Retraites A bas la loi Hollande MEDEF (69 articles)

mardi 14 octobre 2014.
 

69) Hollande a fait voter son injuste loi retraite. Nous ne l’accepterons jamais ! (Jacques Serieys)

En France, on ne peut être socialiste sans défendre les grands acquis de 1905, 1936, la Libération et 1981. Tous les gouvernements de gauche ont fait progresser les retraites.

Et puis patatras ! Il a suffi d’un François Hollande qui n’a jamais été socialiste, d’une Marisol Touraine trop riche pour prendre en compte les pauvres, de députés bénis oui oui pour balayer plus d’un siècle de combat social, pour donner raison momentanément au Tous pourris !

J’ai honte pour les familles dont je savais les énormes privations impliquées par la grève en 1995, 2003 puis 2010 mais qui poursuivaient la lutte pour ne pas perdre ce que nos anciens avaient eu tant de mal à conquérir.

J’ai honte pour les adhérents socialistes de base qui ont voté systématiquement et benoîtement l’inverse dans tous les congrès depuis 50 ans.

Il est vrai qu’un acquis social demande à évoluer fonction de nouveaux contextes. La question centrale demeure Qui profite de cette évolution ? Cette loi Hollande Ayrault ne bénéficie en aucune manière au peuple.

Depuis 30 ans, le grand capital et les droites poussent dans tous les pays européens à une baisse des retraites par répartition pour favoriser celles par capitalisation. Pourquoi ? pour garantir les intérêts du capital placé, pour élargir la sphère économique du marché. Le social-libéralisme leur a emboîté le pas ; dans les années 1997 à 2000, une grosse partie des dirigeants et élus du PS souhaitaient une loi retraite instaurant un "troisième étage" constitué par de la capitalisation ; c’était le cas en particulier de la Commission Europe dirigée par Pierre Moscovici.

En France, cette baisse des retraites par répartition est déjà une réalité. Les pensions ont diminué de 9% entre 1993 et 2003 (source COR), estimée à 8% entre 2003 et 2011 (FO) ; selon le COR encore, elles doivent s’effondrer de 25,5% d’ici 2060 par la seule application des réformes de 2003, 2010 et 2013.

De plus, les contre-réformes de Chirac, Sarkozy, Hollande volent sept ans de retraite aux salariés ; les meilleures puisque la santé se détériore à partir de 59 ans pour les ouvriers, de 70 ans en moyenne pour l’ensemble des Français.

Durant les 30 dernières années, les rentiers ont pris 200 milliards d’euros dans les poches des salariés. Les retraites de ces derniers en étaient déjà automatiquement affectées. Le décompte des meilleures années passant de 10 à 25 en 1995 avait eu des conséquences négatives immédiates. La fin de l’indexation des retraites sur les traitements n’avait rien arrangé. L’augmentation du nombre d’annuités de 37,5 à 42 les pénalisaient aussi considérablement dans cette époque de plans sociaux, de chômage, de contrats à durée déterminée... Vu que ce sont les mêmes qui meurent les plus jeunes et donc profitent le moins de leur retraite, l’injustice est énorme, tellement énorme qu’elle est inadmissible !

Les parlementaires qui ont avalisé et aggravé cela ne sont pas de gauche malgré leur petit baroud d’honneur de la dernière nuit ! Il est vrai que leurs origines sociales et leurs revenus ne les intègrent pas dans le monde du travail, à part cas rare. Je n’admets pas qu’ils n’aient même pas la reconnaissance du ventre. Qu’est-ce qui a permis au Parti Socialiste de revenir au pouvoir au printemps 1997 sinon l’ampleur de la grève générale contre le plan Juppé en décembre 1995 ? Qu’est ce qui a permis le raz de marée rose lors des cantonales et régionales (20 régions sur 22) de 2004 sinon les 140 jours de lutte, 11 journées nationales de grève enseignante, 9 journées interprofessionnelles de lutte de 2003 ? Qu’est-ce qui a permis les victoires électorales des présidentielles et législatives de 2012 sinon les huit millions de personnes qui ont participé à au moins une manifestation de l’automne 2010 ?

De plus, cette loi anti-ouvrière profondément dépendantes des intérêts du capitalisme financier va de pair avec d’autres mesures défavorables aux salariés :

- report de la date d’ajustement des pensions sur les prix du 1er avril au 1er octobre.

- fiscalisation de la part de 10% attribuée aux retraités qui ont eu trois enfants.

- gel des hausses des retraites complémentaires désindexées des prix en 2013, 2014, 2015

- hausse des cotisations sociales salariées (0,3% soit 2,2 milliards d’euros)

- hausse de la TVA au 1er janvier 2014...

La baisse de pouvoir d’achat correspondant à ces seules mesures a été estimée entre 4 et 7% sur trois ans. Vu que la loi Hollande Ayrault Touraine prolonge la baisse des retraites et pensions jusqu’en 2035, où en serons-nous d’ici là ?

Chaque jour, télés, radios et journaux nous ont rappelé le prétendu "trou des retraites" : 7,6 milliards d’euros en 2013. Comme le fait justement remarquer Gérard Filoche « c’est peanuts alors que nous savons qu’il existe 80 milliards de fraude fiscale par an, 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, et que les 500 familles ont amassé 59 milliards de plus en un an, passant de 271 à 330 milliards (16 % du PIB). La France n’a jamais été aussi riche et c’est honteux de prendre aux petites retraites dont la moitié est inférieure à 993 euros... Les difficultés présumées de nos caisses de retraites n’ont pas de raisons structurelles : l’espérance de vie stagne à nouveau, l’espérance de vie en bonne santé régresse depuis 5 ans, la démographie est favorable. Même si on accepte les chiffres du COR, le PIB en 2011 s’élève à 2000 milliards, il devrait être multiplié par 2,25 en 2060 et donc atteindre 4500 milliards. Le COR estime que la productivité du travail aura doublé : 1,35 cotisant produira en 2060 autant que 2,7 cotisants aujourd’hui. Il ne devrait pas être trop difficile d’augmenter la part du PIB destinée aux retraites, même avec 21,8 millions de retraités en 2060 contre 15,1 millions en 2060 ! »

Comme l’a bien noté André Chassaigne lors de son intervention à l’Assemblée nationale, cette loi contre les retraites est mauvaise pour les femmes, pour les salariés, pour les retraités mais aussi pour les jeunes : « Le compte n’y est pas pour les jeunes, dont François Hollande affirmait vouloir faire sa priorité, demandant à être jugé sur les mesures qu’il prendrait à leur égard. Faut-il donc le juger sur les seules mesures de rachat des années d’études et de trimestres de stages ? C’est plutôt mince ! L’adoption de ce projet de loi aura pour eux une double amertume. L’effet quasi immédiat, par l’allongement de la période d’activité des seniors, sera de retarder leur entrée dans la vie active, de repousser l’âge auquel ils signeront leur premier contrat à durée indéterminée, de prolonger une précarité qu’ils subissent déjà trop injustement. L’effet secondaire, pour le moment indolore, n’en est pas moins injuste : il les pénalisera à double titre au moment de la retraite, d’abord en les contraignant à travailler au moins jusqu’à 66 ans en moyenne, ainsi que vous l’avez admis, madame la ministre, dans un récent rapport à la Commission européenne, puis en leur réservant une retraite de misère. »

Répétons que durant les 30 dernières années, les rentiers (dividendes d’actions) ont pris 200 milliards d’euros dans les poches des salariés. Les hauts revenus ont bondi de façon astronomique aux dépens toujours des salariés et de l’investissement productif (d’où chômage). Le financement de la Sécurité Sociale s’en trouve évidemment affecté. Le coût du capital... voilà la principale raison du petit déséquilibre financier des retraites et non l’allongement de la durée de vie qui a bon dos au moment où il stagne ou même régresse en raison des conditions de travail et de statut.

D’autres solutions pouvaient être envisagées pour conforter financièrement les retraites par répartition. André Chassaigne les a introduites devant les députés « Vous avez délibérément choisi de n’agir que sur les leviers les plus injustes pour les salariés, alors même que l’élargissement de l’assiette des cotisations sociales aux revenus financiers serait presque indolore pour la compétitivité des entreprises, dans la mesure où il s’agit de revenus déjà distribués, dont une large part n’est jamais réinvestie dans l’économie, du moins pas dans l’économie génératrice d’emploi. L’assujettissement de ces revenus financiers au même niveau que les salaires rapporterait immédiatement 30 milliards d’euros au bas mot, soit au moins quatre fois plus que ce que vous escomptez récolter avec cette réforme injuste. » De plus, « non contents de valider les exonérations générales de cotisations sociales, vous les avez renforcées en faisant adopter le CICE, scellant le carcan des grilles salariales comprises entre 1 et 2,5 SMIC. »

Je ne peux terminer sans annoncer une bombe anti-retraites amorcée par cette loi : elle met en place un organisme "d’experts", sans présence des syndicats de salariés, chargé de décider seul, si besoin, d’une nouvelle aggravation des droits à la retraite. Même Sarkozy n’avait pas pensé à un tel stratagème pour se défiler des responsabilités devant les Français.

Résumons-nous pour conclure : Cette loi Hollande Ayrault Touraine s’attaque aux salariés et retraités pour protéger les profits et dividendes des gros actionnaires. Elle avalise et aggrave les lois précédentes dont le but était de casser ce coeur des grandes réformes de la Libération : les retraites par répartition. J’ai connu des Résistants qui appelleraient à prendre le fusil s’ils n’étaient pas morts. Dans nos têtes, gardons une telle détermination... et le plus tôt possible, faisons abroger cette pantalonnade de loi. Dans l’immédiat, conservons la distance critique et exigeante nécessaire vis à vis du Parti Socialiste dans les élections de ce printemps 2013... sinon nous désespèrerions un peu plus les citoyens qui nous font confiance.

Jacques Serieys

68) Mercredi 18 décembre Jour noir pour nos retraites

Hier, les parlementaires du SPD ont voté leur soutien à Mme Merkel et son gouvernement de coalition CDU/SPD.

Aujourd’hui, à l’assemblée nationale, l’adoption définitive de la réforme des retraites par la majorité gouvernementale, hors député-e-s EE-LV, constitue un vote tout aussi historiquement honteux.

C’est en effet la toute première fois dans l’histoire de notre République qu’un gouvernement dit "de gauche" fait adopter une réforme qui recule l’âge de départ à la retraite ! Voilà la commission européenne satisfaite, elle qui avait exigé cette réforme en échange de l’assouplissement léger et provisoire de la règle d’or budgétaire.

Voilà la politique de l’offre renforcée qui fait du niveau des revenus salariés et des dépenses de protection sociale les causes de la crise.

Comme les précédentes réformes Balladur puis Fillon, celle-ci ne réglera rien mais va aggraver le sort des salariés et des retraités dans notre pays tout en favorisant à la fois le chômage chez les jeunes et les salariés en fin d’activité.

Et dire que François Hollande aura certainement dû sa victoire du 12 mai 2012 au passage en force de Nicolas Sarkozy sur sa réforme des retraites !

Il aura donc réussi à faire pire. C’est un mercredi noir pour nos retraites

Eric Coquerel, Secrétaire national du Parti de Gauche

67) Loi contre les retraites votée dans la douleur

L’Assemblée nationale a finalement adopté ce mardi 26 novembre le texte défendu par la ministre Marisol Touraine après que les députés de la majorité ont multiplié les exceptions afin d’alléger le poids des économies réalisées.

Très discuté, le texte a finalement été adopté par 291 voix contre 243.

C’est dans un climat de tension au sein même du Parti socialiste que le scrutin s’est déroulé, le gouvernement ayant décidé la semaine dernière d’opter pour la procédure du vote bloqué, très impopulaire chez les parlementaires. Ce dispositif prévu par la Constitution prévoit que les députés se prononcent par un seul vote sur tout ou partie du texte en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le gouvernement. Un passage en force en bonne et due forme à moins qu’une majorité d’élus ne décide de ruer dans les brancards.

Passage en force

Adoptée de justesse une première fois à l’Assemblée, rejetée au Sénat, la réforme n’a cessé d’être rafistolée par une majorité de circonstance au Parlement et contre la volonté du gouvernement. Dernier couac en date, les députés ont supprimé à la surprise générale le report de six mois de la revalorisation des retraites. Mesure d’économie qui cristallise l’opposition des écologistes, des communistes, du centre et de l’UMP.

Dans la foulée, l’annonce du vote bloqué, auquel le gouvernement Fillon avait déjà eu recours pour sa propre réforme des retraites de 2010, avait provoqué jeudi les protestations de cinq groupes parlementaires, François de Rugy, co-président du groupe EELV, critiquant une volonté de "passer par dessus la volonté de plusieurs groupes" . Le chef de file des députés FG André Chassaigne, opposés à la réforme, avait lui accusé le gouvernement de sombrer "dans l’indignité", avec un "exercice pitoyable pour la démocratie".

Afin d’éviter un désaveu magistral, sur lequel comptaient ardemment le Front de Gauche et les syndicats contestataires, le gouvernement avait opté pour la calinothérapie au prix de quelques aménagements parlementaires. Dans la nuit de lundi à mardi, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait présenté toute une série de mesures compensatoires censées soulager les petites retraites du report de la revalorisation annuelle qui sera bel et bien maintenu.

