Relations internationales : le règne de la force ne sera jamais la solution

mercredi 11 septembre 2013.
 

Une intervention militaire en Syrie serait à l’origine de graves troubles dans un secteur géographique déjà suffisamment turbulent. En effet, une intervention, en dehors de l’ONU, ne contribuerait aucunement à dissuader un pays d’utiliser les armes chimiques en sa possession. Ce serait, au contraire, une incitation à se doter d’armements toujours plus meurtriers. Pour rappel, les USA utilisent des armes à uranium appauvri. Celles-ci polluent encore aujourd’hui les nappes phréatiques irakiennes, entraînant cancers et malformations dans la population.

Si le droit international était ainsi bafoué (l’ONU n’a pas donné son accord à une intervention armée en Syrie), nombre de pays de cette région pourraient estimer leur légitimité et leur sécurité menacées. Ce qui reviendrait à relancer l’escalade de l’armement, voire au surarmement, pour le plus grand bénéfice des vendeurs d’armes ! Pour rappel, la France est située au quatrième rang mondial. Comme il est facile ensuite de parler punition puis paix quand nos boutiquiers de la mort ont déjà le stylo au bout des doigts pour signer les contrats !

En fait, ce sont les richesses énergétiques de la Syrie qui intéressent bien plus ce cartel de pays « salvateurs », que ses 22,4 millions d’habitants. Leurs réserves en gaz et en pétrole ne sont pas négligeables et attisent la convoitise de pays énergétivores, comme les Etats-Unis et la France par exemple. Ceci peut donc expliquer cela ! Sous l’habillage de faux pompiers, ce sont de vrais gendarmes du monde qui veulent s’arroger des privilèges en règlement de leurs interventions. Ils seraient à même de décider en lieu et place des peuples ce qui est « bon » – pas pour les peuples mais pour les multinationales qui se tapissent derrière leurs exactions –.

Que ce soit en Irak, en Lybie, en Afghanistan, voire en Syrie, les ingérences armées pour « combattre le terrorisme », n’ont guère permis aux peuples de renouer avec une réelle démocratie prenant en compte les aspirations populaires, ça se saurait ! Il n’est pas question en disant cela de négliger la complexe situation politico-religieux de cette partie du monde. Mais, dans l’ombre, il est probable que de juteux contrats aient été signés. N’était-ce pas là l’essentiel ? Les milliers de morts, les familles déchirées, les enfants orphelins, la destruction d’un pays, n’arrivent hélas qu’au second plan…

Si l’on prend le temps de regarder, à quoi assistons-nous ? A une accaparation des ressources énergétiques orientales contre l’intérêt des populations et des nations les possédant. Pour y parvenir, les pays les plus puissants – militairement parlant – ont l’intention de décider seuls du mode opératoire en s’arrogeant le rôle de « justiciers ». Le but n’est évidemment pas de permettre à ces peuples d’évoluer, de s’émanciper, mais de s’approprier leurs ressources naturelles. Cette vision des choses est dangereuse pour la stabilité de la région, du monde et de notre environnement.

Le règne par la force n’est pas la solution et ne le sera jamais. Seule la diplomatie est de nature, prenant acte de ses difficultés et lenteurs, à résoudre les tensions internationales. L’ONU a un rôle essentiel à jouer à partir du moment où des pays n’ambitionnent pas de faire cavaliers seuls, mettant en avant leurs intérêts particuliers à ceux de l’intérêt général.

Dans un tel contexte, nous risquons une catastrophe écologique d’ampleur mondiale à tout moment (n’est-ce déjà pas assez avec Fukushima et son eau radioactive qui se déverse dans l’océan ?). Nous sommes incapable de la résoudre malgré notre « technologie » mais nous continuons à « jouer » avec le nucléaire, à déverser des milliers de tonnes de CO2 dans la nature, comme si de rien n’était. Il y a urgence à résoudre ce problème énergétique au plan mondial en respectant la nature, notre bien commun. Cela impose la coopération de toutes les nations, solidaires du fait qu’elles partagent le même fragile écosystème.

La France reste identifiée comme un pays attaché au droit international, respectueux de l’ONU, défenseur de la souveraineté des Etats, donc du multilatéralisme. C’est ce qu’elle apporte d’utile au monde. Si elle y renonçait, le combat engagé au lendemain de la seconde guerre mondiale pour qu’émerge un droit international, garant de la paix, recevrait un coup terrible.

Face à de tels enjeux où l’Humanité risque l’anéantissement, Il n’est pas d’actualité qu’une civilisation, un Etat, veuille s’affirmer contre les autres, ce serait une absurdité. Il faut, tout au contraire, construire de nouvelles majorités, les plus larges possibles, pour mettre les armes du droit au service de l’intérêt général humain. Notre siècle est celui de tous les dangers (politique, géostratégique, financier, sociétal et écologique). L’émancipation de la civilisation humaine ne se fera que par une profonde conviction en nos devoirs envers notre bien commun et non par la contrainte et la force pour les intérêts privés ponctuels de quelques-uns.


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