassoulitch, Pavel Axelrod, Lev Deitch à tirer un bilan négatif de la stratégie populiste, à apprendre le marxisme et l’appliquer au contexte russe.

C5) 20 mai 1887 : Alexandre Oulianov, frère aîné de Lénine, est pendu pour son activité politique

Luc Mary brosse un acte d’accusation sans nuance de ce frère aîné de Lénine. A mon avis, sur ce point aussi, il passe à côté de la réalité. « Anarchiste dans l’âme et réfractaire à toute forme d’autorité et de hiérarchie, Alexandre Oulianov souffre du carcan des conventions et de la discipline excessive qui règnent dans les universités. »

Entré en 1883 à la faculté de mathématiques et de physique de Saint Pétersbourg, il a poursuivi des études brillantes avec une médaille d’or pour sa thèse sur les vers annulaires. Fin 1886, il adhère à un groupe socialiste populiste pour des raisons faciles à déceler : oppression et misère terrible des milieux populaires, ambiance contestataire du milieu étudiant russe de l’époque, discipline et surveillance policière sévères, place marginale des sciences dans le système scolaire, conservatisme et obscurantisme du tsarisme...

Le groupe le plus connu de la mouvance anarcho-terroriste se nomme alors Narodnaïa Volia (« La Volonté du Peuple »). Il a commis l’assassinat de l’empereur Alexandre II en 1881 et prépare celui d’Alexandre III. Alexandre Oulianov en fait partie mais ce n’est pas sur une base anarchiste ; il étudie Marx, traduit ses textes en russe, essaie de dégager une orientation commune entre populistes et marxistes. Suite à une dénonciation, cinq membres du groupe, dont lui, sont pendus.

C6) Wladimir après la pendaison de son frère

De toute évidence, la pendaison du garçon aîné à profondément touché les autres enfants. Nous le savons par une lettre d’Anna « Je ne connais personne au monde de meilleur que toi et ce n’est pas seulement la soeur qui parle : tous ceux qui te connaissent le diront, cher petit soleil perdu dans l’immensité du ciel. » Nous connaissons aussi la réaction du futur Lénine par la préceptrice Vera Kachkadamova « ça veut dire qu’il était obligé d’agir de la sorte, qu’il ne pouvait pas faire autrement ».

Cet évènement va avoir d’autant plus de poids sur l’avenir du futur Lénine :

- qu’il se plonge passionnément dans les livres (particulièrement de Tchernichevski) et les notes de son frère. Quiconque

- que l’Etat comme la société de Simbirsk, considèrent désormais le nom d’Oulianov comme naturellement suspect.

Nous pouvons partager l’affirmation de l’historien Robert Service « La disparition d’Alexandre eut pour effet de radicaliser le point de vue d’un jeune homme brillant pour le transformer en militant révolutionnaire. »

C7) Lénine à la veille de son engagement politique

Un fait révèle quelques traits de son caractère à ce moment-là : intelligence, culture, puissance de travail, tempérament endurci.

Il prépare son examen final des études secondaires alors que son frère vient d’être pendu, que les journaux le présentent comme un terrible danger pour l’ordre public, que des affiches couvrent les murs de la ville et des environs sur ce sujet. Obtenir la note maximale dans toutes les matières en de telles conditions paraît évidemment surprenant.

D) L’engagement militant

La rentrée universitaire 1887 est tendue en raison de diverses revendications locales et suite à la pendaison du groupe dont faisait partie Alexandre Oulianov.

Le cadet Oulianov s’est inscrit à Kazan où il a rapidement pris contact avec un comité "socialiste agrarien" animé par un certain Lazar Bogoraz. Un petit rassemblement se forme dans les locaux universitaires le 4 décembre 1887 avant de se disperser.

D1) Réprimé et d’autant plus actif

Dans la nuit, la police vient arrêter le futur Lénine chez sa mère avant qu’il ne soit exclu de l’université. Il se plonge d’autant plus dans le combat politique.

- Il écrit à Tchernichevski en personne malgré la surveillance policière de celui-ci,

- Il discute régulièrement avec d’anciens militants du groupe Narodnaïa Volia comme Tchetvergora et Choukht ainsi qu’avec des activistes plus jeunes comme Maria Goloubeva.

- Il participe aux réunions clandestines du cercle de Nikolaï Fedoseïev puis d’Alexeï Skliarenko à Samara (tous deux socialistes agrariens). Les discussions portent particulièrement sur la place de la paysannerie russe dans le processus de développement capitaliste ainsi que dans le projet socialiste du pays.