Source de cet article 67 : http://www.huffingtonpost.fr/2013/1...

66) Loi retraite : Ayrault impose à l’Assemblée un vote bloqué sans débat

Pour lire cet article 66, cliquer sur le titre 66 ci-dessus.

65) Lettre aux député-e-s abstentionnistes : dites non à cette réforme des retraites

64) Réforme des retraites touchée… coulons la !

Eric Coquerel, Secrétaire national du Parti de Gauche

La réforme des retraites vient d’être retoquée à l’unanimité au Sénat. Le Parti de Gauche se félicite que cette loi de régression sociale soit ainsi touchée. Il est désormais possible de la couler.

Lors du 1er passage à l’assemblée nationale elle n’avait en effet pas obtenu de majorité absolue. Il suffit donc lors de son passage final que les 47 députés de gauche abstentionnistes - dont le groupe EE-LV et plusieurs socialistes - aillent jusqu’au bout de leur conviction en rejoignant ceux du Front de Gauche dans leur opposition à cette loi et elle ne passe pas !

Ces parlementaires du PS et d’EE-LV n’ont pas été élus pour faire pire que la réforme Sarkozy. Le Parti de Gauche les appelle donc solennellement, ainsi que plus largement tous les député-e-s de gauche, a,enfin, dire clairement non.

63) Le Sénat rejette la réforme des retraites à l’unanimité

Le Sénat a rejeté mardi 5 novembre le projet de réforme des retraites à l’unanimité, socialistes compris.

Les sénateurs avaient adopté trois amendements portant sur des dispositions importantes :

- un rejet de l’allongement progressif de la durée de cotisation

- un rejet du compte pénibilité.

- un système de retraite par points proposé par le centre droit du Sénat

Dans ces conditions, les sénateurs socialistes ont voté contre le texte en même temps que le Front de Gauche et que la droite.

Le texte doit à présent à nouveau repasser devant l’Assemblée nationale, les 19 ou 20 novembre, après un échec probable en commission mixte paritaire (CMP), où sont présents sept sénateurs et sept députés.

62) Retraites : on ne lâche rien !

Après l’adoption de la contre-réforme des retraites par une courte majorité à l’Assemblée Nationale, la mobilisation reste plus que jamais nécessaire ! C’est maintenant au Sénat que se tiennent les débats du 28 octobre au 5 novembre.

Le collectif unitaire retraites 2013 poursuit sa mobilisation contre un projet de réforme qui va poursuivre l’entreprise de démolition des retraites par répartition et contribuer à appauvrir davantage les futurs retraités.

Nous pensons qu’une autre réforme des retraites est possible : retraite à 60 ans, départs anticipés pour travaux pénibles… Les possibilités de financement existent : par exemple, en soumettant à cotisation les revenus financiers.

C’est pourquoi nous nous mobilisons pour que le Sénat rejette ce projet de réforme injuste et irresponsable. La bataille n’est pas terminée ! A ce titre, nous appelons à participer au rassemblement unitaire interprofessionnel qui se tiendra devant le Sénat, rue de Tournon, (Métro Odéon), le mercredi 30 octobre 2013 à 12H30.

Communiqué du collectif Retraites 2013

61) Retraites. Prise en compte de la pénibilité : attention à la désillusion

Pour lire cet article 61 sur la prise en compte de la pénibilité dans la loi sur les retraites, cliquer sur le titre 61 ci-dessus.

60) Retraites : Hollande, menteur aux ordres de Bruxelles

59) Un résumé contre le plan retraite d’Ayrault (Jean-Luc Mélenchon)

58) Un 10 septembre qui ne sonne pas la retraite

57) La retraite de Hollande est une Bérézina sociale (PG)

56) Pour nos retraites , on lutte !

Conférence de presse du Collectif retraites 2013 : Jean-Marie Harribey (Attac), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Christiane Marty (collectif femmes), Jean-Luc Mélenchon (PG), Olivier Besancenot (NPA), Karima Delli (EELVerts), Gérard Filoche, Pierre Laurent (PCF)...

55) "Un projet de réforme des retraites fou et aberrant" (Jean-Marie Harribey, ATTAC, Copernic, Collectif retraites)

54) La réforme des retraites, un empilement d’arnaques (Jean-Luc Mélenchon)

53) La réforme anti retraites que le gouvernement veut faire voter n’est, hélas, ni « juste » ni « équilibrée » (Gérard Filoche, BN du PS)

52) Retraites : SIX ARGUMENTS CONTRE L’ALLONGEMENT DE LA DUREE DE COTISATION (CGT)

51) « Réforme des retraites : » l’UNEF appelle les étudiants à manifester le 10 septembre

50) Retraites : Un projet gouvernemental inacceptable (CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES fonction publique)

49) Les embrouilles du plan Ayrault contre les retraites (Jean-Luc Mélenchon)

48) Projet Ayrault sur les retraites : triste première pour un gouvernement de gauche

Déclaration du Front de Gauche : PCF - PG - GU -C&A -R&S -FASE -GA -PCOF - Alternatifs

Les éléments du projet gouvernemental de réforme de retraites sont maintenant dévoilés.

Elle repart de la réforme Sarkozy : le gouvernement légitime la fin de la retraite à 60 ans. Elle utilise les mêmes leviers que toutes les réformes de la droite : allongement de la durée de cotisations ce qui signifie le recul de l’âge réel de départ en retraite. C’est une triste première pour un gouvernement de gauche ; elle touchera plus particulièrement les jeunes.

Les retraité-e-s seront mis à contribution, une « double peine » pour eux après une vie de salarié-e-s à cotiser pour la protection sociale.

D’autre part, si le gouvernement annonce une augmentation des cotisations des salariés et des patrons, ceux-ci sont rassurés par l’annonce de l’allègement de leurs cotisations concernant les prestations familiales dès 2014. Il s’agit d’un nouveau cadeau au patronat après les 20 milliards déjà accordés aux entreprises sans contrepartie en 2013. Puisqu’il est si bien entendu, le MEDEF aurait tort de ne pas en demander encore plus comme il le fait dès aujourd’hui…

Cette contre-réforme ne vise en rien un progrès ! Avec ces mesures inefficaces et injustes, c’est plus de chômage et moins de pouvoir d’achat.

Les classes populaires, les classes moyennes et les retraité-e-s sont ponctionnées au lieu de faire financer les entreprises et la finance.

Cette « réforme » n’est pas faite pour répondre aux besoins des Français mais pour obéir aux injonctions de Bruxelles. Pour cela, le gouvernement est prêt à faire ce qu’aucun gouvernement « de gauche » n’a fait. Au mépris des aspirations de ceux qui ont battu Nicolas Sarkozy et l’avis d’une part grandissante de la majorité gouvernementale comme le montrent, notamment, les réactions à Europe Ecologie – Les Verts ou l’appel de 3000 socialistes.

A l’inverse, le Front de gauche entend contribuer à la plus grande unité possible contre cette réforme derrière les syndicats et dans le cadre du Collectif retraites 2013. La première mobilisation du 10 septembre, le succès de la fête de l’Humanité doivent être au plus haut niveau pour se faire entendre du gouvernement.

47) 27 août : Le gouvernement entérine et accroit la réforme Sarkozy

Pour accéder à ce document, cliquer sur le titre 47 ci-dessus.

46) Retraites  : l’été 2013 de tous les coups en douce

45) Grève générale le 10 septembre pour défendre les retraites (appel CGT)

44) La Retraite, une affaire de jeunes (appel de 14 organisations de jeunesse)

Pour accéder à ce document, cliquer sur le titre 44 ci-dessus.

43) Retraite : « Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins ! » (positions prises au sein du Parti Socialiste)

42) Retraite : la bourse ou la vie ?

Pour accéder à ces document, cliquer sur le titre 42 ci-dessus.

41) Hollande, touche pas à nos retraites ( PG)

Pour accéder à ce montage audiovisuel, cliquer sur le titre 41 ci-dessus.

40) Ensemble, défendons nos retraites (appel unitaire)

Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.

Refusons les régressions sociales

« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes.

L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.

L’austérité sans fin est suicidaire

Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission.

Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient réduits !

Il est possible de faire autrement

L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C’est à nouveau la voie à suivre.

Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.

Il y a plus de retraité-es ? A moins de décréter leur paupérisation, il est normal de financer leurs retraites en augmentant leur part dans la richesse produite. Selon le Conseil d’orientation des retraites, il faudrait, à législation inchangée, un point de PIB supplémentaire en 2020 pour équilibrer le système de retraite alors que la part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.

Pour une large mobilisation citoyenne

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la destruction des solidarités sociales, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » dans une société productiviste et inégalitaire. Cet engrenage favorise l’extrême droite et menace à terme la démocratie. Comme en Europe du Sud et dans bien d’autres pays du monde, la société doit se mettre en mouvement. Pour y contribuer nous organiserons partout des réunions, des initiatives de rue, des ateliers d’éducation populaire et nous soutiendrons les initiatives prises par le mouvement syndical. Nous voulons un système de retraites solidaire.

Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

Premiers signataires

Gérard Aschieri (président de l’institut de la FSU) - Clémentine Autain (FASE) - Ana Azaria (Femmes Egalité) - Marinette Bache (Résistance sociale) - Guillaume Etiévant (économiste) - Fatima-Ezzahra Benomar (Les Effronté-e-s) - Michel Barthélémy (CEMS-IMM CNRS) - Nicolas Belorgey (sociologue, CNRS) - Nicolas Béniès (économiste) - Gérard Berthiot (vice-président PS de la région Champagne Ardenne) - Sophie Béroud (politiste, université Lyon 2) - Jean Bigot (producteur de cinéma) - Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche) - Bernard Bosc (Réseau Féministe Ruptures) - Jean-Jacques Boislaroussie (les Alternatifs) - Gérard Billon (CGT) - Jean Marc Canon (secrétaire général UGFF CGT) - Bernard Cassen (Mémoire des luttes) - Nadine Castellani (secrétaire nationale CGT-Educ’action) - Jean-Claude Chailley (Résistance sociale) - Isabelle Charpentier (sociologue, université Versailles-Saint Quentin) - Chantal Charvy (Femmes Egalités) - Gérard Chaouat (Bureau national SNCS FSU) - Philippe Corcuff (sociologue, IEP de Lyon) - Laurent Cordonnier (économiste Lille 1) - Annick Coupé (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Thomas Coutrot (économiste) - Alexis Cukier (Editions La Dispute) - Isabelle De Almeida (présidente du Conseil National du PCF) - Marielle Debos (politiste, université Paris Ouest Nanterre) - Claude Debons (syndicaliste) - Bernard Defaix (Convergence de Défense des services publics) - Laure Delair (Vice Présidente de l’UNEF) - Christophe Delecourt (CGT Finances) - Karima Delli (députée européenne EuropeEcologie/Les Verts) - Monique Dental (Réseau Féministe Ruptures) - Ivan Dementhon (président de l’Union Nationale Lycéenne) - Patrick Désiré (secrétaire général de la CGT-Educ’action) - Michèle Dessenne (M’PEP porte parole national) - Jean-Michel Drevon (Etats Généraux du Service Public) - Paul Dirkx (sociologue, université de Lorraine) - Denis Durand (CGT Banque de France) - Cédric Durand (économiste, université Paris 13) - Philippe Enclos (juriste, université Lille 2) - Anne Eydoux (économistes atterrés) - Anne Féray (Secrétaire Nationale de la FSU) - Gwenaëlle Ferré (CNDF) - Jacqueline Fraysse (Député des Hauts de Seine FASE-Gauche citoyenne) - Gerard Gueniffey (retraité CGT) - Jérôme Gleizes (économiste, université Paris 13) - Jean-Marie Harribey (ATTAC) - Clémence Helfter (militante d’Osez le féminisme !) - Gérad Filoche (membre du Bureau National du PS) - Bertrand Geay (politiste, université de Picardie) - Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste) - Cyril Gispert (agrégé d’économie) - Lucas Gomez (Les Effronté-e-s) - Bernadette Groison (Secrétaire Générale de la FSU) - Elsa Hardouineau (trésorière nationale de l’Union Nationale Lycéenne) - Nordine Idir (Secrétaire général du MJCF) - Lucien Jallamion (secrétaire général de République et Socialisme) - Wandrille Jumeaux, (Secrétaire fédéral des Jeunes Écologistes) - Nicolas Jounin (sociologue, université Paris 8) - Marianne Journiac (porte-parole de République et Socialisme) - Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic) - Razmig Keucheyan (sociologue, université Paris 4) - Lucile Koch-Schlund, (Secrétaire fédérale des Jeunes Écologistes) - Michel Koebel (sociologue, université de Strasbourg) - Bernard Lacroix (politiste, Institut Universitaire de France) - Rose-Marie Lagrave (sociologue, EHESS) - Véronique Lamy (porte-parole PCOF) - Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) - Jacques Le Bohec (professeur de sciences de la communication, Lyon 2) - Isabelle Le Roux-Meunier (CGT Banque de France) - Alain Lipietz (économiste EuropeEcologie/Les Verts) - Wenceslas Lizé (sociologue, université de Picardie) - Marc Mangenot (économiste) - Jean-Claude Mamet (Convergences et Alternative) - Alain Marcu (secrétariat d’AC) - Nathalie Marcu (les Alternatifs) - Olivier Masclet (sociologue, université Paris 5) - Lilian Mathieu (sociologue CNRS) - Philippe Marlière (politiste, université de Londres) - Myriam Martin (Gauche Anticapitaliste) - Christiane Marty (Bureau de la Fondation Copernic) - Gustave Massiah (fondateur d’IPAM) - Gérard Mauger (sociologue, CNRS) - Jean-Luc Mélenchon (co-président du Parti de Gauche) - Olivier Michel (informaticien, université Paris Est) - Catherine Mills (rédactrice d’Economie et Politique) - Jean-Marie Monnier (économiste Paris 1) - Christian de Montlibert (sociologue, université de Strasbourg) - Julie Muret (porte-parole d’Osez le féminisme !) - Corinne Nativel (géographe, université Paris Est) - Toni Negri (philosophe) - Frédéric Neyrat (sociologue, université de Limoges) - Jacques Nikonoff (M’PEP porte parole national) - Martine Noël (CADAC) - Daniele Obono (Convergences et alternatives) - Alain Oriot (Editions du Croquant) - Ugo Palheta (sociologue, université Lille 3) - Roland Pfefferkorn (sociologue, université de Strasbourg) - Willy Pelletier (sociologue, université de Picardie) - Matthias Perez (secrétaire académique de la CGT Educ’action Créteil) - Jean-Marie Pernaut (IRES) - Michel Pialoux (sociologue, CNRS) - Christian Pierrel (porte-parole PCOF) - Christine Poupin (porte-parole du NPA) - Philippe Poutou (porte-parole du NPA) - Frédéric Rauch (rédacteur en chef d’Economie et Politique) - Suzy Rojtman (CNDF) - Michel Rousseau (Marches européennes contre le chômage) - Henri Sterdyniak (économistes atterrés) - Maya Surduts (CADAC) - Baptiste Talbot, (secrétaire général, fédération des services publics CGT) - Patricia Tejas (CGT Finances) - Sylvie Tissot (sociologue, université Paris8) - Christian Topalov (sociologue, CSU) - Marie-Pierre Toubhans (porte-parole de Gauche Unitaire) - Stéphanie Treillet (Convergences et alternatives) - Marcel Trillat (réalisateur) - Aurélie Trouvé (ATTAC) - Denis Turbet-Delof (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Janine Vaux (Convergence de Défense des services publics) - Christophe Ventura (Mémoire des luttes) - Christophe Voilliot (politiste, université Paris Ouest Nanterre) - Louis Weber (responsable éditorial) - Laurent Willemez (politiste, université Versailles St Quentin) - Emmanuel Zemmour (président de l’UNEF).

