Révolution russe : Pour un anniversaire sans refoulement ni complaisance 1917 2017

mardi 14 novembre 2017.
 

Le 25 octobre 1917 (7 novembre pour notre calendrier), ouvriers, soldats et paysans russes renversent le pouvoir autocratique et sanglant des tsars datant de plusieurs siècles. Cette révolution sociale est compréhensible, juste, digne d’anniversaire.

La Révolution russe (7 novembre 1917) par un témoin oculaire « Les journées d’octobre » de Naumov Le conseil d’usine, l’assemblée générale, le rayon du parti, l’armement, Smolny, la prise du Palais d’Hiver

Durant cinq ans, le grand capital international et les principaux pays impérialistes financent des armées blanches pour écraser cette Révolution. La résistance puis la victoire des armées rouges sont compréhensibles, justes et dignes d’anniversaire même si nous pouvons marquer des doutes et désaccords sur telle ou telle décision.

17 décembre 1918 : L’armée française débarque en URSS pour combattre la Révolution et accaparer les richesses

Guerre civile russe. Pourquoi les Rouges ont-ils gagné ? 29 octobre 1917 à octobre 1922

La morgue assassine du régime préfasciste russe a déjà obligé le peuple à se soulever en 1905, acquérant une expérience décisive 12 ans plus tard.

22 janvier 1905 : le dimanche sanglant de Saint Petersbourg

27 juin au 8 juillet 1905 : Grève générale, massacre d’Odessa et mutinerie du cuirassé Potemkine

Il a fallu les massacres de la Première guerre mondiale (pour la Russie : 1 700 000 morts et 5 950 000 blessés), les privations permanentes, l’absence de chauffage par des hivers terribles, des injustices sociales colossales, pour que les masses populaires repartent sans cesse à l’assaut du vieux monde face aux mitrailleuses en février, avril puis octobre 1917.

L’écho de cette révolution est immédiatement fulgurant, en Europe comme dans les pays colonisés. Dans mon village natal et rural d’Entraygues sur Truyère, en Aveyron, la section socialiste essentiellement composée de cadres du mouvement républicain d’avant 1914, vote sur cette lancée, à l’unanimité, l’adhésion au Parti Communiste et à l’Internationale communiste.

La Révolution russe se situe évidemment et indiscutablement au coeur de l’histoire socialiste et progressiste indépendamment du devenir stalinien de l’URSS. Aussi, rien ne peut justifier un refoulement conduisant pour des anti-capitalistes à ne plus parler de la Révolution russe pour ne pas paraître cautionner le stalinisme.

Nous devons dénoncer sans relâche les goulags, les bêtises théoriques, les pitreries autocratiques, les trahisons de l’idéal et les exactions policières de Staline. Nous pouvons dans le même temps revivifier la mémoire de la Révolution russe, y compris en contribuant à tirer un bilan sans aucune complaisance des germes possibles du stalinisme dans le léninisme et la pratique des bolchéviks.

L’internationale des multinationales et des grands établissements financiers mène une guerre idéologique permanente pour dénaturer l’histoire socialiste révolutionnaire.

Elle veut prouver :

* que le capitalisme est bien l’horizon indépassable de l’histoire

* que toute tentative pour construire un autre type de société mène à la défaite et aux goulags

Pour faire oublier ses lourdes responsabilités dans la progression du fascisme entre 1917 et 1938, cette mafia des multinationales et grands établissements financiers charge l’URSS du maximum de torts, focalisant l’attention sur le Pacte germano-soviétique et non sur leurs propres trahisons.

23 août 1939 Le Pacte germano-soviétique et la Pologne. Réponse à un message de forum

Pourtant, c’est l’URSS qui a régulièrement proposé avant ce pacte une alliance antinazie à la France et à la Grande Bretagne que celles-ci ont méprisée.

Pourtant, c’est la victoire russe de Stalingrad qui a cassé l’irrésistible progression du fascisme en Europe de 1918 à 1943.