- Il étudie des théoriciens comme Khaltourine et Michkine, s’enthousiasme pour les ouvrages d’Emile Zola.

Il se lance dans la traduction en russe du texte anglais du Manifeste du Parti communiste, travaille sur les textes élémentaires du marxisme : Le Capital, Misère de la philosophie, l’Anti-Duhring, Situation de la classe laborieuse en Angleterre... ainsi que Nos désaccords d’Anton Plékhanov.

D2) Candidat aux diplômes universitaires de droit en candidat libre

Ne pouvant obtenir un statut légal d’étudiant, Vladimir s’inscrit comme candidat libre en faculté de droit à Saint Pétersbourg où sa soeur Olga étudie déjà. Malheureusement celle-ci est longuement hospitalisée puis décède à 19 ans de la typhoïde. C’est dans ces conditions qu’il prépare ses examens dont certains ont dû lui demander un grand effort, par exemple le droit ecclésiastique et le code de la police. Il passe ses quatorze épreuves pour lesquelles il est le seul à obtenir systématiquement la note maximale avec une mention générale Très bien.

Il revient alors en famille à Samara avec son diplôme pour valider sa formation au sein d’un cabinet d’avocat . A ce moment-là (1891-1892), la région de la Volga connaît une famine paysanne affreuse (environ 40000 morts). Vladimir Oulianov plaide peu d’affaires ; presque toutes concernent des familles très pauvres. A l’été 1893, sa mère et son petit frère allant vivre à Moscou, il décide, lui, de repartir pour Saint Pétersbourg.

D3) Marxiste et révolutionnaire

Installé dans la capitale, il s’inscrit à nouveau comme avocat mais consacre tout son temps à ses activités politiques.

Il se positionne déjà de façon à découper les mouvements d’opposition sur ses positions.

Parmi les intellectuels marxistes, il fait valoir les qualités de socialistes agrariens narodnikistes comme Piotr Tkatchev, Serguèï Nefediev et Piotr Zaïtchnevski qui sont des organisateurs, des combattants systématiques face au tsarisme, de véritables révolutionnaires et non des baratineurs. De même, il conteste radicalement les Remarques critiques de Piotr Strouve ; son écrit ne trouvant pas preneur parmi les publications légales, il en édite lui-même deux milliers mais leur diffusion est interdite et subit un autodafé en règle ; seulement une centaine circule.

Face au courant socialiste agrarien, il défend la cohérence scientifique du marxisme.

Il se dépense tant que sa santé de jeune homme est déjà fragile : typhoïde, ulcère à l’estomac, céphalées qui l’empêchent parfois de dormir.

En 1895, il part pour la Suisse.

D4) Conclusion

De sa naissance en 1870 à son premier exil (1895), je ne vois vraiment pas les traits de personnalités de Lénine qui en feraient un tyran prévisible.

C’est évidemment le contexte qui explique le mieux ses orientations et actions futures.

Jacques Serieys

E) Quelques liens

Lénine déboulonné, dénigré, oublié mais à étudier Jacques Serieys, octobre 2008)

E1) Extraits de textes de Lénine

La conception marxiste de la révolution (par Lénine)

Révolution française et révolution russe de 1905 (par Lénine) : victoire du peuple, paysans et révolution, jacobins et girondins...

À la mémoire de la Commune (Lénine - avril 1911)

De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion (Lénine, 13 mai 1909)

Lénine - Lettre à Sylvia Pankhurst (1919) (sur les élections, la révolution...)

Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme ( Lénine mars 1913)

A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe (Lénine, août 1915)

La faillite de la 2ème internationale (Lénine 1915)

LE PARTAGE DU MONDE ENTRE LES GROUPEMENTS CAPITALISTES (par Lénine)

E2) Analyse des textes et de l’orientation

[Le mythe de la conception léniniste du parti ou Qu’ont-ils fait à « Que faire » ?7202]

21 janvier 1924 : Les derniers combats de Lénine, père de la révolution russe

Lénine, une vie et une pensée en mouvement

Lénine, théoricien de la politique en actes (Daniel Bensaïd)

Relire Lénine – Retour sur le parti, le socialisme, l’Etat, l’internationalisme, la méthode

Sitographie :

https://www.marxiste.org/theorie/hi...

Sitographie :

https://www.marxiste.org/theorie/hi...


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