39) 10 SEPTEMBRE, POUR NOS RETRAITES : première journée d’action unitaire, de grève et de manifestations (appel CGT)

38) Réforme des retraites : déclaration de la commission exécutive confédérale de Force Ouvrière

37) Journée nationale d’action interprofessionnelle le 10 septembre 2013 (intersyndicale CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires)

36) Retraites : le PS et la presse organisent la retraite

35) Ayrault et les retraites, le temps des adjectifs (Jean-Luc Mélenchon)

34) Rapport Moreau sur les retraites : "Une attaque frontale contre le pouvoir d’achat des retraités (retraités CGT, FO, FSU, Solidaires)

Rapport Moreau sur les retraites : Hollande déclare la guerre sociale, non contre la finance mais contre les salariés

33) Retraites : les fonctionnaires dans le collimateur

32) Pour nous, c’est toujours à 60 ans ! 4 arguments contre la réforme des retraites (PG)

A) Retraites : il n’y a pas de problème démographique

Nous vivons plus longtemps, réjouissons-nous ! Ces années gagnées sont une conséquence du progrès des conditions de vie et du progrès social dont la retraite à 60 ans. Mais les inégalités d’espérance de vie demeurent : un ouvrier (soit 1/4 des salariés) vit en moyenne 6 ans de moins qu’un cadre. L’espérance de vie en bonne santé est aujourd’hui, en France, seulement de 61,8 ans. Et cette espérance de vie en bonne santé stagne ou recule dans de nombreux pays d’Europe, dont la France et comme l’Allemagne depuis que l’âge légal de la retraite a été reculé à 65 ans.

Il n’y aurait plus que 7.6 retraités pour 10 actifs à l’horizon 2060 ? Oui mais avec des actifs qui produisent plus de richesses ! En 1900, la France comptait 1 agriculteur pour 3 habitants, aujourd’hui elle n’en compte plus que 1 pour 30 habitants. Connaissons-nous pour autant la famine ? Non car les progrès techniques ont amélioré le rendement de cette agriculture.

C’est la même chose pour les retraites : la croissance multiplie les richesses chaque année, le PIB aura doublé en 2060. A nous de consacrer une part croissante des richesses à la solidarité nationale. Mieux répartir des richesses multipliées par 2 : voilà le défi des retraites à horizon 2060 !

B) Retraites : il n’y a pas de problème de financement

Cessons le catastrophisme : même dans les pires projections le déficit des caisses de retraites ne représente jamais que 0% à 3% du PIB. A quoi cela sert-il d’être une des premières économies mondiales si ce n’est pas pour consacrer une part de la richesse nationale à profiter en bonne santé de nos retraites ? Depuis 25 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de 8 à 10 points : les profits ont augmenté d’autant et se sont envolé en spéculation sans bénéficier ni à l’investissement, ni à l’emploi. Rattrapons ce retard !

Mais le déficit des caisses de retraites est aussi le produit des politiques d’austérité. Elles jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entraîne la montée du chômage. Pour atteindre l’équilibre des retraites, il faudrait d’abord relancer l’emploi. D’ailleurs selon les scénarios de reprise de la croissance, les calculs montrent que les caisses de retraites retrouvent l’équilibre si le chômage baisse vraiment !

C) Une réforme injuste et inadaptée qui fait d’abord baisser les pensions

Le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée des cotisations sont de fausses solutions : 60% des personnes sont hors emploi lorsqu’elles liquident leur droit à retraite, l’entrée sur le marché du travail se fait de plus en plus tardivement : 1 jeune sur 4 est au chômage. C’est dire si l’allongement de la durée des cotisations, va multiplier les retraites incomplètes : la première conséquence du recul de l’âge légal c’est d’abord de faire baisser les pensions. Il va donc aussi avoir pour effet mécanique de creuser le déficit de l’assurance chômage…

Quelle est l’idée sous-jacente ? Faire baisser les pensions, c’est contraindre les salariés à cotiser pour une retraite complémentaire et développer les assurances individuelles et privées. Aujourd’hui les retraites représentent un flux de 245 milliards d’euros qui échappe aux marchés financiers. C’est bien à la finance que profite le crime !

D) Un déni de démocratie

Hollande veut mener rapidement cette réforme des retraites alors qu’il n’a pas été élu pour ça ! Pendant sa campagne présidentielle, il n’a jamais parlé d’allonger les cotisations. Au contraire, les français l’ont choisi pour dégager Sarkozy et sa réforme inique des retraites de 2010.

Pire, lié par le traité européen (TSCG) qu’il n’a pas renégocié ni modifié d’une ligne, Hollande se soumet aux diktats de l’Union européenne et du FMI qui exigent des réformes structurelles de notre économie et de notre modèle social. C’est au peuple de choisir son modèle de société et de solidarité ! La Commission européenne appelle la France à augmenter « encore l’âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein et en réexaminant les régimes spéciaux ». Ce n’est pas à la Commission européenne de dicter sa loi !

31) Retraites : reculer encore ? (Gauche Unitaire)

30) Il faudra se mobiliser dans l’unité pour défendre nos droits et notre système de retraite (Gauche Anticapitaliste)

29) Retraite : mais crevez donc et qu’on en finisse ! (Jean-Luc Mélenchon)

Les retraites des Français font du mal aux profits des actionnaires, aux compagnies d’assurances, à la Commission européenne et d’une façon générale à tout le monde des belles personnes intelligentes et sensées qui savent bien que puisqu’on vit plus longtemps, les autres n’ont qu’à travailler plus longtemps. Tout le monde est mal à l’aise sur le sujet sauf les retraités et ceux qui ont l’intention de l’être un jour dans les meilleures conditions possibles. Entre les deux Hollande, le vote utile, a choisi. Souriez : vous êtes floués ! Vous étiez prévenus car il avait déjà annoncé le 28 mars à la télévision qu’il exigeait un nouvel allongement de la durée de cotisation requise pour avoir droit à une retraite complète. Le journaliste ne s’était pas appesanti pour ne pas gêner. C’est pourtant la première fois dans l’histoire que le PS entend rendre plus difficile l’accès à la retraite pour les travailleurs. Comme le SPD, le PS s’engage dans la démolition de l’Etat social qu’il avait jusqu’ici contribué à construire avec le reste de la gauche et grâce à la mobilisation des salariés. Une page se tourne.

Hollande n’a fait que se soumettre aux exigences de la Commission européenne. Les grands médias ont rapporté que la Commission européenne aurait donné un délai de deux ans à la France pour ramener son déficit budgétaire à 3% de la richesse du pays. Aussitôt, la propagande solférinienne a vanté un "succès" de François Hollande. C’est une grossière manipulation. La Commission européenne n’a pas du tout lâché du lest. D’ailleurs, lors du séminaire gouvernemental du 6 mai, Jean-Marc Ayrault a été très clair : la politique d’austérité sera poursuivie. Il l’a dit dans son intervention : "Il ne doit pas y avoir d’ambiguïté. La maîtrise des dépenses est indispensable. Le budget 2014 devra mettre en œuvre les économies prévus dans ma lettre de cadrage". Cette lettre de cadrage exige des coupes de 5 milliards d’euros en 2014 dans le budget de l’Etat, en plus des 10 milliards de coupes déjà prévues chaque année par le gouvernement Ayrault. Au total, ce sont donc 15 milliards d’euros qui seront coupés en 2014. Cette lettre de cadrage a été adressée le 8 mars. Deux mois avant la décision de la Commission d’accorder un soi-disant "sursis". Et moins de trois jours après cette décision de la Commission, Ayrault a confirmé que les coupes prévues auraient bien lieu. Tout cela était bien ficelé d’avance entre les uns et les autres. Le calendrier des annonces le prouve comme je viens de le montrer. La propagande solférinienne fait pschitt.

La Commission a annoncé deux années de chantage. Elle ne demandera pas de sanction contre la France pour déficit excessif avant 2015. Mais Olli Rehn, l’androïde qui est commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a été très clair dans ses menaces le 3 mai dernier. Il a confirmé l’objectif de réduction des déficits et appelé à amplifier les mauvais coups pour l’atteindre. En langage de machines ça donne ceci : "Pour ramener le déficit sous les 3%, des efforts beaucoup plus importants et urgents sont nécessaires". Ou encore, "dans tous les cas de figure, il est essentiel que la France mette pleinement en œuvre les mesures envisagées et précise rapidement quelles nouvelles actions elle compte entreprendre pour respecter ces objectifs de politique monétaire". Olli Rehn est un robot traditionnel et il parle la langue qui peut se traduire en globich, l’anglais des boutiques de souvenirs.

La Commission sonne donc l’offensive. Elle exige des « réformes structurelles » contre le droit du travail, les retraites et les services publics. Ce n’est pas un procès d’intention que je fais. C’est le commissaire européen lui-même qui l’a dit explicitement : "Une stratégie budgétaire de moyen terme crédible doit s’accompagner de réformes structurelles substantielles en matière de marché du travail, de système de pensions et d’ouverture des marchés". Les retraites sont clairement nommées comme une cible pour les libéraux. L’habillage de "dialogue social" ne masquera pas longtemps qu’il faut choisir son camp. Jean-Marc Ayrault a mis en scène lundi 13 mai ses rencontres avec les soi-disant "partenaires sociaux". Personne n’est dupe. Les syndicats de salariés et le patronat ne sont pas des "partenaires". Et le MEDEF n’a rien de "social".

Le MEDEF attaque. Depuis des mois Laurence Parisot est à l’offensive sur ce dossier. Ce lundi à Matignon et ce mardi en conférence de presse, elle a été particulièrement claire. Le MEDEF réclame l’allongement de la durée de cotisation à 43 années pour une retraite à taux plein. Et le patronat veut aussi reporter l’âge légal de départ à 65 ans. Cet âge-là fait sursauter. Pas seulement parce qu’on se demande quels métiers peuvent être accompli à cet âge-là. Ouvrier du bâtiment ? Pilote de ligne ? Serveur dans un restaurant ? Instituteur ? La même chose au féminin ? Et puis 65 ans c’est une étape dans les statistiques. Ça se situe au-delà de l’espérance de vie en bonne santé qui culmine à 62 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes dans notre pays. Et pas d’illusions à avoir sur les contreparties du « gagnant-gagnant » et autres refrains habituels. Laurence Parisot a aussi été catégorique sur ce point : "il n’est pas question pour nous de rouvrir le dossier pénibilité". Voilà prévenus ceux qui espéraient nous vendre ce pansement pour faire passer un nouveau recul général.