Bataille de Stalingrad. Personne ne doit oublier le rôle de l’URSS dans la défaite du nazisme !

Ce sont les scribouillards stipendiés par la CIA qui mènent la danse médiatique de la désinformation.

La cohérence démonstrative de ces gratte-papier et reporters sans frontière morale est simple, largement prévisible, déjà ancrée dans de nombreuses têtes formatées :

* Staline est le produit, l’héritier du totalitarisme communiste installé par la Révolution russe de Lénine, Trotsky, Boukharine...

* le communisme et le stalinisme seraient des synonymes.

* le communisme et le fascisme ne seraient que deux formes du totalitarisme

Ces trois affirmations sont fausses :

Une démarche chronologique permet au moins de poser les problèmes réels :

* La Russie tsariste fait vivre à son peuple un véritable enfer, aucune réforme sérieuse du pouvoir autocratique n’avance.

* Malgré une terreur policière permanente, le parti bolchévik se construit, gagne une audience et même de la sympathie, en particulier parmi les ouvriers et intellectuels.

* La révolution de 1917 naît de la détermination des milieux populaires à en finir avec le tsarisme, la faim et la guerre plus que d’une décision politique des bolchéviks.

* L’histoire du parti bolchévik de 1903 à 1923 représente une épopée humaine qui mérite d’être connue, respectée mais en aucun cas sacralisée. Dans son orientation, sa pratique, son organisation et ses hommes, tout ce qui a pu contribuer à laisser place au stalinisme doit être débusqué au millimètre. Sans zone d’ombre. Sans concession.

* Pour l’essentiel, il n’y a pas continuité entre le parti bolchévik et le stalinisme mais une rupture, un thermidor (moment où la révolution populaire française s’est épuisée, a été écartée du pouvoir par une couche sociale privilégiée comprenant des éléments de l’Ancien Régime et des cadres issus de la révolution), une liquidation physique des bolchéviks de 1917 par la caste bureaucratique qui profite de leur combat.

"Les dangers professionnels du pouvoir" de Christian Rakovsky (6 août 1928)

11 et 12 juin 1937 : Staline fait fusiller les chefs militaires de la Révolution russe

2 mars 1938 : ouverture à Moscou du procès de Boukharine après sa "Lettre à la génération future"

* Nous ne dénoncerons jamais assez la dimension sordide, sanguinaire, imbécile, nationaliste, policière... du stalinisme.

* Nous devons surtout tirer toutes les conséquences de cette victoire d’une caste privilégiée totalitaire quelques années après la révolution de 1917.

Document : Le stalinisme au quotidien dans les goulags de la Kolyma en Sibérie ( extrait de Varlam Chalamov)

Dans l’immédiat, voici quelques liens vers des articles complémentaires mis en ligne sur notre site pour mieux appréhender la révolution de 1917 :

Histoire de la Russie d’Ivan IV (16 janvier 1547) à 1905 : quelques remarques

Révolution russe d’Octobre 1905 (4 Formation du conseil des députés ouvriers le 13 octobre)

7 novembre 1917 : la Révolution ouvrière de Petrograd (film d’Eisenstein : Octobre, en video ; 1ère partie)

La révolution russe ( contexte, nature, causes, paysannerie, question nationale, bolchévisme, bilan ) Conférence de Trotsky

La Révolution d’Octobre (texte d’André Breton, 19 novembre 1957)

25 janvier 1918 : La Russie est proclamée République des Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans

Staline (né le 18 décembre 1878) « un authentique intellectuel », « un érudit », un grand lecteur, poète, chanteur et cinéaste ! (Révélation du Nouvel Observateur !)

"Mort, le communisme ?" (Yvon Quiniou) : Remarques de Jacques Serieys (juin 2007)

En URSS et dans les démocraties populaires, on vivait mieux qu’aujourd’hui (rapport de l’ONU)

Jacques Serieys


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message