Vive la République ! Le Pen dehors ! (22 avril 2002)

mercredi 24 avril 2019.
 

Lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2002 (21 avril), Jacques Chirac (19,88%) et Jean Marie Le Pen (16,86%) se qualifiaient pour le second tour. Lionel Jospin (16,18%), premier ministre, candidat du PS, était éliminé.

- A1) Vive la République le 22 avril 2002

- A2) Un cri du coeur bicentenaire

- A3) Souvenirs d’enfance

- A4) Vive la République ! répétaient les manuels scolaires de l’école publique

- A5) Vive la République, répétons-nous durant cette campagne contre le Traité Constitutionnel Européen

- A6) Lettre du Sénateur Jean-Luc Mélenchon : Numéro spécial "constitution européenne"

A) Les manifestations lycéennes et étudiantes de la fin avril 2002

Des rassemblements et manifestations ont été organisés dans plusieurs villes (par exemple Clermont-Ferrand), immédiatement après l’annonce de la présence lepéniste au second tour.

Dès le lundi matin 22 avril 2002, la jeunesse montrait l’exemple en partant en grèves et manifestations contre cette honte pour la France que représentait l’accession au second tour d’un chantre du pétainisme et de l’OAS. Bientôt des initiatives syndicales, associatives et politiques prirent le relai des lycéens en une gigantesque vague qui fit plaisir aux survivants de la Résistance antinazie.

Les médias annoncent 70000 manifestants le mardi 23 avril puis 350000 le jeudi 25, 500000 le samedi 27 et 1500000 le 1er mai.

Voici quelques liens pour rappeler ce souvenir magnifique :

Les manifestations anti-FN dans la région de Bordeaux en 2002 http://www.sudouest.fr/2017/04/26/p...

Manifestations anti FN : beaucoup d’étudiants http://www.ina.fr/video/1993018001005

Les manifestations anti-FN à Pau en 2002 http://www.larepubliquedespyrenees....

30000 jeunes contre le FN à Nancy http://www.republicain-lorrain.fr/a...

Vive la République le 22 avril 2002... même à Rodez

Dès le soir du 21 avril, j’avais noté dans les reportages télévisés, le mot d’ordre "défendre les valeurs de la République" parmi les opposants à Le Pen.

Le 22 avril 2002 au matin, je quittais mon domicile épuisé par la soirée de la veille et par mes insomnies de la nuit. Le Pen au second tour ; la France allait-elle revivre les années 1930 ? Soudain, je vis une affiche puis des dizaines d’affiches anti-Le Pen, confectionnées et collées dans la nuit par des jeunes sans appartenance organisationnelles mais pour la-plupart nés dans des familles politisées à gauche. Pour couronner le tout, une inscription "Vive la République ! Le Pen t’es foutu".

Ma raison comme mes sentiments ont réagi au quart de tour. Quelle excellente idée de puiser dans le tréfonds culturel des milieux populaires (y compris ruraux de l’Aveyron) et de la gauche française ce vieux cri de guerre contre les réactionnaires : VIVE LA REPUBLIQUE !

B) "Vive la République", un projet politique dont institutionnel

Dans la tradition historique et culturelle de pays comme la France, l’Espagne et l’Italie, mais aussi pour plusieurs peuples latino-américains, la république n’est pas une forme institutionnelle neutre mais le projet politique porté par les progressistes face aux réactionnaires royalistes, cléricaux et fascisants.

Ayant rédigé plusieurs textes sur le sujet, je renvois le lecteur :

- à notre rubrique REPUBLIQUE http://www.gauchemip.org/spip.php?r...

- à quelques articles particulièrement

Pour un républicanisme anticapitaliste

Quelle république voulons-nous ? Pourquoi la République ?

Histoire : République Révolution

Etre républicain aujourd’hui, c’est lutter vraiment à gauche !

Préfet Au nom de la république ?

Le contenu politique de la République et les exigences d’un vrai pouvoir ouvrier

Ce combat politique souvent difficile s’est par exemple concrétisé dans les Déclarations des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 et 1793, dans la devise Liberté Egalité Fraternité, dans la séparation des religions et de l’Etat, dans la construction d’une Education publique, dans le programme du CNR et le préambule de la constitution de 1946, dans des réalisations comme la Sécurité sociale, les retraites par répartition et les services publics...

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (votée le 26 août 1789)

Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 23 juin 1793, texte d’importance historique universelle

Liberté, Egalité, Fraternité Une devise d’inspiration républicaine et socialiste revendiquée par le Français d’aujourd’hui

Préambule de la constitution de 1946

Depuis plus de deux siècles, bien des combats populaires et progressistes se construisent en France sous ce slogan : Vive la République !