En fait la docilité et la couardise de l’équipe gouvernementale en place donne des ailes au MEDEF. Il avance sur tous les fronts. Laurence Parisot a dit vouloir "augmenter la quantité de travail, tout au long de la vie et annuelle". Ses propositions sur les retraites s’accompagnent d’autres demandes tout aussi grossières contre les droits sociaux : suppression de la durée légale du travail au profit d’une durée fixée branches par branches, extension du travail du dimanche, suppression de deux jours fériés par an. En échange on suppose qu’il faut considérer que le maintien du droit au salaire doit être considéré comme bien meilleur que le retour à l’esclavage qui est pourtant dans l’ordre des choses compte tenu de la « compétitivité-l’inde-la-chine-et-donc-l’emploi ».

Pour l’instant, le gouvernement Ayrault laisse Parisot préparer les esprits sans réagir. La radio Europe 1 a même indiqué que François Hollande envisagerait d’aller au-delà des exigences du MEDEF. Selon la radio, l’Elysée réfléchirait à allonger la durée de cotisation à 44 années contre 41,5 années aujourd’hui et 43 demandées par Parisot. La ministre compétente, Marisol Tourraine a démenti très mollement mardi 14 mai au matin : "Nous n’avons pas encore pris de décision quant au contenu de la réforme des retraites, nous avons la concertation comme ligne de conduite". Dormez braves gens, dit-elle. Mais on nous a déjà fait le coup. Souvenez-vous du rapport Gallois sur la compétitivité. Pendant des semaines, le gouvernement expliquait n’avoir pris aucune décision pour laisser le temps à la réflexion et au dialogue. Et moins de 24 heures après la remise du rapport, les décisions étaient annoncées : 20 milliards d’euros de cadeaux au patronat. N’oubliez jamais que François Hollande est sournois au combat. Sa mine perpétuellement réjouie dans le malheur du présent, pourtant éclatant, signale une très grande force d’indifférence au sort des autres.

C’est une bataille au long cours qui s’annonce mais il faut être en alerte rouge dès maintenant. Le calendrier est serré. Les rencontres de Ayrault avec les syndicats et le patronat ce lundi ne sont que le premier tour de piste. Hollande donnera peut-être déjà des précisions jeudi dans sa conférence de presse. Début juin, un rapport rédigé par Yannick Moreau, ancienne présidente du Conseil d’orientation des retraites, sera remis au gouvernement. Attention, offensive médiatique à prévoir. On en connaît toutes les figures depuis dix ans que le numéro est joué. Ressortez vos vieux argumentaires il n’y a rien de changé depuis la prémisse (il faut sauver notre régime par répartition) jusqu’à la conclusion (en 2054 il y aura un trou abyssal si nous n’agissons pas tout de suite). Après les banderilles du « rapport Schmoll » viendra le lourd. Les 20 et 21 juin, la deuxième "conférence sociale" permettra aux solfériniens de reprendre leur propagande sur le "dialogue social" entre "partenaires sociaux" et d’appeler au "réalisme" et à la "responsabilité" pour tenter de diviser les syndicats de salariés comme ils l’ont fait sur l’Accord "Made in Medef". En juillet le gouvernement devrait rendre ses arbitrages définitifs. Un projet de loi sera discuté à l’Assemblée à partir de septembre. Nous devons tenir la digue. Il faudra sans doute le faire dans la rue. Si nos syndicats nous y appellent, nous répondrons présents. Mais la bataille des esprits recommence dès maintenant. Le droit à la retraite n’est pas d’abord une question d’espérance de vie. Si l’espérance de vie a augmenté ces dernières décennies, c’est justement parce que les gens ont pu arrêter de travailler plus tôt. Dit autrement, si on vit plus longtemps c’est parce qu’on travaille moins longtemps. Retenez la formule et ressortez-la aussi souvent que nécessaire.

Le droit à la retraite est avant tout une question de partage des richesses. La France est plus riche qu’elle n’a jamais été de toute son histoire. Lorsqu’on vous explique qu’il y a aujourd’hui un déséquilibre entre actifs cotisants et retraités, répondez. Oui, le ratio entre actifs et retraités est passé de 2,7 actifs pour 1 retraité au début des années 1980 à 1,5 actifs pour 1 retraité aujourd’hui. Mais dans le même temps, les progrès de la productivité et les efforts des travailleurs font que deux actifs d’aujourd’hui produisent autant que trois actifs de 1983. Les gains de productivité compensent donc le déséquilibre du ratio entre actifs et retraités.

L’équilibre du système de retraite n’est pas d’abord une question de dépenses excessives. La question centrale est celle du volume des cotisations. Le déficit est estimé à une vingtaine de milliards d’euros par an en 2020. La création de trois millions d’emplois comme le prévoit le programme du Front de Gauche permettrait de faire rentrer 24 milliards d’euros par an de cotisations sociales pour les retraites. C’est plus que le déficit estimé. La hausse des salaires permettrait aussi de faire rentrer de l’argent en augmentant les cotisations perçues par la Sécurité sociale et en relançant l’activité économique. C’est ce qui a fait dire à Thierry Lepaon que "si on allait vers un salaire minimum à 1 700 euros, on n’aurait pas de problème de retraite". Cette formule résume parfaitement la situation. Enfin, s’il faut des ressources nouvelles, la CGT a calculé que la mise à contribution des revenus financiers des entreprises rapporterait 20 milliards d’euros. De l’argent, il y en a !

Nous ne devons pas nous laisser enfermer et enfumer. Les anticorps répandus en 2010 doivent être réactivés. Chacun doit les répandre autour de lui, dans sa famille, auprès de ses amis ou de ses collègues de travail. Le grand succès de notre marche du 5 mai montre la disponibilité du peuple pour se battre. Chacun doit tenir son poste. Les répliques du 1er juin doivent être organisées comme les premières manifestations pour défendre les retraites.

28) Retraites : République sociale contre individualisme libéral

Après des années dans l’opposition à critiquer les réformes de la droite concernant les retraites, les dirigeants solfériniens se sont résignés à poursuivre les mêmes orientations idéologiques. Alors que le PS s’était opposé au passage de l’âge de départ à la retraite à 62 ans, il veut aujourd’hui accélérer sa mise en œuvre. Le Président de la République a même annoncé un allongement éventuel de la durée de cotisation. Quatre syndicats (CGT, FSU, Solidaires et FO) ont d’ores et déjà dénoncé cette application de l’austérité aux systèmes de financement des retraites. Le gouvernement s’était déjà auparavant félicité de l’accord prévoyant une désindexation des pensions complémentaires sur l’inflation pendant trois ans. Cet accord injuste va pourtant engendrer une perte immédiate de pouvoir d’achat pour 11 millions de retraités. Le gouvernement envisage même d’étendre cette désindexation au régime général. Les députés ont par ailleurs voté la mise en place d’une contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie sous la forme d’une taxe à 0,3% pour une partie des retraités.

La crise économique actuelle, conséquence directe de l’austérité imposée dans toute l’Europe, est devenue le prétexte à toutes les régressions sociales. La lutte de classe se radicalise car l’agressivité du capital est désormais décomplexée par l’alternance de gouvernements menant en boucle les mêmes politiques néolibérales. Les lois Fillon et Woerth sur les retraites reposaient déjà sur des choix politiques visant à alléger le « coût » du travail et à briser le modèle de solidarité républicaine. En multipliant les exonérations de cotisations sociales, les libéraux veulent augmenter les profits des actionnaires et détruire petit à petit la cotisation, c’est-à-dire le salaire socialisé, sur lequel le capital n’a aucune emprise et qui constitue ainsi un véritable levier d’émancipation. Le gouvernement Ayrault impose à son tour des politiques de l’offre faisant peser le rééquilibre des comptes sociaux sur les salariés pour épargner le capital. Cet individualisme est la base du système de retraites par capitalisation que les capitalistes se sont jurés d’instaurer dans notre pays. En désarmant peu à peu l’Etat social, ils entendent privilégier les acteurs privés : là ou l’Etat recule, les intérêts privés progressent, et les plus démunis en sont les premières victimes.

Une politique absurde et injuste

Pour résoudre le problème de financement des retraites (déficit de 20 milliards d’euros prévus pour 2020), il n’y aurait selon les libéraux que deux possibilités : accroître le nombre de trimestres nécessaires et reporter l’âge légal de départ en retraite. Augmenter le nombre d’annuités conduirait à diminuer le montant des pensions versées, déjà largement insuffisantes pour vivre décemment. Peu d’individus seront en mesure de travailler assez longtemps et les retraités percevront donc des pensions minorées après des carrières devenues incomplètes. La durée d’annuités est en moyenne de 36,5 ans, bien loin des 41 ans aujourd’hui nécessaires pour percevoir une retraite à taux plein. Seules 44% des femmes valident une carrière professionnelle complète, contre 62% pour les hommes. Le report de l’âge légal visant à compenser l’allongement de l’espérance de vie est d’une absurdité inouïe, puisqu’il existe une relation inverse entre le temps de travail et la durée de vie : nous vivons plus longtemps car nous travaillons moins. Travailler moins, c’est vivre plus ! Face aux solutions antisociales prônées par le gouvernement, il est essentiel de changer de logique.

Favoriser le travail et l’égalité

Dans l’urgence, il faut d’abord en finir avec les exonérations de cotisations patronales, faire cotiser les revenus financiers et mettre à contribution l’ensemble des revenus non soumis à cotisations (intéressement, participation, etc.). Les travailleurs et les retraités n’ont pas à payer pour les « cadeaux sociaux » faits au patronat depuis trente ans. Sur le plus long terme, il faut avant tout une politique de création massive d’emplois : un million d’emplois en plus c’est cinq milliards d’euros de rentrées de cotisations supplémentaires pour les retraites. L’Etat doit donc investir massivement dans l’économie par l’intermédiaire d’un pôle public bancaire au service de l’intérêt général. Il doit également sécuriser le travail en augmentant les droits de salariés et en créant une loi d’interdiction des licenciements économiques dans les entreprises en bonne santé financière. Il faut donc faire tout l’inverse de la politique actuelle du gouvernement qui choisit l’impuissance face aux plans sociaux et qui va accélérer les licenciements avec la loi made in Medef, en débat actuellement au Sénat.

L’aggravation du déficit des comptes sociaux n’est pas liée à un choc démographique mais bien à une crise du travail, des salaires et à la répartition profondément injuste de la valeur ajoutée. Il faut créer des millions emplois, mais aussi augmenter les salaires pour créer une véritable relance et échapper au cercle vicieux de l’austérité qui contracte perpétuellement l’activité. Revaloriser les salaires, c’est relever d’autant le niveau des sommes disponibles pour les retraités. Pendant les années 1970, le plein emploi assurait un équilibre solide des caisses de retraites. Par ailleurs, l’égalité des sexes doit être un axe majeur d’une grande réforme de l’emploi. Favoriser le travail des femmes et faire respecter l’égalité des salaires entre les sexes permettraient d’élargir de manière considérable le volume de cotisations.

A partir de ces nouvelles ressources, le Parti de Gauche propose un droit à une retraite à taux plein pour tous dès 60 ans (75% du salaire de référence). Aucun retraité ne pourra percevoir de pension inférieure au SMIC (ramené à 1 700€ nets en 5 ans). La pénibilité du travail devra également être prise en compte donnant droit à des départs anticipés. Les années d’études seront comptabilisées dans les années de cotisations. A l’inverse des orientations libérales privilégiées depuis plus de trente ans, notre choix sera celui de la République sociale : postulant que « le but de la société est le bonheur commun », Saint-Just souhaitait dès 1793 « donner à tous les français les moyens d’obtenir les premières nécessités de la vie sans dépendre d’autre chose que des lois ».

27) Hollande, Ayrault : recul général des retraites (Jacques Serieys)

François Hollande a organisé "la concertation" sur les retraites en plusieurs temps durant l’année 2013 :

- travail d’une "commission d’experts" jusqu’en juin, date où elle remettra ses propositions au gouvernement

- conférence sociale ensuite réunissant les "partenaires sociaux"

- proposition de loi, débat puis vote au Parlement.

Nous n’en sommes encore qu’à la période exploratoire de la Commission d’experts. Cependant, plusieurs pistes se précisent, malheureusement, autour de quatre axes principaux : niveau des cotisations, montant des pensions, durée de cotisation, âge légal de départ.

Niveau des pensions

Lors de sa dernière prestation télévisée, François Hollande a applaudi l’accord sur les retraites complémentaires qui organise une baisse du pouvoir d’achat pendant trois ans (réévaluation des pensions inférieure de 1 point chaque année à la hausse des prix). Il a même caractérisé ces mesures de "très responsables" et "très courageuses". Dans ces conditions, il est probable que le gouvernement cherche à reprendre cette formule pour le régime de base.

Allongement de la durée de cotisation

La durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein va progressivement augmenter pour atteindre 44 ans (personnes nées en 1989).

