Allemagne nazie 21 au 26 juin 1933 Semaine sanglante de Köpenick

mercredi 10 janvier 2018.
 

1) Contexte

Après la Première guerre mondiale, les salariés, milieux populaires et progressistes allemands se mobilisent pour instaurer un Etat répondant à leurs aspirations.

La social-démocratie est appelée au pouvoir pour calmer cette "révolution". Elle fait appel à l’armée et aux paramilitaires d’extrême droite pour exterminer les animateurs de la gauche social-démocrate.

Une grande partie du patronat et des milieux favorisés ainsi que les forces liées à l’ancien régime bismarckien poussent au développement d’une extrême droite paramilitaire apte à casser le mouvement social. C’est dans cet objectif qu’il faut comprendre la naissance du parti nazi, ses soutiens financiers et les protections dont il bénéficie dans la justice, la haute administration, la police...

12 septembre 1919 : l’armée charge Hitler de construire le parti nazi

Après l’éclatement de la crise de 1929, ce patronat ainsi que les forces héritées de l’ancien régime bismarckien poussent à la mise en place d’un pouvoir politiquement dictatorial et économiquement libéral.

11 octobre 1931 Front de Harzburg (nazis, droite, patrons, militaires...)

[Allemagne 1931 1932 Patronat, armée et droite marchent au nazisme

Le KPD (Parti Communiste allemand), non responsable des succès de Hitler en 1932

Le nazisme naît de cette union entre patronat libéral et forces héritées de l’Allemagne impériale.

2) L’Allemagne en 1933 et 1934

30 janvier 1933 : Hitler devient le chancelier allemand. Responsabilités de Von Papen, dirigeant du Centre catholique, proche du futur Pie XII

Disposant de soutiens extrêmement influents comme les propriétaires de grands journaux, des chefs militaires prestigieux, de grands industriels et banquiers, l’Eglise catholique... les escadrons locaux de Chemises brunes établissent un climat de terreur permanente dont voici quelques exemples.

- Le 12 février 1933, une troupe de SA pénètre dans le local du Parti Communiste d’Eisleben, au n°30 de Breiten Weg, abattent trois personnes et en blessent grièvement plusieurs autres. Cet événement est depuis qualifié de « Dimanche sanglant d’Eisleben. »

- Le 17 février 1933, Goering autorise par décret les policiers (dont SA et SS) à tirer à volonté pour réprimer les manifestations.

- Le 23 février s’ouvre le premier camp de concentration, celui d’ Oranienburg.

...

Disposant de soutiens extrêmement influents comme les propriétaires de grands journaux, des chefs militaires prestigieux, de grands industriels et banquiers, l’Eglise catholique... les dirigeants nazis peuvent monter l’incendie du reichstag comme prétexte pour casser toute contestation de gauche.

27 février 1933 Incendie du Reichstag

Plusieurs décisions de l’Etat légal allemand, signées par le président, mettent en place les fondements du futur Etat nazi. Ainsi, le 28 février 1933 un décret de Hindenbourg (qui a bénéficié pour son élection du soutien de toute la droite) confère un statut de police auxiliaire (Hilfspolizei) à la SA et SS sur l’ensemble du territoire allemand. Les 50000 nazis les plus extrémistes, ayant déjà souvent sur les mains du sang de militants de gauche ou syndicalistes, se voient donc félicités et payés par l’Etat pour continuer leur besogne. Ils forment la "Polizeihilfstruppe", Troupe de police auxiliaire.

28 février 1933 L’Allemagne devient un immense camp de concentration

Devenus officiellement des policiers de l’Etat allemand, les SA et SS ne se gênent en rien pour terroriser quiconque peut être considéré comme un opposant possible, particulièrement dans les quartiers et les villes ouvrières.

9 mars 1933 Les bourreaux SA et SS nazis s’amusent du député social-démocrate Bernard Kuhnt

3) La semaine de Köpenick

La méthode habituelle des groupes militants d’extrême droite consiste à faire des "descentes" ici et là pour dévaliser, battre, ridiculiser publiquement, torturer des personnes considérées d’opinion adverse.

Ce type d’opération se déroule particulièrement dans l’Etat de Prusse (capitale : Berlin ) dont Hermann Göring est le président et qui a enrôlé les Chemises brunes dans la police fédérale.

Une répression d’une ampleur sans précédent se déploie contre les opposants politiques, particulièrement en Prusse. La police reçoit l’ordre de « stopper, par tous les moyens, l’action des organisations antinationales » et « en cas de nécessité de faire usage de ses armes de service ». Les pistolets remplacent les matraques.

C’est ainsi qu’à Berlin des SA organisent une descente massive dans la banlieue ouvrière de Köpenick qui vote majoritairement pour les sociaux-démocrates et pour les communistes. Ils se heurtent alors à la résistance particulièrement courageuse d’un jeune social-démocrate qui tue trois SA.

En réaction, les Chemises brunes planifient et mettent en oeuvre une opération armée pour terroriser toute la population du quartier.

Environ cinq cents hommes sont arrêtés chez eux. Ils bénéficient de séances de torture tellement sauvages que quatre-vingt onze en meurent.

Notons parmi ces décédés par torture, plusieurs personnalités de gauche connues comme l’ex ministre président du Mecklembourg Johannes Stelling.


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