Tel a été le cas par exemple :

- des volontaires de l’An 2,

- des premiers manifestants lors de la révolution de 1830

- du mouvement avant et pendant la révolution de 1848

- des comités mobilisés dans les années 1873 à 1914 pour ne pas subir à nouveau une royauté, pour répondre aux aspirations des milieux populaires, pour contenir la droite oligarchique, réactionnaire et militariste, pour bâtir un monde meilleur

- des manifestations contre les ligues d’extrême droite dans les années 1934 à 1939

- des Résistants à la Libération

- des jeunes donc, mobilisés fin avril 2002 contre le risque d’une victoire électorale du FN lors de l’élection présidentielle

C) "Vive la République" Un cri du coeur bicentenaire pour beaucoup de Français

Il m’a toujours remué au plus profond des entrailles.

Vive la République ! Tel fut le cri local de ralliement pour les Montagnards félicités par la Convention nationale, pour la gauche de la Restauration (ceux qui n’étaient pas royalistes), pour les victimes de la Terreur blanche durant la Restauration, pour les insurgés du petit matin qui occupèrent la mairie en février 1848 (y écrivant une déclaration magnifique toujours lisible sur le registre de délibérations), pour les volontaires de 1870, pour le groupe des Avancés qui anima le Comité républicain de 1878 jusqu’en 1929, lors de la contre-manifestation de Rodez face aux fascistes en 1925, en soutien au Frente Popular espagnol. Surtout, c’est par ces mots que mon grand oncle Louis Valette (frère de ma grand mère et réputé de gauche modérée) commença et termina son discours introductif lors de la réunion de l’Association des Anciens combattants durant l’été 1940 qui refusa l’adhésion à la Ligue Française des Combattants (« Nous, nous avons toujours été républicains ; donc, ni racistes, ni fascistes ; aussi, aucun de nous ne peut adhérer à cette Ligue... » La répression vichyste suivit... évidemment.

Vive la République ! répétaient les manuels scolaires de l’école publique

Je me rappelle encore de la page résumant l’Ancien régime : les arrestations arbitraires par lettre de cachet, la torture de la roue pour entraîner des aveux, les Africains pris et vendus comme esclaves, le paysan "mulet du royaume" surchargé d’impôts... Comme nous avions vécu pire à Entraygues sur Truyère, j’intégrais cette vision apocalyptique sans problème. Je me rappelle encore plus des illustrations exaltant la Révolution : les pauvres armés de faux incendiant le château, Mirabeau tonnant "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes", la prise la Bastille, la nuit du 4 août, les droits de l’homme et du citoyen, la création des communes et départements, les volontaires, la Patrie en danger ! le soir de Valmy, les soldats de l’An II chargeant à la baïonnette, Bara et Viala, Hoche et Marceau, la levée en masse...

E) Vive la République, répétons-nous durant cette campagne contre le Traité Constitutionnel Européen

Après avoir distribué des milliers et des milliers de tracts dans de petits chefs lieux de commune de l’Aveyron, je fais un constat. De nombreux citoyens demandent de prime abord : Vous êtes de quel parti ? La réponse du Mouvement pour la République Sociale permet l’ouverture d’un lien avec presque tous les interlocuteurs. Même en développant les mêmes raisonnements, ce ne serait pas le cas pour des sigles genre "Communiste révolutionnaire" ou "marxiste léniniste". Je me reconnais moi-même sur une orientation, disons, socialiste révolutionnaire, mais je pointe la nécessité de tenir compte du niveau de conscience moyen pour convaincre.

J’ajoute que dans l’état d’accaparement oligarchique anti-démocratique de l’Union Européenne, se revendiquer de la République, permet d’avancer plusieurs arguments frappants :

- la république, c’est un régime dans lequel le peuple est source du pouvoir. Est-ce le cas de l’Union européenne ? La réponse fuse aussitôt de l’interlocuteur : NON

- la république, c’est un régime qui empêche la privatisation du pouvoir au profit d’un monarque ou d’une oligarchie. Est-ce que l’Union européenne est indépendante des grandes fortunes ? Cent fois que NON.

- la république est pour l’essentiel, synonyme de démocratie, argumentait les fondateurs du républicanisme à la française, par exemple Jean Jaurès. L’Union européenne est-elle démocratique ? Mille fois NON.

- la république, c’est un projet social et progressiste pour répondre à l’intérêt général et aux aspirations populaires pour vivre mieux. Est-ce le cas de l’Union européenne ? Des milliers de fois NON

A6) Lettre du Sénateur Jean-Luc Mélenchon : Numéro spécial "constitution européenne"

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A7) Quelques articles de notre site sur "la république"

La droite est-elle devenue républicaine ?

Préfet Au nom de la république ?

Histoire : République Révolution

Lien vers notre rubrique REPUBLIQUE :

http://www.gauchemip.org/spip.php?r...


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