François Hollande justifie ainsi ce nouveau recul : "Il va falloir avoir des durées de cotisation plus longues. On a 20 milliards d’euros de déficits en 2020 si nous ne faisons rien". Son Premier ministre reprend le refrain : "L’espérance de vie a considérablement augmenté. On vivra plus longtemps à la retraite que nos parents et grands-parents. Tout le monde le comprend."

Age légal de départ en retraite

Même s’il reste fixé à 62 ans (réforme Sarkozy Woerth de 2110), peu de salariés pourront bénéficier d’une retraite à taux plein à cet âge. En effet, il faudra avoir commencé à travailler et cotiser à 18 ans pour disposer de 44 ans de cotisation à l’âge de 62 ans. Or, l’âge moyen d’entrée dans la vie active se situe aujourd’hui aux environs de 23 ans et continue à monter. L’âge de départ en retraite recule de fait à 67 ans.

Taxe sur les retraites

Les retraités qui payent l’impôt sur le revenu sont les plus pénalisés. En effet, entre en vigueur la "taxe sur les retraites", de son véritable nom la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa), destinée à faire participer les retraités au financement de la dépendance qui doit être revu en 2014. D’un taux de 0,3%, elle va représenter un coût de 4,50 euros pour une retraite moyenne de 1.500 euros. Instaurée l’automne dernier dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, elle est amenée à augmenter. Elle concerne toutes les pensions : régime de base (régime général, indépendants, agriculteurs), retraites complémentaires, pension d’invalidité, pré-retraite.

Sont exonérés de cette taxe les retraités non imposables et ceux qui n’acquittent qu’une CSG de 3,8% (contre 6,6% pour les autres).

Pensions moins réévaluées

Pour l’ensemble des retraités du régime de base, les pensions avaient augmenté de 2,1% en 2012, seulement 1,3% en 2013. La baisse de l’inflation ne justifie pas un tel écart.

Minimum vieillesse en berne

Ceux et celles qui perçoivent le minimum vieillesse n’auront pas de coup de pouce cette année : il n’augmente que de 1,3% contre 4,7% l’an dernier. Sous le précédent quinquennat, un effort particulier avait été fait sur cette allocation qui avait augmenté au total de 25,1%. Mais, auparavant, le minimum vieillesse était également revalorisé comme les retraites.

Retraites complémentaires désindexées

Autre coup de rabot sur le pouvoir d’achat des pensionnés : les retraites complémentaires des salariés du privé vont être sous-indexées, c’est-à-dire qu’elles ne vont pas suivre la hausse des prix. Cette décision, une première depuis une vingtaine d’années, résulte du récent accord patronat-syndicats visant à renflouer les régimes Arrco (tous salariés) et Agirc (cadres). Les retraites complémentaires de l’Arrco vont augmenter de 0,8% et celles de l’Agirc de seulement 0,5%.

Si le gouvernement suit son idée de désindexer le régime de base selon les modalités de l’accord Agirc-Arrco, en sus des mesures ci-dessus, le pouvoir d’achat des retraités va en prendre un sacré coup.

26) Non à la baisse du pouvoir d’achat des retraités !

Les « partenaires » sociaux qui gèrent les régimes de retraite complémentaire sont parvenus à un protocole d’accord qui a pour but de réduire le déficit annuel de l’Agirc-Arrco de 3,1 milliards d’euros à l’horizon de 2017.

Ce texte prévoit la désindexation des pensions sur l’inflation pendant trois ans. Cela entraînera une baisse du pouvoir d’achat pour 11 millions de retraités. Le gouvernement s’est félicité de cet accord et pourrait même étendre cette désindexation au régime général.

Le Parti de Gauche s’oppose à cet accord injuste qui fait peser tous les sacrifices sur les retraités. Nous affirmons qu’il est possible de faire une réforme des retraites qui assure une retraite à taux plein à 60 ans pour tous et aucune retraite en-dessous du SMIC. C’est tout à fait finançable par la hausse des cotisations patronales et par la mise à contribution des revenus financiers et de l’ensemble des revenus non soumis à cotisations (intéressement, participation, etc.).

Il faut également d’urgence en finir avec l’austérité en menant une politique publique d’investissement massive et créatrice de centaines de milliers d’emplois dont les cotisations permettront largement de financer des retraites dignes pour tous.

Vendredi 15 Mars 2013 Guillaume Etievant, Président de la commission économie

25) Parisot : Après le contrat de travail, les retraites ! (Jean-Luc Mélenchon)

Pour accéder à ce texte 25, cliquer sur le titre 25 ci-dessus

24) Réforme des retraites  : de dangereuses pistes

Dans une feuille de route donnée à un groupe d’experts 
pour préparer 
une réforme, 
le gouvernement évoque un nouvel allongement 
de la durée 
de cotisation 
et une action 
sur le niveau 
des pensions.

La réforme des retraites s’invite plus tôt que prévu dans l’actualité. À peine le projet de loi sur le marché du travail vient-il d’être adopté en Conseil des ministres que la question de l’allongement de la durée de cotisation vient se superposer à un ensemble de mesures que le gouvernement tente d’imposer à marche forcée. Hier matin, sur France Inter, après avoir défendu méthodiquement le très décrié accord national interprofessionnel sur l’emploi, le ministre du Travail, Michel Sapin, annonçait dans la foulée que l’allongement de la durée de cotisation était «  évidemment sur la table  » pour les prochaines négociations sur la réforme des retraites. Cette «  évidence  » acte la possibilité que l’allongement de l’activité professionnelle soit instauré progressivement, au-delà du passage aux 42 annuités d’ici 2020 prévu par les précédents réformes de droite.

Le gouvernement présentait avant-hier son «  cahier des charges  » aux partenaires sociaux. Cette feuille de route précise trois «  leviers susceptibles de consolider notre système de retraite par répartition  »  : durée de cotisation, niveau des prélèvements et montant des retraites. Cela dans le but affiché d’inscrire le système «  dans une trajectoire durablement équilibrée à l’horizon 2040  ».

Un déficit 21 milliards d’euros en 2020

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit, tous régimes confondus, pourrait dépasser 21 milliards d’euros en 2020. D’ici la fin juin, un groupe de dix experts présidé par Yannick Moreau sera chargé de formuler des propositions pour entériner une révision globale du système. Dans un document liminaire, le ton est donné  : «  Il est légitime qu’un accroissement de l’espérance de vie se traduise par un allongement de la durée d’activité.  » Un principe institué par la réforme Fillon de 2003. Plusieurs voix, au sein du PS, se sont exprimées en ce sens ces derniers jours. Jean-Marie Le Guen, député socialiste parisien, proposait en début de semaine d’accélérer le report de l’âge légal à 62 ans, imposé par la droite en 2010, en le fixant à 2015, au lieu de 2017. Avant lui, Henri Emmanuelli, député des Landes, estimait que la question d’une augmentation de la durée de cotisation n’était pas taboue.

Autre levier d’action envisagé officiellement  : le niveau des retraites. Sur ce point, comme sur les autres, le gouvernement se défend d’avoir déjà arrêté ses choix. Mais la tentation est forte de soumettre les retraités à l’austérité. À ce sujet, tous les regards se tournent vers les négociations patronat-syndicats sur les régimes complémentaires Agirc-Arrco. Ici, le Medef réclame une désindexation des pensions par rapport à l’inflation, qui ferait perdre, en cinq ans, 5 points de pouvoir d’achat. Avec un argument que l’on retrouve dans le «  cahier des charges  » du gouvernement pour la réforme du régime général : « Notre système de retraite permet aujourd’hui de garantir un niveau de vie moyen des retraités proche de celui des actifs et légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population.  » Or cette comparaison est fortement sujette à caution, comme le relève le responsable CGT Éric Aubin, dans la mesure où les chiffres, s’agissant des retraités, prennent en compte le patrimoine, et qu’en cette matière les inégalités sont énormes.

Le train de mesures d’austérité déjà prises

Pourtant, si le Medef parvenait à ses fins dans le cadre des complémentaires, le gouvernement pourrait s’appuyer sur ce mauvais exemple pour l’appliquer à la retraite de base. C’est ce que faisait valoir, le 15 janvier dans un entretien aux Échos, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac  : «  Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d’appréciation important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte.  » Hier, plus prudent, Michel Sapin récusait tout «  parallélisme  » avec les pourparlers sur les complémentaires. S’ajoutant au train de mesures d’austérité déjà prises (gel des rémunérations des fonctionnaires en 2013, hausse de la TVA, etc.), un gel des pensions de quelque 15 millions de retraités risquerait d’aggraver la crise économique, en pesant sur la consommation.

Le Parti socialiste s’était fortement opposé à la réforme sarkozyste de 2010 qui a reculé l’âge légal à 62 ans. Mais François Hollande ne l’a pas remise en question. Pendant la campagne électorale, il n’a pas pris d’engagements précis, hormis «  une négociation globale avec les partenaires sociaux  ». Le gouvernement a toutefois rétabli l’an dernier le droit au départ à 60 ans pour les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans. La feuille de route donnée aux experts prévoit enfin qu’ils fassent des propositions pour «  rendre le système plus juste  », notamment en prenant en compte la pénibilité du travail, et pour «  opérer une convergence entre les régimes, afin de garantir un socle commun de droits  ».

23) Le gouvernement Ayrault va s’attaquer aux retraites

Ce 27 février 2013, a été installée la « commission pour l’avenir des retraites ». Le gouvernement lui a donné pour objectif principal de "résoudre le problème du financement".

Cette commission, présidée par l’ancienne présidente du Conseil d’orientation des retraites, Yannick Moreau, devra remettre mi-avril au gouvernement plusieurs propositions de réformes. Ces propositions seront ensuite soumises aux partenaires sociaux (patronat et syndicat) puis au Parlement à la rentrée.

OBJECTIF : "Rassurer Bruxelles et les marchés financiers" (Le Monde)

CONTEXTE : La "méthode" employée pour les retraites rejoint celle sur d’autres chantiers "comptes publics, sécurité sociale, modernisation de l’action publique, collectivités locales, amélioration des politiques publiques."

TROIS PISTES ENVISAGEES :

- DESINDEXATION DES RETRAITES PAR RAPPORT AUX SALAIRES COMME AUX PRIX « Le fait que les partenaires sociaux soient en train de s’entendre pour désindexer temporairement les retraites complémentaires de l’inflation inspire directement le gouvernement pour les retraites de base. »

- RECUL DE l’AGE DE DEPART EN RETRAITE ? Nicolas Sarkozy l’avait porté à 62 ans, le gouvernement Ayrault envisage 62 ans et trois trimestres. Pascal Terrasse (monsieur Retraites du PS) avait proposé 63 ans (voir articles ci-dessous), Michel Rocard évoquant même 65 ans.

- OU ALLONGEMENT DE LA DUREE DE COTISATION Marisol Touraine envisage l’une ou l’autre hypothèse et laisse la "commission" faire des propositions. L’ancien premier ministre Michel Rocard a proposé dans le JDD du 26 janvier d’allonger à 43 ans la durée de cotisation, contre 41,5 actuellement. L’ancien premier secrétaire du PS Henri Emmanuelli lui a emboîté le pas mardi en déclarant au micro de France Info que "la biologie fait qu’il faut se poser la question de la durée de cotisation"

- HAUSSE DES COTISATIONS dont une part à charge des retraités ? "au moins en partie".

UN GOUVERNEMENT SOCIALISTE UN PEU PLUS LIBERAL QUE BALLADUR ET FILLON.

La question de l’indexation des retraites constitue un élément décisif des politiques de droite depuis bientôt 30 ans.

En 1987, Philippe Seguin, ministre du travail de Chirac, supprime l’indexation des retraites sur les salaires pour les indexer sur le coût de la vie, moyen de les baisser.

En 1993, le premier ministre Balladur incorpore dans la loi ce nouveau mode de calcul qui entraîne (avec le calcul sur 25 ans au lieu de 10) une baisse des retraites globale de 20% pour le privé.

En 2003, la célèbre loi Fillon impose également cette régression dans la fonction publique.

En 2013, Hollande, Ayrault, Touraine poursuivent dans la même direction en allant beaucoup plus loin : la désindexation totale des retraites par rapport à l’évolution des salaires comme du coût de la vie. Ainsi, l’évolution du montant des retraites se situerait 1,5 point en dessous du coût de la vie en 2013, puis un point chaque année de 2014 à 2017. Même le responsable CFDT Jean-Louis Malys dénonce la baisse de revenus de 5% ainsi entraînée.

QUE NOUS PREPARE ENCORE LE GOUVERNEMENT AYRAULT ?

- En prenant l’accord sur l’AGIRC et l’ARRCO comme exemple à suivre, il suscite des craintes légitimes sur la pension de reversion. En effet, durant ces négociations le MEDEF a proposé d’une part de les baisser de 60% à 56% dès le 1er janvier 2014, d’autre part de porter l’ouverture des droits de 55 à 60 ans.

- L’instauration d’un système de retraite à points, évoquée par Najat Vallaud-Belkacem et soutenue par la CFDT ? Cette proposition défendue par le FN avait été évoquée également par l’UMP durant la réforme de 2010. Mais elle suppose une remise à plat complète du système

N’en jetez plus ; nous préparerions une grève générale si la droite était au gouvernement.

Jacques Serieys le 28 février 2013

22) Parisot et Cahuzac d’accord pour désindexer les retraites de l’inflation

Le 14 janvier 2013, Jérôme Cahuzac affirme que la désindexation des retraites complémentaires mais aussi du régime général sur l’inflation n’est pas inenvisageable. Le 15, le MEDEF suit cette idée et propose de revaloriser la valeur des points Agirc et Arrco de 1,5 point en dessous de l’inflation en 2013 et de 1 point de 2014 à 2017. Sur 5 ans, d’ici 2017, cela conduit à un recul important du niveau de vie des retraités.

Jusqu’à présent, chaque 1er avril, les rentes servies aux retraités des régimes de base Sécurité Sociale, RSI, MSA ainsi qu’aux assurés des régimes spéciaux (SNCF, RATP ...) sont revalorisées en fonction de l’augmentation du coût de la vie (inflation). Ainsi, les pensions de retraites sont augmentées chaque année d’au moins l’inflation (même si celle-ci est calculée sur des critères qui désavantagent les milieux populaires), afin que les retraités conservent au moins le pouvoir d’achat dont ils disposaient au moment de la liquidation de leur retraite.

Lors de la première réunion de négociation du 22 novembre 2012 sur les retraites complémentaires Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour les salariés), le Medef a proposé le gel des pensions durant trois ans. Devant l’hostilité des syndicats, Laurence Parisot a mené bataille pour la sous-indexation de 1 point des pensions pendant cinq ans. Les syndicats CFTC, CFE-CGC et FO acceptaient cette désindexation des retraites par rapport à l’inflation mais demandaient qu’en contrepartie, les cotisations, notamment patronales, soient augmentées.

Lors de la seconde réunion de concertation du 14 décembre, le MEDEF a maintenu sa proposition de désindexation des retraites mais refusé toute augmentation des cotisations patronales.

Le 14 janvier 2013, à la veille de la nouvelle réunion patronat syndicats, Jérôme Cahuzac a été encore plus loin que le MEDEF affirmant que la désindexation des retraites complémentaires mais aussi du régime général sur l’inflation n’était pas inenvisageable.

Question des Echos : Les partenaires sociaux devraient se mettre d’accord d’ici à mars sur une désindexation, au moins partielle, des pensions Agirc-Arrco. Le gouvernement doit-il faire de même en désindexant les retraites au 1er avril ?

Réponse de Cahuzac : « Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d’appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte. »

Le ministre du budget explique dans le même interview espérer un accord patronat syndicat sur cette base. « Pour autant, rien n’est décidé aujourd’hui et rien ne le sera sans qu’une concertation approfondie soit menée... L’accord sur l’emploi montre que cette méthode est la bonne. Cet accord change incontestablement l’image que la France donne d’elle-même, et pas seulement vis-à-vis des agences de notation. Au même titre que la gestion rigoureuse des dépenses, c’est un élément qui conforte notre signature. »

Cette désindexation des pensions du régime général sur l’inflation signifierait mécaniquement que les pensions augmenteraient moins fortement que les prix, aboutissant ainsi à une rapide réduction du pouvoir d’achat des ménages à la retraite.

Lorsqu’un gouvernement socialiste s’attaque aussi frontalement au revenu des couches populaires, le MEDEF n’a qu’à se glisser dans sa politique. C’est bien ce qu’il a fait dès la réunion de concertation du 15 janvier. Il a donc proposé de revaloriser la valeur des points Agirc et Arrco de 1,5 point en dessous de l’inflation en 2013 et de 1 point de 2014 à 2017.

Une "revalorisation de 1,5 point en dessous de l’inflation en 2013" signifie que les prix peuvent officiellement augmenter de 1% ou 1,2% sans hausse automatique des retraites mais au contraire avec une baisse automatique des retraites de 0,5% à 0,3%. Sur 5 ans, d’ici 2017, cela conduit à un recul important du niveau de vie des retraités.

Jacques Serieys

21) Laurence Parisot suit le conseil de Pascal Terrasse et demande la retraite à 63 ans pour 43 annuités

Nous avions signalé ci-dessous l’effarante déclaration de Pascal Terrasse, délégué retraite de François Hollande, qui a déclaré ce 30 octobre 2012 : "Il est temps de dire que la retraite à 60 ans, c’est fini, terminé : la barrière d’âge doit sauter !"

Le MEDEF n’attendait pas un effort aussi méritoire en faveur de ses projets et intérêts. Aussi, ce 16 décembre 2012, Laurence Parisot a appelé le gouvernement à repousser l’âge légal à 63 ans d’ici deux ans avec 43 ans de cotisations au lieu de 41. « Est-ce que nous, en France, on peut être les seuls à rester à 62 ans, alors que nos voisins espagnols, italiens, anglais, allemands sont suivant les cas, entre 65 et 67 ans ? Non, ce n’est pas possible » a-t-elle asséné.

Quel est le but concret de ce chantage patronal ? Mettre la pression sur les syndicats et le gouvernement avant l’ouverture des premières négociations sur l’avenir des retraites. Dans le cadre des négociations sur l’avenir des caisses complémentaires AGIRC et ARRCO (que les réserves actuelles permettent de financer jusqu’en 2017 et 2020), le MEDEF a proposé : le gel des pensions durant 3 ans ou une sous-indexation de 1 point en dessous de l’inflation durant 5 ans.

Sur ce sujet des retraites comme sur celui de la flexibilité, la présidente du MEDEF ne change pas de disque. Elle refuse toute "augmentation des cotisations, que ce soit côté entreprises ou salariés". Une telle mesure "ne ferait qu’aggraver" l’écart de coût du travail avec "nos principaux concurrents".

20) Pascal Terrasse le 30 octobre 2012 : “La retraite à 60 ans, c’est fini, terminé !” (extraits)

Faudra-t-il d’autres réformes des retraites ?

- Bien sûr. Il faut avoir un discours de vérité : soit on sauve notre régime par répartition, avec un niveau décent de revenu pour les retraités, soit on ferme les yeux, et il en sera bientôt fini de ce régime…

Quelle est cette vérité à dire ?

- Nos régimes de retraite sont tous déficitaires : le régime général, les complémentaires Agirc et Arrco, les régimes spéciaux… La raison est simple : la France vieillit, le ratio cotisants-bénéficiaires se dégrade. À partir de là, il y a trois possibilités : soit augmenter les prélèvements obligatoires sur les actifs, soit jouer sur l’allongement de la durée de cotisation, soit baisser les pensions de retraite. La seule option satisfaisante, c’est l’allongement de la durée de cotisation. Il est temps de dire que la retraite à 60 ans, c’est fini, terminé : la barrière d’âge doit sauter !

Donc on ne touche pas à l’âge légal ?

- Non, car pour moi, il n’a plus de sens. C’est le nombre d’annuités qui devra évoluer, en fonction de l’allongement de la durée de la vie après la retraite, ce que l’INED (Institut national des études démographiques) pourrait calculer régulièrement. Quelqu’un qui part aujourd’hui à la retraite à 60 ans, a une espérance de vie d’environ 32 ans. Dans vingt ans, il aura une espérance de vie de 39 ou 40 ans… On ne peut pas imaginer passer plus de temps à la retraite qu’en activité.

Il faudra bouger assez vite les 42 années ?

- Oui, il faut en parler dès le grand débat de 2013. Il faut avoir du courage : j’en ai eu avant les élections, cela m’a valu beaucoup d’attaques, mais je constate que le gouvernement socialiste n’est pas revenu sur la borne d’âge de 62 ans, comme je l’avais dit. Mais il faut aussi imaginer des années de bonification, en fonction de la pénibilité du travail : dix années de travail de nuit, par exemple, pourraient valoir non pas 40 trimestres, mais 45…

http://www.ledauphine.com/politique...

19) Contenu du décret pris en Conseil des ministres le 6 juin 2012

A la sortie du Conseil des ministres de ce mercredi 6 juin 2012, la ministre des Affaires Sociales Marisol Touraine a apporté des informations concernant le nouveau décret sur la retraite pour les salariés ayant commencé à travailler tôt. Fondamentalement, il s’agit d’une extension du dispositif "carrières longues" et non d’un retour partiel à la retraite à 60 ans.

Bénéficiaires : les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans (cinq trimestres cotisés à la fin de l’année civile de leurs 20 ans) et disposant de 41 annuités de cotisation pour la génération née en 1952 (pour les personnes plus jeunes, voir ci-dessous dans ce même article). Tous les régimes de retraite sont pris en compte : salariés du secteur privé, agents de la fonction publique, professions libérales, agriculteurs, commerçants et artisans. Par rapport au dispositif mis en place en 2010, ces bénéficiaires pourront faire valoir leurs droits à la retraite neuf plus tôt pour ceux nés en 1952, deux ans plus tôt pour ceux nés en 1955... Le dispositif "carrières longues" concernait jusqu’à présent seulement les personnes ayant commencé à travailler à 17 ans et avant.

Personnes nées le 1er janvier 1953

Selon le dispositif 2010, elles pouvaient faire valoir leurs droits à la retraite à 61 ans et deux mois à partir du 1er mars 2014. Avec ce décret du 6 juin 2012, leur départ peut avoir lieu le 1er janvier 2013.

Personnes nées le 1er janvier 1954

Selon le dispositif 2010, elles pouvaient faire valoir leurs droits à la retraite à 61 ans et 7 mois à partir du 1er août 2015. Avec ce décret du 6 juin 2012, leur départ peut avoir lieu le 1er janvier 2014.

Personnes nées le 1er janvier 1955

Selon le dispositif 2010, elles pouvaient faire valoir leurs droits à la retraite à 62 ans à partir du 1er janvier 2017. Avec ce décret du 6 juin 2012, leur départ peut avoir lieu le 1er janvier 2015. Gain : 2 ans

Personnes nées le 1er janvier 1956 et après

Aucune information pour le moment.

Chômage : le temps de chômage n’était pas pris en compte dans le dispositif "carrières longues" précédent. Les accédants à la retraite ayant connu le chômage pourront à ce titre bénéficier à présent de 2 trimestres cotisés .

Maternité : les mères pouvaient bénéficier de 4 trimestres cotisés au titre du congé maternité dans le dispositif Fillon. Elles pourront bénéficier à présent de 2 trimestres cotisés supplémentaires, soit six trimestres .

Maladie Le dispositif des carrières longues plafonne actuellement les périodes de maladie à quatre trimestres. Ce plafond paraît conservé dans le nouveau décret.

Service militaire : jusqu’à présent, il était pris en compte comme cotisé dans la limite de 4 trimestres maximum. Jean-Marc Ayrault a déclaré vendredi 1er juin sur BFM-TV "Il y a le service militaire qui devrait être pris en compte", mais nous n’en savons pas plus pour le moment.

Début de carrière professionnelle à 14 et 15 ans

Un salarié ayant commencé à travailler à 14 ans ne pourra pas partir en retraite à 55 ans et demi tout en ayant la durée de cotisation nécessaire. Le ministère des affaires sociales a précisé que ce temps de cotisation nécessaire sera "lissé pour ne pas créer de distorsion entre les uns et les autres."

Début de carrière professionnelle à 20 ans

Les syndicats avaient demandé une transition équitable entre ceux qui pourront partir en retraite à 60 ans et ceux qui, parfois pour un jour, devraient travailler jusqu’à 62 ans. Cette proposition n’est pas prise en compte dans le nouveau décret.

Date de publication du décret : début juillet 2012

Les caisses de retraite prendront elles-mêmes contact avec les bénéficiaires du nouveau dispositif

Date de validité de ce décret : 1er novembre 2012

Régimes complémentaires de retraite

Syndicats et patronat vont se rencontrer pour définir les modalités d’adaptation au décret 2012.

Financement :

La mesure « est intégralement financée », par un prélèvement supplémentaire de cotisation d’assurance vieillesse de 0,1 point pour les assurés et de 0,1 point pour les employeurs la première année, et « coûtera moins cher que ce qui était initialement prévu tout en concernant autant de personnes ». Marisol Touraine ajoute : « la hausse de cotisation nécessaire c’est 1,6 euro (par mois) pour les personnes qui sont au smic, deux euros pour quelqu’un qui gagne 1.600 euros", "donc on est très loin des scénarios catastrophistes de la droite"

Perspective de négociation sur l’ensemble du dossier Retraites

Une conférence sociale avec les différents partenaires sociaux sera organisée en 2013. « Aucun sujet ne sera tabou dans cette discussion : âge légal de départ à la retraite, montant des pensions, prise en compte de la pénibilité... Nous devrons bien sûr inscrire cette réflexion dans un cadre financier équilibré dans la durée » a précisé la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

18) Un décret d’ici la mi-juin 2012

* Une dépêche AFP complémentaire aux déclarations ci-dessous, en particulier de N. Vallaud-Belkacem paraît bien plus floue sur la nature du décret qui va être pris d’ici 3 semaines.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault travaille sur un décret à prendre rapidement concernant le droit à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans.

Ce décret "concerne ceux qui ont commencé à travailler jeune, qui ont cotisé 41,5 annuités, en prenant en considération les périodes de maladie, chômage, invalidité, et qui souhaitent partir à 60 ans", a précisé Mme Najat Vallaud-Belkacem, à l’issue du Conseil des ministres ce 22 mai 2012.

La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, a pour sa part expliqué le 18 mai que "les congés maternité (seraient) évidemment comptabilisés dans cette période-là, de même que les périodes de service militaire" et "les périodes de maladie, dans certaines limites".

Jean-Marc Ayrault a également précisé ce matin 22 mai : " aux alentours de 100.000 le nombre de personnes qui pourraient être concernées la première année par la mesure".

Le gouvernement vient d’apporter là plusieurs précisions que des dizaines de milliers de Français attendaient. Reste une surprise : si les périodes de maternité, armée, chômage, maladie, invalidité sont prises en compte comment le nombre de bénéficiaires n’atteint-il que 100000 personnes ?

Par ailleurs, le gouvernement Ayrault va ouvrir cet été, comme annoncé durant la campagne par François Hollande, la négociation sur "l’avenir des retraites". Le Front de Gauche maintient l’ objectif fixé par Jean-Luc Mélenchon :

« Je suis pour la retraite à 60 ans à taux plein et sans décote. Ce n’est pas parce que l’on vit plus vieux que l’on doit travailler plus longtemps. C’est une aberration. Si on vit plus vieux, c’est parce que l’on travaille moins. »

La retraite à 60 ans c’est possible !

Jean-Luc Mélenchon : ARGUMENTS POUR NE PAS MASSACRER LES RETRAITES

Jacques Serieys

17) Précisions de François Hollande en date du 4 avril

Sans remettre en cause l’allongement à 41 ans de la durée de cotisations prévu par la réforme Fillon, François Hollande (PS) souhaite rétablir la possibilité de partir à 60 ans à taux plein pour « tous ceux qui auront cotisé la totalité de leurs annuités ». Mais attention : les trimestres assimilés (pendant les congés de maternité, le chômage) ou majorés (pour les mères de famille notamment) ne seront pas pris en compte. La mesure ne devrait donc concerner que 150000 personnes et coûter 1 Md€ par an, financé par une hausse de 0,1 point par an des cotisations salariales et patronales.

Source : http://www.leparisien.fr/election-p...

17) La retraite négligée par les candidats, sauf par Mélenchon

Pour accéder à cet article 17 du site Mediapart, cliquer sur le titre 16 ci-dessus.

16) Retraites à 60 ans Salaires Sécu : Marine Le Pen enfume les Français

Pour accéder à cet article 16 du site Mediapart, cliquer sur le titre 16 ci-dessus.

15) Nouvelle réponse d’une équipe de François Hollande (Isère)

Message du 21/03/12 12:43 De : "Président Français" Objet : Re : point sur la retraite

Cher Monsieur,

Vous nous avez sollicités par un courriel en date du 25 février dernier afin de nous faire part de vos interrogations au sujet de votre retraite et nous vous en remercions. La question des retraites est un sujet important puisqu’il concerne tous les Français sans distinction. Comme vous le savez, aujourd’hui, l’âge légal de départ à la retraite est de 62 ans, sans considération pour ceux ayant commencé à travailler jeunes et ceux ayant occupé des emplois pénibles. Même s’il est logique qu’en raison de l’allongement de l’espérance de vie les Français travaillent plus longtemps, il n’est pas normal que les modalités de départ soient identiques pour tous. C’est la raison pour laquelle, François Hollande s’engage à rétablir, s’il est élu le 6 mai prochain, le droit au départ à la retraite dès l’âge de 60 ans pour les salariés qui ont cotisé la durée nécessaire. Ainsi, ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et cotisé suffisamment – 41,5 ans (166 trimestres) – pourront partir dès 60 ans. La différence très importante avec le dispositif actuel sera la prise en compte du temps de chômage puisque nous estimons que toute la période (avec ou sans chômage) doit être considérée. Par ailleurs et de façon à rendre ce système plus juste, François Hollande ouvrira une négociation avec les partenaires sociaux dès l’été 2012, afin de définir dans un cadre financier durablement équilibré, la prise en compte de la pénibilité, les décotes, le montant des pensions et l’évolution des recettes indispensables à la pérennité d’un système de retraite solidaire. Restant à votre disposition, Nous vous prions de bien vouloir recevoir, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

L’équipe de François Hollande en Isère francoishollande38@yahoo.fr

Commentaire du site PG Midi Pyrénées sur le texte ci-dessus :

Depuis plusieurs mois, des milliers de mails ont été envoyés aux équipes de campagne de François Hollande sur la question des retraites. Celles-ci ont parfois répondu sans jamais clarifier la question de la retraite à 60 ans sur la base de trimestres cotisés ou validés. Le mail ci-dessus a été envoyé par la fédération de l’Isère du Parti socialiste à une personne l’ayant interpelée. Il prétend que les trimestres de chômage seraient pris en compte par François Hollande pour le droit à la retraite à 60 ans et, semble-t-il, pour le calcul de cette retraite. C’est là une affirmation contradictoire avec d’autres textes émanant du Parti socialiste ; ceci dit, nous la portons à la connaissance de nos lecteurs. Merci à Max pour nous avoir transmis ce texte.

14) Trimestres cotisés ou validés pour la Retraite à 60 ans : promesse de Hollande à préciser

Des personnes peuvent croire à tort qu’elles sont concernées, notamment parmi les mères de famille et les anciens chômeurs.

C’est le dix-huitième engagement, et l’un des plus remarqués parmi les soixante de François Hollande. « Je ferai en sorte que tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouvent le droit de partir à la retraite à taux plein à cet âge-là », écrit-il dans son programme. Chaque mot a son importance. En particulier, le verbe « cotiser ». « Il va y avoir des déçus » parmi ceux qui pensaient bénéficier de la mesure, craint un syndicaliste spécialiste des retraites, pourtant favorable au dispositif.

La durée prise en compte pour le calcul de la retraite (41 ans pour un taux plein pour la génération 1952, première concernée par la promesse du candidat socialiste) comprend en effet des trimestres cotisés, c’est-à-dire travaillés, mais aussi des trimestres « assimilés » et des majorations. Les périodes assimilées sont celles où le salarié n’a pas cotisé mais où des trimestres lui sont accordés au nom de la solidarité nationale : congé maternité, congé parental, chômage, arrêt maladie long, invalidité, service militaire. Les majorations, elles, concernent surtout les mères de famille (2 années de « bonus » par enfant).

Mais Marisol Touraine, en charge du social dans l’équipe Hollande, le confirme : le projet est bien de permettre aux seuls salariés ayant réellement cotisé 41 ans de partir. Les autres devront attendre l’âge légal (60 ans et 9 mois pour la génération 1952, conséquence de la réforme Woerth). Autrement dit, il faudra avoir travaillé dès l’âge de 19 ans, sans aucune interruption, pour prétendre partir à 60 ans pile. « Sous couvert de générosité, on oublie la solidarité », déplore Philippe Pihet, le M. Retraites de FO, constatant que les femmes ayant eu des enfants ou les personnes ayant connu le chômage auront du mal à remplir les critères.

13 ) Retraites et 60 engagements de François Hollande

François Hollande confirme qu’il entreprendra, en cas de victoire à la présidentielle, une réforme des retraites avec une négociation globale dès l’été 2012 portant sur l’âge légal de départ, la prise en compte de la pénibilité, le montant des pensions et l’évolution des recettes.

« Je ferai en sorte que tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouvent le droit de partir à la retraite à taux plein à cet âge-là : ce principe sera mis en oeuvre immédiatement ».

Pour avoir droit à la retraite à taux plein, il faudra donc être âgé d’au moins 60 ans et bénéficier de 41,5 annuités cotisées.

12) François Hollande confirme ses propositions prétendument "réalistes" au Bourget ce 22 janvier 2012

Dans son discours du Bourget, François Hollande a confirmé nos craintes quant à son projet sur la question des retraites :

- abandon de la retraite à 60 ans comme âge légal

- abandon des 37,5 annuités et même des 40 annuités

- maintien des modalités de calcul créées par Fillon et Sarkozy (décote...)

- possibilité de retraite à 60 ans pour les personnes pouvant faire valoir 41 années cotisées

- négociation avec patronat et syndicat de salariés

Voici exactement le texte complet de son intervention concernant les retraites :

« Commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercé les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable — puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée -, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein. La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition. »

11) Hollande « oublie » la retraite à 60 ans pour tous

Les déclarations du candidat PS, limitant ce droit aux seuls salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41,5 ans, suscitent l’inquiétude à gauche et à la CGT.

Sale temps décidément pour les retraites. Tandis qu’à droite, poursuivant sur la lancée des réformes régressives de 2003 et 2010, l’UMP envisage ouvertement de supprimer toute revalorisation des pensions, le candidat socialiste à la présidentielle vient d’indiquer que, s’il est élu, il ne rétablira pas l’âge légal de la retraite à 60 ans. Selon François Hollande, seuls les salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41,5 ans pourraient partir à 60 ans. « Ceux qui n’ont pas la durée de cotisations ne le pourront pas », a-t-il insisté.

Avec cette prise de position, le candidat s’écarte du projet du PS pour 2012, qui stipule  : « Nous rétablirons l’âge légal de départ à 60 ans et l’âge de départ sans décote à 65 ans. » Un revirement qui constitue « une forme de mépris pour les millions de salariés qui se sont mobilisés à plusieurs reprises l’an dernier contre le report de l’âge légal à 62 ans… et qui avaient alors reçu le soutien des partis de gauche, PS inclus », souligne Éric Aubin, dirigeant de la CGT chargé du dossier. « Combien de salariés vont demain cotiser 41,5 ans  ? » interroge-t-il, évoquant les réalités de la situation de l’emploi, marquée par une entrée, en moyenne, à 27 ans dans l’emploi stable, et une éviction, pour plus d’un salarié sur deux, avant 60 ans…

En acceptant, de fait, le report de l’âge légal à 62 ans et l’allongement de la durée de cotisation, le candidat PS « valide sans le dire les réformes de 2003 et 2010 » et impose « une double peine » aux futurs retraités, observe Éric Aubin. « Nous allons continuer de porter le retour de l’âge légal pour tous à 60 ans et un départ anticipé, avant 60 ans, pour les métiers pénibles », ainsi qu’une réforme du financement, dit-il. Afin de peser dans le débat électoral et de préparer le débat national prévu en 2013 sur une réforme systémique, la CGT organise, le 31 janvier, un meeting national à Paris. Son de cloche différent à la CFDT, François Chérèque notant que « François Hollande revient à la réforme de 2003 que la CFDT a soutenue ». À gauche, le député Verts Noël Mamère et Olivier Dartigolles, directeur adjoint de campagne de Jean-Luc Mélenchon, ont épinglé le renoncement du candidat PS...

Yves Housson

10) Le candidat du PS a enterré l’une des conquêtes majeures de mai 1981 : la retraite à 60 ans (Jean-Luc Mélenchon)

Pour accéder au texte, cliquer sur le titre 9 ci-dessus.

9) Aubry et Fabius confirment le non retour à la retraite à 60 ans en cas de victoire de Hollande en 2012. Réaction du PG

Reculer l’âge de la retraite : non seulement une injustice mais une faute

Après les déclarations de François Hollande, Martine Aubry et Laurent Fabius ont confirmé ce matin qu’en cas de victoire, ils ne reviendraient pas à l’âge légal de la retraite à 60 ans.

Bien sûr ils se réfugient derrière la négociation avec les partenaires sociaux mais Laurent Fabius a, sur RTL, lâché le morceau sur ce qui y serait défendu par un gouvernement socialiste : « Ne nous faisons pas non plus d’illusion, la situation financière des régimes de retraites qui n’a pas été réglée par le gouvernement et la situation financière générale du pays fait qu’on ne peut pas raser gratis ».

C’est cette approche qui est illusion. On reconnait là les raisonnements de la droite pendant le mouvement social sur les retraites. En réalité, repousser l’age de la retraite n’est pas seulement attaquer un des principaux acquis sociaux mais constitue une faute en matière économique et sociale. Alors que le chômage explose tant chez les jeunes que chez les travailleurs en fin de carrière, il est stupide d’empêcher des salariés de prendre leur retraite à un âge qu’ils ont toujours plus de mal à atteindre en activité. La richesse nationale et la productivité n’ayant jamais fléchi, rien ne justifie qu’on revienne ainsi sur une évolution séculaire. C’est une prime au libéralisme, à la régression et en réalité au développement des retraites par capitalisation qui flairent là l’aubaine.

Décidément plus la campagne avance, plus il apparait malheureusement qu’il revient au seul Front de Gauche de défendre les valeurs de la gauche et les intérêts des salariés.

Eric Coquerel, Conseiller spécial auprès de Jean-Luc Mélenchon

8) Jean-Luc Mélenchon : ARGUMENTS POUR NE PAS MASSACRER LES RETRAITES

Pour accéder au texte, cliquer sur le titre 8 ci-dessus.

7) Réaction du Front de gauche : Où est passé l’engagement du PS de rétablir la retraite à 60 ans ?

Lundi 12 décembre sur RTL, François Hollande a précisé la réforme des retraites qu’il entend mettre en œuvre s’il était élu Président de la République. Ceux qui ont commencé à "travailler à 18 ans" et qui cumulent "41 ou 42 années de cotisations" pourront partir en retraite à 60 ans. C’est un peu court. Où est passé l’engagement du projet socialiste de rétablir l’âge légal de départ en retraite à 60 ans ?

François Hollande recule aussi sur la pénibilité. Alors que l’accord EELV-PS stipule que le droit de partir à 60 ans sera rétabli pour ceux ayant commencé à travailler tôt et ayant exercé des métiers pénibles, le candidat socialiste a confirmé qu’un départ anticipé à 60 ans ne sera pas automatique mais que les conditions seraient renvoyées à une négociation entre partenaires sociaux.

Quelle audace ! Pour rassembler, pour répondre aux enjeux de la période, la gauche a besoin d’une orientation différente, en rupture avec les politiques régressives des dernières années. Il s’agit donc de rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions donnant droit à des départs anticipés. Aucun salarié ne devra toucher de retraite inférieure au Smic. Le financement des retraites peut et doit être assuré, notamment par un cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires.

Olivier Dartigolles directeur adjoint de campagne de Jean-Luc Mélenchon

6) 50 arguments pour rétablir la retraite à 60 ans pour tous

Pour accéder au texte, cliquer sur le titre 6 ci-dessus.

5) François Hollande confirme qu’il écarte le retour à la retraite à 60 ans

Lundi 12 décembre, sur RTL, le candidat socialiste a enfin détaillé comment il interprétait l’engagement du programme socialiste de "rétablir l’âge légal de départ à 60 ans"...

"Devant les auditeurs, je prends cet engagement : ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n’ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas", a expliqué le candidat socialiste à la présidentielle. Des propos qui excluent d’office un rétablissement général de la retraite à 60 ans.

Si elles s’inscrivent dans la continuité de ses déclarations lors du troisième débat à la primaire socialiste, où il avait affirmé que "ceux qui ont fait 41 ou 41,5 années de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans", ces déclarations vont un peu plus loin en limitant cette proposition à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans.

Par ailleurs, François Hollande n’écarte pas une nouvelle augmentation de la durée de cotisation, qui sera de 41,5 ans pour les générations nées en 1955 et après. Le candidat socialiste semble également prêt à ne pas remettre en question l’augmentation progressive de l’âge légal de départ, qui, selon la réforme de 2010, sera de 62 ans en 2018.

De facto, la réforme proposée par M. Hollande consiste en une extension du dispositif "carrière longue" actuellement réservé à ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans. Ce dispositif permet de prendre sa retraite avant 60 ans pour les salariés qui travaillent depuis l’âge de 15, 16 ou 17 ans et qui justifient d’une durée d’assurance complète majorée de 5 à 8 trimestres selon les générations. Par exemple, pour les personnes nées après 1955, il faudra en tout 174 trimestres de durée d’assurance...

En comparaison, la proposition du programme socialiste ne permettait, certes, le départ à 60 ans à taux plein qu’aux salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans et demi (pour atteindre les 41,5 ans) mais laissait la porte ouverte à des départs anticipés avec des décotes, alors que François Hollande veut réserver son dispositif aux gens ayant démarré leur carrière à 18 ans. "Il n’y aura pas de départ possible avec décote avant 62 ans", confirme Marisol Touraine, chargée de la protection sociale au sein de l’équipe de campagne de François Hollande...

Jean-Baptiste Chastand, Le Monde du 13 décembre 2011

4) L’accord PS-EELV escamote la retraite à 60 ans pour tous !

Avec l’agitation médiatique sur la disparition du paragraphe sur le MOX, kidnappé par des représentants d’AREVA, est passée inaperçue une évolution politique majeure dans l’accord PS-EELV : l’abandon du rétablissement de l’âge légal de la retraite à 60 ans pour tous.

Sur ce sujet, les dirigeants du Parti Socialiste s’accordaient tous pour accepter l’augmentation à 41 – voire 41,5 – annuités de cotisations nécessaires pour toucher une retraite à taux plein. Ce qui revenait déjà à accepter une bonne partie des réformes de la droite. Mais le PS, après moult hésitations de la première secrétaire Martine Aubry, avait fini par reprendre la revendication de rétablissement de l’âge légal à 60 ans, au nom de la « liberté de choix pour tous les français ». C’est ce qu’affirmait encore le texte adopté par le bureau national du Parti socialiste le 18 mai 2010 « Cela passe par le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans car c’est une garantie pour ceux qui ont atteint leur durée de cotisation ; c’est une protection pour les salariés usés par le travail et qui souhaitent partir ; et c’est une liberté de choix pour tous les Français. » Quant à Europe Ecologie, ce rassemblement défendait également le retour à la retraite à 60 ans. Cela avait été d’ailleurs l’objet d’un échange musclé fin août 2011 entre Cécile Duflot et Laurence Vichnievsky, qui considérait cette idée comme une « lubie ».

Fini maintenant la « liberté de choix » pour « tous les français » ! Les « lubies » sont abandonnées ! L’accord PS-EELV a passé à la trappe cette proposition et prévoit maintenant : « Nous organiserons une conférence sociale réunissant l’Etat, le patronat et les organisations syndicales pour remettre à plat la contre-réforme Sarkozy-Fillon des retraites afin de garantir de manière durable le système par répartition : pour toutes celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt ou qui ont exercé des métiers pénibles, l’âge légal de départ à 60 ans et à taux plein sera rétabli » Le retour à l’âge légal de 60 ans est donc restreint aux carrières longues et métiers pénibles (dont la définition constitue un enjeu de négociation houleux entre patronat et syndicats). Pour les autres ce sera 62 ans et pas avant !

La campagne présidentielle vient à peine de commencer. Mais le PS et EELV viennent déjà d’abandonner une aspiration largement majoritaire au sein des classes populaires. Cette bataille qui avait pourtant mobilisé à l’automne 2010 toutes les organisations syndicales, des millions de salariés et des centaines de milliers d’électeurs et de militants de gauche et écologistes.

La gauche ne pourra pas gagner en 2012 si elle ne regagne pas la confiance des classes populaires en osant défendre des propositions en rupture avec le libéralisme. C’est la démarche du Front de Gauche, qui aujourd’hui est la seule force à gauche qui défende la retraite à 60 ans pour tous et à taux plein. C’est cette voie que doit suivre toute la gauche.

par Gauche Unitaire

3) Précisions de Pascal Terrasse, député socialiste, conseiller retraite de François Hollande

Lors d’un colloque mercredi matin 12 octobre, le conseiller retraites de François Hollande, le député de l’Ardèche Pascal Terrasse, a affirmé qu’il ne pensait pas revenir sur l’âge légal de 62 ans, expliquant qu’il faudrait même porter cette borne à 65 ans.

L’enregistrement de sa déclaration, que Libération s’est procuré, est limpide autant qu’embarrassant. Interrogé par un participant au débat sur le retour aux 60 ans, le député déclare d’abord : « Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes. » A propos de l’âge légal qui a été déplacé (progressivement) à 62 ans dans le cadre de la réforme gouvernementale, Terrasse affirme : « Compte tenu de la situation de la Cnav [Caisse nationale d’assurance vieillesse, ndlr] et de ses déficits, je ne pense pas honnêtement qu’on reviendra sur la borne d’âge », avant d’évoquer un passage à 65 ans, afin d’« équilibrer » le système.

Voilà le verbatim de sa prise de parole selon Libération :

« Il y a à la fois ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes…C’est compliqué. Ce que les gens ont compris, c’est les socialistes, s’ils reviennent au pouvoir, vont remettre la retraite à 60 ans [à taux plein pour tout le monde]. Ca , ça n’a jamais été dit.Après, il y a la partie projet, c’est moi qui l’ai rédigée, je suis quand même bien placé. Je dis simplement que l’on acte le principe de l’allongement de la durée de cotisation : 41,5 années. Ca, on l’a acté. Pour avoir sa retraite à taux plein, il faut avoir 41,5 années. Et nous disons qu’on pouvait partir à 60 ans dès lors qu’on a ses 41,5 années. On est sur le principe retraite à la carte. Si vous partez avant, vous pouvez, mais là vous avez une décote. Etc, etc..

Sauf que, disons nous la vérité, ce qui rapporte de l’argent aux caisses, ce n’est pas vraiment l’allongement de la durée de cotisation. C’est la borne d’âge. Ca rapporte beaucoup d’argent. C’est la raison pour laquelle les 62 ans ont été donnés comme horizon... Parce que la borne d’âge rapporte directement, c’est du lourd, c’est du concret, il faut attendre pour avoir sa retraite. Ca veut dire que la borne d’âge est utile. Je vais vous dire ce que je pense. Compte tenu de la situation de la Cnav, et de ses déficits, je ne pense pas honnêtement qu’on reviendra sur la borne d’âge. La vérité c’est qu’il faut qu’on aille à 65 ans sur la borne d’âge, pour arriver à trouver un équilibre financier compte tenu des enjeux démographiques lourds que nous avons. Mais si l’on dit qu’on va à 65 ans sur la borne d’âge, à ce moment-là, il va falloir qu’on trouve quelques dispositifs pour adoucir la douleur. Parce que c’est dur. Moi je plaide depuis très longtemps pour la mise en place de dispositifs de pénibilité qui n’ont pas été mis en place. »

Sources :

http://www.liberation.fr/politiques...

http://www.filoche.net/2011/10/13/f...

2) François Hollande et les retraites. Plus d’âge légal. Maintien des 41 ans de cotisation pour taux plein (article de L’Expansion, extrait)

"A l’avenir, il n’y aura plus d’âge légal de la retraite. Tout sera déterminé par rapport à la durée de cotisation", a indiqué dimanche François Hollande sur France 5. Le programme du PS ne dit pas exactement cela.

La réforme de la réforme des retraites sera bien au coeur du programme des socialistes. François Hollande, candidat déclaré à la primaire PS pour 2012, a assuré dimanche que les Français ayant "cotisé 41 années doivent pouvoir partir à 60 ans (...) avec une retraite à taux plein", mais que ceux qui n’ont pas ces 41 années de cotisation n’auront "pas le taux plein".

"Ce qui est écrit (dans le programme PS) et que je défendrai est que ceux qui ont cotisé 41 ans doivent pouvoir partir à 60 ans avec une retraite à taux plein", a-t-il affirmé sur France 5, alors que le gouvernement a reporté l’âge de départ à la retraite à 62 ans.

"Vous aurez le droit de partir à 60 ans. Vous n’aurez pas le taux plein si vous n’avez pas fait vos 41 années de cotisation", a assuré le député de Corrèze. "La variable d’ajustement, c’est la durée de cotisation", a-t-il insisté.

"A l’avenir, il n’y aura plus d’âge légal de la retraite. Tout sera déterminé par rapport à la durée de cotisation", a assuré l’ancien patron du PS.

Le programme du PS, moins précis, indique : "pour les retraites, nous rétablirons l’âge légal à 60 ans" et "nous abrogerons la réforme de 2010".

http://lexpansion.lexpress.fr/econo...

1) Attention, le Parti Socialiste est en train de se rallier aux "réformes" Balladur Fillon Sarkozy sur les retraites

Un an nous sépare encore de l’élection présidentielle et nous pouvons entrevoir la politique que s’apprête à mener le PS s’il revient au gouvernement.

Il fait valoir des "propositions" (30) à but interne et électoraliste mais pas une orientation correspondant au contexte économique et politique du monde d’aujourd’hui (austérité, euro fort, politique financière de Merkel, désindustrialisation progressive du pays, détermination du MEDEF à casser les acquis sociaux, logiques de valorisation des dividendes par le capitalisme d’aujourd’hui, projet de grand marché transatlantique...). En écrivant cela, je ne sous-estime pas les capacités des experts, dirigeants et candidats potentiels de ce parti ; je pointe seulement l’électoralisme marketing comme forme de malhonnêteté. Il est vrai que la droite agit de même depuis longtemps mais ce n’est pas une excuse.

Programme 2007 2012 de l’UMP : le marketing comme credo

A la lecture des textes produits par le PS pour les échéances électorales de 2012, une évidence s’impose à mon avis : il ne se prépare pas à appliquer son programme (par exemple abolir la "réforme" de 2010 sur les retraites.

Nous devons donc scruter les petites phrases (par exemple de François Hollande) pour déceler le projet réel, en particulier sur cette question des retraites.

Pour l’essentiel, je crois que le PS :

- ne remettra pas en cause les ravages provoqués par les "réformes" mises en place par la droite en 1993, 2003, 2010.

- s’apprête à chercher de nouvelles formes "d’économies" pour "financer" les retraites sans guère toucher au capital (sinon il le dirait)

- continuera à détricoter les acquis de la retraite à 60 ans

Dans les jours et mois à venir, je mettrai en ligne sur ce site les articles qui me paraîtront éclairer le vrai projet du PS sur les retraites.

Jacques Serieys, avril 2011


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